Sciences humaines & sociales
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Des études dans lesquelles les contributeurs expliquent que la critique policière est née dans la Grèce antique, en même temps que le roman policier. Ils étudient notamment Oedipe roi de Sophocle, une oeuvre qui réunit tous les éléments constitutifs du polar, du crime mystérieux à la résolution de l'énigme, en passant par l'enquête.
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S'engager en historienne
Michelle Perrot
- CNRS
- Les Grandes Voix De La Recherche
- 18 Janvier 2024
- 9782271149404
Michelle Perrot nous invite à une véritable traversée féminine du XXe siècle.
Si Michelle Perrot est avant tout connue pour ses travaux sur l'histoire des femmes, ses thèmes de prédilection et de recherche dépassent pourtant largement ce champ. Initiée d'abord à l'histoire du mouvement ouvrier et à l'étude des grèves au XIXe siècle par son maître Ernest Labrousse, elle s'est aussi intéressée aux prisons, à l'histoire de l'intimité et à celle de la vie privée. C'est-à-dire à la périphérie des zones de pouvoir, avec un regard enraciné dans le présent.
Revenant sur son parcours intellectuel au sein duquel s'entremêlent enseignements, projets éditoriaux, séminaires, mobilisations et combats, elle rend compte de sa trajectoire singulière et nous invite à une véritable traversée féminine du XXe siècle. -
L'âge d'or de l'ordre masculin ; la France, les femmes et le pouvoir, 1804-1860
Eliane Viennot
- CNRS
- Biblis
- 12 Février 2026
- 9782271159526
La première partie du XIXe siècle voit en France l'aggravation de la condition féminine, marquée par l'incapacité juridique des femmes, leur précarisation liée à la révolution industrielle, leur représentation négative dans la presse et la littérature ainsi que par leur mise à l'écart du système scolaire. Ce tome rappelle également les parcours atypiques de femmes instruites.
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Prisonnières politiques en Espagne : Espagne, fin et sortie de dictature
Irène Gimenez
- CNRS
- Histoire
- 5 Mars 2026
- 9782271153579
Prisonnières politiques EN ESPAGNE
Fin et sortie de dictature
La prison politique, une affaire d'hommes ? En se penchant sur les expé riences intimes et collectives de militantes antifranquistes incarcérées des années 1960 aux années 1980, ce livre montre qu'il s'agit bien d'une affaire de genre.
S'appuyant notamment sur des sources orales pour écrire une histoire polyphonique, Irène Gimenez se place au plus près des corps de ces femmes et de leur quotidien carcéral, marqué par les tortures, mais aussi par des modes d'auto-organisation et des amitiés. Elle analyse les féminités et masculinités militantes que l'institution révèle autant qu'elle façonne.
Ce livre croise histoire des résistances et de la répression franquiste.
Il réinsère les parcours politiques de cette génération née après la guerre d'Espagne dans les mouvements révolutionnaires des années 68. Il scrute également les débats liés aux mémoires de ces engagements. Interroger la catégorie de prisonnier et prisonnière politique permet d'appréhender des systèmes répressifs entremêlés, entre héritages de la dictature, huma-nisation des peines et lutte anti-terroriste de plus en plus structurée à l'échelle européenne.
La prison est un observatoire de choix pour penser la transition à la démo-cratie et son incomplétude. -
Les femmes à la conquête de l'université.
1870-1940
Les femmes représentent aujourd'hui plus de la moitié du public des universités françaises. Il a pourtant fallu attendre la fin du Second empire pour qu'émerge cette nouvelle figure éminemment controversée, cristallisant tous les fantasmes de la société : l'étudiante.
Les premières femmes à peupler les amphithéâtres apparaissent alors comme de dangereuses amoureuses de science, de redoutables épouses, des mères accaparées hors du foyer, voire les incarnations d'un " troisième sexe " délaissant les codes de la féminité. Toujours plus nombreuses entre 1870 et 1940, elles mènent une véritable conquête au sein des cursus les plus prisés.
Ce livre retrace l'histoire sensible de leurs conditions de vie et permet de découvrir les débats soulevés dans leur sillage comme les chamboulements familiaux, amicaux, religieux, politiques entraînés par leurs études. Il nous invite à la rencontre de celles qui, en s'extirpant de leur " destinée naturelle ", ont fait figure d'intruses et ouvert la voie. -
Le féminisme, ça pense !
Geneviève Fraisse
- CNRS
- Les Grandes Voix De La Recherche
- 11 Mai 2023
- 9782271147196
D'où tu parles ? : l'interjection bien connue des amphis de 1968 se trouve ici prise au sérieux, comme une invitation à dire non un état ou une situation, et moins encore un bilan, mais une trajectoire, une dynamique. Forte d'une oeuvre philosophique qui déploie les enjeux de la pensée féministe, Geneviève Fraisse relie ses différents points d'articulation - la redécouverte des révolutionnaires de 1848, les rapports femmes/raison, l'historicité des sexes, les notions de genre , de consentement ou d' habeas corpus - et ses résonances biographiques ou implications pratiques, avec le MLF d'abord et jusqu'au Parlement européen. Elle met ainsi en relief une conception de la recherche visant, loin des solutions toutes faites, à augmenter le problème .
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La première étude de fond sur une forme de violence sexuelle largement sous-estimée.
Procès de Mazan : un moment de rupture sur la question du viol conjugal.
Selon des représentations bien ancrées dans les esprits, le viol est commis dans un lieu isolé par un inconnu violent et armé. Pourtant en France, 9 fois sur 10, la victime connaît l'agresseur et dans ce cas une fois sur deux, le violeur est le conjoint ou un ex-conjoint.
Depuis longtemps, le viol est considéré en France comme un crime. Le viol conjugal faisait exception. Le mari avait le droit d'avoir des rapports sexuels avec sa femme, y compris contre la volonté de cette dernière et par la force. Depuis 2006, le code pénal reconnaît le viol entre conjoints comme un viol aggravé. Pourtant, les victimes portent rarement plainte et lorsqu'elles le font, les affaires sont souvent jugées, non pas en cour d'assises comme tous les crimes, mais au tribunal correctionnel.
Le viol conjugal a changé de dimension lors du procès dit de Mazan. Ce procès et la place qu'a prise la victime feront-ils décider autrement de quand un viol est un viol ?
Un crime du quotidien éclairé ici par les contributions de médecins, psychologues, sociologues et juristes. -
Une oeuvre littéraire et de fiction pour mieux saisir ce que font les processus génocidaires au corps et à l'esprit.
" Travail de sciences sociales authentique, ce livre a choisi d'emprunter les chemins inusités d'une autre écriture que celle habituellement mise en oeuvre par leurs spécialistes. Fiction non fictionnelle, Les vivantes n'est pas un roman, mais un récit. Le récit d'une survie physique, psychique et peut-être spirituelle. La survie d'une jeune fille plongée pendant cinq ans dans l'enfer sur terre créé par les Khmers rouges. Un récit à la croisée des sciences sociales, des disciplines de la psyché et de la littérature que seul un auteur en prise de longue date avec le sort des victimes du Kampuchea démocratique pouvait écrire. " -
Un va-et-vient constant entre les pensées d'hier et les enjeux d'aujourd'hui.
À distance de l'idée de backlash automatique, une réflexion sur la profondeur historique du processus de libération des femmes.
L'Ancien Régime prend fin en 1789 avec la proclamation de l'égalité des citoyens, la chose est entendue. Mais il n'existe pas, pour les femmes, un moment historique précis, un point décisif qui marquerait la fin de leur oppression, la fin du patriarcat. Pour autant, avant et après la Révolution, puis dans les premières décennies du XIXe siècle, les principes démocratiques ne sont pas sans effets sur la pensée de leur émancipation.
Trente-cinq ans après Muse de la raison, qui mettait en lumière les incertitudes d'une " démocratie exclusive " des femmes, Geneviève Fraisse scrute ici les intuitions et les conséquences de ces principes chez celles et ceux qu'on peut qualifier de logiciennes et logiciens de l'égalité : Choderlos de Laclos, Olympe de Gouges, Fanny Raoul, Stendhal, Germaine de Staël ou Charles Fourier. De manière à chaque fois pertinente, chacun déploie les transformations possibles des relations entre les sexes.
À distance de l'idée de backlash mécanique, ils et elles viennent nous dire, deux siècles plus tard, à quel point la marche vers l'égalité est puissante, avec son histoire autant que sa raison. -
De haute lutte. La révolution de l'avortement
Stephanie Hennette-Vauchez, Laurie Marguet
- CNRS
- Societe
- 9 Janvier 2025
- 9782271151759
Une histoire du combat pour la défense de ce droit à l'avortement, et des questions qu'il a soulevé ces dernières décennies.
Historique et capitale, la loi Veil de 1975 était néanmoins un texte prudent qui ne consacrait pas un " droit " des femmes à avorter. Elle définissait un cadre contrôlé permettant, au terme de plusieurs entretiens et d'un délai de réflexion imposé, d'obtenir une interruption de grossesse sans encourir les foudres de la loi. Si l'avortement n'était plus un comportement à punir, il demeurait un choix transgressif.
En dépit des nombreuses évolutions de la législation, d'un recours à la pratique qui demeure extrêmement stable, et de son ancrage social, culturel et politique, la question de l'avortement reste éminemment sensible. Les débats parfois virulents qui, en France, ont entouré sa constitutionnalisation, en ont été la preuve, et les mena ces, toujours renouvelées dans leurs formes, ne faiblissent pas.
Cet ouvrage, saisissant l'occasion du cinquantième anniversaire de la loi Veil, entend faire le point sur les connaissances, les étapes juridiques, les difficultés qui demeurent et les représentations sociales et culturelles de ce geste qui, depuis des temps immémoriaux, consti tue une donnée structurante de la vie des femmes.
La mobilisation des savoirs académiques dans des domaines aussi divers que le droit, la sociologie, l'his toire, l'anthropologie, la psychologie, la littérature, le cinéma, l'analyse des pratiques militantes, etc., permet de mettre à distance et à l'épreuve nombre d'idées reçues qui continuent de nourrir la perception commune de l'avortement. -
Le pouvoir des lectrices - Une histoire de la lecture au XIXe siècle
Isabelle Matamoros
- CNRS
- Histoire
- 6 Mars 2025
- 9782271151698
Les pratiques de lecture des femmes à travers des écrits personnels féminins.
Quel est le processus historique de la sédimentation des différences sexuées en matière de goûts de lecture ?
Dans les années 1800-1840 domine l'idée que les lectrices ne s'approprieraient pas correctement les livres. Leur accès au savoir est limité, sous peine de mettre en péril l'équilibre entre les sexes. Contre ces préjugés, Isabelle Matamoros nous plonge au plus près du quotidien des lectrices et de leurs pratiques. Elle propose non une histoire des représentations et des discours sur la lecture des femmes, mais une histoire genrée de la lecture avec les femmes. Que lisaient-elles ? Quel sens donnaient-elles à leurs lectures ?
Ce qui rapproche les femmes qui composent la biographie chorale de ce livre c'est qu'elles lisent. Un peu, beaucoup ; dans leur jeunesse ou tout au long de leur vie ; de manière hésitante ou plus experte ; des romans, de l'histoire ou de la philosophie ; seules, par-dessus l'épaule d'un frère ou d'un père, entre femmes, ou en société.
Si les récits des femmes ici convoqués témoignent du poids des normes, ils laissent surtout transparaître de nombreux usages du livre : se distraire, s'échapper du quotidien, débattre, apprendre, enseigner, ou agir en politique. Et surtout, dans une France corsetée par le Code civil, le désir de s'émanciper. -
Algérie. La guerre, prises de vues
Marie Chominot, Sébastien Ledoux
- CNRS
- Histoire
- 5 Septembre 2024
- 9782271152015
Des auteurs et autrices de renom s'emparent de la photographie pour renouveler l'histoire de la guerre d'indépendance algérienne.
Renouveler l'histoire de la guerre d'indépendance algérienne à partir de la photographie : tel est l'enjeu du présent livre. Rassemblant une vingtaine de chercheurs et chercheuses, il offre des mises en perspective originales de la guerre au plus près de ses acteurs, saisis par l'objectif ou saisissant eux-mêmes des situations qu'ils ont souhaité immortaliser.
Au fur et à mesure de l'analyse, les mots viennent animer ces images provenant souvent d'archives familiales, parfois de la justice ou de l'armée. Les photographies sont ainsi projetées dans une histoire collective que les auteurs documentent par les travaux les plus récents : l'engagement des indépendantistes, les disparus de la bataille d'Alger, la torture, le discours du général de Gaulle à Alger en mai 1958, le sort des harkis, l'exil des rapatriés, la lutte fratricide entre le FLN et le MNA, les camps de regroupement, la guerre psychologique menée par l'armée française ou l'année 1962.
Les regards, points de vue, lieux - en Algérie et en métropole - qui en ressortent nous permettent de comprendre la pluralité des expériences de cette guerre coloniale, mettant au jour autant d'écarts irréductibles que de correspondances. -
Le sida : première grande épidémie moderne, qui a fait 40 millions de victimes en 40 ans.
Fin de la pandémie annoncée par l'ONU pour 2030.
Juin 1981, Californie : les premiers cas de sida sont cliniquement constatés sur quatre patients atteints d'une forme rare de pneumonie. Depuis un peu plus de quatre décennies, la maladie a fait plus de 40 millions de victimes sur tous les continents, et profondément bouleversé certains fondements des sociétés contemporaines : sexualité, politiques de santé publique, comportements individuels et collectifs face au risque, solidarité et concurrence internationales, rapport à la science, militantisme et engagement citoyen. Comme toute maladie transmissible,
le sida interroge fondamentalement, à différentes échelles, le vivre-ensemble et le besoin de vivre en société.
Synthèse des nombreux travaux publiés enrichie par l'étude d'archives inédites, cette histoire du sida propose une approche élargie, tant géographiquement (aussi bien en Amérique qu'en Europe et Afrique) que du point de vue des thématiques (économique, sociétale, politique, sanitaire, culturelle, scientifique). Elle vise à explorer les différents enjeux qui font du VIH-sida une maladie si particulière, et un défi toujours actuel, pour peindre le portrait le plus complet possible de cette " première pandémie des temps modernes " dont on annonce la fin pour 2030.
Aussi bien pour un public curieux que pour les chercheurs et étudiants en sciences sociales comme en médecine, cet ouvrage interroge le rapport de nos sociétés contemporaines au risque infectieux et pandémique. -
Filles en conflits : Consentement et vocations religieuses
Inès Anrich
- CNRS
- Histoire
- 28 Août 2025
- 9782271151858
Au XIXe siècle la vie religieuse féminine connaît un essor spectaculaire et les entrées en religion des femmes se multiplient. Les vocations forcées, massives à l'époque moderne, restent un thème populaire dans la littérature. Pourtant, les jeunes femmes sont alors davantage confrontées à l'opposition de leurs parents devant leur projet de vie religieuse. Comment choisit-on son état - religieux, matrimonial ou de célibataire laïque - quand on est une jeune femme française ou espagnole au XIXe siècle? Quel poids les membres de la famille ont-ils dans cette décision ?
Souvent motivée par l'incompatibilité entre les stratégies familiales et la carrière religieuse des ?lles, l'opposition des parents donne à voir le fonctionnement quotidien des économies domestiques, ainsi que les enjeux affectifs au coeur des parentés.
À travers des thèmes tels que le consentement, l'inceste, le travail domestique des femmes, la dépendance des personnes âgées, l'autonomie des adolescentes, ou encore la place du religieux dans l'espace public, les con?its autour des entrées en religion des jeunes ?lles apparaissent comme un puissant observatoire pour étudier la condition féminine dans deux pays au coeur de l'Europe catholique. -
Côté femmes : une autre histoire de la philosophie en France.
Une période clé de l'organisation et de l'activité philosophiques envisagée depuis ses contradictions et ses marges.
" Femme, être incomplet et condamné à une éternelle enfance, tu prétends t'élever à la philosophie ! Quel aveuglement est le tien ? " Les mots de Victor Cousin donnent le ton et annoncent la politique d'exclusion menée sous la IIIe République. Qu'est-ce donc qu'être philosophe en France entre 1880 et 1949 ? C'est d'abord et avant tout porter une barbe : être un homme. Cette situation n'est pas sans susciter des rébellions, des transgressions, parfois des travestissements.
Mêlant combats individuels et collectifs, cette enquête novatrice révèle un pan de l'histoire des femmes aux XIXe et XXe siècles et fait ressortir une galerie de femmes philosophes qui s'affirment en dépit des obstacles : de Jenny d'Héricourt et Julie Favre jusqu'à Dina Dreyfus et Simone de Beauvoir, en passant par Jeanne Crouzet, Julie Hasdeu, Clémence Royer, Jeanne Baudry, Léontine Zanta, Alice Steriad, Lucy Prenant, Hélène Metzger, Renée Déjean, Yvonne Picard, Simone Weil ou Marguerite Buffard Flavien. -
Tout les oblige à mourir : L'infanticide génocidaire au Rwanda en 1994
Violaine Baraduc
- CNRS
- Cnrs Anthropologie
- 21 Mars 2024
- 9782271148797
La logique génocidaire à son point d'incandescence : l'infanticide.
Un questionnement sur la place des femmes dans les massacres à l'occasion de la commémoration des trente ans du génocide.
En 1994, le génocide perpétré contre les Tutsi du Rwanda n'épargne pas les relations les plus intimes. Dans certaines familles " mixtes ", des grands-parents, des oncles, des tantes, des cousins, des maris, et même des pères ou des mères, s'en prennent à leurs proches. Ainsi de Béata Nyirankoko et Patricie Mukamana. Après plusieurs semaines de massacres sur tout le territoire, ces deux paysannes hutu se résignent à tuer les enfants qu'elles ont eus avec leur maris tutsi.
À partir d'entretiens, d'archives judiciaires et d'observations, cette enquête donne à entendre les voix des deux mères et celles de différents membres de leur famille, accusés ou rescapés. Interrogeant le rôle des femmes et des rapports de genre dans les tueries, elle dévoile certains rouages essentiels du retournement des liens affectifs et sociaux à l'oeuvre durant un génocide commandité par l'État, mais massivement exécuté par la population. -
Michelet, précurseur de la figure moderne de la sorcière comme femme puissante.
Un Michelet méconnu sur une thématique très actuelle.
Au moment où la figure des sorcières revient en force par le biais de la culture féministe, l'historien Jules Michelet, avec La Sorcière paru en 1862, s'affirme comme l'un des inventeurs de ce mythe moderne mais aussi comme le précurseur de contestations tout à fait actuelles.
S'identifiant à sa Sorcière, Michelet, penseur bien souvent jugé hérétique, rompt avec une histoire classique et part en exploration dans le continent perdu de la sorcellerie, qui à son époque n'a pas encore donné lieu à de véritables recherches. Il s'appuie sur sa connaissance générale de l'histoire médiévale mais aussi sur la fiction, la poésie, le conte et le mythe pour reconstituer la figure de la sorcière. À travers elle, il évoque la femme créatrice, son rapport alternatif avec le monde naturel et dénonce le grand enfermement des femmes aux Temps modernes.
Paule Petitier, attentive à la richesse du texte de Michelet, en déploie le subtil feuilletage et les enjeux relatifs à la place des femmes dans le monde et l'histoire. -
Les femmes et les enfants d'abord ? Enquête sur l'ordonnance de protection
Solenne Jouanneau
- CNRS
- Societe
- 7 Mars 2024
- 9782271144836
Les enjeux et les impasses d'une innovation juridique visant à mieux protéger les femmes.
Une approche sociologique innovante du droit et de la justice.
"?Mieux protéger les femmes?" : telle est l'ambition de l'ordonnance de protection, créée en 2010. Ce dispositif doit permettre à la justice d'intervenir en urgence dans des situations de violence au sein des couples, sans qu'il soit nécessaire de porter plainte
ou d'engager une procédure pénale. Pourtant, cet outil juridique demeure étonnement peu employé.
Afin de comprendre pourquoi, cette enquête originale rend compte aussi bien de la fabrique de la loi que de sa mise en application. Croisant archives, entretiens, analyses statistiques et observation d'audiences, elle revient sur les conditions d'élaboration et de transformation de ce droit à la protection porté par les organisations féministes, avant d'analyser la manière dont les juges s'en sont emparés.
Cette approche innovante permet de comprendre comment l'ordonnance de protection aboutit paradoxalement à instituer un seuil de violence "?juridiquement acceptable?" dans les couples, ce qui contribue à légitimer certaines pratiques d'extorsion du consentement féminin et perpétue ainsi la domination masculine. -
Formes de vie ; du biologique au social
Collectif, Estelle Ferrarese, Sandra Laugier
- CNRS
- 13 Septembre 2018
- 9782271121097
La notion de « formes de vie » a émergé il y a une dizaine d'années et circule dans des domaines variés, de la biologie à la philosophie en passant par la sociologie, la science politique et l'anthropologie.
Mais qu'entendre par « formes de vie » ? Un ensemble de pratiques, d'usages de nature variée, qui donnent à la vie commune des caractères propres, pour ainsi dire diffus, explicitement ou implicitement présents dans les croyances, la langue, les institutions, les modes d'action, les valeurs. Une forme de vie est toujours, en ce sens, particulière, c'est pourquoi il existe des formes de vie, plus qu'une forme de vie.
De l'étude de ses divers sens chez des auteurs aussi différents qu'Adorno et Wittgenstein à sa portée critique et politique et à ses incidences éthiques, cet ouvrage déploie toutes les dimensions de cette nouvelle approche. En particulier, la porosité entre les sphères privée, sociale, économique et politique, et la nouvelle articulation du social et du biologique.
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En dépit d'une abondante littérature consacrée au conflit israélo-palestinien, le Hamas reste un acteur politique largement méconnu. Boycotté par la majorité de la communauté internationale et agissant sans l'appui d'un véritable appareil d'Etat, le mouvement islamiste exerce pourtant un rôle capital dans la géopolitique du Moyen-Orient.
Dépassant l'analyse simplificatrice qui se focalise principalement sur la coloration religieuse de l'identité politique du Hamas, dont l'obsession unique serait la destruction d'Israël, Leïla-Laetitia Seurat s'efforce au contraire de nuancer cette approche unilatérale, pour montrer la complexité des liens entre le soubassement idéologico-religieux et des intérêts bien compris.
L'analyse des procédures de décision en matière de politique étrangère au sein du mouvement permet également d'entrer dans la " boîte noire " du Hamas qui reste, par son caractère clandestin et sa culture du secret, encore très largement opaque au grand public. Prendre une décision consiste en effet pour le Hamas à consulter ses différents centres de pouvoir, répartis entre la Cisjordanie, Gaza, les prisons israéliennes et l'extérieur. L'analyse de ces interactions permanentes et préalables à toute prise de décision, permet d'éclaircir de nombreuses zones d'ombre et d'invalider le poncif encore largement répandu d'un mouvement homogène, unifié et vertical. -
À gauche, toute ! trotskytes, néo-staliniens, libertaires, "ultra-gauche", situationnistes, altermondialistes...
Christophe Bourseiller
- CNRS
- 14 Mai 2009
- 9782271068477
Alors même que la crise économique et l'absence de leadership au Parti socialiste lui ouvrent un spacieux boulevard, la gauche de la gauche présente un visage curieusement douloureux. Non seulement elle avance en ordre très dispersé (Nouveau Parti anticapitaliste, Parti de Gauche, Parti communiste français, Parti ouvrier indépendant, Lutte ouvrière...), mais elle semble être la proie d'une langueur indicible.
L'extrême gauche plurielle se cherche et ne se trouve plus. La clef de la survie au long terme réside-t-elle dans le dépassement ? Les divers mouvements qui composent l'archipel vont-ils abjurer leurs fondamentaux ? Jusqu'où peut-on aller ?
Cet ouvrage se propose d'interroger les extrêmes gauches, de la composante trotskiste au néo-stalinisme, en passant par l'anarchisme, l'ultra gauche, et les théories post-situationnistes.
Une étude ambitieuse et innovante pour décrypter la gauche de la gauche.
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Le corps se réinvente par la couleur. Éphémère ou permanente, individuelle ou communautaire, la mise en couleur du corps s'inscrit dans des systèmes de représentations complexes. Capables d'aliéner la vision des formes et des volumes, la couleur et ses régimes symboliques se déclinent à l'infini.
Simple camouflage, effet de mode, affirmation individuelle, marquage identitaire, signal social, expression artistique, art sacré, figuration de l'invisible ? La réinvention du corps humain par les couleurs est une pratique universelle et un mode d'action engagé en fonction de correspondances établies entre l'Homme et la société, la nature ou l'univers. Le monde s'organise en couleurs dotées de sens qui participent à la construction des identités, des statuts, des émotions, des perceptions. Les couleurs sont alors signe et production de l'Homme.
Croisant les regards du chimiste, de l'historien, du physicien, du philosophe, du linguiste ou de l'anthropologue, cet ouvrage explore les formes, les significations, les valeurs, les fonctions multiples des modifications chromatiques du corps et de leurs variations dans le temps et dans l'espace.
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Elizabeth Anscombe (1919-2001) est l'une des grandes philosophes britanniques du xxe siècle. Influencée par Aristote et la scolastique médiévale, mais surtout par son maître Ludwig Wittgenstein, elle a renouvelé les débats en philosophie de l'action et en philosophie morale.
L'action est un sujet de perplexité pour le philosophe car, irréductible à un mouvement sans agent, elle engage une volonté, des intentions et des valeurs morales. Elle se situe donc entre philosophie de l'esprit et philosophie morale : préciser le rôle de la volonté et des intentions dans l'action nous éclaire sur les degrés de responsabilité - en particulier morale - de l'agent.
Dès lors, comprendre comment s'intriquent la spontanéité de l'action et sa dimension téléologique devient un enjeu majeur de la philosophie.
L'esprit en pratique explique pourquoi la philosophie de l'esprit selon Anscombe doit opérer un détour par la philosophie de l'action et décrire le « mental » dans ce qu'il a de visible. Mais aussi pourquoi toute considération sur l'éthique impose de s'appuyer sur une vision claire des motifs de l'action et du type d'agent qui en est le moteur.
En s'inscrivant pleinement dans les débats actuels sur la subjectivité, l'intentionalité, la responsabilité, la philosophie d'Anscombe renouvelle en profondeur la notion d'intention.
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La domination masculine est un fait quasi universel?: plus de 80?% des groupes humains sont patrilinéaires et à fort pouvoir masculin. Le Néolithique, qui voit l'émergence de l'agriculture et de l'élevage, est sans doute une des périodes parmi les plus importantes pour comprendre comment et pourquoi nos sociétés sont encore aujourd'hui ainsi configurées. Examiner comment se constituent et interagissent les deux catégories sociales fondamentales que sont celles des femmes et des hommes lors du passage au statut d'agriculteurs-éleveurs sédentaires représente un enjeu majeur dans la recherche des origines des inégalités.
Les rapports de genre au Néolithique ont été encore peu explorés. Il faut néanmoins se montrer prudent, et fonder les conclusions sur ce que disent les données mobilisées. Or, le genre n'a d'existence que s'il s'accomplit, s'il est visible. Il se matérialise par des attributs, des postures et des gestes, par des habitudes, par la manière de conduire des activités. Cette matérialité bénéficie à la discipline archéologique dont le support principal est l'analyse des productions matérielles des humains sous toutes leurs formes?: parures, costumes et outillages, modes alimentaires, activités de subsistance, etc.
L'une des premières cultures néolithiques européennes, le Rubané, se prête parfaitement à une telle approche?: de nombreux caractères de cette société sont connus et peuvent être mobilisés pour faire ressortir les premières informations qu'il est possible d'énoncer sur les conditions des femmes au Néolithique.