• A quelques mois de sa mort prématurée, Anna de Noailles (1876-1933) se résout à écrire ses Mémoires. Elle n'aura pas le temps de mener cet ultime projet à son terme : Le Livre de ma vie sera, en fait, le récit d'une enfance et d'une adolescence à la fin du XIXe siècle. Naissance dans une famille princière venue des rives du Danube et du Bosphore, enfance aux bords de la Seine et du lac Léman, adolescence inquiète, désordonnée, ivre de poésie et de reconnaissance : la " petite Assyrienne " chère à Anatole France ne cache rien de ses émois, de ses rêves, de ses révoltes, de ses ambitions. La présente édition du Livre de ma vie est augmentée de deux textes peu connus : " Ici finit mon enfance ", avant-propos aux Poèmes d'enfance, et " La Lyre naturelle ", texte d'une conférence demeurée inédite. L'ensemble compose un surprenant autoportrait de celle que Proust surnommait " une femme-mage " et Catherine Pozzi " la dame des exagérations éblouissantes ".

  • Née à Venise en 1364, fille de l'astrologue de Charles V, poétesse, historienne, moraliste, Christine de Pizan serait « le premier auteur » de la littérature française. La Cité des Dames couronne son oeuvre féministe. Profondément déprimée par la lecture d'une satire misogyne, l'auteure se lamente d'être née femme. Apparaissent alors pour la consoler trois envoyées de Dieu : Raison, Droiture et Justice. Avec leur aide, Christine de Pizan construira une cité imprenable où les femmes seront à l'abri des calomnies. Les pierres de ce bel édifice seront les femmes du passé, guerrières, artistes et savantes, amoureuses et saintes !
    L'argumentation surprend par sa modernité : Christine de Pizan y aborde le viol, l'égalité des sexes, l'accès des femmes au savoir... La Cité des Dames apparaît comme un ouvrage capital pour l'histoire des femmes et pour la pensée occidentale à l'aube des temps modernes.

  • « Non, quoi qu'en disent les amants et les poètes, ce n'est point loin des cités fastueuses, ce n'est point dans la solitude et sous le chaume, que l'amour règne avec le plus d'empire. Il aime l'éclat et le bruit, il s'exalte de tout ce qui satisfait l'ambition, la louange, la pompe et la grandeur. C'est au milieu des passions factices, produites par l'orgueil et par l'imagination, c'est dans les palais, c'est entouré des plus brillantes illusions de la vie, qu'il naît avec promptitude et qu'il s'accroît avec violence ; c'est là que la délicatesse et tous les raffinements du goût embellissent ses offrandes, président à ses fêtes, et donnent à son langage passionné des grâces inimitables et une séduction trop souvent irrésistible ! » Dans cette nouvelle historique, voyage subtil sur « la carte de Tendre » paru à l'orée du XIXe romantique, Madame de Genlis (1746-1830) porte ses deux héros, mademoiselle de Clermont et le duc de Melun, au rang d'amants maudits de la littérature.

  • À Pau, dans le château de son époux, le roi de Navarre, Marguerite tente de défendre les intérêts de sa protégée, Violette, tout en cherchant à apaiser les attaques des fervents catholiques qui la soupçonnent d'être attirée par la religion réformée. Pour prouver son attachement au catholicisme, la reine et sa cour effectuent plusieurs pèlerinages qui les mènent dans un couvent où Violette découvre, revêtu de l'habit de novice, son amour d'enfance : Isolier d'Argèles, le frère cadet de son promis. Les jeunes amants se reconnaissent au premier coup d'oeil et, soutenus par la reine, vont tout tenter pour faire annuler la condamnation à la prêtrise qui pèse sur les épaules d'Isolier et le mariage qui doit lier Violette à Almaric.

  • Dans ce recueil paru en 1879, Julia Daudet égrène les souvenirs d'une enfance heureuse, bourgeoise et simple : la joie d'une promenade au jardin des Tuileries, la langueur d'une maladie d'enfance, les fêtes de famille, les chansons d'enfant, ou encore une visite au grenier de la maison de campagne familiale...
    C'est avec justesse et sincérité que l'autrice les transcrit ici et nous offre l'occasion de plonger avec délice dans ses souvenirs qui pourraient être les nôtres.

  • Créée en 1662, cette farce met en scène un barbon avare qui refuse de marier sa fille, afin d'éviter des dépenses, et qui se met en quête d'une jeune épouse. Forcé de s'absenter, il confie la garde de sa fille Isabelle à Philipin, son valet. Dorine, la servante d'Isabelle dont est épris le valet, éloigne ce dernier pour permettre à la jeune fille de retrouver Cléandre, son jeune amant. Le maître de maison rentrant plus tôt que prévu, Cléandre n'a que le temps de se déguiser en fille pour échapper à sa colère. Dupé par le déguisement du jeune homme, le vieillard en tombe fou amoureux et, ce n'est qu'à la nuit tombée qu'il le démasquera. Appuyé par Isabelle, Dorine et Philipin, Cléandre réussira à convaincre le vieux barbon de le laisser épouser sa fille.

  • Redécouvrir la célèbre romancière britannique dans une nouvelle traduction de Nicolas Porret-Blanc Publiés après la mort de Jane Austen en 1817, les trois oeuvres posthumes présentées dans ce volume sont ici restituées dans une nouvelle traduction de Nicolas Porret-Blanc, professeur spécialiste de littérature anglaise du XIXe siècle à l'Université Paris 13.
    Lady Susan met en scène une veuve souhaitant privilégier sa liberté. Désargentée, elle est contrainte d'emménager chez son beau-frère, un riche banquier, et cherche à tout prix un bon parti. Or, au jeu de l'amour, les conventions sociales l'emportent souvent...
    Dans Les Watson, Emma doit retourner vivre parmi les siens, en plein Surrey, après de longues années d'absence. Mais comment combler le fossé qui s'est creusé entre eux... et espérer rencontrer l'amour ?
    Sanditon, roman inachevé, s'amuse de la prétention des Parker, décidés à faire de leur bourgade un lieu à la mode...
    Ces trois textes sont une introduction rêvée à l'oeuvre de la grande romancière anglaise, dont ils préfigurent la fine ironie et un sens hors du commun de l'observation.

  • Après ses années de jeunesse comme bergère, Marie-Claire est désormais une jeune ouvrière parisienne : elle vit dans une chambre de bonne et travaille dans un atelier de couture.
    Les patrons, M. et Mme Dalignac, et les ouvrières partagent travail, amitié et désespoir quand des clientes, bonnes ou mauvaises payeuses, imposent de folles exigences ou s'absentent de longs mois les laissant désoeuvrés. Marie-Claire va nouer des amitiés, subir le rythme infernal des commandes, et se lier à Clément, le neveu de Mme Dalignac.

  • En 1815, Charlotte-Adélaïde Picard embarque, en compagnie de toute sa famille, à bord du bateau La Méduse en direction du Sénégal où son père a été nommé administrateur. Lorsque la frégate fait naufrage au large des côtes mauritaniennes, le Gouverneur réquisitionne les canots de sauvetage pour sa famille et son entourage. Il abandonne les autres passagers dans des chaloupes surchargées ou sur un radeau de fortune sur lequel, comme l'a peint Géricault, les malheureux en viennent à s'entredévorer pour survivre.
    La famille Picard parvient à rallier Saint-Louis, où elle est prise en charge par le Gouverneur anglais. Charlotte trouve refuge sur l'île de Safal où elle essaie de cultiver la terre pour entretenir la famille.

  • En 1920, un ingénieur français est envoyé en Inde pour y faire des recherches géologiques. Tombé sous le charme de la vallée du Cachemir, il décide d'y séjourner, seul, quelque temps.
    Un soir, une barque légère accoste son îlot, et le jeune homme qui la conduit l'invite à monter à son bord. L'ingénieur le suit et se retrouve bientôt séquestré dans un luxueux palais où Zenahab, la maîtresse de maison, l'accueille. Polyandre, comme le veut la tradition, elle annonce au voyageur sa volonté de l'intégrer à son harem d'époux. Le voyageur n'a d'autre choix que d'accepter cette union.

  • Albert aime Marie depuis l'enfance, mais tandis que son père l'a envoyé en ville faire des études, sa promise épouse un autre homme, le comte de Nulsen. Avant qu'Albert n'ait pu intervenir, les jeunes mariés partent pour la Sicile.
    Sans nouvelles depuis des semaines, Albert décide de partir à la recherche de Marie. Alors qu'il passe la nuit dans un hôtel, Albert est réveillé par d'horribles cris. Le lendemain, la police lui apprend qu'on a tenté d'assassiner une femme dans son hôtel. Un temps soupçonné, Albert est innocenté par la victime qui a reconnu son agresseur : le comte de Nulsen. La jeune femme raconte son histoire à Albert et lui apprend que le comte est un monstre adepte du marquis de Sade, qu'il torture Marie et la retient prisonnière dans son château.

  • Avant d'être adapté au cinéma, puis de s'imposer comme l'un des succès des studios Disney, La Belle et la Bête est un conte publié en 1740 par Gabrielle de Villeneuve.
    L'on y suit les aventures d'un marchand désargenté, et de ses enfants, dont la fille cadette est nommée Belle. Belle est modeste et intelligente, et également très dévouée à son père, au point de se sacrifier à sa place lorsqu'il se retrouve condamné par la Bête. Belle part vivre chez la terrible Bête qui n'aura de cesse de devancer ses attentes et ses besoins. Peu à peu, la Belle passe du dégoût à l'estime puis à l'amour pour cet être étrange.

  • Henriette, Renée et Gabrielle vivent avec leur père le baron de Charassin, au château de Domblans, où elles s'ennuient à leurs travaux d'aiguille.
    Les trois soeurs, isolées à la campagne, ignorent tout des tourments amoureux et des manipulations dont sont capables les coureurs de dot. Aussi, quand M. de Vaudrey arrive au château, il comprend très vite qu'une bonne dot lui est acquise et qu'il ne lui reste qu'à choisir une des soeurs. Il se décide pour Henriette, l'aînée, mieux dotée que ses cadettes.
    Gabrielle, le coeur brisé, accepte d'épouser un vieil ami du baron.
    Renée tire le triste bilan de ces unions désastreuses : pour elle, seule l'éducation des filles les libèrerait de leurs illusions sur le mariage, institution qui n'a d'autre objectif que de les livrer au bon vouloir d'un homme.

  • Le roman retrouvé de la "quatrième soeur Brontë" !

    Mary, Gwendolen et Alice sont les filles de James Cartaret, pasteur du village de Garth, dans le High Moor. Ce père rigide et macho leur impose une discipline de fer. Les trois soeurs étouffent sous cette chape puritaine, génératrice de frustrations.
    Quand le docteur Stephen Rowcliffe s'installe en ville, il apparaît comme la lueur d'espoir qui pourrait sortir les jeunes femmes de leur torpeur. Cet homme expérimenté éveille en elles une passion trop longtemps étouffée, qui surgit comme la révolte d'une sensualité bridée par la morale religieuse et sociale.
    Alice, surtout, la plus jeune, semble incapable de résister aux tourments de sa chair. Sa souffrance est si vive qu'elle tombe gravement malade et que l'on doit appeler à son chevet... le Dr Rowcliffe. Mais celui-ci tombe amoureux de Gwenda au premier regard. Tandis que Mary, la plus sage, attend son heure...
    Si ces trois soeurs ne sont pas sans rappeler le trio Brontë, il s'agit avant tout pour May Sinclair d'écrire "une tragédie d'une beauté spéciale s'inspirant de leur solitude et de leur désolation morale" (Edmond Jaloux). Avec pudeur et mélancolie, la romancière décrit l'ennui patent de jeunes femmes soumises au joug masculin, mais dont l'esprit brûle de désirs et de rêves. Un roman qui aborde le désir sexuel avec un réalisme psychologique digne de Thomas Hardy...

  • Épouse secrète de Louis XIV, éducatrice de la Maison de Saint-Cyr et « Mère de l'Église de France », Mme de Maintenon fut en même temps une épistolière exceptionnelle et impressionnante du Grand Siècle. Sa correspondance active compte quelque 4.500 lettres dont nous présentons ici 260 lettres et extraits de lettres. Ce choix a été établi selon deux critères : il doit permettre aux lecteurs de suivre le cours de la vie de la marquise, tandis que l'originalité de l'information et la vivacité et le piquant de son style constituent l'autre critère.
    L'ensemble de ces textes est présenté en dix sections. Elles mettent en relief les étapes de sa vie et les grands thèmes qui ont toujours préoccupé Mme de Maintenon : l'éducation des Demoiselles de Saint-Cyr, les affaires de l'Église - quiétisme et jansénisme -, les affaires politico-militaires, son penchant pacifiste et ses rapports avec sa famille et ses ami(e)s intimes.

  • Tracer les détails fugitifs qui occupent l'espace entre les événements de la vie. Soustraire à l'oubli cette succession de sentiments, d'émotions, de sensations fugaces dont notre existence quotidienne est faite. Tel est l'ambitieux projet de Mme de Souza qui, à travers l'histoire de la jeune Adèle, seize ans, sauvée de la claustration pour être mariée de force à un vieil homme à l'affection paternelle, annonce le roman réaliste à venir. Ce récit, de 1792, sera redécouvert et salué par Sainte-Beuve comme une oeuvre maîtresse de l'art du roman.

  • « Le monde nous dérobe à nous-mêmes, et la solitude nous y rend. Le monde n'est qu'une troupe de fugitifs d'eux-mêmes. » Pour combattre cette idée désenchantée, la marquise de Lambert (1647-1733) s'exprima d'abord oralement dans son salon de l'hôtel de Nevers à Paris, puis dans divers petits traités, inspirés de la morale antique (Cicéron, Sénèque), de Montaigne, de Pascal et de Fénelon. Son esprit, dépourvu de préjugés, sa culture, son art de la formule firent de cette savante mondaine un mythe dans le Paris littéraire du XVIIe siècle. Parues d'abord sous le manteau, puis officiellement, les oeuvres de Mme de Lambert connurent une grande vogue entre le milieu du XVIIIe siècle et à la fin du XIXe siècle. Fontenelle, Montesquieu, Marivaux, Voltaire, Leopardi, Louise Colet ou encore Sainte-Beuve en vantèrent les mérites.

  •   « Apprenez que la plus grande science est de savoir être à soi. J'ai appris, disait un Ancien, à être mon ami : ainsi je ne serai jamais seul. Il faut vous ménager des ressources contre les chagrins de la vie, et des équivalents aux biens sur lesquels vous aviez compté. Assurez-vous une retraite, un asile en vous-même ; vous pourrez toujours revenir à vous, et vous retrouver. Le monde, vous étant moins nécessaire, aura moins de prise sur vous. » «Avis d'une mère à sa fille» est le traité le plus important de Madame de Lambert (1647-1733), on retrouve la beauté du style, la finesse psychologique, l'élévation des sentiments et la liberté d'esprit.

  • L'émancipation de la femme, ou Le testament de la paria / ouvrage posthume de Mme Flora Tristan ; complété d'après ses notes et publié par A. Constant Date de l'édition originale : 1846 Mécénat texte imprimé : Cet ouvrage a été numérisé grâce à Hélène Castagnet Ce livre est la reproduction fidèle d'une oeuvre publiée avant 1920 et fait partie d'une collection de livres réimprimés à la demande éditée par Hachette Livre, dans le cadre d'un partenariat avec la Bibliothèque nationale de France, offrant l'opportunité d'accéder à des ouvrages anciens et souvent rares issus des fonds patrimoniaux de la BnF.
    Les oeuvres faisant partie de cette collection ont été numérisées par la BnF et sont présentes sur Gallica, sa bibliothèque numérique.

    En entreprenant de redonner vie à ces ouvrages au travers d'une collection de livres réimprimés à la demande, nous leur donnons la possibilité de rencontrer un public élargi et participons à la transmission de connaissances et de savoirs parfois difficilement accessibles.
    Nous avons cherché à concilier la reproduction fidèle d'un livre ancien à partir de sa version numérisée avec le souci d'un confort de lecture optimal. Nous espérons que les ouvrages de cette nouvelle collection vous apporteront entière satisfaction.

    Pour plus d'informations, rendez-vous sur www.hachettebnf.fr

  • Le 22 août 1878, Sarah Bernhardt désire monter dans un de ces extraordinaires ballons développés dans le cadre de l'Exposition Universelle de Paris. À l'époque, la comédienne fait jaser en raison de son comportement de femme libérée. Le ballon est alors considéré comme un transport dangereux, et la jeune artiste comme une extravagante.
    Ce 22 août 1878, Sarah Bernhardt prend tout le monde à rebours et s'envole dans les nuages accompagnée de son amant, le peintre Georges Perrin : « Voilà : j'ai une envie folle de voyager, de voir autre chose, de respirer un autre air, de voir des ciels moins bas que le nôtre, des arbres plus grands, autre chose enfin ! » Avec ce récit, rédigé dès le lendemain de son exploration aérienne, c'est le lecteur que Sarah Bernhardt prend à rebours. Toujours aussi originale, la comédienne n'hésite pas à se mettre en scène sous la forme d'une pauvre chaise. C'est ainsi un objet des plus terre à terre qui livre au lecteur amusé les souvenirs de cette folle journée. Oscillant entre poésie des nuages et description pratique de l'engin, Sarah Bernhardt nous convie à goûter le champagne et le foie gras que les voyageurs ont pris soin d'emporter, planant entre la terre et l'azur, côtoyant les hirondelles. Car il s'agit bien d'un moment unique, festif et féerique qui est donné à partager. Après la jubilation de ce séjour presque irréel, le récit s'assombrit par un étonnant et macabre épisode. Il rappelle au lecteur que la vie n'est au fond qu'une tragédie, une scène de théâtre où la mort a toujours un rôle à jouer. Une vanité. Talentueux et jouissif, ce texte dévoile entre les lignes les pensées, les humeurs et par certains côtés le caractère de cette immense actrice qui continue de marquer l'art et le théâtre français. L'ouvrage est agrémenté de gravures de collection consacrées aux ballons.

    Édition présentée par Philippe Foubert, avec des gravures d'époque.

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