Sciences humaines & sociales

  • À travers une iconographie exceptionnelle étayée par des essais d'historiens des sciences, de l'art et des religions, cet ouvrage propose un regard renouvelé sur le cheminement scientifique et intellectuel de Sigmund Freud. Mettant en lumière l'importance de ses recherches dans le domaine de la neurologie, Freud, du regard à l'écoute s'attache à faire redécouvrir l'invention de la psychanalyse et son développement au-delà du cercle viennois, puis son impact sur le surréalisme alors même qu'elle se construit dans le refus de l'image, s'épanouissant dans les associations de mots et l'écoute en l'absence de toute représentation visuelle : le lisible contre le visible, le mot contre l'image. Au fil de la carrière du médecin viennois, l'ouvrage met aussi en évidence sa dette à l'égard du judaïsme, car si Freud lui-même se définit comme un «juif tout à fait sans Dieu» et souhaite défendre le caractère universel de la psychanalyse, sa pensée demeure profondément redevable à la tradition interprétative propre au judaïsme.

  • Jacqueline Audry a réalisé seize long métrages entre 1946 et 1969, adaptant notamment Colette et Sartre, dans une démarche féministe étonnante dans le contexte idéologique de l'époque. Brigitte Rollet revient ici sur son parcours depuis les années 30, avec la volonté de faire de cet itinéraire singulier le révélateurs d'une histoire plus vaste, des débuts du cinéma à nos jours. S'appuyant sur les cultural et gender studies, l'auteur renouvelle notre vision de la cinéaste, mais aussi notre conception de la réception et de la postérité des films.

    Avec le soutien du CNL.

  • Juin 1944 : avec sa famille juive parisienne, la petite Colette Bitker est réfugiée dans un hameau du Vercors. Une patrouille allemande débarque dans la maison de l'autre côté du chemin et arrête un homme monté de la ville pour les vacances. Du pas de la porte, la fillette voit s'éloigner, dans l'air délicieux de cette fin d'après-midi, l'homme encadré par les soldats. Il porte une chemise blanche qu'elle suit du regard jusqu'à ce que le groupe disparaisse au tournant de la route.
    Tout de suite, elle sait que l'homme ne reviendra pas. Des années plus tard, devenue peintre, elle découvre que dans chacune de ses toiles figure une tache blanche.

  • Tous les deux ans, dans la Grande Galerie du Louvre, se tenait, au milieu du XVIIIe siècle, une exposition de peintures et de sculptures. Diderot rendit compte de ces salons et inaugura de ce fait le genre de la critique d'art. Il évoque ici notamment Chardin, Van Loo, Saint-Aubin, Caffieri, Houdon, Vernet, Dejoux...

  • Une femme-licorne, une mante religieuse mécanique ou encore
    une machine à peindre l'étreinte amoureuse, des images de l'intérieur d'un corps impressionnant le spectateur, une artiste se couvrant de sang, de plumes, de fleurs ou de boue, des images pornographiques brodées sur toile, de gigantesques araignées : autant de représentations qui suscitent, par leur singularité, un questionnement sur l'identité. Ces oeuvres de Rebecca Horn, Mona Hatoum, Ana Mendieta, Ghada Amer et Louise Bourgeois, réalisées entre les années 1970 et le début du xxie siècle, permettent de réévaluer des évidences et de voir comment le « naturel » ou l'« essence » peuvent masquer une construction du mythe.
    L'hybridité et la métamorphose sont au coeur de nombreux mythes grecs : les viriles Amazones, Danaé fécondée par une pluie d'or, l'accouplement de Léda et d'un cygne, Daphné prenant racine, Arachné devenue animal... Nous assistons à un travail du mythe dans l'art contemporain, entre reconduction et opérations de déplacement.
    Être une artiste et une femme, avec comme ligne d'horizon de « prêter son corps au mythe ».

  • A travers l'oeuvre-vie de robert schumann, frida kahlo, blaise pascal, jean-jacques rousseau, fedor dostoïevski, joë bousquet, helen keller, démosthène et de bien d'autres figures souvent mythifiées, charles gardou donne à voir la place de la vulnérabilité dans toute vie et les ressorts nécessaires pour la surmonter.
    Comme tant d'anonymes, ces femmes et ces hommes font subir un renversement, un retournement au handicap. ils composent, peignent, écrivent, créent, certes pour s'exprimer, mais avant tout pour s'emparer de leur vie et lui rendre sa hauteur. leurs itinéraires singuliers témoignent d'une réalité paradoxale : le handicap impose de multiples limitations et impuissances, d'indicibles détresses, des sentiments d'infériorité.
    Il contraint à renoncer à des aspirations, il réduit parfois en poussière des désirs et des projets, il restreint certaines capacités, mais en aucun cas, il n'obère l'ensemble des possibilités d'un être. certaines peuvent même s'accroître. a l'heure oú l'on exalte la facticité, oú s'affiche la loi de la force avec indécence, l'auteur rappelle combien l'oubli des valeurs de la fragilité génère mépris et exclusion.
    A l'instar de fragments sur le handicap et la vulnérabilité (érès, 2005), il montre que l'homme est d'autant plus fort qu'il se connaît et s'assume vulnérable. il ouvre ainsi à une intelligence de la fragilité.


  • cela fait vingt ans qu'ariane laroux rencontre l'ethnologue et résistante germaine tillion, dont elle a fait le portrait au cours de trente déjeuners, et lors de grandes conversations qui duraient tout l'après-midi, réalisant ainsi de nombreux dessins et interviews de cette femme qui a été de tous les engagements de ce siècle.
    c'est devenu une coutume : déjeuner, peindre et parler avec germaine tillion. de faisan en canard fourré, l'ethnologue des aurès évoque au moment du café son réseau de résistance du musée de l'homme, créé dès 1940. arrêtée et déportée à ravensbrück, elle y effectue une enquête pour comprendre le mécanisme du système concentrationnaire. elle y écrit, cachée dans une caisse, une opérette que les résistantes ont chantée là-bas et qui dénonce le quotidien des camps.
    délivrée par la croix-rouge suédoise et le comte bernadotte, elle séjourne en suisse pour se refaire une santé. par la suite, elle participe dès 1954 à l'enquête internationale de david rousset sur les goulags, lutte en algérie contre la torture et sera l'avocate de l'émancipation de la femme méditerranéenne. elle s'est éteinte à 101 ans, le 19 avril 2008. parmi les livres de germaine tillion : il était une fois l'ethnographie, ravensbrück, le harem et les cousins.


  • La jeune fille au miroir, célèbre tableau du Louvre, impose à ceux qui la regardent sa beauté et son mystère ; un mystère fait pourtant de recettes dont la sensuelle Venise au XVIe siècle a le secret. Fille de pêcheur, courtisane ou aristocrate ? Image de jolie rêveuse ou de vaniteuse séductrice ? Titien joue avec les matières et les couleurs, avec la charge poétique des objets et les fantasmes de son temps pour interroger la part de l'amour et du beau dans la destinée humaine.

    Sabine Melchior-Bonnet s'attarde en amateur éclairé sur cette oeuvre de Titien qui mêle tradition et innovations ; elle nous invite à découvrir un moment d'histoire dans une cité où l'art est inséparable de la vie.

  • Ecrit par un individu masculin, le livre ne porte pas directement sur la féminité. Il interroge les regards que les hommes, en Occident, ont dirigé sur les femmes. Il questionne les manières dont elles ont été figurées et, le plus souvent, défigurées. À partir de peintures, de sculptures, de discours liés à ces oeuvres, il décrit des images de la femme. Ces figurations constituent souvent des instruments qui instaurent la discorde et parfois la haine entre les sexes, rendent les femmes plus malheureuses et par conséquent briment aussi les hommes. L'ouvrage se présente comme une parodie de dictionnaire. L'article Coupeuses de tête suit l'article Cornes et précède l'article Culotte. Il y a aussi Joueuses, Judith, Labyrinthe, Laurier, Leçon de miroirs, Seins, Soeurs, Suicidée de la société, Supplices, Suzy, etc...

  • A la fois journal intime et exposé de théorie esthétique, les Lettres à un Inconnu éclairent d'un jour nouveau les rapports complexes du couple Werefkin-Jawlensky (injustement éclipsé par le couple mythique de Kandinsky et Gabriele Münter), en même temps qu'elles développent une conception de l'art singulièrement nouvelle à l'époque, centrée sur le lyrisme symboliste des couleurs et des formes, conception qui a sans doute déterminé le grand tournant kandinskien de 1910.
    Composée entre 1901 et 1905, la correspondance imaginaire de Marianne Werefkin avec " l'Inconnu ", symbole de son idéal artistique, prélude à la série des tableaux résolument modernes que l'artiste, après un silence de dix années, produira dès 1907 comme une contribution particulièrement originale au courant expressionniste européen. Les hautes aspirations de Marianne Werefkin à une création artistique pure, libérée du réel et consciente d'elle-même, qui s'expriment dans les Lettres, témoignent, tout comme son oeuvre, du rôle de précurseur de la grande artiste russe dans l'avènement de la modernité picturale en Europe.

  • L'art, avant son déclin, était une connaissance, et le savoir, en retour, s'est toujours nourri de tout un patrimoine d'images inscrit dans notre grille mentale.
    La science réveille et irrite des rêveries très anciennes. Père du physicalisme, Fechner n'en croyait pas moins que les plantes sont douées de pensée. Berger, dans les tracés de son électroencéphalogramme, croyait avoir percé le secret de la télépathie. Chappe et Edison réalisent la fiction, narrée par Hérodote, des Ephésiens assiégés par Crésus, qui consacrent leur ville à Artémis et tirent, entre son temple et la muraille, un fil " télégraphique " pour se concilier sa puissance.
    La découverte technique s'enracine dans un fonds irrationnel et la rigueur du logos scientifique dissimule mal l'emprise dont il se nourrit. Intelligere et eligere sont proches dans la langue. Choix dans le fouillis du visible, la distinction est compréhension et beauté. Intelligence et élégance ont partie liée. Voir, comprendre, distinguer sont une même chose. Le vieux mot français de mire, pour dire le médecin, atteste encore l'affinité entre l'art de l'artiste, qui produit des choses " admirables ", et le savoir du savant, qui regarde et qui garde.
    La science et l'art prennent soin du monde. Dans ce dialogue entre l'art et la science, la psychanalyse, prise entre le verbe et l'image, joue un rôle majeur. Elle n'est pas seulement contemporaine de Böcklin et de Klinger. Questionnant un corpus iconographique particulier pour valider sa démarche, de Moïse à Léonard de Vinci, se voulant à l'occasion, dans la Traumdeutung, une " science " de l'image, elle est aussi l'héritière du Symbolisme, et peut-être sa prisonnière.
    Rappelant les privilèges de ce que Goethe appelait Die Welt des Auges, cette suite d'essais se développe comme un plaidoyer pour une science romantique.

  • Le destin

    Collectif

    J.-B. Pontalis, Le moment venuJean Starobinski, Chaque balle a son billetSuzanne Said, Part, contrainte ou hasard? Les mots du destin chez HomèreDidier Anzieu, La peau de l'autre, marque du destinD.W. Winnicott, LibertéMasud Khan, PrisonsMarie Moscovici, Les circonstancesMichel de M'Uzan, Les esclaves de la quantitéGuy Rosolato, Destin du signifiantMichel Schneider, Présentation de La question au destin d'Arthur SchnitzlerArthur Schnitzler, La question au destinPierre Fédida, Une méditation de la vengeanceChristian David, Un rien qui bouge et tout est changéDietrich Fischer-Dieskau, L'idée de destin en musiqueIsabelle Stengers, Comment parler de «nouveau» en physique?Michel Schneider, PersonneVaria, III : J.-B. Pontalis, IntermèdeSylvie Gribinski, Just-so storyMichel Gribinski, Toucher est l'idéal, fallacieux, du sens propre...Marc Froment-Meurice, «Qu'est-ce que Dieu?»...Jean-Claude Rolland, La jeune femme avait entrepris...Laurence Kahn, Si une petite fille vous explique...Dominique Clerc Maugendre, «J'ai rêvé», dit-elle...Patrick Merot, Pli magiquePatrick Lacoste, VraimentOctave Mannoni, Question

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