• Trois pièces classiques du répertoire théâtral qui examinent, de façon visionnaire et comique, des sujets toujours plus actuels : la misère économique, les rapports hommes-femmes, la dégradation des liens sociaux.

  • Depuis sa parution aux Etats-Unis en 1998, Les Monologues du vagin ont déclenché un véritable phénomène culturel : rarement pièce de théâtre aura été jouée tant de fois, en tant de lieux différents, devant des publics si divers... Mais que sont donc ces Monologues dans lesquels toutes les femmes se reconnaissent ? Il s'agit ni plus ni moins de la célébration touchante et drôle du dernier des tabous : celui de la sexualité féminine.
    Malicieux et impertinent, tendre et subtil, le chef-d'oeuvre d'Eve Ensler donne la parole aux femmes, à leurs fantasmes et à leurs craintes les plus intimes. Qui lit ce texte ne regarde plus le corps d'une femme de la même manière. Qui lit ce texte ne pense plus au sexe de la même manière. Cette version augmentée, parue aux Etats-Unis en 2018 à l'occasion des 20 ans de la publication des Monologues, comprend onze nouveaux monologues et des poèmes.

  • Chanteuse, comédienne, fan des sixties, mère de famille ou égérie sulfureuse, diariste ou écrivain, Jane Birkin a tous les dons.
    Écrite avec une force et une justesse rares, cette comédie dramatique est à l'image de la vie : un couple s'aime et se déchire, une union se brise pour rien, à cause d'un rien. D'un besoin de se rassurer, d'entendre un mot qui ne vient pas... Chacun affûte ses poignards, prisonnier d'une nuit d'insomnie et de solitude à deux. Au matin, la rupture est consommée. Une rupture pathétique et tristement ordinaire. Ce texte a inspiré à Étienne Daho, ami et complice artistique de longue date, l'un des albums les plus attendus de l'année : Oh ! pardon tu dormais... réunit des chansons originales de Jane Birkin, mises en musique et produites par Étienne Daho.

  • "Venise sauvée" est une pièce de théâtre inachevée de Simone Weil sur le projet avorté du renversement de la République Vénitienne par les Espagnoles en 1618. Le texte dramaturgique est intégralement imprégné des idées et de la philosophie de l'auteure, dont il constitue un mode l'exposition tout à fait original et singulier. Il s'agit de l'une des très rares oeuvres "littéraire" dont nous disposons de la main de Simone Weil.

  • Deux pièces engagées sur le rôle des femmes. «La Visite» questionne l'instinct maternel et le rôle de la mère dans sa confrontation avec la société. Les «Filles de nos filles »évoque le rôle des femmes dans la création.

  • Après avoir écrit deux ouvrages sur les règles, Élise Thiébaut a eu envie de parler des cycles dans une pièce de théâtre qui met en scène nos intimités trop souvent oubliées ou malmenées.
    De la puberté à la ménopause, de l'avortement à la maternité, du sexe au désir, elle aborde avec humour, mais aussi avec amour, ces moments de la vie des femmes - et des hommes - marqués par l'appel du corps, de la transmission et de la liberté.

    « Vous avez sûrement entendu parler de cet organe qui se trouve entre les jambes de la moitié des êtres humains. On peut l'appeler la chatte, bien qu'elle ne ressemble que de très loin à un félin. On peut l'appeler le con, bien que le plus con des deux dans ce cas ne soit pas celui qu'on croit. » É.T.

  • Une forêt obscure, une affreuse sorcière et une maison en pain d'épice... À quoi cela pourrait-il ressembler dans le béton de Cleveland, au coeur de la crise économique ? Alice Zeniter actualise le conte des frères Grimm pour saisir ce qui effraie encore les enfants et ce qui les fait rêver.

  • Une datcha, à une heure de route de Moscou, en 2002. Bien que délabrée, elle est habitée par Andreï Ivanovitch et Natalia Ivanovna, les enfants de l'académicien Ivan Lépiokhine. Le toit fuit, le courant électrique est intermittent et bientôt l'eau du robinet se tarit... Tandis qu'Andreï boit de la vodka à toute heure, Natalia essaie désespérément de gagner grâce à ses traductions quelques dollars pour les réparations. Et il y a urgence : les vibrations d'un chantier secouent de plus en plus fréquemment la masure. Qualifiée par l'auteure de «post-tchekovienne», cette pièce se lit comme une transposition dans la Russie des années 2000 des péripéties tragi-comiques de La Cerisaie et des Trois soeurs.
    Avec un humour qui côtoie l'absurde et sa tendresse coutumière, Ludmila Oulitskaïa livre une réflexion sur la Russie «éternelle et immuable» qui rejoint en toute virtuosité celle de Tchekhov.

  • Créé le 24 avril 1665 par la troupe de Molière au Palais-Royal, Le Favori, troisième et dernière pièce de Marie-Catherine de Villedieu, fut représenté devant Louis XIV à Versailles dans la nuit du 13 au 14 juin. Imitée d'une comedia espagnole, cette tragi-comédie met en scène la soudaine disgrâce de Moncade, le favori du roi de Barcelone. Lassé des coquettes façonnières et des flatteurs importuns qui troublent sa solitude, il s'abandonne à la mélancolie et accuse la faveur royale de le priver de toute amitié sincère, de tout amour véritable. Seul un revers de fortune lui permettrait de distinguer les amis sincères des caméléons de cour attirés par l'éclat de sa gloire. Le roi ordonne donc qu'il soit arrêté et emprisonné. Feinte disgrâce ou vrai coup d'État ? Au moment où s'achève le procès de Nicolas Fouquet, Mme de Villedieu soustrait à la représentation la prise de décision royale et plonge le spectateur dans la perplexité. Réponse au Cinna de Corneille, Le Favori interroge ainsi les fondements, les finalités et les limites de l'absolutisme.

  • Bella figura

    Yasmina Reza

    Boris et sa maîtresse Andréa se disputent sur le parking d'un restaurant. Elle ne comprend pas comment il a pu l'emmener dîner dans un établissement conseillé par son épouse. Pour couronner le tout, en faisant une marche arrière, Boris renverse Yvonne, la belle-mère de la meilleure amie de sa femme.

  • Les lessiveuses

    Yamina Zoutat

    Les Lessiveuses est au départ un film documentaire au sujet des femmes dont un ou plusieurs fils sont en prison et qui, semaine après semaine, années après années, maintiennent coûte que coûte un lien avec leur enfant, le seul possible, celui du linge : le linge sale qu'elles remportent et le linge propre qu'elles rapportent lavé, repassé, parfumé. En adaptant son film à l'opéra pour la Piccola Compagnie, Yamina Zoutat poursuit son cheminement en y ajoutant toute une dimension fictionnelle, bribes d'histoires, rêves, et met en scène une folie ordinaire.
    A la rencontre des lessiveuses, elle nous confronte à des énigmes où se rencontrent deux folies : la folie maternelle et la folie carcérale. Oser cette rencontre, c'est s'aventurer en deçà des mots, dans "un territoire de rituels, de traces, d'emblèmes, de frontières, de pulsions chaotiques et violentes, submergé par d'étranges raz-de-marée auxquels les rives de notre identité furent de tout temps exposées".
    Une femme est donc partie à la rencontre d'autres femmes qui partagent une situation identique mais qui sont con-damnées à vivre un même isolement, une même solitude. Elle revient avec trois personnages féminins d'âge et de condition sociale différents. Devient alors possible ce que la réalité interdit, des échanges entre mères : partage d'expériences, de peurs, de rêves ou de fantasmes. Les éclats de rires et les larmes contenus peuvent enfin éclater sur scène.

  • Au château de Monseigneur, l'atmosphère n'est pas à la fête. Une guerre se prépare et Monseigneur est bien décidé à la gagner. Mais avant de la mener, il prend deux décisions. Sa fille Christine sera enfermée dans un couvent ; quant à son fils adoptif Thibault, il l'accompagnera sur le champ de bataille. Telle est sa volonté et malheur à celui qui songerait à s'y opposer. Or Christine, l'intrépide, refuse d'étouffer sous un voile et Thibault, le sensible, refuse de verser le sang. Et s'ils changeaient de rôle ?

  • Des filles attendent dans le couloir, dans l'espoir de devenir une star. C'est l'heure du casting pour chacune d'entre elles.

  • Créée en 1994 à Vienne, Restoroute est la huitième pièce d'Elfriede Jelinek qui la définit comme sa " première véritable comédie ".
    Le sous-titre, L'école des amants, indique la filiation de cette oeuvre avec le Cosi fan tutte de Mozart et Da Ponte, dont elle est la réécriture burlesque et grinçante. Pour l'écrivain qui se définit comme " une incurable moraliste ", l'échangisme apparaît comme l'illustration de " la terreur de la liberté " : une sexualité sans frein où le désir féminin qui se donne prétendument libre cours n'aboutit qu'à une ritualisation grotesque de la performance sexuelle et se mue en une servitude terrifiante.
    Animaux, pièce créée à Vienne en zoos, se compose de deux monologues. Dans le premier, une femme bourgeoise mélancolique exprime sa soumission à son amant et aspire à ce que celui-ci use d'elle selon son bon plaisir. Dans la deuxième partie qui, selon les termes de l'auteur, " efface et ridiculise la première ", ce désir se trouve pris au pied de la lettre: la prostitution érige l'homme en seigneur et maître, pour qui les femmes ne sont que du bétail.
    Dans ces deux pièces violemment satiriques, le jeu théâtral repose sur la puissance subversive du langage qui passe au premier plan et met en évidence la monstruosité du monde contemporain.

  • Klatch avant le ciel

    Nancy Huston

    Depuis son lit d'hôpital, un vieux comédien voit sa vie défiler devant ses yeux et plonge dans sa mémoire.

  • Se souvenir et oublier Adriana Asti est une des plus grandes actrices italiennes. Elle s'est toujours sentie déplacée, inadaptée, une véritable incompétente, incapable de faire quoi que ce soit, et encore moins de jouer. Elle a toujours joué terriblement d'ailleurs, déclare-t-elle. Interrogée par René de Ceccatty, Adriana Asti se livre au lecteur comme à un ami de longue date, sans inhibitions, au fil de ses pensées et de ses souvenirs. Elle reconstruit son univers le plus intime, peuplé des personnalités extraordinaires qu'elle a côtoyées au cours de sa carrière. Elle le fait avec la naïveté, les excès et l'auto-ironie d'une véritable première dame, qui, en se dénigrant, ne fait que s élever. Drôle, plein de fausse légèreté, d'élégance et d'un goût exquis, ce livre est un plaisir à savourer délicatement, à lire et relire sans jamais en perdre le charme.

  • La formation d'ethnologue d'Ina Césaire constitue le fondement de sa création littéraire et dramatique. Native de la Martinique et à l'écoute de la mémoire vivante de son pays, elle a enregistré, traduit et analysé des contes créoles pendant plus de vingt années et a étudié les discours oraux du registre populaire liés aux pratiques ordinaires comme aux grands rituels de la vie et de la mort. Du conte à composantes merveilleuses ou irrationnelles au récit spontané, le passage est ouvert à la théâtralisation. C'est par son travail sur des récits de vie qu'Ina Césaire s'est d'abord initiée à la création dramatique, marquée tant par son humour bienveillant que par son regard critique et constructif. Le présent volume offre un ensemble fort diversifié de pièces allant du bref monologue à la suite de tableaux historiques, du théâtre de rue humoristique au fait divers pathétique, groupées en quatre pôles thématiques. Échos du volcan est axé sur Saint-Pierre de la Martinique et la catastrophe de 1902. Ce premier regroupement comporte quatre pièces sur le thème de la montagne Pelée, volcan dont la masse imposante a créé autant de peurs bien réelles que d'évocations imaginaires. Chroniques insulaires : on trouve ici l'évocation de plusieurs pans de l'histoire caribéenne et de personnages qui l'ont marquée : la rebelle du Sud martiniquais, Rosanie Soleil, le révolutionnaire « mythique » d'Haïti, Toussaint Louverture, les navigateurs, les esclaves et les colons en Martinique au XVIIe siècle. Gens d'ici met en scène la vie trop souvent ignorée de ceux qui font le monde actuel : les gens du peuple qui travaillent, qui luttent, qui souffrent ou qui sont heureux, sans d'autres hauts faits que ceux de la transmission des valeurs et de l'autocritique permanente, élément caractéristique de la culture créole traditionnelle. Zones d'ombre veut lever une partie du voile qui masque les non-dits de la société martiniquaise en évoquant certaines des déviances contraignantes ou douloureuses qui, souvent d'origine historique, pèsent encore sur le pays : désagrégation du consensus social, heurts familiaux, violences, incommunicabilité et solitudes modernes.

  • "Mes chers amis, monsieur le Maire, je vous remercie d'être venus, plus nombreux que jamais, assister à cette première soirée du troisième cycle des Samedis littéraires de Vilan-en-Volène. Un cycle dont la première édition se déroule comme chaque année au printemps, avec une coupure au mois d'août..."

  • Le jour anniversaire de leur finale victorieuse, les membres d'une ancienne équipe de football de ligue 1 se réunissent autour d'un repas pour prendre une décision lourde de conséquences concernant l'un d'entre eux, dans le coma.

  • Les Naufragés du Fol Espoir (Aurores) est une création collective du Théâtre du Soleil, mi-écrite par Hélène Cixous, et librement inspiré du roman posthume de Jules Verne Les Naufragés du Jonathan (1897), (publié sous le titre En Magellanie, « Folio » Gallimard, 1999). Ce spectacle se joue actuellement à la Cartoucherie et donne lieu à une édition du texte.

    Très beau livre-objet, sous forme de scénario, Les Naufragés du Fol Espoir (Aurores) entremêle textes, croquis, partitions musicales, et autres délicieuses surprises.

    Nous sommes en 1914, à la veille de l'assassinat de Jaurès. Nous sommes à l'étage de la guinguette de Félix Courage, qui prête gracieusement le lieu et son personnel au cinéaste socialiste Jean LaPalette. Nous sommes sur le lieu de tournage d'un film, projet utopiste et nécessaire, et nous embarquons, avec ses protagonistes, sur le Fol Espoir en 1895. Un radeau des espérances qui nous mène tout au long de son voyage au plus près des grands thèmes historiques qui ont construit le xxe siècle : la montée du socialisme, l'impérialisme anglais et son colonialisme en Amérique du Sud qui ont favorisé l'extinction des ethnies, les enjeux du capitalisme, la question du pacifisme, l'ébauche d'un contrat social avorté, le droit des femmes. « Ça tourne » dans un mouvement de ballet, voiles au vent, sur les mers glacées du Sud, tous ayant pour projet de fonder un ordre nouveau : « Ni dictature, ni anarchie, mais gestion mutuelle. La Liberté comme base, l'Égalité comme moyen, la Fraternité comme but. » Un spectacle et un texte épiques pour restituer les espoirs dont le XXe siècle d'avant la Grande Guerre était porteur.

  • Théâtre

    Françoise Sagan

    Dans la continuité des rééditions de l'oeuvre de Françoise Sagan, les éditions Stock publient en un seul volume trois pièces de théâtre très différentes, dont une est inédite.
    L'excès contraire ou Le chevalier de lait, l'inédite, est une pièce de boulevard. Drôle, rapide, enlevée, elle se situe en Allemagne, en 1914. Et, comme il se doit, les quiproquos et les allusions sexuelles se font la part belle. Frédéric, jeune lieutenant du troisième régiment de Uhlans de Saxe, est l'amant d'une nuit d'Adèle lorsque le mari de celle-ci rentre à l'improviste de la chasse. Le cocu demande réparation au jeune Frédéric qui se révèle capon et fuit dès le lendemain. Il trouve refuge chez la soeur du mari trompé pensant pouvoir l'épouser pour éviter le duel.
    Un piano dans l'herbe est peut-être plus proche de ce à quoi nous sommes habitués dans l'univers de Sagan. Les personnages ont une quarantaine d'années, ils sont réunis pour des vacances à la campagne et cherchent à retrouver leur jeunesse. Mais comme dit l'un des protagonistes : « La jeunesse, ma chérie, c'est aussi dangereux à réveiller qu'un tigre. » Il fait beau jour et nuit est certainement la pièce la plus grave de cette sélection. Une jeune femme vient de sortir de l'asile où elle a passé trois ans à se demander si elle était vraiment folle, à s'inspecter, à avoir peur d'elle-même. Elle retrouve son mari et sa cousine qui n'ont pas toujours les meilleures intentions. On ne peut s'empêcher de penser au séjour que Françoise Sagan a effectué en cure de désintoxication et qu'elle raconte dans Toxique.
    Ces trois pièces se complètent et confirment si besoin était l'immense talent de conteuse de Françoise Sagan. Sa « petite musique » prend toute son ampleur dans des dialogues acerbes, drôles, froids ou tendres. Un grand moment de plaisir.

  • Immobile à grands pas, Noëlle Renaude arpente un monde qu'elle construit au fur et à mesure qu'elle pose sur lui son regard lucide et narquois, précis et impitoyable. Sous la voûte du ciel qu'Atlas, cette mauvaise tête de Titan, est condamné à porter, notre faiseuse d'histoires, son scalpel à la main, fait se croiser, pour d'improbables rencontres, la Bouchère et Mme Ka, Blanche la malchanceuse et le Renard du Nord, les promeneurs d'espaces virtuels et Alex perdu dans la campagne blésoise. Silhouettes plutôt que personnages, embryons de situations plutôt que fictions, parlures imaginaires saisies au vol plutôt que langage bien élevé, tous ces véhicules d'une nouvelle écriture dramatique nous emmènent là où on s'y attend le moins. Dans cet univers en expansion constante s'ouvrent, en toutes directions, des pistes sur lesquelles se lance une vingtaine d'explorateurs. Leur boussole ? Le seul désir. Désir de dénicher des territoires inconnus, désir de faire partager au lecteur le plaisir de leurs découvertes.

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