Presses De Sciences Po

  • La science économique a été pensée par des hommes, pour être au service d'une société dirigée par des hommes. Elle est aussi la science sociale la moins féminisée : les femmes représentent à peine un quart des économistes. "Je suis une économiste féministe" , affirme Hélène Périvier. En levant le voile sur l'apparente neutralité des concepts et des analyses de cette discipline, elle met au jour les ressorts d'une organisation sociale issue du modèle patriarcal, centrée sur Monsieur Gagnepain, tandis que Madame Aufoyer est devenue Madame Gagnemiettes.
    L'économie féministe, parce qu'elle renouvelle les thèmes et les approches de la discipline, déploie des savoirs et des outils pour atteindre l'égalité des sexes.

  • Si la violence conjugale est aujourd'hui reconnue comme une question de société légitime, il n'en a pas toujours été ainsi. C'est grâce aux mobilisations féministes des années 1970, qui définissent alors la violence dans le couple comme une violence faite aux femmes, produit des rapports de domination entre les hommes et les femmes, que ce phénomène sort de la dénégation sociale dans laquelle il était tenu. Comment une cause féministe devient-elle un problème public dont s'emparent les associations, les institutions internationales et l'État ?

    En apparence, le problème de la violence conjugale paraît semblable partout : il s'agit de développer des lieux d'accueil pour les victimes de violence, de créer des lois pour rendre la violence illégitime et d'appeler à sanctionner ceux qui transgressent ces nouvelles normes sociales et juridiques. Cependant, les conditions institutionnelles, politiques et idéologiques diffèrent dans chacun des pays et le problème public y est traité selon des modalités distinctes. À travers la question des violences conjugales et en comparant le cas français et américain, Pauline Delage analyse avec acuité quelles sont, de part et d'autre de l'Atlantique, les formes légitimes de l'intervention publique dans le domaine de l'intime et des inégalités sexuées.

  • Toutes les femmes sont citoyennes, quelques femmes sont artistes. La citoyenne et l'artiste sont-elles les semblables des hommes ? Oui. Tout autant concernées par la politique et par l'art ? Oui.
    Au commencement de l'ère démocratique, initiée par la Révolution française, ces affirmations furent pourtant sources de débats et de polémiques : aux femmes la famille plutôt que la cité, la muse plutôt que le génie, arguaient bien des hommes qui n'étaient pas tous réactionnaires. Deux cents ans après, nous en discutons encore.
    L'ouvrage revient sur les conséquences de ce moment fondateur. Il rend compte du travail sans fi n de la démonstration de l'égalité, dans une « démocratie exclusive » où chacun - donc chacune - peut théoriquement se voir individu, sujet, citoyen, créateur, un, une parmi tous et toutes. De Poulain de la Barre, philosophe du XVIIe siècle, à Jacques Rancière, penseur contemporain, avec Virginia Woolf comme avec Simone de Beauvoir, les textes réunis ici montrent à quel point ces questions demeurent essentielles pour la modernité : celle de la jouissance revendiquée, celle de la stratégie subversive, celle de la mesure de l'émancipation des femmes, celle du féminisme comme dérèglement de la tradition occidentale.

  • Dans ce premier ouvrage sur les comportements politiques des pieds-noirs, l'auteur dresse un tableau vivant et complexe de leur histoire et de leur rapport à la politique, de 1871 à nos jours, avec la guerre d'Algérie et le retour en France comme moments clés.
    Comment votait-on dans les départements français d'Algérie ? Quelles furent les conséquences de la guerre puis du rapatriement en France sur les comportements politiques des pieds-noirs ? Que reste-t-il du " vote pied-noir " aujourd'hui ou de leur proximité avec le Front national ? Ce livre permet de mieux comprendre comment les pieds-noirs se perçoivent aujourd'hui, ce qu'il reste du traumatisme, près de cinquante ans après la guerre d'Algérie, et quelle incidence celle-ci continue d'exercer sur leurs attitudes politiques.
    Il montre également comment les enfants des rapatriés, conscients du traumatisme vécu par leurs parents, ont cependant décidé de tourner la page. Un livre qui manquait sur une période forte de la Cinquième République et sur une communauté finalement méconnue ; une contribution importante à l'analyse des processus de transmission des traumatismes passés.

  • " la prévention des famines met en jeu des mesures si faciles que la véritable énigme tient à ce qu'elles continuent à sévir ", écrit le prix nobel d'économie amartya sen.
    C'est sur cette " énigme " que ce livre se penche. dans un monde oú la quantité de nourriture disponible, les moyens des agences d'aide et la force des médias sont tels, ce désastre d'un autre âge ne devrait plus exister. et pourtant les famines continuent chaque année de tuer des milliers d'êtres humains. elles persistent lorsque les mécanismes traditionnels de réponse ne peuvent être mobilisés et que le processus d'assistance est empêché.
    Vingt ans d'expérience dans la lutte contre la faim permettent à l'auteur de dresser une typologie des famines contemporaines : à côté de famines " niées ", dont il s'agit de taire l'existence le plus longtemps possible, se sont généralisées les famines " créées " et les famines " exposées ", orchestrées comme outils de propagande dans le contexte de l'humanitarisation de l'aide. face à ces famines, la question n'est pas aujourd'hui de savoir si le monde peut nourrir le monde, mais s'il veut nourrir le monde.

  • « Vous leur donnez votre point de vue, vous les faites participer. Ils se disent, elle a besoin de nous, même si vous n'en avez absolument pas besoin [rires], mais globalement ça marche. » « Faire la blonde » est l'une des ruses régulièrement employées par Marielle et d'autres jeunes ingénieures et manageuses d'Airbus pour être acceptée et obtenir des informations dans leur travail quotidien au sein de ce bastion masculin qu'est l'avionneur européen.
    Les témoignages et récits recueillis par Nathalie Lapeyre au fil de cinq ans d'enquête montrent un phénomène nouveau : le pragmatisme dont font preuve les jeunes générations de femmes cadres pour s'emparer des opportunités offertes par les récents dispositifs d'égalité professionnelle. Être inféodées aux hommes comme leurs aînées, très peu pour elles ! L'égalité, elles sont déterminées à la faire advenir, individuellement et surtout en groupe.
    Avec une bonne dose d'humour et de modestie, elles usent de leur réflexivité dans l'analyse des expériences ordinaires de la domination, au travail comme à la maison, pour développer des capacités d'action, voire d'empowerment, qui peuvent rejaillir sur l'ensemble des femmes d'Airbus. Bien conscientes de la fragilité de leurs acquis, masquant parfois leur réussite jusque dans leur famille, elles sont extrêmement lucides sur le chemin qu'il reste à parcourir.

  • Varia.
    Archives La communication des archives publiques en France Marion Veyssière - Inventaires Gilles Morin - Brèves.
    Avis de recherches Faire l'histoire de la Coupe du monde de football Yannick Deschamps - Connaître les dénaturalisés du régime de Vichy Florian Reverchon - Le musée face à l'art de son temps Hélène Duret.
    Images, lettres et sons Massacre colonial et théâtre national Martin Mourre - Cold War Claire Feingold - Les comédies musicales ou la joie de vivre du cinéma Valentin Bardet.
    20 & 21 signale.
    Librairie Construction nationale - Grande Guerre et entre-deux-guerres - Seconde Guerre mondiale - Occupation, Collaboration et Résistance - Histoire politique de la France - École, Université et politique - Économies et sociétés coloniales - Église et société.

  • Une " ombre portée ", nous dit littré, c'est "toute ombre qu'un corps projette sur une surface et l'imitation qu'on en fait dans un dessin ".
    Le " corps ", ici, c'est l'événement de mai 68 lui-même, dans sa polyphonie et sa cacophonie, ses promesses et ses échecs. la " surface " ? la société française depuis 1968. mais aussi une france prise sous l'effet, antérieur aux " événements " eux-mêmes, de ces " sixties ", si vivaces en mémoire aujourd'hui. l'" imitation " ? c'est le souvenir, médiocre ou exalté, la reconnaissance difficile ou la célébration à tout hasard d'un mai toujours jalousement évoqué.
    Le " dessin "oe c'est le travail de l'historien. celui-ci porte, dans ce dossier, sur la jeunesse, la politique et le travail ; la dérision, la presse, le corps et la culture ; la génération, enfin : autant de marques et de traces, remises en situation historique.

  • L'espace mondial. La mondialisation est un enchevêtrement de processus complexes dans lequel les individus, inondés d'informations en temps réel, ont du mal à se situer, qu'ils soient gagnants ou perdants. Comprendre ces processus nécessite d'inventer de nouvelles grilles de lecture.
    Acteurs et réseaux. Face à des États trop petits pour un monde trop large, quels rôles reviennent aux régions, niveau intermédiaire mal défini, mal identifié et parfois mal aiméoe Firmes globales, ONG, réseaux religieux, groupes terroristes, mafias : qui sont ces acteurs déployés dans l'espace mondial ? Comment agissent-ilsoe Identités et allégeances. La question des allégeances et des valeurs universellement partagées se pose à nouveau. La perte des repères collectifs et individuels entraîne des recompositions identitaires, parfois brutales, et rend la gestion de la diversité plus compliquée.
    Gouverner et réguler. Plus fluide et plus interdépendant, ce monde est en même temps profondément fracturé. La diffusion de la violence et la globalisation des problèmes environnementaux obligent à réfléchir, au-delà du militaire et du géostratégique, à l'imbrication des facteurs économiques, sociaux et politiques.
    La chine dans la mondialisation : l'émergence économique et politique de cette société en mouvement génère, modifie et amplifie des phénomènes globaux qui, en retour, l'influencent et la transforment. Composé de cartes, de graphiques et de textes inédits, ce cahier spécial Chine aide à décrypter les enjeux des bouleversements en cours.
    Un projet exemplaire : plus qu'un atlas, ce livre est une véritable boîte à outils. Conçu par un cartographe, une géographe et deux politistes, il est le fruit d'un travail d'équipe autour du cours d'Espace mondial, l'un des enseignements phares de Sciences Po. La cartographie et les graphiques s'appuient sur les travaux réalisés par l'Atelier de cartographie de Sciences Po, devenu une référence dans ce domaine.

  • Après les promesses de 1945, le "deuxième sexe" a été mis hors jeu politique par une cinquième république qui laissait aux mâles le monopole de la politique.
    Les institutions et le fonctionnement des partis y sont pour beaucoup. les élections législatives françaises du printemps de 1997 auraient-elles marqué un tournant dans la composition du personnel politique ? la féminisation remarquée de l'assemblée nationale, quoique modeste, le nombre de femmes ministres dans le gouvernement jospin constituent des indicateurs de "modernisation de la vie politique".
    Mais le double scrutin, municipal et cantonal, de mars 2001 montre bien que, sauf à être obligés par la loi, les partis ne modifient pas leurs habitudes.
    Cet ouvrage analyse les mutations en cours. il fait d'abord le bilan des relations, souvent difficiles, entre femmes et pouvoir politique. il dessine ensuite les portraits de celles, élues ou ministres, qui réussissent à se hisser sur le devant de la scène être femme politique relève en france d'un destin d'exception.
    Il présente enfin les résultats d'une enquête sur les nouveaux et nouvelles élus et compare le déroulement de leurs carrières. ce sont cinquante ans d'histoire conflictuelle entre les femmes et le pouvoir politique que l'auteur retrace.

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