Albin Michel

  • Après le temps du féminisme, mouvement social dont Annick de Souzenelle note à la fois la nécessité historique et les limites, et après le temps d'une féminité artificielle exploitée par la publicité, l'heure est venue d'explorer le sens du féminin.
    À partir d'une lecture du texte biblique en hébreu, l'auteur du Symbolisme du corps humain nous introduit dans cette dimension essentielle. Scrutant la Genèse, elle s'inscrit en faux contre l'image d'une Eve "sortie de la côte d'Adam", pour mettre en évidence Isha, "l'autre côté d'Adam", la réalité féminine présente en chacune de nous. Elle réinterprète ensuite d'autres grandes figures de la Bible - Marie, Marie-Madeleine, Lot ou Lazare pour les replacer dans une perspective mystique dans laquelle l'âme de l'homme est une "fiancée" promise aux noces divines.

  • Un salarié peut-il réclamer un local de prière sur son lieu de travail, refuser de serrer la main à des collègues féminines ou à des clientes, imposer ses congés pour le ramadan ? Inversement, le DRH peut-il interdire le port du foulard à une chef de service, ou celui de la barbe à un commercial ? Le plus grand flou règne sur ces questions, qu'on ne peut résoudre simplement, comme on le ferait dans le service public, en faisant appel au principe de neutralité.
    L'enquête passionnante de Dounia et Lylia Bouzar, anthropologues du fait religieux, montre que l'on oscille en général entre un dangereux laxisme (par crainte de paraître raciste ou islamophobe) et des pratiques discriminatoires. Or, il existe des règles de droit précises en la matière, et des balises élaborées par la Halde (Haute Autorité de lutte contre les discriminations et pour l'égalité), mais elles restent méconnues tant des responsables que des salariés.
    Ce livre les énonce et les explique très clairement au moyen d'exemples concrets, en proposant également une grille de critères objectifs, outil indispensable pour penser et gérer sereinement ces situations.

  • Rares sont les jours où la presse ne parle pas de l'islam, ne serait-ce que pour un fait divers, pointant alors la violence de cette religion, ou les rigidités de sa pratique. Karima Berger, Algérienne, musulmane, apporte un regard aigu sur ces bruits des médias qui viennent brouiller son propre itinéraire spirituel. Mais, de l'autre côté, les armes sont aussi affûtées : comment se dire musulmane et refuser de souscrire au repli communautaire, aux lectures réductrices du Coran, aux dérives ? Tout le talent de Karima Berger est de dire avec peu de mots toute la complexité d'une relation à l'islam. En témoigne cette scène à la Mosquée de Paris, où elle est allée prier, exceptionnellement, lors du Ramadan. Malgré toute l'attention qu'elle a mise à ressembler aux femmes autour d'elle, à s'habiller conformément à la tradition, à faire les gestes avec soin, une femme la coupe dans sa prière et lui dit en français qu'une mèche dépasse de son foulard. Karima Berger lui répond, en arabe, qu'il est interdit de troubler son voisin pendant la prière, surtout dans une langue étrangère.
    Ces contradictions, apportées quotidiennement, l'amènent à revenir à ses racines, doubles, à se nourrir de la fécondité de son exil. Elle redécouvre alors, au-delà de l'épreuve, sa propre foi, et paradoxalement, l'enrichit en puisant à d'autres sources, celles des autres traditions, celles de la mystique. Telle Etty Hillesum en qui elle puise cette force de rejoindre son Dieu, Allah, en s'agenouillant.

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