Arts et spectacles

  • Le portrait du diable

    Daniel Arasse

    • Arkhe
    • 21 Janvier 2010

    Un cardinal qui n'aimait pas le Jugement Dernier de Michel-Ange fut bien puni par le peintre, qui fit son portrait en Lucifer.
    L'anecdote est savoureuse et instructive, mais elle ne montre pas seulement l'indépendance d'esprit du plus grand artiste de la Renaissance. Pour Daniel Arasse, elle est révélatrice d'une évolution culturelle majeure : la disparition de la figure du Diable dans la peinture. Grâce à un examen précis et inventif des textes religieux et des images de la fin du Moyen Age et de la Renaissance, il décrit ici l'émergence de l'image du Diable, son utilisation et son essor, dans le cadre de pratiques dévotionnelles où les images se doivent d'être efficaces.
    Puis il montre comment la culture humaniste a rendu caduque cette figure médiévale, et l'a reléguée au rang de superstition. Désormais, le Diable n'est plus l'Autre de l'homme, le Diable est en l'homme.

  • Chaque année, des milliers de photographies (tirages, négatifs, plaques...) entrent dans les collections publiques françaises. Musées nationaux ou régionaux, grandes institutions culturelles, Frac, centres d'art ou d'archives, bibliothèques... enrichissent leurs fonds sans pour autant donner à voir leurs acquisitions au public. Cette publication y remédie en opérant une sélection d'images, tant actuelles que patrimoniales. Du fonds Marc Riboud acquis par le musée Guimet aux photographies réalisées par Émile Zola, d'albums de photos de famille au portrait du dernier «cannibale» des îles Marquises ou à d'intenses clichés issus de la Première Guerre mondiale et des registres de déportation, +Photographie revisite l'histoire de cet art visuel, depuis ses origines jusqu'à ses champs contemporains.

  • Une fois la caméra sortie de la chambre, qu'a fait l'homme au noeud papillon, raide sur son fauteuil comme un mannequin de cire ? La femme au visage de nacre dans le matin bleu de cobalt à Moscou, prend-elle toujours le bus au petit jour ?
    De Saute ma ville, tourné à dix-huit ans en 1968, à No Home Movie en 2015, l'année de sa mort, en passant par Jeanne Dielman, News from Home ou D'Est , Chantal Akerman nous a fait habiter des lieux et rencontrer des personnages qui n'ont pas fini de nous hanter. Ce livre est un hommage à l'intensité sans égale de son cinéma.

  • L'oeuvre cinématographique de Chantal Akerman (1950-2015) couvre presque un demi-siècle, depuis Saute ma ville (1968) jusqu'à No Home movie (2015) où elle se met en scène dans un dialogue d'une extraordinaire émotion avec sa propre mère, survivante d'Auschwitz, et dont elle a pu dire, en forme d'énigme, qu'elle était "le seul sujet de ses films". Cinquante ans d'un parcours paradoxal qui est une perpétuelle interrogation de ce que révèle le cinéma de notre regard sur le monde. L'essai de Corinne Rondeau insiste sur la dimension littéraire du "cinéma Akerman", sur son corps à corps avec la littérature et se veut aussi un hommage à un femme qui s'était livrée à une "guerre aux images avec les images", jusqu'à sa disparition tragique en 2015.

  • Puisant ses références à la source même du modernisme, comme les constructivistes et les suprématistes, le style de Zaha Hadid se caractérise par une volonté de déconstruire l'orthogonalité des objets, utilisant des entrelacs de lignes tendues et de courbes, d'angles aigus et de plans décalés et apportant à ses créations complexité et dynamique.
    En France elle a notamment réalisé : un terminus de tramway et le projet de mosquée à Strasbourg, la tour CMA-CGM à Marseille, et le projet de complexe sportif et culturel à Montpellier.
    Cette intégrale, premier ouvrage en français consacré à l'oeuvre de Zaha Hadid, présente l'ensemble de ses recherches théoriques, de ses projets et réalisations tant en architecture que dans les domaines du design et de la mode.

  • Pas très loin de la Promenade des Anglais, dans une banlieue niçoise, un plan d'urbanisme est en marche, les résidences « Saint-Pierre » vont disparaître. Le relogement de la population va se faire lentement. Certaines familles seront relogées dans le quartier, d'autres à la périphérie.
    Les femmes, piliers de la famille, principal lien social, prennent la parole sur la manière dont elles vivent cet évènement qui vient bouleverser leur vie. Par leur contribution, ces femmes deviennent les rédactrices de l'ouvrage.

  • Né de la rencontre - pas du tout fortuite - entre le photographe Bernard Plossu depuis longtemps apprécié par les deux écrivains, sa série de photos de chambres d'hôtel, (Palerme et Gênes) a donné vie à ce livre à trois « voix ». Chacun d'eux a écrit en vis à vis de chacune des photos un petit texte fictionnel formant une sorte de récit énigmatique. Le livre se compose donc de deux parties : « Palerme Fonction Silence » de Liliane Giraudon et « Gênes Fonction Basilic » de Jean-Jacques Viton.

  • Pagu, alias Mara Lobo, a essayé de raconter dans ce livre, avec un maximum de littérature pour un maximum d'efficacité, la vie et les luttes des travailleuses de l'industrie textile du quartier du Brás, à São Paulo.
    C'est un roman prolétaire. Le premier, en 1933, au Brésil.

  •  Depuis la publication du Dossier Camille Claudel en 1987 (fruit de quinze années de recherches de Jacques Cassar, mais resté inachevé du fait de son décès), jusqu'à sa rétrospective au musée Rodin au printemps 2008, Camille Claudel (1864-1943) a connu une véritable réhabilitation. Celle que les dictionnaires les plus officiels donnèrent longtemps pour morte en 1920 a fait l'objet de biographies romancées, cinématographiées, théâtralisées et chorégraphiées. Sur le plan scientifique, le catalogue raisonné de son oeuvre de sculpteur a enfin pu être établi.
    Reste le « cas Camille ». Internée - séquestrée ? - en asile psychiatrique sur « placement volontaire » en 1913, elle y finira ses jours, trente ans plus tard, dans un abandon quasi total. Malgré un « secret de famille » bien gardé et le mystère toujours embrouillé de ses relations avec Auguste Rodin, des éléments du « dossier » avaient pu percer çà et là, mais ils n'avaient jamais été rassemblés. C'est à la reconstitution du puzzle que s'est attaché Jean-Paul Morel, pour tenter de comprendre cette interminable mise au tombeau.

  • Il n'y a pas que les étoiles, Loïe Fuller, Isadora Duncan ou Martha Graham, qui ont révolutionné les codes de la danse restée longtemps dans des structures rigides.
    Si Lizica Codréano a mené une carrière "éclair" de danseuse, elle a cependant eu le temps de collaborer avec les plus grands artistes du XXe siècle : Sonia Delaunay, Fernand Léger, Darius Milhaud, Marcel Mihalovici... Ses improvisations sur les Gymnopédies d'Erik Satie, filmées par Constantin Brancusi dans son atelier, ses participations à la Soirée du Coeur à Barbe (1923) et au film Le P'tit Parigot (1926), notamment, demeurent des moments forts.
    Poursuivant sa réflexion sur le corps, Lizica a mis à profit sa connaissance des pratiques des guérisseurs roumains et du yoga pour ouvrir un des premiers cabinets de hatha-yoga à Paris.

  • Au vu de la nature des matériaux - terre cuite, acier, fonte ou bronze - les figures de hanneke beaumont vibrent d'une légèreté paradoxale.
    Toute sa conception et tout son processus de réalisation sont marqués par sa quête d'un arrangement syntaxique à même de conférer aux différentes parties de l'oeuvre une unité de composition à travers un subtil jeu d'équilibre spatial. le message de l'artiste n'est pas, et ne se veut pas, ouvertement politique. ses sculptures représentent autrement l'être humain ; les figures ne sont pas simplement formes mais signifiants de l'esprit et du corps, de l'humanité luttant pour faire de la pensée un sentiment et pour découvrir, simultanément, le sentiment au travers de la pensée.
    C'est leur immédiateté intuitive et spontanée qui en fait des figures " universelles ".

  • Lors de la feria de Pentecôte, à Nîmes, en 2003, Françoise Gilot, 82 ans, qui vécut avec Picasso de 1943 à 1954, mère de Claude et Paloma, sent monter en elle une brusque résurgence du sentiment qui nous a liés et cela, à travers la corrida. Ce sentiment la pousse à revenir sur ses souvenirs, quarante ans après son premier livre, Vivre avec Picasso, un best-seller qui provoqua une levée de boucliers de la part de Picasso et du Parti communiste français. Aucune amertume dans ce nouveau livre même si elle y révèle qu'il coûta cher à la belle cavalière, "la femme qui dit non" comme il l'avait baptisée, de résister au grand homme au point d'oser le quitter et d'avoir une vie après lui. Le livre nous révèle un Picasso au quotidien, avec ses manies, sa cour d'admirateurs, ses combats puérils à l'encontre d'autres artistes comme Giacometti par exemple. À ce livre exceptionnel par sa véracité, ses clins d'oeil, ses anecdotes, s'ajoutent des témoignages inédits de Dubuffet, Cocteau. Devenue une artiste internationalement reconnue, installée à New York, Françoise Gilot ressuscite finalement avec une insolente fraîcheur la vie artistique de toute une époque.

  • Blancs d'espagne et de céruse, rouge de carmin et rouge végétal, poudres d'odeur et à poudrer, pommades de concombres et de limaçons..., autant de produits colorés, parfumés et parfois toxiques, pour le visage ou les cheveux, dont les femmes et les hommes de l'époque moderne ont fait usage dans l'élaboration de leur parure.
    Grâce à l'exploitation d'un vaste corpus de sources, imprimées et manuscrites, et à des approches méthodologiques croisées, ces cosmétiques sont ici l'objet d'une histoire inédite et globale. ce livre rend compte aussi bien de leur composition que de leurs appellations, de leurs vocations et de leurs usages différenciés dans le paris de l'ancien régime. a l'origine destinés à paraître à la cour et à témoigner de la valeur supérieure de la noblesse dans une société d'ordres, les cosmétiques autorisent progressivement la construction d'apparences plus individualisées, sinon naturelles, et renforcent la promotion de nouveaux critères de beauté.
    La lumière est aussi portée sur les modalités de leur production. un temps confinée dans l'espace domestique, rattachée à la cuisine et à la thérapeutique, empreinte d'un esprit magique, la confection des cosmétiques glisse bientôt dans l'univers concurrentiel des arts et métiers, et en particulier entre les mains des gantiers-parfumeurs. dans leur laboratoire et leur boutique, ces artisans mettent au point tout un ensemble de savoirs et de techniques, aussi hybrides et composites que le sont les matières premières qu'ils emploient : amidon et graisses diverses, pigments, épices et parfums.
    Ils oeuvrent aussi à la création d'un environnement et d'un vocabulaire marchands spécifiques, à la définition de stratégies commerciales qui leur permettent de conquérir un public qui n'appartient plus seulement à la sphère des privilégiés. avec l'entrée progressive dans un monde de consommation, les cosmétiques se diffusent dans la société : un marché de la beauté émerge au xviiie siècle que les différentes institutions de la monarchie éclairée tentent de contrôler, en des termes économiques, scientifiques et sanitaires.

  • Béatrice Englert peint sans modèle de multiples têtes, en puisant inlassablement autour d'elle et dans son passé, le souvenir d'autant de profils entrevus, réinventés et sertis sur des supports marbrés et embrumés. Dans sa production la plus récente apparaît ce tour de main particulier qui courbe et enroule la forme sur la compartimentation rigoureuse qui structure toujours ses toiles. Réceptacle des replis enfouis de nos semblables, son oeuvre nous dit avec pudeur et fermeté des choses essentielles sur la nature humaine.

  • A l'invitation du musée d'orsay, des artistes d'aujourd'hui dialoguent avec les collections en choisissant l'oeuvre de laquelle ils se sentent proches.
    Naît ainsi la possibilité de voir les collections sous un nouveau jour. valérie belin, artiste française née en 1964, inlassablement et presque à contre-courant, a construit une oeuvre radicale autour de ta photographie de personnages ou d'objets. l'entretien avec quentin bajac met au jour la singularité de son travail et ses rapports avec la peinture et notamment manet, l'artiste choisi pour "correspondances ".

  • Sur les traces du vivant

    Collectif

    • Fage
    • 5 Mars 2008

    Sur les traces du vivant vous invite à découvrir la biodiversité à travers les riches collections du musée des confluences, à lyon.
    Le patrimoine hérité des cabinets de curiosités conservé dans les muséums a été complété au fil du temps par de nombreux collectionneurs, qui ont rassemblé des quantités considérables d'animaux, de fossiles, de minéraux... pour leur valeur scientifique, bien sûr, mais aussi pour leurs qualités esthétiques ou leur rareté. chaque objet de cet ouvrage a été choisi pour illustrer certains aspects de la vie, des conditions nécessaires à son apparition à l'extraordinaire variété née de son évolution.
    Cette diversité du monde vivant se révèle fragile et menacée. c'où l'importance que nous devons accorder à ce patrimoine irremplaçable.
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  • De fait, depuis l'Antiquité jusqu'il y a peu, ce sont les hommes qui ont peint, sculpté, dessiné les femmes.
    Colette Deblé affronte aujourd'hui l'histoire de l'art dans une démarche iconoclaste. "Je tente de reprendre les diverses représentations de la femme depuis la préhistoire jusqu'à nos jours afin de réaliser une analyse visuelle des diverses postures, situations, mises en scène." La figuration, chez Colette Deblé ne part pas du sujet en soi, mais de l'interprétation qui en est déjà faite dans l'oeuvre historique, donc chargée de connotations culturelles, allégoriques, symboliques.
    Pour Colette Deblé, "la citation picturale ne saurait être une citation littérale comme est la citation littéraire, parce qu'elle passe par la main et la manière du citateur. D'où un léger tremblé doublement allusif entre l'oeuvre citée et le citateur. Mon projet explore ce tremblé parce qu'il suppose un exercice extrêmement long de la citation vers son usure et sa fatigue." Pas moins de deux mille dessins et lavis donnent à chaque femme regardée une personnalité, une vérité et une réalité charnelle qui, indirectement, provoquent l'interrogation sur un ordre depuis longtemps établi.

  • Il fallait bien l'audace d'une ville, Metz et sa communauté d'agglomération, et d'une volonté culturelle, celle du Centre Pompidou à Paris, pour mener à bien cet enjeu que représente le Centre Pompidou-Metz.
    Pari architectural, avec le choix d'une équipe résolument tournée vers l'avenir dans sa singularité écologique, Shigeru Ban/jean de Gastines/Philip Gumuchdjian. Pari culturel avec cette affirmation résolue de la pluridisciplinarité et d'une connivence voulue entre la création sous toutes ses formes et le public. À la croisée des routes européennes, cette nouvelle institution affiche tout à la fois la marque d'une modernité déterminée et la volonté du pluriculturalisme.

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