Sciences humaines & sociales

  • Louisa

    Lou Syrah

    Le 30 juin 1994, à Roubaix, Louisa Lardjoune, 19 ans, fait une énième "crise". Sa famille appelle un imam exorciste. Quand Mohamed Kerzazi entre chez elle, il attrape la jeune femme par le cou. Verdict : "Possession. " Cinq heures plus tard, après d'étranges rituels, le coeur de Louisa cesse de battre. La presse nationale s'emballe. La famille ne porte pas plainte, et nombre de religieux musulmans, chrétiens et juifs défendent ces pratiques païennes ancestrales et codifiées.
    En reconstituant ce fait divers, Lou Syrah plonge dans sa propre histoire : sa ville Roubaix, ses insomnies, son grand-père exorciste, son père exorcisé. Une quête aux frontières de la folie qui la conduira devant la porte de l'imam condamné à sept ans de prison pour "l'homicide involontaire" de Louisa.

  • Sartre avait montré dans Réflexions sur la question juive comment le juif est défini en creux par le regard de l'antisémite. Delphine Horvilleur choisit ici de retourner la focale en explorant l'antisémitisme tel qu'il est perçu par les textes sacrés, la tradition rabbinique et les légendes juives.
    Dans tout ce corpus dont elle fait l'exégèse, elle analyse la conscience particulière qu'ont les juifs de ce qui habite la psyché antisémite à travers le temps, et de ce dont elle «  charge  » le juif, l'accusant tour à tour d'empêcher le monde de faire «  tout  »  ; de confisquer quelque chose au groupe, à la nation ou à l'individu (procès de l'  »élection  »)  ; d'incarner la faille identitaire  ; de manquer de virilité et d'incarner le féminin, le manque, le «  trou  », la béance qui menace l'intégrité de la communauté.
    Cette littérature rabbinique que l'auteur décortique ici est d'autant plus pertinente dans notre période actuelle de repli identitaire que les motifs récurrents de l'antisémitisme sont revitalisés dans les discours de l'extrême droite et de l'extrême gauche (notamment l'argument de l'  »exception juive  » et l'obsession du complot juif).
    Mais elle offre aussi et surtout des outils de résilience pour échapper à la tentation victimaire  : la tradition rabbinique ne se soucie pas tant de venir à bout de la haine des juifs (peine perdue...) que de donner des armes pour s'en prémunir.
    Elle apporte ainsi, à qui sait la lire, une voie de sortie à la compétition victimaire qui caractérise nos temps de haine et de rejet.
     

  • "Dans ses diverses études, Nelly Las montre que le féminisme est plus qu'une lutte pour l'égalité. C est aussi une réflexion sur soi, une éthique, une solidarité et une confrontation avec autrui. Au centre de ses préoccupations, deux facticités qui ont déterminé le cours de son existence : sa judéité et sa condition femme. Dans ce recueil d'articles et conférences, elle nous présente une synthèse des débats auxquels elle a participé, essayant d'éviter tout dogmatisme religieux ou politique : les théories du genre, le rejet de « l'autre », l'impact des religions sur les femmes, les engagements pour la paix, le souci pour l'avenir de l'État juif... - "

  • Comment les islamistes, qui manient à merveille les techniques de la Taquiya cet art de la dissimulation et de la tromperie , sont-ils parvenus à piéger des Occidentaux ligotés par le respect de leurs propres lois  ? Par quelles ruses les maîtres-penseurs du terrorisme ont-ils réussi, avec l'aide de quelques médias et d'un contingent d'idiots utiles, à anesthésier idéologiquement les défenses d'un Occident qui a peur d'être soupçonné d'islamophobie  ? Et pourquoi, surtout, celui-ci tarde-t-il tant à réagir contre ceux qui ont juré sa perte  ?
    Tel est l'objet de cet essai dans lequel Chahdortt Djavann passe au crible plusieurs concepts susceptibles de devenir des armes efficaces contre l'offensive islamiste. Pour ce faire, elle identifie et analyse les dix «  piliers  » de l'idéologie islamique avant de proposer leur déconstruction méthodique.

    Un livre virulent.  Thomas Mahler, Le Point.

  • «Nous les avons accueillis avec sympathie, un brin amusés par leur accoutrement folklorique, leur bigoterie empressée, leurs manières doucereuses et leurs discours pleins de magie et de tonnerre, ils faisaient spectacle dans l'Algérie de cette époque, socialiste, révolutionnaire, tiers-mondiste, matérialiste jusqu'au bout des ongles, que partout dans le monde progressiste on appelait avec admiration «la Mecque des révolutionnaires». Quelques années plus tard, nous découvrîmes presque à l'improviste que cet islamisme qui nous paraissait si pauvrement insignifiant s'était répandu dans tout le pays».
    Après avoir brossé un tableau d'ensemble des courants musulmans, Boualem Sansal s'interroge sur les acteurs de la propagation de l'islamisme : les États prosélytes, les élites opportunistes, les intellectuels silencieux, les universités, les médias, «la rue arabe»... Il questionne aussi l'échec de l'intégration dans les pays d'accueil des émigrés.
    Ainsi, l'islamisme arabe tend à s'imposer, mal évalué par les pouvoirs occidentaux qui lui opposent des réponses inappropriées, tandis que les femmes et les jeunes, ses principales victimes, sont de plus en plus à sa merci.
    Boualem Sansal, devenu l'une des grandes voix de la littérature algérienne, propose une synthèse engagée, précise, documentée, sans pour autant abandonner les prises de position humanistes intransigeantes qui, au fil de ses romans, l'ont amené à dénoncer à la fois le pouvoir militaire algérien et le totalitarisme islamiste.

  • A travers divers interviews accordés à des journalistes de la presse internationale et à quelques sites français, Hamid Zanaz nous donne les clés nécessaires à la compréhension de l'islamisme et son bras armé : le terrorisme. Ce spécialiste de l'islam déconstruit un mythe partagé en France par les médias et les politiques qui, par opportunisme et lâcheté, refusent de voir en l'islamisme l'ombre portée de l'islam.
    L'auteur passe au scalpel le slogan du « rien à voir », démontrant aux journalistes algériens, russes, suisses, arabes, kurdes, italiens l'impossibilité d'adapter le dogme islamique aux exigences des temps modernes. Une pensée à contrecourant du politiquement correct français. Les réponses d'Hamid Zanaz aux questions posées apportent un nouveau regard sur les problèmes posés par l'islam à la laïcité, aux droits de l'homme, à la démocratie, au rôle de la femme, à l'esprit critique...
    Au fil des interviews, l'auteur évoque nombre de questions brûlantes souvent esquivées ou censurées dans les débats médiatiques : l'islam peut-il être réformé ? La théorie du choc des civilisations est-elle fondée ? Est-il vrai que ce sont certains États arabes et d'autres pays musulmans qui islamisent les sociétés et enseignent l'intégrisme à l'école ?
    Peut-on se demander si le djihad guerrier, loin d'être une déviance de l'islam, n'en serait pas le coeur ? Qu'en est-il des « révolutions arabes » : manipulation ou mouvement populaire récupéré ? Qu'en est-il enfin de la menace islamiste pesant sur l'Europe, des porteurs de valises français de l'intégrisme terroriste ?
    À la différence de la plupart des chercheurs, l'auteur ne s'interdit pas de pointer dans l'islam les raisons endogènes qui facilitent l'apparition d'une religiosité violente.
    Ce livre, comme les précédents livres d'Hamid Zanaz, est un manifeste libertaire contre la doxa imposée par la gauche et la droite pour tout ce qui touche à l'islam et à ses dérives sectaires en France et en Europe. Un livre qui s'attaque à la racine du mal islamiste et dénonce les illusions des peuples comme les rassurantes explications des élites au pouvoir.

  • Il faut desserrer l'étau dans lequel les théories psychanalytiques traditionnelles, centrées sur la place du père, ont enfermé l'étude des religions. Or, l'expérience religieuse renvoie aussi au maternel : dans certaines religions - hors des monothéismes -, et de façon centrale dans les aventures mystiques. Le livre développe cette proposition selon trois axes. Le premier est une relecture inédite des grands textes de Freud révélant qu'il a souvent approché cette dimension maternelle du religieux, sans pour autant pouvoir lui donner toute sa place.
    Le second explore des cas cliniques qui manifestent ce lien entre le maternel et le religieux. Le troisième est le témoignage troublant des mystiques : Bataille, et surtout Madame Guyon, admirable écrivain du XVIIe siècle. En contrepoint de L'avenir d'une illusion de Freud, ce livre propose de prendre en compte ce qui, dans l'illusion religieuse, prend sa source du côté maternel. Il s'agit également de sortir du dualisme qui imprègne notre imaginaire et conduit à penser le spirituel du côté du père et du masculin, et à figurer le sensible du côté de la mère et du maternel.
    On retrouve alors la spiritualité du maternel. Il faut desserrer l'étau dans lequel les théories psychanalytiques traditionnelles, centrées sur la place du père, ont enfermé l'étude des religions. Or, l'expérience religieuse renvoie aussi au maternel : dans certaines religions - hors des monothéismes -, et de façon centrale dans les aventures mystiques. Le livre développe cette proposition selon trois axes.

  • À vieilles civilisations, vieilles idées reçues... L'Iran est le pays des poètes et des roses, la patrie des Mille et Une Nuits, celle de Farah Diba, de Khomeini et de la République des mollas. C'est aussi le pays qui cherche à se doter de la « bombe islamique », celui où la condition féminine est déplorable et dont le peuple aspire à sortir de la révolution religieuse.
    Pour dépasser ces idées reçues, il faut d'abord commencer par parler de l'Iran comme d'un pays ordinaire, façonné par son histoire longue et différenciée selon les époques. Il faut aussi prendre appui sur l'observation des pratiques sociales concrètes des Iraniens et de leurs effets, parfois inattendus, sur l'avenir du pays.
    3e édition, revue et augmentée, de l'édition de poche qui s'est vendue à 3 000 exemplaires.

  • De la Révolution de 1979 a émergé la République islamique, qui suscite de nombreuses inquiétudes à travers le monde. Répressions, privations, misogynie institutionnalisée : autant de blessures que la dictature inflige au peuple iranien. Face à l'obscurantisme du régime, la résistance iranienne s'organise.

    Ce livre rend hommage au combat des femmes iraniennes, à leur lutte acharnée pour instaurer la liberté et l'égalité avec les hommes. Ces femmes défendent un nouvel ordre politique qui leur accorde enfin la place qu'elles méritent.

    Un combat courageux, mené par Maryam Radjavi, pour un Iran démocratique, défi nitivement libéré de l'intégrisme.

  • Pourquoi et comment l'islam idéologique a-t-il pu dominer la société iranienne depuis les années 1970 aux dépens du mouvement de réforme, qui a commencé avec la révolution constitutionnelle au début du xxe siècle ? Comment a-t-il pu acquérir une telle audience en Iran, puis dans l'ensemble du monde musulman ?
    Mahnaz Shirali interroge l'histoire iranienne du xxe siècle pour saisir le rôle et la place du religieux shiite dans l'organisation sociale et politique d'un pays entré dans un processus de modernisation.
    Écrit par une sociologue d'origine iranienne, ce livre est une des critiques les plus profondes des ruses de l'islam idéologique qui s'est imposé à Téhéran.

  • La religion a-t-elle contribué à la civilisation ? Un monde humain nécessite le savoir, la bonté et le courage ; il ne nécessite nullement le culte et le regret des temps abolis, ni l'enchaînement de la libre intelligence à des paroles proférées il y a des siècles par des ignorants. Comme philosophe et sociologue, Bertrand Russell a examiné le problème religieux sous ses divers aspects. Il l'a fait avec l'entière indépendance d'un esprit soucieux de la vérité et du bien être de l'humanité. L'idée de Dieu, avec tous les concepts qui en découlent, est absolument indigne d'hommes libres alors que l'habitude de fonder les convictions sur des preuves guérirait la plupart des maux dont souffre le monde.

  • A u tournant du XXIe siècle, la notion de féminisme islamique, forgée à partir de la situation iranienne du début des années 1990, est en pleine transformation.
    Si le débat politique et polémique mondialisé, trop souvent ignoré. que le mouvement intellectuel du féminisme islamique a suscité se fait toujours entendre, ce numéro porte le regard sur les mutations à l'oeuvre. Des changements qui invitent à se poser une question renouvelée du féminisme islamique, ou plutôt aujourd'hui, des féminismes islamiques. Vingt ans après, il convient en effet de se demander si le féminisme islamique, né comme un discours intellectuel et militant et diffusé d'abord au sein du monde musulman non arabe, s'est au fil du temps incarné ou inventé dans des pratiques et des mouvements sociaux.
    Les textes réunis ici abordent les enjeux de ces transformations à partir d'une diversité de contextes nationaux et régionaux : du Proche-Orient (Liban. Palestine, Jordanie), à l'Iran en passant par le Koweit, l'Indonésie, puis le Maghreb (Maroc, Tunisie) et la France. Ils envisagent tout particulièrement le rôle d'un islam politique, lui aussi en plein aggiornamento, dans cette nouvelle cartographie des féminismes islamiques.
    L'approche sociologique amorcée dans ces pages contribue à redessiner, voire à dépasser parfois la notion même de féminisme islamique. Elle montre un pragmatisme militant féminin hybride, différemment politique, inscrit dans un paradigme post-idéologique. Elle décrit la subversion des assignations au séculier, puis au religieux des décennies précédentes et envisage autrement la troisième vague féministe dans les mondes arabe et musulman.

  • D'un côté, partout dans le monde la sécularisation s'accélère ; de l'autre, les religions manifestent une forte vitalité : telle semble la contradiction de ce temps. Ce livre éclaire, à l'échelle mondiale, ces phénomènes mêlés de sécularisation et de réveil religieux. Mais il montre aussi la puissance de " laïcisation " partout à l'oeuvre, avec la démocratie et les droits de l'homme, l'individualisme, le consumérisme... Dans bien des régions du monde, les États prennent des mesures constitutionnelles pour mettre fin au poids d'une religion officielle et permettre le pluralisme religieux ; ils donnent les mêmes droits à toutes les religions ; ils refusent les vetos religieux qui voudraient brider les libertés collectives et individuelles. Mais en même temps que cette " laïcisation ", ils s'efforcent d'entretenir de bonnes relations avec les religions, en leur accordant des avantages matériels et parfois des droits nouveaux. Au-delà des apparences, cet ouvrage de référence éclaire ces mutations religieuses et laïques en cours dans le monde entier dès lors que les libertés démocratiques sont respectées.

    Jean Baubérot a été le premier titulaire de la Chaire d'Histoire de la laïcité à l'EHESS. Ses nombreux travaux sur la laïcité font autorité en France et à l'étranger.
    Micheline Milot, professeure à l'Université du Québec à Montréal, experte auprès du Conseil de l'Europe, est auteure de plusieurs ouvrages sur la religion, l'éducation et la laïcité.

  • La laïcité est un concept politique : l'État laïque ne privilégie aucune confession, et assure la liberté de conscience et d'expression à chacun. Mais au-delà, la laïcité peut être " séparatrice " et renvoyer les religions dans la stricte sphère privée. Comment, alors que la plupart de nos pays sont multiculturels, concilier le " droit à la différence " et la laïcité telle qu'elle s'est construite en France à partir de la loi de Séparation de l'Église et de l'État de 1905 ?
    En observant les expériences françaises et européennes, cet ouvrage décortique les sens de la laïcité, montre comment elle est mise en place selon des modalités différentes suivant les pays, et, par l'analyse des débats qu'elle suscite aujourd'hui, interroge les perspectives de l'idéal laïque contemporain.
    Guy Haarscher est professeur à l'Université libre de Bruxelles, au Collège d'Europe, à la Central European University et à la Duke University (États-Unis).

  • I. Les diverses options spirituelles II. Religion et politique : une liaison dangereuse III. La raison contre l'oppression IV. Valeurs et principes de la laïcité V. L'État émancipé : la séparation laïque VI. La laïcité de l'école publique Corpus Augustin Averroès Bayle La Bible Camus Condorcet Constant Le Coran Descartes D'Holbach Les Droits de l'Homme Ferry Feuerbach Hugo Hume Jaurès Kant Kintzler Lamennais Las Cases Lemire Locke Loi du 9 décembre 1905 Lucrèce Pascal Pie IX Platon Rabaut Saint-Étienne Rousseau Séailles Spinoza Stuart Mill Thomas d'Aquin Voltaire Weber Vade-mecum Communautarisme Concordat Culture Fondamentalisme Laïcité Liberté de conscience Neutralité Privé/public Secte Sécularisation Séparation Tolérance

  • La question de la croyance religieuse est au centre de la distinction entre la tolérance et la laïcité.
    Face à la croyance comme à l'incroyance, comment éviter l'intolérance ?
    La laïcité est une manière de penser l'association politique selon Catherine Kintzler.

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