Livres en VO

  • Christine de Pizan, née en 1364 à Venise et morte en 1430 à Poissy, a connu de son vivant une très grande renommée et a occupé une place majeure dans la vie intellectuelle et les débats d'idées de son temps. Poète certes, elle écrit aussi avec une autorité reconnue dans les domaines politiques, historiques, philosophiques et est généralement considérée comme la première femme ayant vécu de sa plume.

    Cependant son oeuvre tombe dans l'oubli après la Renaissance et il faut attendre le XXe siècle pour qu'on la relise, regain d'intérêt qui est l'oeuvre de féministes qui voient en elle, souvent à juste titre , une pionnière de leur cause. Elle s'est par exemple opposée vivement à Jean de Meung et à la misogynie du Roman de la rose. Il est temps de relire et redécouvrir une oeuvre dont Jacques Roubaud considère qu'elle atteint un sommet dans l'art de la ballade. C'est Jacqueline Cerquiglini-Toulet qui présente ici, avec enthousiasme et empathie, les fameuses ballades accompagnées d'une traduction en français moderne. Cette parution est autant un événement littéraire qu'une justice rendue.

  • Grands poèmes

    Marina Tsvetaeva

    • Syrtes
    • 27 Septembre 2018

    Marina Tsvetaeva, poétesse russe du xx e siècle est désormais connue en France par la totalité de sa poésie lyrique. Née à Moscou à la fin du xix e siècle, elle commence à écrire des poésies à l'âge de sept ans. Elle a été séduite assez tôt par une forme poétique longue ; non pas ses petites pièces de plusieurs quatrains exprimant une situation émotionnelle donnée, mais des oeuvres poétiques beaucoup plus amples, de plusieurs centaines, voire de milliers de vers.
    L'ouvrage contient vingt et un longs poèmes : les grands poèmes ainsi que les oeuvres inache- vées dans le premier volume, les contes d'inspiration folkloriques dans le second. Les poèmes du premier volume correspondent à des étapes importantes de la biographie de Tsvetaeva, mais la transposition poétique est substantielle. Le Magicien est le premier grand poème narratif de Tsvetaeva, composé au printemps 1914. Resté inédit de son vivant, il a été publié une première fois à Paris en 1976. De la Montagne et De la Fin sont les seuls grands poèmes d'amour, inspirés d'une passion réellement vécue par Tsvetaeva à Prague. L'élément ludique est très présent dans Envoyé de la mer dédié à Pasternak et l'on peut s'étonner en le lisant de savoir que Tsvetaeva prétendait ne pas aimer la mer qu'elle considérait comme un grand espace perdu pour les pro- menades. La mer occupe aussi une place de choix dans La Princesse-Amazone. Mais il s'agit bien sûr de la mer - élément de la nature mythique ou transfigurée et non des plages qu'elle a souvent fréquentées. Chronologiquement, on trouve dans l'oeuvre de Tsvetaeva un long poème narratif qui est une fiction complète mais composée sous une forme folklorique, c'est l'histoire du Cheval rouge. Le folklore est donc pour elle une séduction précoce. Dans l'oeuvre poétique intégrale de Tsvetaeva, pour le moment, l'énigme qui reste est bien Le Poème sur la famille du Tsar, perdu lors du retour en URSS de Marina Tsvetaeva, dont il ne subsiste que des fragments.

    « Il me semble que du point de vue de la nouveauté d'inspiration mais aussi pour bien d'autres motifs, les grands poèmes ouvrent des perspectives riches pour pénétrer dans l'univers poétique de Tsvetaeva, ils montrent que l'on peut lire toujours davantage et creuser toujours plus loin... » Véronique Lossky

  • Comme l'annonce d'emblée sa traductrice et préfacière : «On n'en finit jamais de découvrir Ingeborg Bachmann». L'une des raisons est qu'elle a laissé derrière elle, du fait de sa mort soudaine, brûlée vive en 1973 dans sa chambre d'hôtel à Rome, des centaines de pages inédites.
    Cette anthologie de son oeuvre poétique a pour but de la révéler plus intimement, dans la vérité et l'acuité de sa démarche. Le présent volume n'a d'ailleurs pas d'équivalent, même en pays germanique : il présente l'oeuvre lyrique dans sa continuité, des premiers poèmes composés par la jeune fille de seize ou dix-huit ans, inédits en français, et pour un certain nombre en allemand aussi, aux esquisses tardives, écrites jusqu'en 1967, mais publiées seulement en 2000 à titre posthume.
    Le choix qui s'exprime dans ce livre (dont l'intitulé reprend l'un des vers d'Ingeborg Bachmann) tend à mettre en lumière la constance d'une quête, c'est-à-dire la précocité et la persistance de thématiques qui ne cessent de transparaître à travers la pluralité des formes et des genres, dans la réécriture de la tradition et dans sa déconstruction, dans la recherche surtout d'une nouvelle «logique» et de nouvelles manières de pensée et d'être. L'ombre, l'obscur, l'angoisse, l'expérience quasi originelle des ténèbres, mais également un vif appétit de vie, allié à une soif de lumière et d'amour, hantent toutes ces pages, parfois jusqu'à l'obsession. Avec la conscience aiguë qu'une vocation de poète, s'il lui arrive d'avoir parfois l'oreille des dieux, ne peut échapper à une certaine malédiction, et se doit de payer un tribut aux morts.

  • Cahiers de poemes

    Emily Brontë

    Ces cahiers personnels, composés de poèmes épars, offre un panorama de l'évolution psychologique, morale et poétique de l'auteur des Hauts de Hurlevent. Emily Brontë, partagée entre extases et désenchantements, entre foi et doute profond, vision sombre et amère de l'humanité, livre ici une oeuvre d'une troublante beauté où le poème se fait source de l'imagination romanesque de l'une des plus grandes écrivaines Anglaises.

  • Elizabeth Barrett écrit les Sonnets portugais pendant les vingt mois qui séparent la première lettre reçue de Robert Browning, le 10 janvier 1845, de leur mariage en septembre 1846. Elle attendra plusieurs années avant de les montrer à son mari. Aussi célèbres en Angleterre que les sonnets de Shakespeare, ces poèmes d'amour appartiennent pleinement au mythe, et c'est à ce titre que Rilke ira jusqu'à apprendre l'anglais pour les traduire. Claire Malroux écarte le voile de la légende, et montre que l'authentique poète qu'était Elizabett Barrett "ne s'est pas perdu dans la femme". Ces Sonnets sont le lieu d'une conversion : elle doit y chasser la mort et la résignation dans laquelle se complaisait jusque-là sa poésie, pour faire place à l'avènement d'un sentiment vrai, partagé, charnel. D'où la modernité de ces poèmes, traversés de nombreux mouvements, interrogations, contradictions sous le frémissement desquels la rigidité de la forme se défait, le langage corseté se délie. Le goût de la sensation vraie, qui se traduit par une grande liberté et audace de parole, fait d'elle une iconoclaste consciente (Virginia Woolf).

  • Il convient, pour Patrizia Cavalli, de renverser les lieux communs et les catégories habituelles de la critique : légèreté épigrammatique, journal intime, canzoniere amoureux.
    L'opération qui se joue dans ce Toujours ouvert théâtre (le terme doit être également entendu ici dans son sens anatomique) n'est pas légère, mais âpre et cruelle ; elle n'est pas monodique ni intime, mais chorale et publique, elle ne concerne pas tant l'amour que la physiologie et l'éthologie d'un corps primordial. Le personnage innommé qui, entre mannequins hagards et figurants hautains, se déplace comme un somnambule sur cette scène sans rideau, n'est ni un moi lyrique ni un moi psychologique, - ce n'est même plus un moi.
    C'est quelque chose d'inouï, ni humain ni animal, une vie inséparable de sa forme, et une poésie dont l'unique motif est l'habitude : un éthos. Ce poète désenchanté et presque préhistorique, maître hors pair du vers et de la rime intérieure, souverainement dénué de scrupules moraux, recroquevillé dans sa paresse " spirituelle ", est parvenu à retrouver l'unité de parole et de forme de vie que les Anciens appelaient " muse ", et a écrit la poésie la plus intensément " éthique " de la littérature italienne du vingtième siècle.

  • « Regarde cette fente profonde qui s'ouvre la plaie saigne le volcan crache de la lave une lave enragée mêlée de sang notre histoire est devenue lave peuple incandescent qui se fond à la terre guérilleros invisibles qui dévalent tels des cascades transparentes les soldats ne les ont pas vus... »

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