Impressions Nouvelles

  • Un bombardement nucléaire vient d'avoir lieu.
    Les lourdes portes blindées du centre commercial Shelter Market se sont refermées sur ses centaines de clients...
    Très vite, la direction du centre met en marche le plan de survie, avec l'aide des nombreux vigiles présents sur les lieux. On assure aux clients qu'ils peuvent s'estimer heureux de leur sort : ils seront abrités et nourris gratuitement jusqu'à ce que la vie redevienne possible à l'extérieur.
    La clientèle est désormais captive et se doit donc de garder le sourire en toutes circonstances...
    Mais, face aux abus de pouvoir et autres dérives fascisantes, quelques personnes finissent par réagir... Un doute commence à s'insinuer quant à la réalité de l'explosion atomique. Et si tout cela n'était qu'une manipulation de plus ?

  • Charlotte Dufrène, de son vrai nom Marie Charlotte Fredez (1880-1968), est un vertige.
    Comment expliquer qu'elle n'ait cessé de se lier à des célébrités : non seulement Roussel, mais aussi le compositeur Reynaldo Hahn, le maître d'équipage Bertrand de Valon, les auteurs Michel Leiris et John Ashbery, faisant ainsi le grand écart entre la société élégante 1900 et une modernité littéraire radicale ? Présence discrète mais mémorable, comment s'attire-t-elle l'intérêt et l'affection de la féministe Lily Wigny ou de la chanteuse Paule Daloze ? Et pourquoi reste-t-elle toujours au fond une inconnue ?
    Ce livre rassemble ce qu'il est possible de savoir aujourd'hui sur Charlotte Dufrène. Il est composé d'un essai biographique et d'un dossier documentaire :
    Chronologie détaillée et iconographie.

  • Ce livre est le récit d'une dévastation. Un roman construit autour d'une trinité implacable, le père, la mère et un "fiancé", qui enferment la narratrice dans un piège de violence et d'humiliation. Loin de tout pathos, avec une émotion toujours contenue, le livre de Corinne Hoex nous fait découvrir l'univers glacé de la maltraitance et nous rend témoins du processus de négation radicale d'un être. Dans une écriture âpre, tendue, toujours sur le fil, l'auteur dresse un procès-verbal impitoyable : celui du père, "mort méticuleusement", dont la narratrice n'a connu que le mépris ; de la mère, dont le regard la nie et "l'abandonne au vide" ; de l'homme, qui "la prend comme on extermine". Roman d'un assassinat psychique, Ma Robe n'est pas froissée nous parle de la béance intérieure et nous donne à observer comment, au milieu de la surdité du monde, une violence endurée se mue en effet de destin.

  • À l'heure où disparaissent les derniers rescapés des camps nazis, subsiste malgré tout la parole de ceux qui ont réussi non seulement à survivre, mais à témoigner. Les témoins, les savants ; la mémoire, l'histoire : autant de possibilités de sortir du silence, qui ont chacune leur spécificité et leur légitimité. Ce sont les diverses modalités de cette sortie du silence, et leurs répercussions indissociablement éthiques et épistémologiques, qu'analyse cet ouvrage. Nathalie Heinich tente d'éclairer les conditions auxquelles il est possible aujourd'hui de faire mentir la sinistre prophétie qui courait à l'époque de la « solution finale » : « Il n'y aura aucun héritier ni aucune mémoire ».

  •  Depuis la publication du Dossier Camille Claudel en 1987 (fruit de quinze années de recherches de Jacques Cassar, mais resté inachevé du fait de son décès), jusqu'à sa rétrospective au musée Rodin au printemps 2008, Camille Claudel (1864-1943) a connu une véritable réhabilitation. Celle que les dictionnaires les plus officiels donnèrent longtemps pour morte en 1920 a fait l'objet de biographies romancées, cinématographiées, théâtralisées et chorégraphiées. Sur le plan scientifique, le catalogue raisonné de son oeuvre de sculpteur a enfin pu être établi.
    Reste le « cas Camille ». Internée - séquestrée ? - en asile psychiatrique sur « placement volontaire » en 1913, elle y finira ses jours, trente ans plus tard, dans un abandon quasi total. Malgré un « secret de famille » bien gardé et le mystère toujours embrouillé de ses relations avec Auguste Rodin, des éléments du « dossier » avaient pu percer çà et là, mais ils n'avaient jamais été rassemblés. C'est à la reconstitution du puzzle que s'est attaché Jean-Paul Morel, pour tenter de comprendre cette interminable mise au tombeau.

  • Les neuf articles reproduits dans ce volume furent, à l'origine, des comptes rendus de livres, publiés de 1983 à 2007 dans des revues spécialisées - à l'exception de deux courts textes relevant de l'hommage nécrologique.
    Ils ne procèdent pas d'une affiliation inconditionnelle à des maîtres mais, plutôt, d'un examen critique de leurs travaux, indissociable de tout " exercice d'admiration ", selon le beau titre de cioran : comptes rendus " à " des auteurs, en règlement d'une dette intellectuelle, ils sont en même temps des comptes rendus " de " leurs contributions, ne s'interdisant pas une certaine irrévérence. car s'ils ont été choisis d'abord en raison de l'importance de l'ouvrage en question, ils l'ont été aussi pour ce que le compte rendu, plutôt que de s'en tenir à la simple description ou à la paraphrase, explicite un non-dit du texte commenté.
    Mais parce que le non-dit ne résulte pas forcément d'une volonté maligne de dissimulation, le dévoilement ne prend pas toujours une forme critique. on s'en apercevra dans ces textes, où il se décline sous des modes variés : renversement, soulignement, explicitation, extension, interprétation, complément, éclairage... sociologie de l'art, sociologie des sciences, anthropologie de l'identité ; cinq sociologues, un philosophe, un historien d'art, un anthropologue ; trois français, trois allemands, un autrichien, un américain (dont cinq émigrés) : voilà qui dit bien le caractère trans-frontalier, à tous les sens du terme, de la discipline sociologique, à partir de laquelle ont été produites ces lectures, en forme de " comptes " rendus à quelques chercheurs qui, pour l'auteur de ce recueil comme pour beaucoup d'autres lecteurs, " comptent " et, sans doute, compteront durablement dans la vie intellectuelle.

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