Actes Sud

  • Cet ouvrage et l'exposition éponyme ont vocation à montrer comment, autant que la règle ou le crayon, la photographie a été l'outil de prédilection de Charlotte Perriand dès les années 1920.

  • C'est en révélant l'envers du réel dans un geste de réappropriation, que Laurence Aëgerter, artiste plasticienne née en 1972 à Marseille, construit ses histoires. L'appropriation de cette matière protéiforme - dictionnaires, livres d'histoire, images d'archives ou glanées sur internet, objets d'art, musées - agit sur son imagination et ouvre la voie à nombre d'expériences : photographies, livres d'artistes, installations in situ, tapisseries, projets collaboratifs. L'autre, véritable alter-égo, joue un rôle majeur dans l'élaboration de son oeuvre.

    Cette monographie est publiée à l'occasion de l'exposition événement organisée au musée du petit Palais à Paris à partir d'octobre 2020. Suivront une exposition à Amsterdam au Musée de la Psychiatrie et une exposition au musée Réattu à Arles en 2021.

  • Des mendiantes, des folles, des criminelles, des orphelines, des filles de joie, des sorcières, toutes les indigentes que l'on voulait soustraire au regard de la société sont enfermées à l'hôpital de La Pitié-Salpêtrière de Louis XIV jusqu'à Charcot qui y élaborera ses théories sur l'hystérie des femmes. Condamnées au pire : travailler et prier du matin au soir, entassées dans des dortoirs insalubres, violées, fouettées, attachées, traitées comme des bêtes sauvages, marquées au fer rouge, pour les plus récalcitrantes, mariées de force pour aller peupler les colonies, visitées le dimanche derrière les grilles par des familles en goguette, lamentables figurantes de nuits libertines organisées par les mères supérieures où se presse le tout-Paris. Invitée à créer des sculptures pour la chapelle Saint-Louis de l'hôpital de La Pitié-Salpêtrière, Mâkhi Xenakis s'immerge dans ces archives de l'Assistance publique pour laisser venir à elle l'esprit des lieux. Elle en exhume des manuscrits totalement inédits, bouleversants, qui bruissent encore des cris de ces femmes enfermées là Quand la plasticienne pense ciment, tiges filetées, pigments, inévitablement surgissent les mots. Travaillés comme une matière brute, qu'il faut élaborer, agencer, tordre pour qu'ils expriment l'indicible de cet univers carcéral oublié. Dans cette nouvelle édition, Mâkhi Xenakis, nous fait redécouvrir cette oeuvre à travers des photographies inédites.

  • Le Rituel d'anniversaire (livre II) traduit un parti-pris d'inventaire qui rend hommage à C. Boltanski et A. Messager.

  • Comment devient-on une artiste quand votre père est l'un des grands musiciens du XXe siècle, et votre mère une écrivaine et une critique de renom ? Sans doute en fréquentant un génie qu'on a choisi.

  • Des histoires vraies

    Sophie Calle

    Publié pour la première fois en 1994 et régulièrement réédité et enrichi depuis, «Des histoires vraies» revient cette année pour la sixième fois augmenté de six récits inédits. Sophie Calle continue à nous raconter ses histoires, dans un langage précis et sobre, avec le souci du mot juste. Tantôt légères et drôles, tantôt sérieuses, dramatiques ou cruelles, ces histoires vraies, toutes accompagnées d'une image, livrent dans un work in progress les fragments d'une vie.

  • Depuis plusieurs années, je ressens cette impression étrange et impérieuse qu'il me faut donner vie à ce nouveau livre sur mon père, qui m'occupe de manière souterraine depuis si longtemps. Je ne suis pas musicienne, musicologue ou mathématicienne, d'autres le sont et parlent très bien de son travail sous ces angles-là.
    J'aimerais, maintenant que je suis mère, tenter de comprendre comment ce petit garçon, puis ce jeune homme s'est construit avec les traumatismes successifs vécus tout au long des premières années de sa vie et qui demeurent omniprésents dans sa musique. J'aimerais partager ce voyage extraordinaire que j'ai pu vivre, à la fois dans le temps et dans sa pensée, grâce à la lecture de ses manuscrits qui dévoilent comment, en quelques années, il a réussi à contrôler le chaos de ses émotions grâce à l'élaboration d'une musique et d'une architecture nouvelles. J'aimerais enfin apporter ce témoignage personnel, pour que Iannis Xenakis, au-delà de l'homme préoccupé essentiellement par des mathématiques inaccessibles, apparaisse comme l'homme bouleversant que j'ai connu.
    Ce livre est sans aucun doute l'écho de celui que j'ai fait avec Louise Bourgeois sur son oeuvre, Louise Bourgeois, l'aveugle guidant l'aveugle, en 1998. Autre figure tutélaire de ma vie, grâce à son amitié et à sa confiance, elle m'a permis d'entrer véritablement dans mon propre univers artistique. À travers mon père, c'est aussi mon propre univers que je questionne aujourd'hui.

  • «Le seul trait qui soit commun à ces artistes, c'est d'avoir un jour désiré Paris, d'y avoir fait oeuvre, et de lui être resté, d'une manière ou d'une autre, profondément attaché. Ce sont des êtres de conviction et d'expérience auxquels Martine Franck rend visite. Leur apparence pourrait sembler ordinaire s'ils n'étaient pas totalement habités par le projet qui inspire leur vie. La photographe sait capter, pour chacun, ce qui fait signe : le regard, le langage des mains qui trahissent l'inquiétude ou le jeu qui est au coeur de toute oeuvre (.).
    Certains de ces portraits affirment le vertige d'un éphémère éternel et toujours inattendu, comme ceux de Rebecca Horn ou de Yaacov Agam ; une violente détermination face à un réel qui s'impose pour Avigdor Arikha ou Raymond Mason ; la méditation de Lee Ufan sur l'acte de peindre, ou celle de Zoran Music face à la mémoire d'une humanité perdue. Martine Franck capte aussi bien Antonio Seguí, confondu dans l'alignement anthropomorphe de ses urnes funéraires précolombiennes, que la farce proliférante des créatures fictives qui semblent cerner Erró. Elle saisit l'acuité du regard de Vladimir Velickovic ou le défi de Dado face à la mort. Dans l'une de ces images, Fermín Aguayo, jeune encore, est atteint par la maladie et l'on comprend que sa fin est proche.
    En acceptant de se livrer au portraitiste, le modèle propose ou accepte la pose qui pourra le caractériser. Au-delà de cette première approche, Martine Franck sait surprendre chez Léonor Fini, Valerio Adami, Gao Xingjian, Christian Jaccard, Judit Reigl ou Barthélémy Toguo des attitudes simples, éternelles, qui composent autant de figures emblématiques de l'inquiétude du créateur.
    On y découvre rarement la nostalgie du pays perdu et l'évocation directe des aléas de l'existence comme chez Oscar Rabine. C'est sans doute l'intelligence d'un parcours accompli qui domine cette galerie de visages habités, mais aussi la modestie devant les surprises du destin, la lumière d'un entendement d'enfance ou d'une nostalgie surmontée, une ultime vivacité, le pétillement d'un regard qui affirme un possible avenir.» Germain Viatte

  • La prestigieuse Manufacture de Sèvres a toujours su accueillir plasticiens et designers, de Boucher, Duplessis ou Falconet au XVIIIe siècle à Alechinsky, Zao Wou-Ki, Pierre Soulages ou Louise Bourgeois au XXe. Accompagnant la création la plus contemporaine, elle invite en 2010 Mâkhi Xenakis à concevoir une sculpture : Madame de Pompadour s'impose à l'artiste comme une évidence. Rencontre avec son «modèle» : La Pompadour, une femme libre, autoritaire, cultivée et courtisane à la fois, qui a rassemblé autour d'elle les grands hommes de son siècle et constitue la figure emblématique de l'institution née sous son égide en 1740 pour imposer la porcelaine française face aux productions de Saxe. Rencontre avec les savoir-faire ancestraux de Sèvres et leur capacité à s'adapter aux nouveaux désirs des artistes. Rencontre avec un siècle, le XVIIIe, qui, avant la Révolution, incarne le raffinement, l'élégance, la gourmandise et l'intelligence subtile des femmes. Rencontre avec les formes de l'histoire de l'art qui inspirent la création de Mâkhi Xenakis : les Vénus préhistoriques ou cycladiques, les sphinx de la mythologie antique, l'Olympia de Manet, les corps transformés de Francis Bacon ou de Louise Bourgeois.Rencontre avec un écrivain, Gilbert Lascault, qui a su saisir à la fois les aspects jubilatoires des sculptures de Mâkhi et la lignée historique dans laquelle elles s'inscrivent. Rencontre de l'artiste avec elle-même, confrontée aux questions de sens que pose toute oeuvre artistique. Elle revendique ici le caractère sexué de l'oeuvre, bien souvent nié, proposant une créature offerte, savoureuse, vulnérable, animale. Enfin, et renouvelée comme toujours, une nouvelle rencontre avec Louise Bourgeois. Un dialogue de rêve entre la prodigieuse Nature Study, figure androgyne que Louise Bourgeois réalisa en 2003 pour la Manufacture de Sèvres et l'insolente Pompadour.

  • Quand mâkhi xenakis s'est-elle autorisée à écrire ? on voudrait que ce soit quand louise bourgeois lui a donné comme viatique son poème ce qui compte, ce n'est pas ma voix, c'est ta voix.
    En tout cas, louise bourgeois, l'aveugle guidant l'aveugle fut son livre fondateur. un premier texte, la petite fille, ouvre laisser venir les secrets. une petite fille qui veut ici exorciser "sa tête de cheval", qui sait que pour s'échapper de ses terreurs, de ses fantômes, elle devra d'abord se laisser dévorer par eux. suit jalousie. texte violent et brutal d'une femme blessée qui tente d'échapper à la douleur en cernant au plus près la sensation de la jalousie.
    Depuis les folles d'enfer, mâkhi xenakis s'est inventé à son propre usage une nouvelle forme d'écriture : une prose scandée non ponctuée. dans ces deux textes qualifiés par elle de textes de douleur, mâkhi xenakis fait de nouveau entendre la singularité de voix dans toute sa plénitude. des oeuvres graphiques de l'auteur ponctuent le livre et nous dévoilent les liens cachés qui unissent écriture et dessin, oú peur, vertige et force de vie sont prégnants chez elle depuis toujours.

  • Lorsque j'ai proposé à Louise Bourgeois de photographier les lieux de son enfance, je n'imaginais pas dans quelle aventure inouïe j'allais être plongée. J'ai tenté dans ce livre de décrire pas à pas comment, d'un geste au départ amical et un peu nostalgique, je me suis petit à petit sentie projetée non seulement dans la mémoire de Louise mais dans le coeur même de son oeuvre et dans la complexité et les mystères du processus de création.

  • Une biographie monumentale et très documentée invitant à redécouvrir l'originalité de l'artiste Leonor Fini, dont la peinture se nourrit d'une inépuisable créativité et d'une culture cosmopolite.

  • Giovanna Marini construit depuis plus de quarante ans une oeuvre par bien des aspects unique dans le panorama musical européen. Alliant une formation académique et la connaissance approfondie des pratiques musicales traditionnelles et populaires, la compositrice, mais aussi la chanteuse, la pédagogue et la conteuse, tient un rôle d'exception dans la création contemporaine.
    Nourrie d'enquêtes sur l'oralité dans les cultures traditionnelles italiennes, son oeuvre propose un nouveau mode de raccontar-cantando, où se mêlent avec une rare liberté d'invention des compositions polyphoniques réfractaires à toute étiquette.
    Ses engagements politiques, culturels et didactiques ont mené Giovanna Marini à composer une oeuvre considérable, où l'on croise d'extraordinaires chanteurs et musiciens (depuis les traditions religieuses, rurales ou ouvrières jusqu'aux musiques d'avant-garde, en passant par le jazz, la pop ou le rap), des élèves et des musicologues de grande rigueur, mais aussi tous les cinéastes et metteurs en scène (Pier Paolo Pasolini, Dario Fo, Peter Brook, Pippo Delbono, etc.) pour lesquels elle a écrit.
    Par ses spectacles et son enseignement, Giovanna Marini a très tôt été reconnue en France, en Suisse et en Belgique, où elle se produit régulièrement avec son Quartetto Vocale. Pour cette formation elle compose des cantates d'une grande complexité formelle, mais immédiatement accessibles au plus large public et dans lesquelles le chant, les sons et les couleurs vocales extraordinaires ne cessent de faire écho à la réalité contemporaine.
    C'est cette liberté créatrice que ce livre à plusieurs voix, avec le CD qui l'accompagne, aimerait restituer dans toute sa exigence et dans toute sa plénitude.

    Il Canto necessario
    Ignazio Macchiarella
    Reparcourant toutes les étapes d'une longue carrière et d'une oeuvre aux multiples facettes, ce texte d'Ignazio Macchiarella constitue le premier hommage à Giovanna Marini, où se mêlent les récits croisés d'une vie de femme, de militante, de compositrice, de formatrice, des témoignages directs de l'artiste et l'analyse de ses compositions les plus représentatives. Il est complété par des photographies, une bibliographie, un catalogue complet des oeuvres et un CD proposant des pièces pour la plupart inédites.

    Raccontar-cantando / Cantare-viaggiando
    Giovanna Marini
    Giovanna Marini mêle ici souvenirs et réflexions sur son travail de collecte musicale et de transcription, sur son enseignement et sur ses rencontres toutes nourries de musiques. Elle tente d'analyser l'ancrage politique et social de son oeuvre, d'abord sous l'influence des courants de pensée et de création animés par le Nuovo Canzoniere italiano dans les années 1960 et 1970, puis pour les décennies suivantes et jusqu'à nos jours, dans une démarche plus personnelle, avec, toujours, le souci d'une sauvegarde vivante et novatrice des cultures populaires menacées par toutes les formes d'uniformisation.


  • "la peinture est là tout d'un coup.
    quand je lis un livre, quand j'écoute de la musique ou quand je vais au cinéma, c'est avec le temps que je découvre l'oeuvre. un roman, une symphonie, un film ne prennent leur sens que par la succession des mots, des notes et des images. les heures peuvent passer, un tableau ne gagnera ni ne perdra la moindre

    parcelle de lui-même. il n'a ni commencement, ni milieu, ni fin. j'aime la peinture parce que dans son inaltérable immobilité elle paraît exister en dehors du temps d'une manière impossible à toute autre forme d'expression artistique.
    /> plus j'avance dans mon existence, plus je voudrais mettre le monde en suspens et saisir le présent avant que, dévoré par la seconde suivante, il ne devienne le passé. un tableau crée l'illusion d'un présent éternel, d'un lieu oú mes yeux peuvent se reposer comme si le tic-tac de la pendule avait cessé par magie. " siri hustvedt (extrait de l'introduction).


  • cet ouvrage a pour but de mettre en valeur un manuscrit chinois du xviie siècle intitulé biographies de femmes exemplaires de xie jin (1369-1415).
    seul le troisième volume de l'oeuvre est arrivé à la bibliothèque de montpellier en 1877 avec le legs du docteur fages (livres de médecine, de sciences, de philosophie et de voyages). il est plus particulièrement consacré à des épouses de lettrés et d'hommes du peuple dont la vertu et l'esprit de sacrifice sont tout à fait remarquables. cinquante-trois épisodes se répartissent depuis la dynastie des zhou jusqu'à celle des ming et sont accompagnés de cinquante et une illustrations en pleine page rehaussées d'or et de couleurs dont l'éclat et l'intensité sont assez rares dans la production de l'époque.


  • A la mort de mon père, le 4 février 2001, des images, des bribes de souvenirs sont apparues comme des flashs.
    J'étais à la fois submergée et ravie par elles. il me suffisait d'y plonger pour que d'autres instants de vie surgissent et que je me sente de nouveau vivante. tous ces fragments de puzzle épars se sont mis peu à peu à trouver leur place, des connivences se sont créées entre eux et mon travail. louise bourgeois est réapparue, comme pour donner encore un autre sens à tous ces éclats.

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