• Ça raconte Sarah, sa beauté mystérieuse, son nez cassant de doux rapace, ses yeux comme des cailloux, verts, mais non, pas verts, ses yeux d'une couleur insolite, ses yeux de serpent aux paupières tombantes. Ça raconte Sarah la fougue, Sarah la passion, Sarah le soufre, ça raconte le moment précis où l'allumette craque, le moment précis où le bout de bois devient feu, où l'étincelle illumine la nuit, où du néant jaillit la brûlure. Ce moment précis et minuscule, un basculement d'une seconde à peine. Ça raconte Sarah, de symbole : S.

  • Au cours d'une soirée où se rend le Tout-Paris de la Belle Époque, en 1905, Colette rencontre la marquise de Morny, dite « Missy ». Celle-ci, divorcée et à la tête d'une grande fortune, vit pleinement sa préférence sexuelle. Cheveux courts, pantalon, bottes et complets-vestons : son personnage inclassable dérange et effraie son époque. Un an plus tard, Colette divorce de Willy et va vivre avec Missy une intense histoire d'amour qui durera jusqu'en 1911. Après leur rupture, leurs lettres témoignent d'une indéfectible complicité. Cette relation est fondatrice dans la vie de Colette, dans sa construction personnelle autant que dans son oeuvre littéraire.

  • Une lieutenante de police doit toujours garder la tête froide et les idées claires ! Avant de résoudre les meurtres de vieilles dames qui mobilisent son équipe, Swany pourrait commencer par mettre un peu d'ordre dans sa vie : avouer à ses deux mères qu'elle est elle-même homosexuelle ; se pencher sur sa relation clandestine avec sa supérieure hiérarchique ; se tirer du bourbier dans lequel elle s'est fourrée en tombant amoureuse de « la fille du troisième » ; se méfier des séances de vaudou de sa voisine haïtienne, Bella. Alors, peut-être, enfin, percevrait-elle certains indices essentiels à l'élucidation de cette sombre affaire de tueurs en série...
    Lesbiennes frondeuses, machos au grand coeur, spirites, Tontons macoutes et flics tout-terrain composent la galerie de personnages de ce polar jubilatoire qui fait la part belle aux femmes et dont l'intrigue tourne avec humour autour d'une cage d'escalier.

  • L'une était une riche héritière américaine, l'autre l'une des plus célèbres courtisanes de la Belle Époque.
    La très jeune Natalie Clifford Barney se présenta un jour de 1899 au domicile de Liane de Pougy. Travestie en page florentin, elle se prétendit la messagère de l'amour envoyée par Sappho ; avec l'assurance invulnérable de ses vingt-trois ans, elle obtint ce qu'elle osa à peine demander. Cette liaison dura moins d'un an, laissant place ensuite à des sentiments plus complexes. Natalie n'était pas arrivée à arracher Liane à sa très lucrative vie de galanterie.
    De leur improbable rencontre naquit une passion dont les cent soixante-douze lettres présentées ici, totalement inédites jusqu'à ce jour, narrent les stations obligées, des illusions divines des débuts au goût amer des regrets. Nous suivons, au fil de ces pages, les développements d'un amour qui s'était écrit en même temps qu'il s'était vécu et qui, l'espace de quelques mois, dessina l'espoir immense d'une possible émancipation à deux, loin de l'oppression des hommes.
    C'est dans les feux de cette passion que se forgea le caractère indomptable de Natalie Clifford Barney, qui devint l'Amazone, multipliant amours et amitiés, salonnière incontournable et figure littéraire de l'entre-deux-guerres. À travers certaines lignes empreintes de lassitude s'entrevoit aussi ce que serait le destin de Liane de Pougy, qui après sa rencontre avec Natalie deviendrait princesse Ghika, avant de terminer sa vie dans l'ordre des soeurs tierces dominicaines.
    Ces lettres montrent une hardiesse et une liberté dans l'expression qui, jamais leste ni vulgaire, ne fait guère mystère de la nature de certaines extases. Elles offrent enfin le portrait inédit de deux personnalités qui furent, chacune à son propre titre, des figures de leur temps.

  • Après Delorès

    Sarah Schulman

    • Inculte
    • 11 Octobre 2017

    « Parce que la belle Delores est partie avec une autre, une serveuse de l'East Village se balade avec un flingue et une furieuse envie de s'en servir. Commence alors une errance douloureuse et grinçante dans le New York de l'homosexualité feminine... Noir et violent comme un parfait polar, tendre et rose comme une histoire d'amour, il réussit le tour de force d'expulser les hommes d'une ville, d'un genre littéraire et de l'imaginaire du lecteur... Premier polar lesbien, cette fleur scandaleuse est bien autre chose qu'une curiosa, elle est une nouvelle et magistrale manière de décliner l'éternité de l'amour et de la douleur ». Patrick Raynal

  • Londres, 1922. Frances vit encore avec sa mère. Endettées, elles prennent des locataires, mais l'arrivée de Lilian et Leonard Barber va bousculer leur existence. La « vieille » fille et la jeune épouse nouent une relation inattendue, découvrant des plaisirs qu'elles croyaient interdits. Bientôt elles rêvent de fuir ensemble. Avant que Lil tombe enceinte, et qu'on assassine Leonard...

    Tissant fresque sociale et sentimentale, l'auteure de Caresser le velours offre un mélodrame sensuel et envoûtant, et un remarquable portrait de femmes.

  • La passion

    Jeanette Winterson

    Henri est l'aide-cuisinier de Napoléon Bonaparte, chargé de préparer son met préféré : les volailles, que l'empereur dévore. Il devient ensuite soldat, et vit la guerre de l'intérieur. Mais lorsque les troupes françaises s'acheminent péniblement vers la Russie, son adoration pour Napoléon s'effrite. Pendant ce temps, à Venise, Villanelle, fille d'un batelier, mène une vie bien mystérieuse. Elle se travestit en homme, travaille au Casino et connaît une histoire d'amour secrète qui tourne au drame quand elle perd littéralement son coeur, son amante le lui a volé.
    Les chemins de Villanelle et Henri se croisent à Moscou : c'est là-bas qu'elle a fui l'Italie, et qu'il a déserté son régiment. Entre eux se nouent les fils de la passion, et les deux jeunes gens n'ont désormais qu'un seul but : retrouver le coeur de la jeune femme, pour enfin devenir amants.

  • "Ma mère n'avait pas d'opinions nuancées. II y avait ses amis et ses ennemis. Ses ennemis étaient : le Diable (sous toutes ses formes), les Voisins d'à côté, le sexe (sous toutes ses formes), les limaces. Ses amis étaient : Dieu, notre chienne, tante Madge, les romans de Charlotte Brontë, les granulés antilimaces, et moi, au début." Les oranges ne sont pas les seuls fruits recrée sur le mode de la fable l'enfance de Jeanette, double fictionnel de l'auteur.
    A la maison, les livres sont interdits, le bonheur est suspect. Seul Dieu bénéficie d'un traitement de faveur. Ce premier roman nourri par les légendes arthuriennes ou la Bible célèbre la puissance de l'imaginaire. Tout semble vrai dans ce récit personnel mais tout est inventé, réécrit, passé au tamis de la poésie et de l'humour. Publié en 1985 en Angleterre, Les oranges ne sont pas les seuls fruits a connu un immense succès, devenant rapidement un classique de la littérature contemporaine et un symbole du mouvement féministe.

  • L'indésirable

    Sarah Waters

    Depuis la Seconde Guerre mondiale, la demeure d'Hundreds Hall n'est plus que l'ombre d'elle-même : loin de sa splendeur passée, d'étranges événements se succèdent et distillent entre les murs un vent de terreur. Faraday, médecin de campagne, assiste la famille Ayres qui s'efforce de cacher la débâcle. À moins que le coeur du manoir ne soit rongé par un lugubre secret.

    « Il semblerait qu'avec cette romancière particulièrement douée, les derniers vestiges du gothique aient fini par s'écrouler. » François Rivière, Le Figaro littéraire

  • Louisa et Clem

    Julia Glass

    « Puissant, complexe et bouleversant ! » --The New York Times Book Review

  • C'est à Seabourne, une petite ville côtière, que végète Joan Ogden, avec sa soeur et ses parents. Elle ne peut échapper à son père, tyrannique et mesquin, et sa mère possessive. Jusqu'au jour où elle rencontre Elizabeth, sa préceptrice qui devient son amie et avec qui elle voudrait s'émanciper. Mais les Ogden exercent un chantage affectif permanent.

  • " il s'agit de cette femme, ou plutôt de cette jeune fille, enfin de cette anglaise dont le curieux visage m'a plu pendant une heure.
    c'était un être bizarre. lorsque je m'approchai d'elle pour la première fois, une grande bête dormait clans les plis traînants de sa jupe. la grande bête, dressant le museau, grogna de manière sinistre, au moment même où j'abordai l'intéressante inconnue. malgré moi, je reculai d'un pas. "

  • Sex addict

    Tatiana Potard

    Après une rupture douloureuse, Alex a décidé de tenir un blog. Dans ce journal intime diffusé sur le net, elle fait le récit de ses 1001 aventures à la recherche de la nouvelle femme de sa vie. En l'attendant, elle arpente le Marais avec ses amis et enchaîne les rencontres d'un soir jusqu'à devenir une véritable sex addict. Avec humour et dérision, elle nous raconte tout, absolument tout !

  • María, jeune traductrice, rencontre à l'aéroport de Rome la belle et énigmatique Eva, par laquelle elle se sent immédiatement attirée. Cette rencontre marque le début d'une histoire d'amour passionnée. Mêlant analyse psychologique et thriller amoureux, l'histoire, racontée avec vivacité, intelligence et ironie, nous fait pénétrer au coeur d'une relation complexe, d'une passion tumultueuse qui évolue de manière inattendue et tient le lecteur captif jusqu'à la dernière page.

    « - Passons vite la commande, dit-elle sans lever les yeux du menu, je meurs de faim.
    - Oui, passons vite la commande, je meurs d'amour, m'entendis-je répondre tandis que je refermais la carte et la laissais sur la nappe d'un geste négligent. Aussitôt, tel un éclair, mes propres paroles me foudroyèrent et je restai paralysée. Quel incroyable lapsus ! Je n'en croyais pas mes oreilles, incapable d'ajouter foi à ce que je venais de dire à une parfaite inconnue. » S.G.

  • « L'imaginaire », aujourd'hui dirigée par Yvon Girard, est une collection de réimpressions de documents et de textes littéraires, tantôt oeuvres oubliées, marginales ou expérimentales d'auteurs reconnus, tantôt oeuvres estimées par le passé mais que le goût du jour a quelque peu éclipsées.





  • Londres, 1862. À la veille de ses dix-huit ans, Sue Trinder, l'orpheline de Lant Street, le quartier des voleurs, se voit proposer par un élégant, surnommé Gentleman, d'escroquer une riche héritière. Orpheline elle aussi, cette dernière est élevée dans un lugubre manoir par son oncle, collectionneur de livres d'un genre tout particulier. Dans cette atmosphère saturée de mystère et de passions souterraines, Sue devra déjouer les complots les plus délicieusement cruels, afin de devenir, avec le concours de la belle demoiselle de Briar, une légende parmi les cercles interlopes de la bibliophilie érotique.

    Héritière moderne de Dickens, mais aussi de Sapho et des Libertins, Sarah Waters nous offre une vision clandestine de l'Angleterre victorienne, un envers du décor où les héroïnes, de mariages secrets en amours interdites, ne se conduisent jamais comme on l'attendrait. Un roman décadent et virtuose.

  • Thérèse, vendeuse dans un grand magasin, rencontre Carol, qui est belle, fascinante, fortunée. Elle va découvrir auprès d'elle ce qu'aucun homme ne lui a jamais inspiré : l'amour.

    Une passion naît, contrariée par le mari de Carol, lequel n'hésite pas à utiliser leur petite fille comme un moyen de chantage.

    Second roman de Patricia Highsmith, Carol fut en 1951 refusé par son éditeur américain en raison de la hardiesse du sujet. Il parut sous un pseudonyme, Claire Morgan. Nous pouvons aujourd'hui lire ce roman pour ce qu'il est : la preuve que Patricia Highsmith n'est pas seulement un maître du genre policier, mais avant tout une romancière de premier ordre, qui avec pudeur et sensibilité nous parle ici d'un amour revendiquant sa liberté.

  • L'affamée

    Violette Leduc

    «Elle est belle. Elle est en Italie. Elle ne pense pas à toi. Le jour de son arrivée, elle ne te verra pas. Tu le sais. Je lui donnerai ma vie. Elle s'en fout. Elle sera dans la ville mais tu ne le sauras pas. C'est abominable. Je la tuerai. J'embrasserai ses deux mains que je rapprocherai. Elles ne sont pas plus intelligentes que moi, ses mains. Je reviendrai devant son immeuble. Le garçon de café lui parle. Le coiffeur touche ses cheveux. Écrasez-moi, Madame...» L'affamée est la description de l'Amour.

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