Littérature traduite

  • En tenue d'Eve est le récit véridique du jour où Marcel Duchamp a inscrit la scène underground de la Côte Ouest sur le planisphère culturel en jouant aux échecs à Pasadena avec l'auteure, à l'époque une jeune femme dénudée ayant encore beaucoup à apprendre.

  • Artiste inclassable, performeuse avant l'heure, tout à la fois danseuse, mime, actrice au cinéma comme au théâtre, cabarettiste, inventeuse de la danse dite « grotesque » - dont elle est l'unique représentante -, Valeska Gert (1892-1978) était une « étincelle dans un baril de poudre ». Une figure, scandaleuse et adulée, du Berlin de l'entre-deux-guerres. L'arrivée au pouvoir des nazis la contraignit à s'exiler dix ans aux US. Cette « fille du peuple » dont la route croisa, comme chorégraphe, actrice et féministe, celles de Pabst et Renoir, Brecht et Einsenstein, Tenessee Williams, Fellini ou Schlöndorff, n'en continue pas moins, aujourd'hui encore, d'exercer son influence sur l'art chorégraphique.

  • Très tôt, les mouvements de lutte pour les droits des femmes ont compris le pouvoir de l'image, et l'ont utilisé pour servir leurs messages. Des affiches des suffragettes aux photographies de Carrie Mae Weems, en passant par les « Nanas » de Niki de Saint Phalle ou encore les clips de Beyoncé, L'Art du féminisme donne à voir la façon dont le combat des femmes a influencé les arts graphiques et les médias.

    Rassemblant plus de 350 oeuvres - tableaux, illustrations, photographies et performances - cet ouvrage tout à fait inédit fait prendre conscience de l'audace et de la vivacité de l'esthétique féministe depuis 150 ans.

  • Dix femmes parentes, amies, rivales ou amantes ont jalonné la vie et parfois inspiré l'oeuvre de l'auteur de Mrs Dalloway et Orlando, et parmi elles, une soeur taciturne (Vanessa Bell), une artiste énigmatique (Dora Carrington), un écrivain complexe (Katherine Mansfield), sans oublier l'aristocratique Vita Sackville-West et la compositrice Ethel Smyth. Avec elles, Virginia Woolf pouvait se montrer d'une intransigeance absolue ; car si son exigence intellectuelle était grande, sa demande d'affection et son besoin d'attention ne l'étaient pas moins.

  • En exilé de la Beauté, Raffaele La Capria ressent la nostalgie de l'harmonie perdue. Il affirme la nécessité de la fonction de la beauté et constate, en même temps, sa quasi disparition du monde de l'art : « C'est art auto-référentiel dominé par une oligarchie qui s'assigne la tâche de nous dire ce qu'il faut ressentir ». A cette dictature du goût artistique correspond une perte du sens commun, regretté par l'auteur qui - comme Jean Baudrillard - ose dénoncer le racket mental exercé par le discours officiel sur l'art. Le lecteur qui est sous la pression médiatique du système de l'art sera soulagé en lisant ces pages qui tissent un éloge intelligent du sens commun.
    Raffaele La Capria, né à Naples en 1922, est écrivain, auteur entre autres du roman Blessé à mort, déjà traduit en français. Il est rédacteur de la page culturelle du Corriere della Sera de Milan.

  • Jacqueline Lamba est la jeune femme qui, une nuit de mai 1934, décide d'aller à la rencontre d'André Breton. Avec lui, elle flâne jusqu'aux premières lumières du matin dans un Paris enchanté. Quelques mois plus tard, elle devient sa femme, la mère d'Aube, unique enfant du poète. Breton dédie à Jacqueline ses oeuvres L'Amour fou, L'Air de l'eau, Fata Morgana.
    Muse de l'écrivain et des photographes surréalistes, Jacqueline Lamba est surtout, et tout d'abord, une artiste d'un talent remarquable et d'une exceptionnelle sensibilité. Dans sa peinture se reflètent le courage et la passion d'une femme scandaleusement belle et rebelle qui a su se révolter contre les valeurs conservatrices de la société, en vivant toute sa vie dans l'art et pour l'art. Elle a été en contact avec les plus grands artistes et intellectuels du XXe siècle : Antonin Artaud, Claude Cahun, Marcel Duchamp, Max Ernst, Frida Kahlo, Dora Maar, Picasso, Diego Rivera, Jean-Paul Sartre, Trotski et beaucoup d'autres. Elle a vécu à une époque de grande effervescence artistique, littéraire, révolutionnaire. De Paris à New York, du Mexique à la Provence, de Marseille, où elle se réfugie à la villa Air-Bel avec d'autres intellectuels de l'Amérique du nord, où elle a fait plusieurs séjours avec son deuxième mari, le sculpteur américain David Hare. Jacqueline Lamba traverse des lieux et des moments fondamentaux de l'histoire. Protagoniste du passage du surréalisme à l'expressionnisme abstrait américain, son art, comme sa vie, est avant-gardiste, lyrique, provocateur, car comme elle l'écrit dans son Manifeste de peinture, Jacqueline Lamba a toujours vécu et peint « au nom de la liberté et de l'amour ».

  • " Dans la Chine ancienne, la poésie et la peinture étaient indissociables et formaient un tout qui fut le coeur de la culture chinoise.
    Sans la poésie calligraphiée sur le tableau, une oeuvre picturale était considérée comme inachevée. Les poètes étaient des peintres et vice-versa. Enfant, j'ai été initiée à la poésie en même temps qu'à la peinture, à la calligraphie et au luth. Aujourd'hui, c'est une joie pour moi de glisser mes tableaux aux côtés des poèmes qui ont bercé mon enfance et mon adolescence. " Shan Sa.

  • Puisant ses références à la source même du modernisme, comme les constructivistes et les suprématistes, le style de Zaha Hadid se caractérise par une volonté de déconstruire l'orthogonalité des objets, utilisant des entrelacs de lignes tendues et de courbes, d'angles aigus et de plans décalés et apportant à ses créations complexité et dynamique.
    En France elle a notamment réalisé : un terminus de tramway et le projet de mosquée à Strasbourg, la tour CMA-CGM à Marseille, et le projet de complexe sportif et culturel à Montpellier.
    Cette intégrale, premier ouvrage en français consacré à l'oeuvre de Zaha Hadid, présente l'ensemble de ses recherches théoriques, de ses projets et réalisations tant en architecture que dans les domaines du design et de la mode.

  • Au vu de la nature des matériaux - terre cuite, acier, fonte ou bronze - les figures de hanneke beaumont vibrent d'une légèreté paradoxale.
    Toute sa conception et tout son processus de réalisation sont marqués par sa quête d'un arrangement syntaxique à même de conférer aux différentes parties de l'oeuvre une unité de composition à travers un subtil jeu d'équilibre spatial. le message de l'artiste n'est pas, et ne se veut pas, ouvertement politique. ses sculptures représentent autrement l'être humain ; les figures ne sont pas simplement formes mais signifiants de l'esprit et du corps, de l'humanité luttant pour faire de la pensée un sentiment et pour découvrir, simultanément, le sentiment au travers de la pensée.
    C'est leur immédiateté intuitive et spontanée qui en fait des figures " universelles ".

  • Chef-d'oeuvre de la littérature mondiale et texte fondateur du roman japonais, Le Dit du Genji ou Genji monogatari, écrit au début du XIe siècle, relate la vie du prince Genji dans la société de la cour impériale et apporte un éclairage exceptionnel sur la culture japonaise : poésie, musique et peinture accompagnent le Genji en politique et en amour tout au long de sa vie mouvementée.

    Murasaki-shikibu a trouvé les modèles de ses personnages parmi ceux qu'elle côtoyait dans l'atmosphère raffinée de la cour impériale de Heian, actuelle Kyôto, et les a dépeint avec un extraordinaire souci de l'analyse psychologique. Elle se distingue par sa finesse dans l'observation des sentiments et des comportements, sa sensibilité dans la description des saisons, de l'impermanence des choses et des êtres ou encore son habileté à construire un récit complexe, peuplé de dizaines de personnages aux destins croisés.

    Après sept années de recherches iconographiques sans précédent et plus de 2 500 peintures recensées, 520 oeuvres du XIIe au XVIIe siècle et 450 détails en couleurs parmi les plus remarquables, et pour la plupart inédits en Occident, ont été sélectionnés. L'intégralité des plus anciens fragments de rouleaux subsistant du XIIe siècle et classés « Trésors nationaux » au Japon sont reproduits dans cette édition.

    Des autorisations exceptionnelles nous ont permis de publier des oeuvres provenant des collections impériales japonaises, de monastères, de musées privés et nationaux, de fondations et de collections privées à travers le monde entier.

  • Giovanna Marini construit depuis plus de quarante ans une oeuvre par bien des aspects unique dans le panorama musical européen. Alliant une formation académique et la connaissance approfondie des pratiques musicales traditionnelles et populaires, la compositrice, mais aussi la chanteuse, la pédagogue et la conteuse, tient un rôle d'exception dans la création contemporaine.
    Nourrie d'enquêtes sur l'oralité dans les cultures traditionnelles italiennes, son oeuvre propose un nouveau mode de raccontar-cantando, où se mêlent avec une rare liberté d'invention des compositions polyphoniques réfractaires à toute étiquette.
    Ses engagements politiques, culturels et didactiques ont mené Giovanna Marini à composer une oeuvre considérable, où l'on croise d'extraordinaires chanteurs et musiciens (depuis les traditions religieuses, rurales ou ouvrières jusqu'aux musiques d'avant-garde, en passant par le jazz, la pop ou le rap), des élèves et des musicologues de grande rigueur, mais aussi tous les cinéastes et metteurs en scène (Pier Paolo Pasolini, Dario Fo, Peter Brook, Pippo Delbono, etc.) pour lesquels elle a écrit.
    Par ses spectacles et son enseignement, Giovanna Marini a très tôt été reconnue en France, en Suisse et en Belgique, où elle se produit régulièrement avec son Quartetto Vocale. Pour cette formation elle compose des cantates d'une grande complexité formelle, mais immédiatement accessibles au plus large public et dans lesquelles le chant, les sons et les couleurs vocales extraordinaires ne cessent de faire écho à la réalité contemporaine.
    C'est cette liberté créatrice que ce livre à plusieurs voix, avec le CD qui l'accompagne, aimerait restituer dans toute sa exigence et dans toute sa plénitude.

    Il Canto necessario
    Ignazio Macchiarella
    Reparcourant toutes les étapes d'une longue carrière et d'une oeuvre aux multiples facettes, ce texte d'Ignazio Macchiarella constitue le premier hommage à Giovanna Marini, où se mêlent les récits croisés d'une vie de femme, de militante, de compositrice, de formatrice, des témoignages directs de l'artiste et l'analyse de ses compositions les plus représentatives. Il est complété par des photographies, une bibliographie, un catalogue complet des oeuvres et un CD proposant des pièces pour la plupart inédites.

    Raccontar-cantando / Cantare-viaggiando
    Giovanna Marini
    Giovanna Marini mêle ici souvenirs et réflexions sur son travail de collecte musicale et de transcription, sur son enseignement et sur ses rencontres toutes nourries de musiques. Elle tente d'analyser l'ancrage politique et social de son oeuvre, d'abord sous l'influence des courants de pensée et de création animés par le Nuovo Canzoniere italiano dans les années 1960 et 1970, puis pour les décennies suivantes et jusqu'à nos jours, dans une démarche plus personnelle, avec, toujours, le souci d'une sauvegarde vivante et novatrice des cultures populaires menacées par toutes les formes d'uniformisation.


  • "la peinture est là tout d'un coup.
    quand je lis un livre, quand j'écoute de la musique ou quand je vais au cinéma, c'est avec le temps que je découvre l'oeuvre. un roman, une symphonie, un film ne prennent leur sens que par la succession des mots, des notes et des images. les heures peuvent passer, un tableau ne gagnera ni ne perdra la moindre

    parcelle de lui-même. il n'a ni commencement, ni milieu, ni fin. j'aime la peinture parce que dans son inaltérable immobilité elle paraît exister en dehors du temps d'une manière impossible à toute autre forme d'expression artistique.
    /> plus j'avance dans mon existence, plus je voudrais mettre le monde en suspens et saisir le présent avant que, dévoré par la seconde suivante, il ne devienne le passé. un tableau crée l'illusion d'un présent éternel, d'un lieu oú mes yeux peuvent se reposer comme si le tic-tac de la pendule avait cessé par magie. " siri hustvedt (extrait de l'introduction).

  • Maternale

    Giovanna Gagliardo

    « J'ai préféré partir de la fin : m'asseoir à ma table, et repenser le film, scène après scène. Il en est sorti un texte étrange qui est un peu mon interprétation personnelle de l'histoire... Ce n'est plus un canevas, pas non plus un récit. Il est très fidèle au film : il rend très précisément compte des cadrages, des mouvements de caméra, des dialogues, de la musique, des bruitages, etc. [...] Dans le film, il est question d'un rapport entre deux femmes (mère-fille) dont le combat métaphorique est presque mortel... Je commence à comprendre maintenant, le film terminé, que cette ambivalence maternelle... au fond, ce pourrait être ma mauvaise foi inconsciente... [...] J'ai voulu faire un film sur la subjectivité maternelle, et, ce qui est apparu, c'est une mère, vue à travers les yeux d'une fille. [...] Carla Gravina a interprété le rôle féminin de la mère... Nous avons fait ensemble un travail « sur le féminin », et elle est l'auteure de cette mère souterraine autant que moi. » G.G.

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