• « Le féminisme n'a jamais tué personne ». Cette phrase est brandie depuis des décennies par le discours féministe majoritaire. Comme si les féministes cherchaient à rassurer un patriarcat pétri d'angoisse, ou à appuyer l'idée - déjà bien répandue - qu'une femme ne peut pas faire peur, qu'une femme ne peut pas être dangereuse. Mais est-il vrai que le féminisme n'a jamais tué personne ? Elles s'appellent Maria, Noura, Judith, Diana, Christabel. Elles ont fait usage de la violence contre la patriarcat. Elles ont touché au grand tabou. Pour nourrir une réflexion sur la place de la violence dans la lutte contre le patriarcat, Irene nous raconte l'histoire de ces femmes violentes.

  • Des mobilisations féministes massives éclosent sur tous les continents bouleversant les moeurs et les législations. Verónica Gago, figure majeure du féminisme latino-américain, observe avec un regard original l'émergence de cette internationale féministe. Mêlant analyse et manifeste politique, La Puissance féministe revient sur les débats féministes actuels et sur les controverses autour du modèle de développement néo-extractiviste.

    Riche de son expérience au sein des mouvements radicaux, l'autrice questionne le lien étroit entre le genre et la race. Gago se demande à quoi pourrait ressembler une nouvelle théorie du pouvoir, fondée sur notre désir de tout changer.

  • « Pour faire simple, le féminisme est un mouvement qui vise à mettre fin au sexisme, à l'exploitation et à l'oppression sexistes. » Ainsi débute cette efficace et accessible introduction à la théorie féministe, écrite par l'une de ses figures les plus influentes, la militante noire-américaine bell hooks.

    Conçu pour pouvoir être lu par tout le monde, ce livre répond de manière simple et argumentée à la question « qu'est-ce que le féminisme ? », en soulignant l'importance du mouvement féministe aujourd'hui. Ce petit guide, à mettre entre toutes les mains, nous invite à rechercher des alternatives à la culture patriarcale, raciste et homophobe, et à bâtir ainsi un avenir différent.

  • Face aux désastres entraînés par l'anthropocène et le capitalocène, il y a urgence à penser et agir différemment. C'est ce qu'Haraway propose de faire dans Vivre avec le trouble, en racontant d'autres histoires, en renouvelant notre rapport au temps et aux autres espèces.

    Prenant ses distances avec toute forme de futurisme (du salut technologique aux discours apocalyptiques) elle explore ces temps troublants et troublés que nous vivons afin d'y déceler les possibles qu'ils recèlent. Épaissir le présent, favoriser l'épanouissement multispécifique, générer des alliances improbables et des « parentèles dépareillées » pour ne pas céder à l'effroi ou l'indifférence, voilà ce à quoi nous invite ce livre.

  • Nos corps sont des terrains de résistance car ils sont pour d'autres des terrains à conquérir. Dans cet ouvrage accessible et personnel, en discussion avec les mouvements féministes contemporains, Silvia Federici entreprend d'extirper nos corps des pouvoirs et des dispositifs technologiques qui les aliènent et les transforment.

    Comment reprendre corps aujourd'hui alors que les publicitaires dictent à ce corps son allure, que les petits chefs l'épuisent au travail, que les médecins l'entourent de sa naissance à sa mort, et qu'on le marchandise jusqu'à la reproduction ? Comment le corps et le genre se forment-ils, entre histoire, luttes collectives, et politique de l'identité ?

    De l'examen de ces questions brûlantes, il ressort un refus : celui de la transformation du corps en machine (ouvrière, procréatrice ou esclave). Et une affirmation : la nécessité d'écouter le langage du corps, afin de retrouver par-delà ses frontières la continuité magique qui nous relie aux autres êtres vivants qui peuplent la terre.

  • Libérer la culotte Nouv.

    Depuis la libération sexuelle des années 1970, notre sexualité est-elle vraiment « libérée » ? Est-ce que se forcer n´appartient qu´à la génération de nos grands-mères ? Nos rapports sexuels sont-ils devenus égalitaires ? Comment se fait-il que le fossé orgasmique soit encore si profond ? Y a-t-il d´autres modèles que l´hégémonie du couple hétérosexuel ?
    De l´asexualité au BDSM en passant par le polyamour et le consentement enthousiaste, cette courtepointe de textes d´autrices culottées réclame haut et fort une nouvelle révolution sexuelle, une réinvention de nos rapports intimes. Si le privé est politique, la sexualité est la clé de voûte de véritables rapports égalitaires. Nous réclamons le droit à la jouissance complète de notre vie, à notre façon. Si dans Libérer la colère nous déclarions être des féministes frustrées, nous constatons dans Libérer la culotte que nous sommes aussi bien mal baisées.

  • Silvia Federici revisite ce moment particulier de l'histoire qu'est la transition entre le féodalisme et le capitalisme, en y introduisant la perspective particulière de l'histoire des femmes.

    Elle nous invite à réfléchir aux rapports d'exploitation et de domination, à la lumière des bouleversements introduits à l'issue du Moyen Âge. Un monde nouveau naissait, privatisant les biens autrefois collectifs, transformant les rapports de travail et les relations de genre. Ce nouveau monde, où des millions d'esclaves ont posé les fondations du capitalisme moderne, est aussi le résultat d'un asservissement systématique des femmes. Par la chasse aux sorcières et l'esclavage, la transition vers le capitalisme faisait de la modernité une affaire de discipline. Discipline des corps féminins dévolus à la reproduction, consumés sur les bûchers comme autant de signaux terrifiants, torturés pour laisser voir leur mécanique intime, anéan­tis socialement. Discipline des corps d'esclaves, servis à la machine sociale dans un formidable mouvement d'accaparement des ressources du Nouveau Monde pour la fortune de l'ancien.

    Le capitalisme contemporain présente des similitudes avec son passé le plus violent. Ce qu'on a décrit comme barbarie et dont aurait su triompher le siècle de la raison est constitutif de ce mode de production : l'esclavage et l'anéantissement des femmes n'étaient pas des processus fortuits, mais des nécessités de l'accumulation de richesse. L'auteur nous invite à par­tager son regard d'historienne et de féministe sur la situation actuelle et sur ses mécanismes.

  • Consentement.

    En droit, ce mot utilisé pour valider un mariage, un contrat, une opération médicale, sert aussi à juger la qualité des relations intimes : le défaut de consentement est ce qui permet de distinguer un rapport sexuel d'un viol, une caresse d'une agression, les « avances » du harcèlement. Or cette approche renforce l'asymétrie des rapports hommes-femmes en reconnaissant aux premiers un rôle actif de proposition, de demande, voire d'exigence, et aux secondes la seule possibilité de « consentir » ou non. Elle n'interroge qu'à la marge la coercition portée par l'hétéro-normalité, sans voir que l'intériorisation de la domination peut paradoxalement s'exprimer par un « consentement » à la violence.

  • Le vrai sexe de la vraie vie

    Cy

    • Lapin
    • 24 Novembre 2016

    Tu as remarqué, malin(e) comme tu es, que ce livre va parler de sexe. Mais est-ce qu'on t'a déjà parlé du VRAI sexe ? Celui avec des maladresses et des ratés (dans les deux sens du terme), celui qui est pudique et hésitant, celui avec du sable dans la shnek, celui de la première fois, celui avec le décor qui casse ou les sphincters qui lâchent, celui dans des endroits inconfortables, celui avec un handicap, celui avec des objets, celui avec des vrais gens, hétéros, homos, bi ou transsexuels, celui avec ou sans amour, bref celui qui change du porno et qui décomplexe à mort nos soubresauts maladroits et humains.
    Cy est une des chroniqueuses vedettes de Madmoizelle.com, le site des jeunes filles de 12 à 30 ans avec ses 4,5 millions de visiteurs mensuels et ses 230 000 fans sur Facebook. Ses chroniques attirent hebdomadairement entre 100 000 et 230 000 visiteurs !
    Le livre portera la mention de Madmoizelle et on peut s'attendre à voir toutes les jeunes filles se jeter dessus !

  • Des mobilisations #NiUnaMenos contre les violences faites aux femmes et pour le droit à l'avortement en Argentine, au mouvement #MeToo aux Etats-Unis, en passant par les grèves des femmes contre les inégalités salariales en Islande et en France, pour le droit à l'avortement en Pologne, ou encore les manifestations massives contre la justice patriarcale dans l'Etat espagnol et contre Bolsonaro au Brésil sous le slogan #Elenao, nous vivons aujourd'hui une indéniable résurgence du mouvement des femmes.
    Cette nouvelle vague émerge dans un contexte international convulsif, marqué par une polarisation sociale et politique dans de nombreux pays. Les femmes anticipent-elles l'ouverture d'un nouveau cycle de radicalisation et de lutte des classes ? Publié d'abord en Argentine puis traduit en différentes langues, Du Pain et des Roses retrace l'histoire du mouvement féministe et entreprend un débat avec ses différents courants, pour une perspective féministe, internationaliste, socialiste et lutte des classes.

  • La pensée d'Antonio Gramsci, mort dans les prisons fascistes est, depuis plusieurs décennies, devenue incontournable au sein de la théorie politique. Certains de ses concepts, notamment ceux d'hégémonie et de guerre de position, ont fait l'objet de réappropriations très diverses, en dehors même du cadre « marxiste » dans lequel ils avaient été élaborés. À travers le commentaire de douze extraits issus aussi bien des Cahiers de prison que de textes de jeunesse, ce volume brasse des thématiques variées entend offrir un panorama de la pensée de celui qui fut à la fois l'un des fondateur du Parti communiste d'Italie et l'un des philosophes les plus innovants du XXe siècle.

  • Libertarias : femmes anarchistes espagnoles Nouv.

    Indomptables, insoumises et rebelles, ouvrières ou paysannes, mères de famille ou partisanes de l'amour libre, syndicalistes ou adeptes de la lutte armée, combattantes et « guérillères », les femmes anarchistes espagnoles, depuis la fin du XIXe et tout au long du XXe siècle, n'ont cessé de clamer leur désir d'émancipation sociale en leur nom.
    Si l'histoire retient surtout le rôle de ces militantes lors de la guerre civile et de la révolution de 1936-1939, cet ouvrage met l'accent sur la continuité et la pluralité des formes de luttes qui témoignent d'une véritable spécificité de l'engagement des libertaires espagnoles.
    Contre l'invisibilisation d'un combat ponctué par l'expérience des luttes, de la guerre et de l'exil, il s'agit ici, à travers des trajectoires individuelles ou de groupes de reconstruire une mémoire collective au féminin, tout en soulignant le caractère transgénérationnel de l'anarchisme espagnol au sein duquel les femmes ont joué un rôle déterminant.
    Nouvelle édition.

  • Quand ont commencé ces Correspondances libres, furieuses et joyeuses entre jeunes féministes, en 2008, le web avait encore l'air d'un vaste boy's club. Il était habituel de considérer le féminisme comme dépassé, de prétendre que les jeunes femmes ne s'y intéressaient guère. Or, depuis qu'elles ont pris la toile d'assaut, nous avons découvert une génération de jeunes féministes courageuses, créatives et bavardes, aussi solides dans l'analyse de la culture pop et des mouvements sociaux de partout dans le monde que dans la gestion des trolls et la solidarité. Le blogue Je suis féministe a servi de porte d'entrée pour des dizaines de jeunes femmes francophones en manque de tribunes. C'est dans cet espace privilégié qu'elles se sont affirmées, qu'elles ont démarré de nombreux débats et donné vie à une culture féministe propre au web, qu'il est devenu impossible d'ignorer aujourd'hui.

    Les filles de Je suis féministe passent au papier, pour garder une trace de cette aventure collective marquante, et réfléchir au chemin parcouru. Cette anthologie comprend des textes de 30 auteures, écrits entre 2008 et aujourd'hui, et portant sur des sujets aussi variés que le viol, la maternité ou le coming out féministe, en passant par la publicité, le féministe pop et la violence policière.

  • Dans cet essai mordant qui se donne de faux airs de flânerie, Valérie Lefebvre-Faucher procède à une minutieuse enquête. Son sujet est sérieux, immense, spirituel même : l'héritage littéraire du marxisme. C'est qu'à force de côtoyer des militants, ses antennes féministes commencent à envoyer des signaux d'alarme.

    Quelque chose ne tourne pas rond au royaume marxien : « Vous qui possédez le petit Karl comme un catalogue d'outils fiables, à dégainer dans toutes les situations. Que savez-vous de l'oeuvre d'Eleanor Marx ? De l'influence de Jenny ou de Laura Marx ? Camarades, quelqu'un vous a-t-il parlé d'elles pendant ces nombreuses années d'université ? ».

    Une simple promenade qui chamboule tout.

  • Dérision

    Taiko Hirabayashi

    • Ixe
    • 26 Février 2021

    Née en 1905 dans un Japon en pleine mutation, Hirabayashi Taiko rompt très tôt avec sa famille pour s'engager dans le mouvement anarchiste. Publiée en 1927, la nouvelle "Dérision" lui vaut un prix littéraire et l'inscrit d'emblée dans le courant de la "littérature prolétarienne, tendance féministe" . Dans le style incisif qui la caractérise, Hirabayashi Taiko décrit la vie de misère des jeunes anarchistes et la cruauté de la misogynie.
    Son oeuvre toute entière pétrie d'expérience vécue est aussi sans illusions. Et c'est avec une lucidité redoutable qu'elle s'attaque au mythe de l'amour, conjugal ou maternel.

  • Antimatrix

    Alessi Dellaumbria

    Ce livre suit le même fil conducteur qu'un roman noir - une des dernières formes de récit qui arrivent à nous parler vraiment du monde. La narration se construit ici comme une enquête qui, à force de rassembler des éléments épars et désordonnés voit se profiler une certaine cohérence, transparaissant à travers le brouillage spectaculaire.

    Dans ce monde où nous ne voyons plus que des choses et non des liens, et où inversement rien ne doit échapper aux dispositifs de capture du capital et de l'État, les angles morts n'auront jamais été aussi vivants. Le narrateur d'Antimatrix se tient dans l'un de ces angles morts.

  • Artiste inclassable, performeuse avant l'heure, tout à la fois danseuse, mime, actrice au cinéma comme au théâtre, cabarettiste, inventeuse de la danse dite « grotesque » - dont elle est l'unique représentante -, Valeska Gert (1892-1978) était une « étincelle dans un baril de poudre ». Une figure, scandaleuse et adulée, du Berlin de l'entre-deux-guerres. L'arrivée au pouvoir des nazis la contraignit à s'exiler dix ans aux US. Cette « fille du peuple » dont la route croisa, comme chorégraphe, actrice et féministe, celles de Pabst et Renoir, Brecht et Einsenstein, Tenessee Williams, Fellini ou Schlöndorff, n'en continue pas moins, aujourd'hui encore, d'exercer son influence sur l'art chorégraphique.

  • Démantèlement du droit du travail et des CHSCT, incohérences dans la gestion de la pandémie Covid-19, accidents industriels comme Lubrizol... Annie Thébaud-Mony, sociologue de la santé et du travail, éclaire le lien entre ces catastrophes : la mise en danger généralisée des travailleurs.euses par le patronat et l'État.

    Ces entretiens reviennent sur ses recherches sur les maladies professionnelles, expliquent ce que la pandémie révèle de la destruction des droits à la santé en France, racontent les luttes en cours et analyse le lien entre leurs dimensions sociale et environnementale. Ils tracent ainsi le chemin d'une possible démocratisation du travail, pour le mettre au service de la santé et de la vie.

  • À l'aube d'une décennie marquée par un virus ayant partout exacerbé la violence et les inégalités, l'intersectionnalité s'avère plus que jamais nécessaire pour comprendre le monde. Qu'arrive-t-il lorsque l'on porte ce regard attentif sur les médias ?

    Ce livre explore avec aplomb les questions de l'inclusion et de l'exclusion médiatiques. Comment analyser le traitement médiatique réservé au port du hijab dans le sport, aux agressions sexuelles à l'endroit des femmes noires et autochtones, ou encore, de la place des transidentités dans l'espace public ?

    Un livre collectif qui amène son lot de réponses éclairantes et douloureuses, une rareté dans le paysage des études culturelles francophones.

  • Nées en Italie dans les années 1940, Silvia Federici et Mariarosa Dalla Costa sont des militantes pionnières et des intellectuelles féministes de premier plan. Dans ces entretiens inédits menés par l'historienne Louise Toupin, elles reviennent sur le mouvement qu'elles ont cofondé en 1972, le Collectif féministe international, qui fut à l'origine d'une revendication radicale et controversée au sein du féminisme, celle de la rémunération du travail domestique invisible.

    À partir de cette riche expérience, elles racontent comment s'est complexifiée leur pensée au fil du temps, et formulent une critique intersectionnelle du capitalisme néolibéral, à partir de la notion de crise de la reproduction.

  • Une crise de la masculinité, dit-on, sévit dans nos sociétés trop féminisées. Les hommes souffriraient parce que les femmes et les féministes prennent trop de place. Parmi les symptômes de cette crise, on évoque les difficultés scolaires des garçons, l'incapacité des hommes à draguer, le refus des tribunaux d'accorder la garde des enfants au père en cas de séparation, sans oublier les suicides. Pourtant, l'histoire révèle que la crise de la masculinité aurait commencé dès l'antiquité romaine et qu'elle toucherait aujourd'hui des pays aussi différents que le Canada, les États-Unis et la France, mais aussi l'Inde, Israël, le Japon et la Russie. L'homme serait-il toujours et partout en crise?

    Dans ce livre, Francis Dupuis-Déri propose une étonnante enquête sur ce discours de la «crise de la masculinité», dont il retrace l'histoire longue et ses expressions particulières selon le contexte et les catégories d'hommes en cause, notamment les «hommes blancs en colère» ainsi que les Africains-Américains et les «jeunes Arabes». Il analyse l'émergence du «Mouvement des hommes» dans les années 1970 et du «Mouvement des droits des pères» dans les années 1990 et leurs échos dans les réseaux chrétiens et néonazis. Il se demande finalement quelle est la signification politique de cette rhétorique, qui a pour effet de susciter la pitié envers les hommes, de justifier les violences masculines contre les femmes et de discréditer le projet de l'égalité entre les sexes.

empty