• Je parle comme je suis ; ce que nos mots disent de nous Nouv.

  • A travers trois célèbres salons : la Chambre bleue de Mme de Rambouillet (XVIIe siècle), le salon de Mme du Deffand (XVIIIe siècle), le château de Coppet de Mme de Staël (XIXe siècle), se tracent trois différentes approches de l'esprit de conversation et des jeux de langage, trois moments dans l'histoire de la femme supérieure (Mme de Staël), c'est-à-dire libre de refuser la tradition et d'affirmer ses talents : les Précieuses optant pour la féerie, Mme du Deffand pour la distance et l'humour, Mme de Staël pour la passion et la littérature comme arme. L'évocation de ces figures féminines, prise dans une réflexion actuelle, est aussi, ou d'abord, un éloge de la conversation - de ses capacités de découvertes, de ses ressources de réconfort et de rires, de son pouvoir de séduction.

  • «Quand la connexion s'établit, tout est relié et converge vers un moment d'émotion partagée, vers une affinité créatrice qui arrime chaque personne à un présent vécu comme une expérience collective. » Printemps 2020 : alors que la crise du Covid-19 impose au monde de se calfeutrer et prive de scène des milliers d'artistes, Kae Tempest nous livre une réflexion toute personnelle sur la créativité et ce qui la nourrit. À l'heure où les réseaux sociaux nous poussent à la représentation perpétuelle, où l'apathie nous gagne au point de nous faire oublier qui nous sommes, Tempest crie l'urgence de nous reconnecter. À nous-mêmes, aux autres, à la réalité, pour que jaillisse l'étincelle vitale de la création. On retrouve dans ce texte tout ce qui fait sa force : une voix qui porte, cogne parfois, et une grâce hors du temps.

  • Sur les 66 romans à énigme d'Agatha Christie, plus de 50 mettent en scène des crimes familiaux. Mais le meurtre est un écran de fumée ; le vrai sujet de l'oeuvre de Christie, c'est la banalité du mal au sein de la famille, et le silence qui l'entoure. Ressentiment, manipulation jalousie, humiliation, inceste... La vérité est tue de peur qu'elle ne tue. Au coeur des familles, certains ont tous les droits, d'autres n'ont que celui de (se) laisser faire et se taire. Sonia Feertchak propose une lecture totalement neuve de l'oeuvre d'Agatha Christie, qui met au jour le tabou de la malveillance familiale et le rapport des familles à la vérité. À lire Agatha Christie comme elle n'a jamais été lue, il sera dit sur la famille ce qui n'a jamais été dit.

  • Parce qu'il était fauché, parce qu'il a couru après l'amour et l'argent, parce qu'il était fatigué de tout ça mais qu'il finissait toujours par craquer et s'acheter le beau manteau qui lui faisait envie, parce qu'il refusait d'accepter que certains aient une vie facile et pas lui, parce que, avec La Comédie humaine, il a parlé de nous, Balzac est notre frère.
    T.L.
    Tout le monde connaît Balzac, mais bien souvent son nom reste associé aux bancs de l'école. Avec la drôlerie qu'on lui connaît, Titiou Lecoq décape le personnage. Elle en fait un homme d'aujourd'hui, obsédé par l'argent, le succès, l'amour, dans un monde où le paraître l'emporte sur le reste. Sous sa plume, ce géant de la littérature devient plus vivant que jamais.

  • "J'adore apprendre plein de choses" est un livre qui mêle des anecdotes, des idées, des mémoires, des critiques concernant l'éducation nationale. La forme varie d'un chapitre à l'autre. Le texte est très rythmé, l'ensemble a été composé avec attention, et il faudrait en parler comme d'un collage plutôt qu'un poème ou un essai. Le livre commence par "Là-bas au fond, on se tait, s'il vous plaît."

  • « Une bonne histoire, aujourd'hui encore, c'est souvent l'histoire d'un mec qui fait des trucs. Et si ça peut être un peu violent, si ça peut inclure de la viande, une carabine et des lances, c'est mieux... » Mais quelle place accorde-t-on dans ces histoires aux personnages féminins et à la représentation de leur corps ? Alice Zeniter déconstruit le modèle du héros et révèle la manière dont on façonne les grands récits depuis l'Antiquité. De la littérature au discours politique, elle nous raconte avec humour et lucidité les rouages de la fabrique des histoires et le pouvoir de la fiction.

  • PORTRAIT DE JOYCE EN COUPLE.
    Suivi d'une postface de Pierre-Emmanuel Dauzat, intitulée LE YIDDISH DE JOYCE (Balbutiements sur une traduction).

    Edna O'Brien n'a jamais caché que James Joyce lui avait ouvert les portes de la littérature. Vibrant hommage à un « mec funnominal » - mot emprunté à Joyce - et à son stupéfiant corps-à-corps avec la langue, James & Nora retrace la vie de l'artiste en couple, depuis sa rencontre à Dublin en juin 1904 avec une belle fille de la campagne originaire de Galway, Nora Barnacle, jusqu'à sa mort, en 1941. Leur fuite en Italie, la naissance de leurs enfants, leur misère matérielle, leur flamboyante vie sexuelle, et aussi leurs deux solitudes, Edna O'Brien les concentre en autant de fulgurants instantanés.
    Dans une passionnante postface, Pierre-Emmanuel Dauzat, son traducteur, éclaire sa proximité avec l'écriture réputée si complexe de James Joyce. Le « yiddish de Joyce », ce creuset de langues - dix-sept - qu'il écrivait toutes en anglais, serait « plus familier à Edna O'Brien qu'à d'autres lecteurs européens pour une raison évidente : elle connaît la prononciation de l'anglais dans les différentes régions de l'Irlande [...] et pratique aussi, comme une seconde langue maternelle (pourquoi n'y en aurait-il qu'une ?), l'anglais irlandais. » De fait, ce volume si bref se déploie telle une étoffe précieuse miroitant en d'infinis reflets, dont chacun est une nouvelle invitation à la lecture.

  • « La vie est en soi quelque chose de si triste qu'elle n'est pas supportable sans de grands allègements », nous dit Flaubert. Ces « grands allègements », ces échappatoires, Mona Ozouf les a trouvés dans les arts, l'histoire, le rapport à l'autre.
    En évoquant tour à tour Henry James, George Eliot mais aussi la Révolution française, l'historienne fait l'éloge de la littérature comme accès à l'ambiguïté du réel et promeut les manières comme rempart contre la barbarie ; elle s'interroge sur la singularité d'une écriture féminine et évoque sa conception d'un féminisme qui laisse une place à la différence entre les sexes.
    À bonne distance de tous les enrôlements et de toutes les assignations identitaires, Mona Ozouf maintient inébranlable le souci d'une ligne originale et nous livre ses secrets, ses « échappées belles » qui rendent la vie meilleure.

  • Ce qu'il faut de désir

    Sophie Nauleau

    Après «La Poésie à l'épreuve de soi», après« Espère en ton courage», voici un nouvel opus ayant le désir pour cible. Entre aimantation des sens et sentiment d'inquiétude, qui sont les ferments de la poésie. Entre rêves d'enfance et impatiences aguerries. Entre secrets inavoués et septième ciel. Lorsque les mots osent les élans du sexe et de l'esprit. D'hier à aujourd'hui. Sophie Nauleau nous invite à un nouveau voyage à travers la poésie.

  • Pour nombre d'écrivains, le défi majeur consiste à saisir la première étincelle d'inspiration pour en faire un livre. Par où commencer pour transformer une simple idée, souvent fugace, en un manuscrit redoutablement efficace ?
    Dans cet ouvrage, Elizabeth George - plus d'une vingtaine de romans à son actif et des millions d'exemplaires vendus - nous montre son envers du décor. Pour cela, elle décortique l'une après l'autre les étapes qui ont été indispensables à l'écriture d'un de ses livres, Le Rouge du péché. Des recherches à l'exploration des lieux, des prises de notes aux photos, elle dévoile ses astuces pour construire sa toile de fond avec précision et réalisme, pour rendre ses personnages plus crédibles et plus vivants, pour bâtir une intrigue impeccable.
    Résultat : une véritable manne de conseils pratiques pour les curieux et les auteurs en devenir, mais aussi une source d'informations précieuses pour les fans de la plus british des romancières américaines et les mordus de littérature policière.

  • Passions polygraphes

    Katy Barasc

    Très académiquement ordonnée en deux genres, masculin/neutre et féminin, la langue française se laisse désormais gagner par un tumulte graphique dont ces Passions polygraphes se font l'écho. Katy Barasc, en philosophe, cherche le signe qui viendrait inscrire dans la langue ce qui ne peut s'y prononcer. Entre passions tristes des vigiles du binarisme et passions joyeuses des iconoclastes, ce qui bruisse dans ces pages est jouissance de l'écriture.

  • 16 janvier 2018, 7h28 : il fait encore nuit devant le lycée, en périphérie d'une ville auvergnate. Emmitouflée dans sa doudoune, la prof se repasse le plan de son cours de philo et traverse la rue en dehors des passages piétons. Un klaxon la surprend, elle ne se retourne pas, fait un doigt d'honneur. La voiture se gare, un homme en sort précipitamment, hurle, la défie : « Recommence ! » Face à lui, nouveau doigt d'honneur. Il la gifle.
    Ce n'est pas la première fois qu'elle rencontre la violence.
    Battue dans son enfance, devenue adulte elle a été rouée de coups par un de ses élèves et plus tard insultée par un autre. Pourquoi ? Quel lien existe-t-il entre son corps et la brutalité ? A qui était destiné ce doigt ? Ce roman est une enquête sur deux minutes qui brisent sa vie. Parmi les profs, l'événement perturbe. Qui est coupable de la gifle ? Pourquoi a-t-elle pris le risque de ce second doigt d'honneur ?
    En alternant dialogue en salle des profs et récits des faits, l'écriture tendue de ce Hors les murs de l'éducation nationale, interroge la question de l'origine de la violence. Celle qu'on subit, celle qu'on exerce, celle qu'on désire, celle qui arrive inévitablement, quand on est femme, quand on est arabe, quand on est prof.
    Entre burlesque et lucidité profonde, Le doigt retrace à un rythme haletant les événements qui permettent de comprendre cette « victime en récidive », au travers de la comédie sociale des supérieurs, des médecins et de la justice qui sans cesse minimisent la violence.

  • Intense, fripon, voluptueux, sentimental, libre, grivois, romantique, solennel, saugrenu, clandestin, cru... L'amour a mille et une variations que Laurence Castelain et Jacques Perry-Salkow effeuillent avec un plaisir communicatif. Décidément, la langue de Molière porte en germe le génie de l'amour. Et, à n'en pas douter, l'amour et l'anagramme étaient faits pour se rencontrer : l'un met sens dessus dessous les coeurs et les corps ; l'autre, les mots.

  • Le travail théorique et critique d'Hélène Cixous, plus connue par son oeuvre de fiction et pour le théâtre, a surtout été élaboré publiquement au séminaire qu'elle donne annuellement depuis près d'une cinquantaine d'années. Aussi ce séminaire appartient-il à l'époque "glorieuse" de la pensée française, aux côtés des séminaires de Jacques Derrida, Michel Foucault, Jacques Lacan ou Roland Barthes, mais, à la différence de ceux-ci, celui d'Hélène Cixous était resté inédit jusqu'à aujourd 'hui.
    Son séminaire se caractérise par le fait qu'il associe étroitement la littérature et la pensée : la voix d'Hélène Cixous, forte et séduisante, nous entraîne dans une lecture très personnelle de la grande littérature occidentale (nous y rencontrons Eschyle, Balzac, Dostoïevski, Freud, Joyce, Kafka et surtout Proust, mais aussi l'Odyssée et l'Ancien Testament, parmi bien d'autres oeuvres), jointe à la philosophie, puisque la lecture s'ouvre à l'interprétation du monde.
    Lettres de fuite regroupe trois ans de séminaire, de la rentrée 2001 (après le Il septembre, qui a changé nos vies et le monde que nous connaissions) à juin 2004 (date du dernier dialogue public avec Jacques Derrida, avec qui Hélène Cixous entretient une conversation permanente). Le séminaire fait une place essentielle au désir, à l'amour et à la sexualité, des thèmes universels, mais il est aussi toujours attentif à ce qui se passe sur la scène du monde.
    Ce volume possède ainsi une unité thématique autour de la perte, la mort et la guerre - mais aussi de l'amour, la beauté et la vie. Lettres de fuite est donc un hommage aux "puissances autres" de la littérature. Hélène Cixous conclut : "Dans sa fragilité, dans son côté désarmé, la littérature est absolument indispensable".

  • Anouk Grinberg compose un recueil de textes d'art brut. Les mots de ceux considérés comme fous ou idiots et malmenés par la société sont libres, emplis de joies pures, de rage, de couleurs, de désirs. L'enfance est partout, le réel n'est pas si réel, ils dialoguent avec les esprits et parlent couramment la langue du chaos. Il s'agit bien de littérature alors qu'aucun d'eux n'était cultivé, et ne prétendait faire de l'art.
    Presque tous ces auteurs ont écrit pour qu'on les libère, presque tous l'ont fait pour rien et pour personne, car leurs lettres n'ont pas été lues, pas transmises aux destinataires. Les familles avaient le dégout de leur fou, et les médecins rangeaient dans des tiroirs ces missives qui dérangeaient. Ils ont eu la pulsion d'écrire, comme on a la pulsion de la vie. Ils se fichaient d'écrire « comme il faut » ; ils obéissaient à d'autres lois, inventaient des langues pour se tenir au plus près d'eux-mêmes.
    Avec les écrits bruts, on est à la source de pourquoi l'écriture vient, pour faire monter la vie, pour s'ébrouer du malheur et en faire des feux de camps, pour faire vivre l'esprit.
    Ces êtres à fleur de peau parlent de nous, et parlent dans des langues qui méritent une vraie place dans la littérature, pas seulement celle des fous. Ils ont inspiré les surréalistes et bien d'autres encore dont quelques poèmes parsèment ce livre.

  • Clair et synthétique, le Code de la route Rousseau permet de se préparer au permis de conduire dans les meilleures conditions. Conçue par des professionnels de la formation à la conduite, cette édition est entièrement organisée pour travailler efficacement les 10 thèmes de l'épreuve. Elle propose : - une explication détaillée des 10 thèmes articulés autour des 9 familles qui composent l'épreuve théorique.
    - les dernières réglementations prévues par la loi Mobilité.
    - 2 pages pour chaque sujet, avec 2 modes de lecture possibles : l'essentiel dans les encadrés de couleur, les informations complémentaires dans le corps du texte.
    - de nombreux schémas et illustrations explicatifs.
    - un index précis avec des mots-clés clairement identifiés pour faciliter les recherches. Cette édition est interactive avec 10 QR Codes pour comprendre en vidéo les notions difficiles.
    Pour une préparation intensive à l'Epreuve Théorique Générale, le Code de la route Rousseau contient un code d'accès individuel au site Exatest qui propose 400 questions à jour de la réforme avec :
    - une révision classique ou thématique.
    - des réponses corrigées et commentées.
    - un suivi de sa progression.

  • La pensée d'Antonio Gramsci, mort dans les prisons fascistes est, depuis plusieurs décennies, devenue incontournable au sein de la théorie politique. Certains de ses concepts, notamment ceux d'hégémonie et de guerre de position, ont fait l'objet de réappropriations très diverses, en dehors même du cadre « marxiste » dans lequel ils avaient été élaborés. À travers le commentaire de douze extraits issus aussi bien des Cahiers de prison que de textes de jeunesse, ce volume brasse des thématiques variées entend offrir un panorama de la pensée de celui qui fut à la fois l'un des fondateur du Parti communiste d'Italie et l'un des philosophes les plus innovants du XXe siècle.

  • Depuis quelques années, la question resurgit avec force : peut-on séparer l'oeuvre de son auteur ? Du Nobel attribué à Peter Handke aux César à Roman Polanski, sans parler du prix Renaudot à Gabriel Matzneff, le débat fait rage. De même, le passé nazi de grands penseurs du XXe siècle, à commencer par Heidegger, trouble notre appréciation de leur legs, tandis que l'inscription d'un Céline ou d'un Maurras au livre des commémorations nationales a suscité une âpre querelle.
    Faut-il considérer que la morale des oeuvres est inextricablement liée à celle de leurs auteurs ? Et bannir les oeuvres lorsque leur auteur a fauté ? Loin de l'invective, ce court essai entend mettre en perspective, historique, philosophique et sociologique, cette question, en analysant les prises de position dans ces « affaires ». Mais loin du « tout se vaut », il tranche, offrant à chacun les moyens de cheminer intellectuellement sur un terrain semé d'embûches.

  • La littérature se tient-elle au-delà du bien et du mal ? La modernité le proclame depuis les procès de Madame Bovary et des Fleurs du mal. Aujourd'hui, ce droit à la transgression est remis en question au nom de nouvelles valeurs : respect des sensibilités, militantisme culturel, assignation de toute fiction à une expérience vécue.
    L'effet du mouvement #MeToo sur la manière dont on lit les oeuvres est à cet égard exemplaire. En 2017, des agrégatifs se demandèrent comment lire et enseigner une pastorale du XVIIIe siècle mettant en scène un viol déguisé : ce fut l'affaire Chénier. En 2020, l'affaire Matzneff soulevait la question de la valeur littéraire d'actes sexuels pénalement répréhensibles. Aux États-Unis, l'exigence du trigger warning enjoint les universitaires de signaler à leurs publics les textes au programme dont le contenu pourrait raviver chez eux d'éventuels traumatismes.

  • Giono, furioso

    Emmanuelle Lambert

    Icône littéraire, auteur d'une oeuvre abondante ( Le Hussard sur le toit ; Un roi sans divertissement ; Colline...), Jean Giono semble être l'écrivain patrimonial par excellence, voué à être étudié, admiré, célébré. Pourtant, derrière l'image d'Épinal de l'écrivain provençal se cache un poète nerveux et tourmenté, un homme défait par la guerre et travaillé par la noirceur, l'amour et le désir tout autant que par la quête de paix et de lumière. Plongeant dans la vie et l'oeuvre de Giono, Emmanuelle Lambert construit le portrait intime d'un auteur aussi rayonnant qu'obscur, et livre une méditation incarnée sur la puissance du geste créateur.

  • « Comme tous les gamins, j'adorais percevoir par bribes un sentiment d'infinitude, que je n'ai jamais retrouvé depuis. Vers trois-quatre ans, je me laissais aller à imaginer ce que les mots toujours et partout pouvaient représenter, et parfois je sentais quelque chose... Puis j'ai perdu l'habitude, et à cinq ans, je suis devenue terre à terre ».

    D'ouvrier à sorcière en passant par sexy ou bon bien, Jeanne Cherhal célèbre les mots qui traversent sa vie dans un glossaire très personnel et plein d'humour. Comme autant d'autoportraits, ses quarante mots convoquent le sel de l'enfance et révèlent l'audace, la tendresse et le féminisme profond d'une artiste en liberté.

  • Léonora Miano n'est pas une Afropéenne (afro-européenne). Ceux qui se définissent ainsi ont grandi en Europe.
    Marquée par l'Afrique subsaharienne, la sensibilité de l'auteur se distingue de celle des Afropéens. Ceux-ci se sont construits en situation de minorité. Ce qui détermine la perception de soi, complique l'identification et la solidarité entre Afropéens et Subsahariens.
    La France identifie à l'Afrique tous ses citoyens d'ascendance subsaharienne, privilégiant les natifs de ce continent. Cela ne favorise pas l'ancrage des Afropéens dans leur pays, leur capacité à se sentir responsables de son destin.
    Pourtant, ceux qui se sont donné un nom - Afropéens - dans lequel Afrique et Europe fusionnent, s'ils sont fidèles aux implications de cette association plus qu'à leur amertume, peuvent incarner un projet de société fraternel, anti-impérialiste et anti-raciste. Dans une France en proie aux crispations identitaires, la perspective afropéenne apparaît encore comme une utopie. De part et d'autre, la tentation du rejet est puissante.

  • L'intérêt de cette étude est de parcourir l'oeuvre de Marguerite Duras - littérature, cinéma, théâtre, écrits pour les journaux - afin de montrer que l'écrivaine procède sans cesse à la création d'espaces mythiques en renouvelant et modernisant l'univers mythologique.
    L'effet incantatoire et scandaleux de sa parole, la pratique et les procédés de son écriture, les thèmes et les motifs récurrents de l'oeuvre, sont analysés pour la première fois comme autant de manifestations d'un geste qui, par les réseaux profonds de toutes ces relations, a trait à la mythopoétique, c'est-à-dire à la fabrication du mythe.
    C'est pourquoi la voix de Duras séduit encore lecteurs, chercheurs, écrivains contemporains : la parole du mythe est une force vive qui ne se tarit jamais.
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