Langue française

  • Voici des textes inédits d'Alexandra David Neel, retrouvés par Marie-Madeleine Peyronnet et Marc de Smedt dans sa maison de Digne où elle termina ses jours en 1969. Ce recueil est d'autant plus intéressant qu'il couvre tout le champ de son existence aventureuse, de la Belgique à la Tunisie, de la Corée au Japon, du Sikkim à l'Indochine, de l'Inde au Tibet. Toute sa philosophie se trouve exposée ici, ainsi que sa réflexion spirituelle alimentée par la rencontre de grands maîtres et ermites en Orient et par les textes sacrés qu'elle traduisait ellemême.
    A la suite de ces vingt-deux écrits essentiels, on lira le vibrant hommage posthume qu'adressa l'actuel Dalaï-Lama en 1982 à cette grande dame de l'esprit.

  • Dans les années 1960-1970, l'État français encourage l'avortement et la contraception dans les départements d'outre-mer alors même qu'il les interdit et les criminalise en France métropolitaine. Comment expliquer de telles disparités ?
    Dès 1945, invoquant la « surpopulation » de ses anciennes colonies, l'État français prône en effet le contrôle des naissances et l'organisation de l'émigration. Partant du cas emblématique de La Réunion où, en juin 1970, des milliers d'avortements et de stérilisations sans consentement pratiqués par des médecins blancs sont rendus publics, Françoise Vergès retrace la politique de gestion du ventre des femmes d'outre-mer, stigmatisées en raison de la couleur de leur peau.
    En s'appuyant sur les notions de genre, de race, de classe dans une ère postcoloniale, l'auteure entend faire la lumière sur l'histoire mutilée de ces femmes d'outre-mer, héritage douloureux d'un système esclavagiste, capitaliste et colonialiste encore largement ignoré aujourd'hui.

  • Le corps a un langage par lequel il exprime sa jouissance et ses souffrances, mais il est aussi lui-même un langage en soi, un «livre de chair». Apprendre à lire le corps, c'est être attentif à son dessin, savoir décrypter les formes du labyrinthe anatomique ; c'est aussi entendre ce que nous disent les grands mythes de l'humanité sur la nature et la fonction subtile de chacun des organes ; c'est enfin, nous dit Annick de Souzenelle, redécouvrir l'Arbre des kabbalistes, car si l'homme est « créé à l'image de Dieu », l'image de son corps doit être lue comme le reflet terrestre de cet «Arbre de Vie » dont nous parle la tradition de la Kabbale.

  • De tous les actes inachevés, de tous les gestes que nous n'avons pas menés jusqu'au bout, de tout cet à peu près dont nous tissons nos jours et nos nuits, de toutes les rencontres avortées avec soi-même et les autres, naît un jour la crise. Une femme vit cette « nuit de l'âme » au coeur de l'hiver dans la solitude d'une maison retirée. Elle l'explore, la pénètre et la retient en des lignes brèves, justes, fatales qui touchent droit au coeur. Traversée du miroir, récit initiatique, Histoire d'âme évoque au plus profond et au plus simple le mystère, la difficulté et le bonheur d'être, avec des éclats de diamant noir.

  • Chaque âge de la vie exprime une nouvelle métamorphose et contient son propre "pouvoir".
    Il possède sa beauté, ses ressources et sa magie. il n'est surtout pas altération du précédent! la décrépitude n'existe pas.
    L'auteur de la mort viennoise et de la guerre des filles nous dit pourquoi en explorant chacune de ces grandes périodes de l'existence : la gestation, les premiers mois, la petite enfance, l'adolescence, la jeunesse, l'âge adulte et la vieillesse - pour nous en faire découvrir la richesse et les secrets.

  • Lorsqu'elle vivait à Amsterdam, Etty Hillesum avait accroché la photographie d'une jeune Marocaine au-dessus de sa table de travail. Elle s'adressait parfois à cette figure orientale en écrivant son Journal qui n'a cessé, par-delà sa mort à Auschwitz en 1943, d'être lu à travers le monde.
    Karima Berger redonne voix à cette « petite Marocaine au regard animal et serein », qui entre dans un dialogue d'une grande intensité avec Etty Hillesum. Une complicité se noue, à des années de distance et au-delà des différences culturelles, pour dire le monde et lui donner sens, même lorsqu'il paraît sombrer. Dans cette confrontation au siècle et à ses périls, un combat spirituel se fait jour chez ces femmes et la fécondité des paroles d'Etty Hillesum résonne plus que jamais dans ce dialogue rêvé entre Attentives.

    Reprise en poche d'un volume paru chez Albin Michel en 2014

  • Deux écrivaines, toutes deux athées, dialoguent sur le féminin et le sacré. Dans cet essai épistolaire, les deux intellectuelles s'interrogent : existe-il un sacré spécifiquement féminin ?
    Le livre repose sur l'intuition profonde de l'éveil des femmes en ce 3e millénaire, et sur le lien étroit qu'elles entretiennent avec le sacré.
    D'un pèlerinage à la Vierge noire aux environs de Dakar jusqu'aux cultes de l'Inde, Catherine Clément, disciple de Claude Lévi-Strauss, témoigne de l'intelligence du sacré à l'oeuvre dans ces pays. Julia Kristeva évoque Thérèse d'Avila et les grandes mystiques chrétiennes.
    « Qu'est-ce que le sacré ? », demandait Goethe dans un poème. Julia Kristeva rappelle ici sa réponse : « Ce qui unit les âmes ». À l'opposé d'un sacré totalisateur, ces deux femmes esquissent les contours d'un sacré qui, au carrefour du corps et de la pensée, donne sens à la singularité, et révèle sa vitalité dans le partage.

  • Il est des moments innombrables où Dieu se tait. Où le cri de l'homme se heurte au silence, renvoyé par l'impla-cable écho. De ce silence de Dieu, de cette absence d'amour, le siècle passé comme celui qui s'ouvre portent les stigmates avec leur cohorte de charniers, de génocides et de catastrophes naturelles. Toujours à reprendre, le cri de Job révolté devant la souffrance, l'injustice et l'absurde demeure d'actualité. C'est le point de départ de ce texte où se croisent littérature et spiritualité, pour se mettre à l'écoute des échos de ce silence irradié de résonances...

  • "Est-ce qu'une femme peut diriger un État musulman ?" Telle est la question qu'a posée la sociologue Fatema Mernissi dans son épicerie de quartier, pour s'entendre rétorquer: "Ne connaîtra jamais la prospérité le peuple qui confie ses affaires à une femme", hadith aussi célèbre que sans appel. Comment en est-on arrivé là ? Lorsque naît l'Islam en 622, l'intention du Prophète est d'instaurer une communauté religieuse et démocratique où hommes et femmes discuteront les lois de la cité. À partir d'un tel projet, quels méandres ont mené jusqu'à cette figure prégnante de la femme voilée, mise à l'écart de la vie politique, confinée dans l'espace privé au nom de la foi religieuse ? L'auteur a mené une véritable enquête policière à travers l'énorme masse de la littérature religieuse. Elle dresse l'état des lieux dans la Médine du VIIe siècle : alors les épouses du Prophète discutaient politique et allaient à la guerre...


  • Peut-on concilier foi religieuse et raison scientifique ? La Bible est-elle un manuel d'histoire naturelle ? Dieu croit-il en Darwin ? Darwin est-il en croisade contre Dieu ? Autant d'anciennes questions et de débats houleux qui reviennent aujourd'hui au premier plan de l'actualité. Aux États-Unis particulièrement, où les États, un siècle et demi après la publication de l'Origine des Espèces, sont amenés à légiférer sur l'enseignement de la théorie darwinienne ou de ses opposantes ; mais les pays européens sont désormais eux aussi confrontés aux mêmes revendications de la part des lobbies créationnistes. Dans un monde où la science a perdu sa capacité à émerveiller et suscite même parfois la méfiance, tous les discours semblent se valoir. Il faut tout le génie pédagogique de Jacques Arnould, dominicain, théologien et historien des sciences, pour nous aider à démêler les arguments et les enjeux, les positions théologiques et politiques. Il nous aide ainsi à situer la théorie dite de l'Intelligent Design, " sous-marin " créationniste pour les uns, compromission scientiste pour les autres. Surtout, il prend position claire : non pas Dieu ou Darwin, mais Dieu et Darwin. À travers cette relecture limpide de l'éternel débat entre foi et raison, il nous ouvre à une intelligence nouvelle de notre modernité.

  • Pourquoi la question féminine cristallise-t-elle à ce point les passions dans le monde musulman ? Comment en est-elle venue à incarner toutes les peurs des milieux conservateurs face à la modernité ? Pour répondre à ces questions et, éventuellement, proposer des solutions, il ne suffit pas d'en rester au niveau de l'histoire des faits : il faut se plonger dans l'histoire des représentations, y compris les plus obscures et les plus inconscientes.
    L'auteur explore ainsi l'image de la femme dans le discours orthodoxe, depuis le Coran jusqu'aux Codes de la famille contemporains : subalterne, tentatrice... Mais elle dévoile aussi un pan méconnu de la littérature musulmane : son « discours érotique religieux » qui révèle une femme « omnisexuelle, animale et insatiable » face à laquelle l'homme est réduit à un phallus à jamais insatisfaisant.
    Mêlant analyse sociologique et science des textes, cette étude qui fit scandale lors de sa première parution est à nouveau disponible, dans une version mise à jour.

  • Loin de toute prétention littéraire, dès l'enfance, une femme se lance dans l'écriture, épouse la folie des mots.
    Pour mieux sortir de la solitude, surmonter l'angoisse, elle trace des signes sur la page blanche et traduit ainsi les couleurs d'une existence. Trente-cinq ans d'écriture déjà. De parcours du combattant en connivence avec quelques-uns. De balisage obstiné le long des gouffres. Trente-cinq ans de prière parallèle qui perdure. De réconciliation avec l'aventure terrestre dans l'attente du passage de la maison du corps dans celle du Père.
    Telle est, pour Catherine Paysan, le vrai sens de la prière parallèle, cette écriture qui jette un pont fragile entre les hommes et parle en creux d'un Autre, toujours inconnaissable.

  • Quelle est la véritable origine de l'intégrisme islamiste ? Pourquoi déteste-t-il l'Occident ? Pourquoi fait-il la guerre aux femmes ? Comment un pays musulman peut-il résister à l'intégrisme ? Ces questions occupent la scène médiatique depuis déjà une quinzaine d'années, mais se sont littéralement imposées comme des questions vitales pour chacun de nous le 11 septembre 2001.
    Face à la montée du fanatisme dans le monde islamique et à ses retombées au coeur même de nos sociétés occidentales - déstabilisation, montée des haines et terrorisme -, comment allons-nous réagir si nous ne possédons pas les clés d'une compréhension en profondeur des événements ? Martine Gozlan répond ici de façon claire et pédagogique à ce besoin urgent d'information. Grand reporter à l'hebdomadaire Marianne, spécialiste du monde arabe et de l'Islam, elle nous donne un panorama précis de la nébuleuse islamiste, née dans les années 30 en Egypte, et qui a mis un demi-siècle pour devenir, de l'Iran au Maghreb et à l'Afghanistan, un phénomène politico-religieux d'une ampleur sans précédent.
    En nous permettant de relier l'actualité à ses racines historiques et religieuses, ce livre nous aide à dépasser le stade de l'émotion, pour vraiment comprendre le nouveau monde dans lequel nous vivons.

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