• Vendu à 60 millions d'exemplaires à travers le monde, adapté des dizaines de fois , aimé par des générations de lecteurs, Anne de Green Gables de Lucy Maud Montgomery est un hymne à la joie et au pouvoir de l'imagination. Magnifiquement écrit, construit autour d'une héroïne parfaitement imparfaite, féministe involontaire et romantique impénitente, ce roman empreint de poésie et d'humour est bien plus que la vie d'une orpheline qui va bousculer le calme de son nouveau foyer. C'est un autre monde, fait d'une nature enchanteresse et d'idées saugrenues qui se déploie à travers les yeux de l'incroyable Anne. Littérature solaire et intemporelle, ce roman unique est une parenthèse magique, un souffle chargé d'énergie, un élan à vivre pleinement nos amitiés et nos passions.

  • Chicago, fin des années 1960. Karen Reyes, dix ans, est une fan absolue des fantômes, vampires et autres morts-vivants. Elle se voit d'ailleurs comme un petit loupgarou : d'après elle, dans ce monde, il est plus facile d'être un monstre que d'être une femme. Un jour de Saint Valentin, au retour de l'école, Karen apprend la mort de sa belle voisine, Anka Silverberg, une survivante de l'Holocauste. Elle décide alors de mener l'enquête et va vite découvrir qu'entre le passé d'Anka au coeur de l'Allemagne nazie, son quartier en pleine ébullition et les drames qui, tapis dans l'ombre de son quotidien, la guettent, les monstres bons ou « pourris » sont des êtres comme les autres, complexes, torturés, fascinants. Conçu comme le journal intime d'une artiste surdouée, c'est un livre époustouflant.

  • Cette nuit-là, dit-elle lentement, Lina a vu passer l'Armée furieuse.

    - Qui ?

    - L'Armée furieuse, répéta la femme à voix basse. Et Herbier y était. Et il criait. Et trois autres aussi.

    - C'est une association ? Quelque chose autour de la chasse ?

    Madame Vendermot regarda Adamsberg, incrédule.

    - L'Armée furieuse, dit-elle à nouveau tout bas. La Grande Chasse. Vous ne connaissez pas ?

    - Non, dit Adamsberg en soutenant son regard stupéfait.

    - Mais vous ne connaissez même pas son nom ? La Mesnie Hellequin ? chuchota-t-elle.

    - Je suis désolé, répéta Adamsberg. Veyrenc, l'armée furieuse, vous connaissez cette bande ? La fille de Mme Vendermot a vu le disparu avec elle.

    - Et d'autres, insista la femme.

    Un air de surprise intense passa sur le visage du lieutenant Veyrenc. Comme un homme à qui on apporte un cadeau très inattendu.

    - Votre fille l'a vraiment vue ? demanda-t-il. Où cela ?

    - Là où elle passe chez nous. Sur le chemin de Bonneval. Elle a toujours passé là.

    - La nuit ?

    - C'est toujours la nuit qu'elle passe.

    Veyrenc retint discrètement le commissaire.

    - Jean-Baptiste, demanda-t-il, vraiment tu n'as jamais entendu parler de ça ?

    Adamsberg secoua la tête.

    - Eh bien, questionne Danglard, insista-t-il.

    - Pourquoi ?

    - Parce que, pour ce que j'en sais, c'est l'annonce d'une secousse. Peut-être d'une sacrée secousse.



    Nul doute que la fratrie « maudite » du village normand rejoindra la galaxie des personnages mémorables de Fred Vargas. Quant à Momo-mèche-courte, il est le fil conducteur de la double enquête que mène ici le commissaire Adamsberg, confronté à l'immémorial Seigneur Hellequin, chef de L'Armée furieuse.

  • Une revue qui se donne pour mission de démocratiser les savoirs universitaires et militants pour déconstruire le patriarcat et donner à chacun des moyens d'émancipation au quotidien. Le premier numéro est consacré à la question du genre, sur la manière dont on devient un garçon ou une fille, sur la transition de genre ou encore l'aspect politique de la naissance.

  • Dans l'Irak rural d'aujourd'hui, alors que des combats sévissent, la narratrice a, en cachette, une relation amoureuse avec Mohammed. Celui-ci meurt sous les obus, elle est enceinte. Destin inéluctable : elle sera tuée par Amir, le frère aîné, dépositaire de l'autorité masculine depuis le décès du père. Un crime pour laver l'honneur de la famille, laquelle approuve en pleurs et en silence : la belle-soeur, épouse soumise ; le jeune Hassan qui aimerait fuir le pays ; la mère qui a bâti pour ses filles la même prison que pour elle ; Ali, tolérant mais lâche ; et la petite soeur, Layla, celle pour qui on tue, afin que cela serve d'exemple.
    Résonnent en contrepoint la présence tutélaire de Gilgamesh et la poésie du Tigre, fleuve qui porte en lui la mémoire du pays et la perdition des hommes.

  • "Attention, lecture addictive ! On n'envoie pas impunément la balle de l'actualité à une philo-sophe véloce comme Adèle Van Reeth. Elle vous la renvoie avec une puissance et une érudition jamais dénuée de fantaisie, qui chaque fois vous emportent et vous emplissent de gratitude autant que de gai savoir. On n'imaginait pas - même si on s'en doutait un peu, à la longue... - qu'en la mettant au défi de philosopher sur, dans le désordre, le sport, les jeunes, les femmes, le pétrole, l'opinion ou encore ces fous d'Anglais ou cette étrange madame Merkel, qu'elle nous saisirait chaque fois par tant de profondeur [...
    ] Maintenant, bon voyage, Adèle Van Reeth a de bonnes nouvelles pour nous. Avant que d'apprendre à mourir, les philosophes nous aident à vivre." Eric Fottorino Directeur de l'hebdomadaire Le 1 Productrice et animatrice des Chemins de la philosophie sur France Culture, Adèle Van Reeth est philosophe. Elle anime également D'Art d'Art sur France 2. Elle est notamment l'auteure de La vie ordinaire (Gallimard, 2020).

  • Dans la Maison, vous allez perdre vos repères, votre nom et votre vie d'avant. Dans la Maison, vous vous ferez des amis, vous vous ferez des ennemis.
    Dans la Maison, vous mènerez des combats, vous perdrez des guerres. Dans la Maison, vous connaîtrez l'amour, vous connaîtrez la peur, vous découvrirez des endroits dont vous ne soupçonniez pas l'existence, et même quand vous serez seul, vous ne le serez pas vraiment. Dans la Maison, aucun mur n'est un mur, le temps ne s'écoule pas toujours comme il le devrait et la Loi y est impitoyable. Dans la Maison, vous atteindrez vos dix-huit ans transformé à jamais et effrayé à l'idée de devoir la quitter.

  • Flic

    Valentin Gendrot

    Que se passe-t-il derrière les murs d'un commissariat??

    Pour répondre à cette question, Valentin Gendrot a mis sa vie entre parenthèses. Il a suivi la formation de l'école de police de Saint-Malo et a fini par atteindre son objectif : devenir policier dans un quartier populaire parisien.

    Durant six mois, Valentin a intégré le commissariat du 19e arrondissement de Paris. Une arme à la ceinture, le journaliste sous couverture a rejoint une brigade dont certains membres tutoient, insultent et distribuent régulièrement des coups à des jeunes hommes noirs et arabes qu'ils surnomment «les bâtards».

    Valentin Gendrot ne cache rien. Il relate la précarité des conditions de travail, le suicide d'un collègue du commissariat survenu lors de son immersion, mais aussi les propos racistes émis par des agents de l'Etat, les bavures, la violence. Il raconte, en détail, comment il assiste au tabassage d'un adolescent noir par un collègue policier. Alors que le jeune homme de 16 ans a porté plainte pour violences policières, Valentin découvre, de l'intérieur, comment sa brigade étouffe l'affaire.

    Cette infiltration unique nous délivre les secrets que seuls les policiers partagent ; Valentin Gendrot nous ouvre l'antichambre où personne n'est jamais entré.

  • Phrases courtes, mot juste, lucidité et humour : le monde d'Agota Kristof infuse dans L'Analphabète, son seul récit autobiographique, paru pour la première fois en 2004 : onze chapitres pour onze moments de sa vie, de la petite fille en Hongrie qui dévore les livres à l'écriture de ses romans. Les premières années heureuses, la pauvreté après la guerre, l'amour des mots, la rupture du « fil d'argent de l'enfance », puis l'adolescence, et finalement l'exil, qui ne la conduit pas seulement hors d'un pays, mais surtout hors d'une langue.

  • Le portrait du diable

    Daniel Arasse

    • Arkhe
    • 21 Janvier 2010

    Un cardinal qui n'aimait pas le Jugement Dernier de Michel-Ange fut bien puni par le peintre, qui fit son portrait en Lucifer.
    L'anecdote est savoureuse et instructive, mais elle ne montre pas seulement l'indépendance d'esprit du plus grand artiste de la Renaissance. Pour Daniel Arasse, elle est révélatrice d'une évolution culturelle majeure : la disparition de la figure du Diable dans la peinture. Grâce à un examen précis et inventif des textes religieux et des images de la fin du Moyen Age et de la Renaissance, il décrit ici l'émergence de l'image du Diable, son utilisation et son essor, dans le cadre de pratiques dévotionnelles où les images se doivent d'être efficaces.
    Puis il montre comment la culture humaniste a rendu caduque cette figure médiévale, et l'a reléguée au rang de superstition. Désormais, le Diable n'est plus l'Autre de l'homme, le Diable est en l'homme.

  • Le faon

    Magda Szabó


    Eszter est une comédienne
    célèbre.
    Pourtant, les frustrations de son
    enfance - entre des parents
    ruinés mais de très vieille
    aristocratie - renaissent et
    s'exacerbent quand elle découvre
    qu'Angela, l'ancienne gamine trop
    parfaite de son village natal, est
    l'épouse de l'homme qu'elle aime,
    et qui l'aime.
    Le Faon dit la jalousie, plus, la
    haine, vécue comme un maléfice,
    à l'égard d'un être qui symbolise
    tout ce que la petite fille que fut
    Eszter n'a pas connu, n'a pas été.
    Son monologue est celui d'une
    femme qui se donne, se confesse,
    et qui expie.
    Le 3 octobre 2007, Magda Szabó fêtait
    ses 90 ans. Elle est morte quelques
    semaines plus tard, le 19 novembre
    2007, un livre à la main. Après La
    Porte, Prix Femina étranger 2003, La
    Ballade d'Iza et Rue Katalin qui a
    obtenu Le Prix Cévennes du meilleur
    Roman européen en juillet 2007, les
    Éditions Viviane Hamy poursuivent
    leur travail de découverte de l'«univers
    romanesque féroce, doux et entêtant»
    de celle qui fut la grande dame
    des lettres hongroises.


  • En 1969, à Boston (États-Unis), des femmes commencent à diffuser sous forme de brochures leurs échanges sur la sexualité, la santé et le corps. Devenu un manuel politique et féministe, "Our Bodies, Ourselves" est publié en 1973. Il sera traduit ou adapté dans 35 langues, y compris le français, en 1977, chez Albin Michel. Et vendu à plus de 4 millions d'exemplaires.
    Ce guide couvre toutes les étapes de la vie des femmes, de l'enfance à la vieillesse, en abordant la puberté, la contraception, l'accouchement, l'avortement, la ménopause, mais aussi les violences auxquelles les femmes sont exposées et comment y répondre. Construit à partir de très nombreux groupes de parole et entretiens, il donne à entendre les voix des femmes et fournit de nombreuses informations scientifiques et médicales.

  • « Ce livre d'Angela Davis est, pour moi, une révélation et une véritable rééducation. » (Toni Morrison) Blues et féminisme noir explore l'oeuvre de deux blueswomen quelque peu oubliées : Gertrude « Ma » Rainey (1886-1939) et Bessie Smith (1894-1937). La première incarne le blues traditionnel, la seconde, le blues classique. Dévalorisée par les spécialistes du blues et du jazz - qui sont en général des hommes blancs -, l'oeuvre de ces chanteuses porte un message spécifique : elle affirme la place et les revendications d'autonomie des femmes noires américaines.
    En analysant et en contextualisant les paroles de leurs chansons, Davis met en évidence les prémices du féminisme noir et les signes avant-coureurs des grandes luttes émancipatrices à venir. Elle montre que Ma Rainey et Bessie Smith furent les premières rock stars de l'histoire de la musique : or elles étaient noires, bisexuelles, fêtardes, indépendantes et bagarreuses.
    Elles posèrent les bases d'une culture musicale qui prône une sexualité féminine libre et assumée, qui appelle à l'indépendance et à l'autonomie des femmes aux lendemains de la période esclavagiste, en revendiquant avec détermination l'égalité de « race » et de genre.
    Cette réflexion s'étire aux années 1940 en évoquant l'oeuvre de Billie Holiday (1915-1959). Angela Davis réhabilite la conscience sociale de cette chanteuse d'envergure, trop souvent présentée sous le simple prisme des turpitudes de sa biographie.
    Blues et féminisme noir propose une histoire féministe et politique de la musique noire des années 1920 aux années 1940.

  • Ce qui fascine dans l'histoire de l'éjaculation féminine, explique Stephanie Haerdle, c'est d'y découvrir que dans plusieurs cultures, et à plusieurs époques, elle était non seulement une expression parfaitement évidente de la sexualité, mais était révérée. Ce qui soulève une question tout aussi passionnante: pourquoi, à partir du XIXe siècle, l'éjaculation féminine a-t-elle été sans cesse ignorée, honnie ou reléguée au domaine du « antasme sexuel masculin»?

    De l'ère préchrétienne à aujourd'hui, des traités érotiques de la Chine ancienne aux mouvements féministes de la troisième vague, en passant par l'Inde de Vatsyayana et la Vienne de Freud, l'histoire culturelle et politique de l'éjaculation féminine compose un portrait étonnant et remarquable de la sexualité. Fruit d'une vingtaine d'années de recherche, ce minutieux travail interroge la nature politique de la biologie humaine, offre des perspectives critiques originales sur la médecine occidentale, dominée par les hommes, et rappelle en quoi le sexe de la femme est un champ de bataille.

  • Au village, tout le monde ne parle que de « La furie ». On dit qu'elle pousse de terribles cris, qu'elle veut voler notre pain, qu'elle transmet d'affreuses maladies.
    Certains veulent se protéger derrière un mur bien haut.
    Pourtant, personne ne l'a jamais vue. La jeune Albertine, elle, veut en avoir le coeur net : qui est cette furie ?
    Existe-t-elle vraiment ? Elle entame un audacieux voyage dans la forêt...

  • Trencadis

    Caroline Deyns

    "Je montrerai tout. Mon coeur, mes émotions. Vert - rouge - jaune - bleu - violet. Haine -amour - rire - peur - tendresse". Niki hait l'arête, la ligne droite, la symétrie. A l'inverse, l'ondulation, la courbe, le rond ont le pouvoir de déliter la moindre de ses tensions. Délayer les amertumes, délier les pliures : un langage architectural qui parlerait la langue des berceuses. Aussi vit-elle sa visite au parc Güell comme une véritable épiphanie.
    Tout ici la transporte, des vagues pierrées à leur miroitement singulier. Trencadis est le mot qu'elle retient : une mosaïque d'éclats de céramique et de verre. De la vieille vaisselle cassée recyclée pour faire simple. Si je comprends bien, se dit-elle, le trencadis est un cheminement bref de la dislocation vers la reconstruction. Concasser l'unique pour épanouir le composite. Broyer le figé pour enfanter le mouvement.
    Briser le quotidien pour inventer le féérique. Elle rit : ce devrait être presque un art de vie, non ? "J'aime l'imaginaire comme un moine peut aimer Dieu".

  • En plus d'e^tre fe´ministe, celle qui a invente´ la Journe´e internationale des femmes, ce´le´bre´e tous les 8mars, e´tait aussi re´volutionnaire, pacifiste et antifasciste, de´pute´e pendant treize ans et amie fide`le de Rosa Luxemburg. Ce livre, coordonne´ et introduit par la journaliste Florence Herve´, rassemble des lettres, des discours et des textes the´oriques, une biographie et des portraits par diffe´rents auteurs de celle qui voulait se battre « partout ou` il y a de la vie».

  • Marie, jeune biologiste française, débarque au Québec pour effectuer son postdoctorat. Elle est affectée à un poste périlleux : assister Laurier, grand trappeur devant l'Éternel, dans l'étude de la prédation des coyotes sur les cerfs en Gaspésie. La voici projetée par -20 °C, dans la mal nommée baie des Chaleurs, elle qui n'a jamais conduit de motoneige. Heureusement, la chercheuse est tenace et Laurier connaît son métier. Durant des mois, dans une nature sauvage, le trappeur et la biologiste sillonnent la rivière gelée et son vallon, tendent des collets, collectent des crottes, analysent des empreintes à la recherche de carcasses. Peu à peu, Marie et Laurier apprennent à se connaître. Isolés du monde, ils goûtent au bonheur d'être pleinement eux-mêmes, le temps d'un hiver.

  • Pourquoi y a-t-il si peu de femmes dans les kebabs ? Qui a décidé que les hommes n'aimaient pas le rosé ? Pourquoi le végétarisme est-il perçu comme un régime dévirilisant ? Les femmes jouissent-elles vraiment en mangeant un yaourt ?
    Rien n'échappe aux injonctions genrées, surtout pas la nourriture. En matière de bouffe, ces règles, tacites ou officielles, sont partout : de la Rome antique aux menus des restaurants, en passant par la publicité et les repas de famille. Elles façonnent le genre et renforcent les stéréotypes sexistes, avec des conséquences réelles sur la planète et la santé des femmes et des hommes qui les subissent.
    Entre goûts innés, constructions culturelles et pensée magique, Steaksisme met les pieds dans le plat pour en finir avec les préjugés.

  • Arelis Uribe met en lumière des personnages féminins, enfants ou adultes, des femmes ordinaires, écolières, étudiantes ou travailleuses, dont on parle rarement et qui sont issues des classes moyennes ou pauvres des quartiers de Santiago ou de la périphérie. Ses nouvelles parlent des quiltras, des femmes déclassées, de la discrimination dont elles sont victimes sur le plan économique et en raison de la couleur de leur peau, des femmes jamais représentés en littérature.
    Les cuicos (blancs des classes aisées) connaissent parfaitement leurs origines, contrairement aux quiltras. En mapudungun (langue mapuche parlée par les indiens du Chili), quiltro signifie chien. Comme au Chili les indigènes sont méprisés, le terme signifie aujourd'hui chien sans race, sans classe, et tout ce qui est mélangé.

  • Funérailles célestes

    Xin Ran

    Les Funérailles célestes est une histoire d'amour et de perte, de loyauté et de
    fidélité au-delà de la mort. Après Chinoises, Xinran dresse le portrait
    exceptionnel d'une femme et d'une terre, le Tibet, toutes les deux à la
    merci du destin et de la politique. En 1956, Wen a vingt-six ans. Elle et son
    mari, Kejun, sont de jeunes étudiants en médecine, remplis de l'espoir et de la
    ferveur des premières années du communisme en Chine. Par idéal, Kejun
    s'enrôle dans l'armée comme médecin. Peu après, Wen apprend la mort au
    combat de son mari sur les plateaux tibétains. Refusant de croire à cette
    nouvelle, elle part à sa recherche et découvre un paysage auquel rien ne l'a
    préparée le silence, l'altitude, le vide sont terrifiants. Mais la volonté de
    retrouver Kejun la pousse à continuer. Perdue dans les montagnes du nord,
    recueillie par une famille tibétaine, elle apprend à respecter leurs coutumes et
    leur culture. Après trente années d'errance, son opiniâtreté lui permet de
    découvrir ce qui est arrivé à son mari. Quand Wen retourne finalement en
    Chine, elle retrouve un pays profondément changé par la Révolution culturelle et Deng Xiaoping. Mais elle aussi a changé : en Chine, elle avait toujours été poussée par le matérialisme ; au Tibet, elle a découvert la spiritualité. L'histoire de Wen est véridique. À l'époque où Xinran, journaliste à Pékin, recueillait les
    confidences des femmes dans son émission de radio (publiées dans Chinoises, 2003), elle a rencontré cette femme qui lui a raconté son histoire. Bouleversée par ce récit qui réveillait en elle un souvenir d'enfance, elle lui a consacré un livre, pour révéler la vérité cachée derrière la légende des funérailles célestes.

empty