Picquier

  • Funérailles célestes

    Xin Ran

    Les Funérailles célestes est une histoire d'amour et de perte, de loyauté et de
    fidélité au-delà de la mort. Après Chinoises, Xinran dresse le portrait
    exceptionnel d'une femme et d'une terre, le Tibet, toutes les deux à la
    merci du destin et de la politique. En 1956, Wen a vingt-six ans. Elle et son
    mari, Kejun, sont de jeunes étudiants en médecine, remplis de l'espoir et de la
    ferveur des premières années du communisme en Chine. Par idéal, Kejun
    s'enrôle dans l'armée comme médecin. Peu après, Wen apprend la mort au
    combat de son mari sur les plateaux tibétains. Refusant de croire à cette
    nouvelle, elle part à sa recherche et découvre un paysage auquel rien ne l'a
    préparée le silence, l'altitude, le vide sont terrifiants. Mais la volonté de
    retrouver Kejun la pousse à continuer. Perdue dans les montagnes du nord,
    recueillie par une famille tibétaine, elle apprend à respecter leurs coutumes et
    leur culture. Après trente années d'errance, son opiniâtreté lui permet de
    découvrir ce qui est arrivé à son mari. Quand Wen retourne finalement en
    Chine, elle retrouve un pays profondément changé par la Révolution culturelle et Deng Xiaoping. Mais elle aussi a changé : en Chine, elle avait toujours été poussée par le matérialisme ; au Tibet, elle a découvert la spiritualité. L'histoire de Wen est véridique. À l'époque où Xinran, journaliste à Pékin, recueillait les
    confidences des femmes dans son émission de radio (publiées dans Chinoises, 2003), elle a rencontré cette femme qui lui a raconté son histoire. Bouleversée par ce récit qui réveillait en elle un souvenir d'enfance, elle lui a consacré un livre, pour révéler la vérité cachée derrière la légende des funérailles célestes.

  • Une mère connait-elle vraiment son fils ?
    Yujin, 26 ans, se réveille un matin couvert de sang. En bas des escaliers du duplex qu'il partage avec sa mère gît le corps de celle-ci, la gorge tranchée d'une oreille à l'autre. Aucun souvenir de la veille ; les crises d'épilepsie dont il souffre depuis l'enfance ont altéré sa mémoire. Il lui semble se souvenir de sa mère criant son nom. Mais appelait-elle à l'aide ? Ou implorait-elle ? Commence alors une course contre la montre pour le jeune homme qui n'a que peu de temps avant que la police s'en mêle.
    Trois jours pour lever le voile sur les évènements de la nuit, et pour apprendre la vérité sur lui et sa famille. Un thriller psychologique addictif qui nous précipite dans l'esprit d'un psychopathe.

  • Certaines illusions sont essentielles. Nous en avons besoin pour vivre. La première et la huitième des neuf nouvelles qui composent ce livre parlent
    d'écrire. Dans Mrs. Dutta écrit une lettre, une veuve se demande comment répondre à la question de son amie de Bombay : Êtes-vous heureuse en Amérique oe. Dans celle qui donne son titre au recueil, Biren, jeune artiste émancipée sur le point de se marier, croit en la vertu rédemptrice du journal intime : forte du livre de comptes de ses erreurs de jeunesse, elle pense avoir atteint une maturité qui la met à l'abri d'égarements futurs.
    Écrire pour se déprendre des leurres que nous inventons par désir de brosser une belle histoire, s'avouer sa négligence, ses dérapages ces errements que la mémoire impitoyable ne cesse de ramener en surface afin de relancer l'espérance. Avec sobriété et dignité, l'auteur trace en filigrane de chacune des histoires de ces femmes ordinaires, neuf petites leçons de sagesse exemplaire, exercices sur la voie du détachement.

  • Xiao Yanqiu a la beauté froide de la Chang'E de la légende, qui avala la pilule d'immortalité avant de s'élancer vers la lune, où elle vit désormais dans une solitude glacée. Mais dans son coeur brûlent la passion de son art et le regret d'avoir, à l'orée de sa jeunesse, brisé sa carrière d'actrice d'opéra. Vingt ans après, on lui propose de reprendre le rôle de la déesse de la lune dans le célèbre opéra tiré de la légende. A quel prix saura-t-elle incarner celle qui évoque l'impossible désir humain d'échapper à son destin ?
    Le récit fort et émouvant de Bi Feiyu nous plonge dans les coulisses de l'opéra de Pékin, où il faut bien composer avec ces soucis terre-à-terre que sont l'argent et les pressions politiques. Mais il dresse surtout le portrait d'une femme qui, de toute la force de sa volonté, cherche à aller au-delà d'elle-même en fusionnant avec l'image que lui tend le miroir de l'art.

  • Install

    Risa Wataya

    L'étrange début dans la vie d'Asako, lycéenne de terminale qui a déserté la guerre des examens, et de Kazuyoshi, un petit génie de l'informatique de dix ans, qui se lancent tous les deux dans la gestion d'un site de conversations pornographiques sur Internet. Après avoir fait le tour des dangers et des mensonges du monde virtuel, Asako et Kazuyoshi retourneront à la solitude fondamentale de l'enfance face aux adultes et à l'avenir

  • Un cuisinier italien établi à Genève, qui accomplit des prodiges d'art culinaire, sent monter autour de lui un climat de défiance, voire d'hostilité, au sein même de sa famille. Une jeune fille, éblouie par une camarade de classe, la regarde profaner sa beauté en posant pour un photographe. Un fonctionnaire tatillon, envoyé en mission au fin fond de la campagne indienne, découvre un village hagard, miné par des conflits entre hindous et chrétiens, et fait la connaissance d'un prêtre diaboliquement retors.
    Radhika Jha saisit des instants de vie à ce moment, comme en suspens, où les certitudes vacillent avant de basculer. Passant de la comédie à l'italienne, avec conversations surprises derrière des paravents et quiproquos en cascade, à la sensualité d'un tableau de genre, ou au drame, dans des textes savoureux et brillants d'intelligence. Son univers cosmopolite possède la grâce, la précision et la richesse de variations de l'Odissi, cette danse de l'Inde qu'elle pratique avec autant de maîtrise que l'écriture.

  • Septembre 2002, quelque part en afghanistan.
    Un soldat américain, parti en mission de reconnaissance, est capturé par des rebelles afghans et enfermé dans un asile d'aliénés. mais qui sont vraiment ces malades, aphasiques, mutilés, invalides, et ce camp est-il une prison ou le dernier refuge de ceux que la guerre a brisés et rendus fous de souffrance et de misère ? a mesure que les attaques se multiplient, que la nourriture s'amenuise et la place manque pour enterrer les morts, la frontière entre vainqueurs et victimes, rescapés et criminels, peu à peu se délite.
    Une étrange et chaleureuse solidarité rassemble les survivants tandis que le soldat découvre l'histoire de ces épaves, histoire faite de pillages, de tortures et de violence, menés de l'intérieur comme de l'extérieur. si ce roman d'une insoutenable beauté est une évocation poignante de la folie de la guerre, c'est une guerre qui se déroule en chacun de nous, dont nous sommes tous à la fois victimes et complices.

  • Trois fictions sur le delhi d'aujourd'hui.
    Trois histoires où s'entremêlent les destinées de kishan l'électricien, shibu le lépreux, la plantureuse et scandaleuse barra, reine de toutes les fêtes, kishore le gardien de parking et sa femme sushila qui, en triant les ordures pour vivre, conserve précieusement chaque jour un papier d'une couleur inconnue, et bien d'autres encore. et la force d'attraction qui les lie tous ensemble, c'est delhi, la capitale étranglée par la circulation, étouffée de pollution, mais aussi la ville de tous les possibles, celle qui offre à chacun sa chance, une terre d'espoir pour ceux, innombrables, qui viennent s'y réfugier.
    Radhika jha raconte cette ville en pleine fermentation, où se condensent toutes les contradictions de l'inde : aussi vivante et explosive que peut l'être la rencontre entre une petite maruti 800, la voiture préférée des conducteurs de delhi, et un éléphant. beauté et cruauté, la formule secrète de radhika jha (rosita boisseau, le monde).

  • Trois soeurs

    Feiyu Bi

    Le livre : "Le drame de la vie humaine, ce n'est pas que la route soit couverte de mines, mais qu'elles soient enterrées sur l'unique voie que nous devons emprunter."
    Telle est la voie unique que suivent les destins des trois soeurs de ce roman. Yumi la dignité, Yuxiu la séduction, Yuyang le pouvoir. Trois vies tragiques de femmes, acculées, malgré leur énergie et leur détermination, à la violence et à la veulerie des hommes. Les deux soeurs de Yumi sont violées pendant la Révolution culturelle, tandis qu'elle-même, contrainte d'épouser un homme puissant et âgé pour sauver l'honneur de la famille, se voit condamnée à n'enfanter que des garçons. Yuxiu se trouvera prise au piège de sa séduction, et Yuyang de son désir de réussir. Ces femmes dépossédées de leur pouvoir sur le monde et même sur leur propre corps, c'est pourtant un homme qui s'attache à décrire leurs parcours. Sans mélodrame, mais avec une attention et une pertinence sensible qui font sonner juste la corde du coeur. Pour qu'une chose soit intéressante, dit Bi Feiyu en citant Flaubert, il suffit de la regarder longtemps. J'ai choisi de "regarder longtemps".

    Né en 1964 à Xinghua dans le Jiangsu, Bi Feiyu passe sa jeunesse à la campagne. Il s'est mis très jeune à écrire, des poèmes, tout d'abord, puis des romans. Si ses premières oeuvres étaient empreintes d'expérimentations linguistiques, il se consacre aujourd'hui davantage à l'évocation de l'âme et au destin de ses personnages, traitant en particulier de la confrontation de l'individu avec l'histoire, personnelle ou collective.

  • Révoltée, lucide, passionnée, yôko est aussi, sans aucun doute, dans ses désirs d'ailleurs et d'amour, le personnage féminin le plus actuel des romans japonais d'avant-guerre.
    Voici le portrait d'une femme à la liberté instinctive et ne pouvant envisager la vie que comme la satisfaction de cet instinct.
    Puérile par instants, impudique parfois, mais têtue et sereine, elle bondit dans la vie dès la première page pour vivre intensément les bouleversements profonds d'une vie amoureuse, sensuelle et scandaleusement libre que l'auteur nous fait partager avec un talent qu'on a pu comparer à celui d'un d.
    H. lawrence.

  • Jeux de famille

    Yu/Miri

    • Picquier
    • 25 Novembre 1998

    Yu Miri qui vient d'obtenir à vingt-neuf ans le célèbre prix Akutagawa (le Goncourt japonais) pour son dernier roman Cinéma familial - l'événement littéraire de l'année - est représentative de la nouvelle génération d'écrivains d'origine coréenne vivant au Japon : ils écrivent la rage au coeur des oeuvres tourmentées, portées par les feux de la révolte.
    La cellule familiale où, selon elle, se nouent les contradictions de la vie, est au coeur de ses romans. Dans Jeux de famille, c'est un père farfelu qui s'efforce de reconstituer maladroitement dans sa nouvelle maison la famille qu'il a contribué à briser par sa désinvolture, l'affrontement avec ses filles tournant au psychodrame et trouvant son accomplissement dans la fuite d'une fillette, au cours d'une nuit tourmentée comme un tableau de Van Gogh.
    Le style de Yu Miri est sec, presque cru, crispant le foisonnement imaginaire de personnages à vif qui se démènent au milieu de leur chaos et de leurs divagations. Le traitement est souvent cinématographique : travellings dans un labyrinthe ou gros plans pour dire les regards qui étincellent. Une altération de la réalité sous le regard myope et délirant de la narratrice qui rappelle celui d'un peintre dont on pourrait voir et entendre les hallucinations et les violences verbales sur la toile.

  • Menteur !

    Kuniko Mukoda

    • Picquier
    • 25 Novembre 2000

    Mukôda a le don de raconter des histoires.
    Et chez elle, ce sont toujours des histoires de famille, de femmes dévoratrices, de pères tricheurs, de trahisons secrètes et de revanches.
    Personne n'en sort blanc comme neige.
    Dans La Lucarne, Eguchi se souvient de son père, un homme chétif que sa femme Taka à la vitalité débordante trompait. La fille d'Eguchi est le vivant portrait de Taka mais elle, c'est son mari qui la trompe. C'est ainsi qu'au poker menteur de la vie, les cartes changent de main selon un hasard ironique.
    Hasard et non destin, car ces nouvelles de la vie familière mettent en scène des personnages aux tragédies pitoyables, et les révélations qu'elles leur apportent sur eux-mêmes et les autres les découvrent semblables " à la souris apprivoisée qui pousse sa petite roue dans la cage ".

  • Uzma Khan a écrit le roman du Pakistan. Elle dresse la carte d'un pays déchiré où ses personnages cherchent passionnément à conquérir un espace où rêver, choisir, aimer. Comme Dia, prise entre l'image d'un père torturé et assassiné et l'exemple d'une mère chef d'entreprise dans un monde où les femmes, traditionnellement, restent dans l'ombre. Ou Daanish qui, après trois ans passés aux États-Unis, ne trouve plus sa place dans un pays où règnent la corruption et les émeutes et où l'on est toujours l'étranger de quelqu'un d'autre. Ou encore Salaamat, en butte au mépris des Pendjabis et des Pathans, découvrant dans la décoration des bus sillonnant la ville une compensation aux humiliations qu'il subit, avant de devenir bourreau à son tour. Dans ce roman foisonnant et violent, traversé pourtant de moments d'une beauté rédemptrice, chacun cherche une voie pour survivre, vivre, devenir ce qu'il croit être le plus important pour lui. Mais comment échapper à la loi sociale sans transgresser oe
    "C'est aussi à la tristesse que le lecteur ressent à quitter certains personnages que l'on reconnaît un bon roman. Transgression est de ceux-là, qui envoûte par la virtuosité avec laquelle Uzma Aslan Khan tisse des fils invisibles entre ses protagonistes." Sophie Cachon, Télérama

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