• Les aérostats

    Amélie Nothomb

    « La jeunesse est un talent, il faut des années pour l'acquérir. ».

    Ange a 19 ans, est étudiante en philologie, et se sent complètement transparente aux yeux des autres... jusqu'à ce jour où, suite à une petite annonce, elle devient la professeure particulière d'un drôle de jeune homme de 16 ans, Pie. Fasciné par les mathématiques et les aérostats, il méprise la littérature. Saura-t-elle lui en donner le goût ? Et à quel prix ?

    Un roman poignant sur l'adolescence et l'amour de la lecture.
    Avec délectation, Françoise Gillard incarne Ange, Pie, et leurs joutes, hommages à la littérature, et aux conteurs des temps passés.

  • En 1944, Mathilde, une jeune Alsacienne, s'éprend d'Amine Belhaj, un Marocain combattant dans l'armée française. Après la Libération, le couple s'installe au Maroc à Meknès, ville de garnison et de colons. Tandis qu'Amine tente de mettre en valeur un domaine constitué de terres rocailleuses et ingrates, Mathilde se sent vite étouffée par le climat rigoriste du Maroc. Seule et isolée à la ferme avec ses deux enfants, elle souffre de la méfiance qu'elle inspire en tant qu'étrangère et du manque d'argent. Le travail acharné du couple portera-t-il ses fruits? Les dix années que couvre le roman sont aussi celles d'une montée inéluctable des tensions et des violences qui aboutiront en 1956 à l'indépendance de l'ancien protectorat.
    Tous les personnages de ce roman vivent dans «le pays des autres» : les colons comme les indigènes, les soldats comme les paysans ou les exilés. Les femmes, surtout, vivent dans le pays des hommes et doivent sans cesse combattre pour leur émancipation.

    La magnifique lecture de Zineb Triki nous plonge dans une fresque romanesque époustouflante, peuplée de personnages en lutte.

  • Etudiante en droit à Harvard, Alexandria Marzano-Lesnevich est une farouche opposante à la peine de mort. Jusqu'au jour où son chemin croise celui d'un tueur emprisonné en Louisiane, Rick Langley, dont la confession l'épouvante et ébranle toutes ses convictions. Pour elle, cela ne fait aucun doute : cet homme doit être exécuté. Bouleversée par cette réaction viscérale, Alexandria ne va pas tarder à prendre conscience de son origine en découvrant un lien entre son passé, un secret de famille et cette terrible affaire qui réveille en elle des sentiments enfouis. Elle n'aura alors cesse d'enquêter inlassablement sur les raisons profondes qui ont conduit Langley à commettre ce crime épouvantable.

    Dans la lignée de séries documentaires comme Making a Murderer, ce récit au croisement du thriller, de l'autobiographie et du journalisme d'investigation, montre clairement combien la loi est quelque chose d'éminemment subjectif, la vérité étant toujours plus complexe et dérangeante que ce que l'on imagine. Aussi troublant que déchirant.

  • La petite conformiste

    Ingrid Seyman

    • Lizzie
    • 9 Janvier 2020

    Esther est une enfant de droite née par hasard dans une famille de gauche, au mitan des années 70. Chez elle, tout le monde vit nu. Et tout le monde - sauf elle - est excentrique.

    Sa mère est une secrétaire anticapitaliste qui ne jure que par Mai 68. Son père, juif pied-noir, conjure son angoisse d'un prochain holocauste en rédigeant des listes de tâches à accomplir.

    Dans la famille d'Esther, il y a également un frère hyperactif et des grands-parents qui soignent leur nostalgie de l'Algérie en jouant à la roulette avec les pois chiches du couscous. Mais aussi une violence diffuse, instaurée par le père, dont les inquiétantes manies empoisonnent la vie de famille.

    L'existence de la petite fille va basculer lorsque ses géniteurs, pétris de contradictions, décident de la scolariser chez l'ennemi : une école catholique, située dans le quartier le plus bourgeois de Marseille.

    La petite conformiste est un roman haletant, où la langue fait office de mitraillette. Il interroge notre rapport à la normalité et règle définitivement son sort aux amours qui font mal. C'est à la fois drôle et grave. Absurde et bouleversant.

  • La cage dorée

    Camilla Läckberg

    Faye a voué sa vie à Jack, elle a tout sacrifié pour lui. Mais lorsque Jack - coureur de jupons invétéré - la quitte pour une jeune collaboratrice, laissant Faye complètement démunie, l'amour fait place à la haine. La vengeance sera douce et impitoyable : il lui a tout pris, elle ne lui laissera rien. «La Cage dorée» est un thriller glaçant qui résonne funestement avec l'ère #MeToo. Pour la première fois, Camilla Läckberg quitte Fjällbacka pour explorer la perversité de l'homme dans les hautes sphères de la société stockholmoise. Et montrer combien il peut être fatal de sous-estimer une femme...

  • Sapiens décrivait la façon dont les humains ont conquis le monde par leur capacité unique de croire à des mythes collectifs tels que les dieux, l'argent, l'égalité et la liberté. Homo Deus, nous offre une vision de ce que le monde deviendra quand à ces mythes millénaires s'allieront des nouvelles technologies démiurgiques comme l'intelligence artificielle et la manipulation génétique.
    Que deviendra la démocratie quand Google et Facebook connaîtront mieux que nous nos goûts et nos préférences politiques ? Qu'adviendra-t-il de l'Etat providence lorsque les humains seront évincés du marché de l'emploi par les ordinateurs ? Alors que l'Homo Sapiens devient un Homo Deus, quel nouveau destin sommes-nous en train de nous forger ? Ce livre nous donne un aperçu des rêves et des cauchemars qui façonneront le XXIè siècle.

  • " J'ai voulu l'oublier cette fille. L'oublier vraiment, c'est-à-dire ne plus avoir envie d'écrire sur elle. Ne plus penser que je dois écrire sur elle, son désir, sa folie, son idiotie et son orgueil, sa faim et son sang tari. Je n'y suis jamais parvenue. " Dans Mémoire de fille, Annie Ernaux replonge dans l'été 1958, celui de sa première nuit avec un homme, à la colonie de S. dans l'Orne. Nuit dont l'onde de choc s'est propagée violemment dans son corps et sur son existence durant deux années.
    S'appuyant sur des images indélébiles de sa mémoire, des photos et des lettres écrites à ses amies, elle interroge cette fille qu'elle a été dans un va-et-vient implacable entre hier et aujourd'hui.

  • Voici un livre-CD " hors normes ": sur plus de six heures d'écoute, des écrivains, des historiens, des philosophes se penchent, à l'invitation de la philosophe Monique Canto-Sperber, sur des destins exceptionnels qui révèlent pour la plupart une forme d'exemplarité morale.
    Jean-Pierre Babelon y évoque les dilemmes moraux d'Henri IV, Hélène Carrère d'Encausse y analyse les ambitions tragiques d'Alexandre II, Danièle Sallenave la vitalité combattante de Simone de Beauvoir, tandis que Marc Fumaroli donne vie à Chateaubriand, Marie Darrieussecq à Ovide, Michel Jarrety à Valéry, Bernard Sève à Montaigne, et Emmanuel de Waresquiel à Napoléon et Benjamin Constant... Jean-Pierre Lefebvre, Carole Desbarats, Chantal Thomas, Diane de Selliers et Antoine Compagnon, évoquent quant à eux la force morale des récits littéraires ou cinématographiques.
    Tous ces auteurs posent la question de la difficulté morale de l'existence lorsqu'elle est immergée dans la complexité des choix et des décisions. Ainsi l'examen de vie devient-il pour nous tous une forme majeure de l'apprentissage moral. Pour prolonger l'écoute, Monique Canto-Sperber propose dans ce livre une introduction générale, des suggestions de lecture pour chacune des émissions et des indications bibliographiques permettant d'approfondir la réflexion.
    "Questions d'éthique" est une émission hebdomadaire de France Culture, diffusée tous les lundis de 21h à 22h, qui présente une question éthique liée aux choix individuels, duels, aux progrès des sciences et des techniques, à la www.franceculture.com bioéthique, à la vie publique, à la pratique politique ou aux dilemmes de la vie internationale.

  • Parce qu'elle était sans nouvelles de Gyl, qu'elle avait naguère aimé, la narratrice est partie sur ses traces. Dans le transsibérien qui la conduit à Irkoutsk, Anne s'interroge sur cet homme qui, plutôt que de renoncer aux utopies auxquelles ils avaient cru, tente de construire sur les bords du Baïkal un nouveau monde idéal. À la faveur des rencontres dans le train et sur les quais, des paysages qui défilent et aussi de ses lectures, elle laisse vagabonder ses pensées, qui la renvoient sans cesse à la vieille dame qu'elle a laissée à Paris. Clémence Barrot doit l'attendre sur son canapé rouge, au fond de l'appartement d'où elle ne sort guère. Elle brûle sans doute de connaître a suite des aventures d'Olympe de Gouges, auteur de la Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne, de Marion du Faouët qui, à la tête de sa troupe de brigands, redistribuait aux miséreux le fruit de ses rapines, et surtout de Milena Jesenská qui avait traversé la Moldau à la nage pour ne pas laisser attendre son amant. Autour du destin de ces femmes libres, courageuses et rebelles, dont Anne lisait la vie à l'ancienne modiste, une belle complicité s'est tissée, faite de confidences et de souvenirs partagés. À mesure que se poursuit le voyage, les retrouvailles avec Gyl perdent de leur importance. Arrivée à son village, Anne ne cherchera même pas à le rencontrer...
    Dans le miroir que lui tend de son canapé rouge Clémence, l'éternelle amoureuse, elle a trouvé ce qui l'a entraînée si loin : les raisons de continuer, malgré les amours perdues, les révolutions ratées et le temps qui a passé.

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