Le Temps Des Cerises

  • Commencé en 1906, "La Mère" fut achevé à Capri où Maxime Gorki était en convalescence . Trés vite, le roman allait être connu, traduit et admiré dans le monde entier. Les éditions allaient se succéder et ce livre allait inspirer d'autres artistes, tels le cinéaste Poudovkine ou Bertold Brecht... Mais ces dernières années, ce roman fondateur était devenu introuvable en France. Témoignage sur le mouvement ouvrier russe, quelques années avant la Révolution d'Octobre, ce roman est aussi et d'abord le portrait étonnant et fort d'une femme du peuple : Pélagie, l'humiliée, la sainte, va devenir le symbole à la fois de la misère et du courage. Face aux persécutions et aux déportations, elle relève le drapeau et reprend le combat de son fils, Paul, et de ses compagnons... Un roman dont la dimension féministe et l'aspect précurseur, ont sans doute été méconnus.

  • Dans l'histoire mondiale des luttes révolutionnaires, il y a les victoires et les défaites ; il y a le point de vue des hommes, et celui des femmes ; il y a les récits de combat, les récits de prison, et les récits de sortie de prison. Voici l'autobiographie précoce et désenchantée d'une fameuse militante brésilienne, Patrícia Galvão (1910-1962), mieux connue sous le pseudonyme de Pagu, qui rédigea cette lettre-confession pour reprendre vie, en 1940, à l'issue de quatre années passées dans les geôles sinistres du dictateur Vargas.

    Elle y fait le bilan, critique et sans concession, de ses trente années d'existence et, tout particulièrement, de son engagement politique. Jeune fille fondamentalement insatisfaite issue de la petite bourgeoisie, tôt habitée par des velléités d'émancipation à l'égard des carcans sociaux, scandaleuse par nature, dessinatrice et poétesse remarquée à la fin des années 1920 au sein du groupe « anthropophage » d'Oswald de Andrade, l'avant-garde du moment, cette femme libre et frondeuse s'engage dès 1930, corps et âme, à sa manière turbulente et en toute illégalité, dans le combat communiste. Elle milite comme elle peut, en intellectuelle tenue pour suspecte par les cadres du Parti communiste, lance avec Oswald de Andrade un éphémère journal d'extrême-gauche, prend la tête d'un rassemblement du Secours Rouge et devient la première femme incarcérée pour motifs politiques dans l'histoire du Brésil, obéit aux ordres de « prolétarisation » du Parti et part travailler en usine, publie le premier roman prolétarien apparu au Brésil, joue malgré elle les Mata Hari au sein du « Comité fantôme » du PCB, prend le large et effectue un tour du monde comme reporter, passant à Moscou pour atterrir à Paris où elle prend part aux manifestations du Front Populaire, débarque à nouveau au Brésil où, lasse, elle est arrêtée et condamnée pour activités subversives...

    Mais, à côté de ce parcours politique fulgurant et erratique, des salons mondains de São Paulo aux périls et déceptions de la lutte clandestine, le récit aborde aussi de front la question de la condition féminine : initiation sentimentale et sexuelle, expérience du couple et de la maternité dans des conditions pour le moins précaires et hostiles, abus et harcèlements de toutes sortes et de tous bords, tentatives d'affranchissement avec la révolution pour horizon... Ce témoignage précieux, d'autant plus radical et authentique qu'il fut écrit à des fins toutes personnelles, sans intention de publication, n'a été divulgué au Brésil qu'en 2005 pour venir conforter la légende de Pagu, déjà bien établie. Au-delà du contexte brésilien, ces mémoires d'une révolutionnaire conjuguent, dans une écriture intime et poignante, sans tabou ni pudeur, une réflexion sur les possibilités de transformation sociale et un autoportrait viscéralement féministe. Ce sont aussi les coulisses, sombres et tragiques, du roman de propagande Parc industriel publié en 2015 au Temps des Cerises, par le même traducteur.

  • L'héroïne de Personne ne m'aime, Jenny Borghèze est une actrice adulée, exubérante et passionnée, mal aimée pourtant par ceux qui prétendent l'aimer et poursuivie de la haine que lui vaut son engagement anti-fasciste. Il inspirera celui de la discrète Anne-Marie, son amie intime, qui devient à son tour l'héroïne du roman. Avec elle se jouera la suite de l'histoire prise dans la grande Histoire : celle de la Résistance.
    II. Anne-Marie revient dans le Paris d'après-guerre, dans lequel il n'y a plus rien, personne. Elle est seule et désarmée par ces fantômes qui rôdent et qui témoignent de ce que la guerre n'est toujours pas finie. Elle tente de se reconstruire une vie, reprend ses fréquentations d'avant-guerre, retrouve ceux qui ont partagé sa clandestinité, apprend la photographie, tente un amant. Peu à peu, lentement, l'espoir renaît.

  • Anthologie de la poésie syrienne d'aujourd'hui « La Syrie est touchée par le soulèvement, la répression et la guerre ; le sang n'en finit pas de couler.
    Dans ces circonstances, à plusieurs reprises je me suis demandé : « Comment peut-on encore aimer ? » Cette sensation de joie, de plaisir et même d'exaltation qui va avec l'amour est-elle encore possible, et légitime ?
    Venant de Syrie, quelqu'un m'a répondu : « Surtout en temps de guerre, comme un acte de vie ».
    Contrairement à ce qu'on pourrait penser, l'amour en effet non seulement résiste, mais s'exprime avec une force et une intensité rares. La poésie syrienne d'aujourd'hui en porte témoignage.
    Je veux, à travers le choix des poèmes que vous allez lire, montrer le visage humain, le visage de beauté de ce peuple qui mérite de connaître la paix, la liberté et la démocratie. » Maram al-Masri

  • Pagu, alias Mara Lobo, a essayé de raconter dans ce livre, avec un maximum de littérature pour un maximum d'efficacité, la vie et les luttes des travailleuses de l'industrie textile du quartier du Brás, à São Paulo.
    C'est un roman prolétaire. Le premier, en 1933, au Brésil.

  • Ce choix de lettres et de textes est extrait de la correspondance écrite par Rosa Luxemburg en prison de 1915 à 1919. Ces extraits reflètent la vigueur de la pensée tout autant que la sensibilité de l'écrivain qu'était Rosa Luxemburg. "En réalité, je traverse actuellement une passe assez dure. C'est exactement comme l'an dernier, Barminstrasse : pendant sept mois je tiens bon, et le huitième mes nerfs flanchent tout à coup.
    Chaque jour à passer devient un petit sommet qu'il faut gravir ; la moindre bagatelle m'irrite douloureusement. En effet, dans cinq jours il y aura huit mois pleins de ma deuxième année de solitude. Ensuite, sûrement comme l'an dernier, la vie reprendra ses droits, d'autant qu'on s'approche du printemps. Du reste, tout serait bien plus facile à supporter, si je n'oubliais pas la loi fondamentale que je me suis fixée comme règle de vie : être bon, voilà le principal ! Etre bon tout simplement.
    Voilà qui englobe tout et qui vaut mieux que toute l'intelligence et la prétention d'avoir raison..."

  • L'anthologie que voici propose une lecture décloisonnée de la poésie martiniquaise, guadeloupéenne et guyanaise, allant des premiers aînés novateurs et authentiques, nés dans les années 1880 et 1890, jusqu'aux contemporains, dont les plus jeunes sont apparus aux abords des années 1960.
    Le lecteur pourra ainsi observer comment les mêmes thèmes, d'un lieu ou d'une génération à l'autre, se trouvent repris, modifiés, abandonnés ou enrichis, qu'il s'agisse de préoccupations collectives touchant l'histoire, la culture

  • La crise financière internationale de 2008 a entraîné une crise économique majeure incluant montée du chômage, précarité, baisse de pouvoir d'achat et recul de la protection sociale dans tous les pays. C'est une véritable crise systémique du capitalisme. En France, la Sécurité sociale connaît de nouveaux déséquilibres historiques en 2009 et en 2010. On peut vraiment parler d'années noires. La récession et la montée du chômage, comme les politiques économiques et les gestions patronales organisant la déflation salariale et l'inflation financière en sont les causes profondes. La chute du PIB est à 3%. Le chômage atteint 10%.
    Face à cela, une réforme du financement de la protection sociale s'impose basée sur une nouvelle politique de l'emploi et des salaires. La contribution des profits financiers doit être mise en oeuvre. Oui, l'espoir de répondre aux besoins sociaux est possible s'il est basé sur un fonctionnement démocratique de tous les organismes de protection sociale et sur le recul de la financiarisation de l'économie.
    Michel Limousin et Catherine Mills présentent ici leurs analyses et leurs propositions stratégiques pour répondre à ces défis.

  • Née dans une famille de métayers et de mineurs en Savoie, bonne-à-tout-faire, ouvrière, sous-lieutenant dans la Résistance, Élise est une héroïne modeste, comme il y en a tant, de ceux qui n'ont jamais la parole ou alors sont « traduits » par d'autres, qui savent parler ou écrire. Agnès Célérier a eu l'intelligence et l'audace d'écouter sa grand-mère et de ne pas la traduire. L'agencement de son texte, cependant, est un révélateur.
    Ni tranche de vie, ni pittoresque, ni épanchement, mais une leçon de courage, de tenue, de fierté. Ce pourrait être de l'ordre intime du deuil. Mais l'histoire d'Agnès et Élise est un paradigme de l'amour et une histoire du siècle du point de vue des exploités. L'écriture d'une sensibilité non dénuée d'humour, le style précis, dépouillé, élégant, possèdent un grand pouvoir d'évocation.

  • Ernesto Cardenal est l'une des grandes voix de la poésie de l'Amérique latine.
    Moine trappiste, auteur d'épigrammes amoureuses, révolutionnaire, ministre de la Culture du gouvernement sandiniste... Ernesto Cardenal est un poète engagé, drôle, un poète épique qui refuse l'emphase, un poète didactique qui a le sens du mystère, un homme de foi et de raison fervent. Dans son Oraison pour Marilyn Monroe, il se fait l'avocat de l'actrice auprès de Dieu, par un poème qui le situe au plus haut de la poésie universelle.


  • 1936.
    une année décisive dans l'histoire du xxe siècle. une année au cours de laquelle les femmes prennent une place essentielle dans la vie de la société. paru à l'occasion du soixante-dixième anniversaire du front populaire, ce livre, abondamment illustré, est le premier à retracer le rôle des femmes dans ce grand mouvement social qui annonce l'irréversible émancipation du monde féminin au cours du siècle.
    roger bordier, romancier et essayiste, patricia latour, journaliste et écrivaine, ont ensemble composé cet ouvrage qui allie l'information historique au plaisir de l'évocation sensible. ainsi trouvera-t-on dans ces pages des portraits de femmes ayant joué un rôle déterminant, des anecdotes, des témoignages significatifs, puis, un texte sur l'ensemble des événements politiques et culturels du front populaire.


  • A l'heure où l'idée de l'égalité entre les sexes semble marquer le pas, cet ouvrage propose un exposé à la fois chronologique ey synthétique de la pensée des femmes qui ont construit l'histoire de la philosophie contemporaine. L'ouvrage tente de montrer quel fut l'apport théorique et pratique de ces femmes que les historiens classiques de la philosophie ont totalement méconnues. Loins de ne s'intéresser qu'à la cause féminine, mais en la prenant toujours en compte, ce livre affirme que chaque femme philosophe porte en elle le projet d'une société, une représentation du monde particulière. La diversité, mais aussi la cohérence rationnelle de ces représentations finissent de démontrer la fausseté de conceptions qui veulent enfermer la femme dans l'irrationalisme, le fatalisme ou la sentimantalité naïve. Ces femmes philosophes donnent une belle leçon de sagesse aux hommes philosophes qui ont souvent manqué d'humilité et de tolérance dans les réponses qu'ils ont apportées aux problèmes du monde.

  • Le cas Marie Besnard a fait couler beaucoup d'encre, durant les douze années de procédures. On a beaucoup écrit sur son innocence ou sa culpabilité supposée, mais qui, un seul instant, a pris la peine d'imaginer que derrière l'accusée Marie Besnard se trouvait un " être humain ".
    Marie Besnard n'est ni " l'Empoisonneuse de Loudun ", ni la " Bonne dame de Loudun ", mais une femme du peuple, issue de la paysannerie poitevine, qui a connu la vie rude des travaux des champs et qui s'est trouvée confrontée à une hostilité générale. A travers cette biographie, Madeleine Leveau-Fernandez retrace les émotions, les bonheurs, les douleurs qui ont constitué cette vie.
    Marie Besnard est-elle coupable ou innocente ? Madeleine Leveau-Fernandez ne répond pas directement à la question, même si sa sympathie pour le personnage ne peut échapper au lecteur.
    Au-delà de l'affaire, ce sont les sentiments d'une femme, ses espoirs et ses doutes, que Madeleine Leveau-Fernandez retrace en cherchant à être au plus près de la réalité. Les experts n'ont pas réussi à se mettre d'accord pour déterminer son innocence ou sa culpabilité. C'est peut-être en essayant de faire revivre la femme réelle, dissimulée derrière le visage impassible qu'ont saisi les photographes, que Madeleine Leveau-Fernandez suggère une réponse.

  • Flora Tristan - Louise Michel - Rosa Luxemburg - Joséphine Baker - Rosa Parks - Angela Davis - Marie-Jeanne de Lamartinière - Claire-Heureuse - Catherine Flon - Défilée la folle - Lumane Casimir... Après Voix nègres, voix rebelles, voix fraternelles, l'écrivain haïtien Jean Metellus poursuit, avec ces Visages de femmes, l'épopée en poèmes de grandes figures de la lutte pour l'émancipation humaine.

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