Littérature traduite

  • Way

    Leslie Scalapino

    Leslie Scalapino (1944-2010), poète, essayiste américaine est le plus souvent associée aux Language Poets aux États-Unis, bien que son travail ait également été profondément influencé par les Beat Poets et la pensée bouddhiste.
    Ses liens avec les traditions modernistes radicales, traversant les contextes d'écriture de la langue et son engagement pour une « rébellion conceptuelle continuelle » mis en évidence dans ses premières oeuvres ont placé Scalapino au coeur d'une avant-garde américaine. Son écriture défie les genres, repousse les limites mêmes du concept de perception du lecteur, souhaitant inviter quiconque à une expérience entièrement nouvelle non seulement de la lecture, mais d'une vision du monde.
    Scalapino considérait Way comme un livre fondateur, une articulation présentant sa compréhension de la nature de chaque relation - à soi-même, aux autres, à notre environnement social et politique. Way (1988) paraît après Considérer à quel point la musique est exagérée (1982) et alors qu'ils étaient à la plage (1985), les trois ouvrages étant publiés par North Point Press à San Francisco. Cette succession de livres impose Leslie Scalapino comme une voix importante dans la littérature américaine. Way a reçu de nombreux prix dont le American Book Award, le Poetry Center Award.
    Way, publié en 1988, est un long poème profondément politique ; une étude à proposde l'ensemble des relations en constante évolution qui composent notre monde social et matériel. Sa proposition selon laquelle chaque relation est un exemple de transformation réciproque exige de reconsidérer nos propres subjectivités et concepts traitant de la nature de la réalité.

  • Battements de tambour représente à bien des égards un cas à part dans la production poétique de Walt Whitman (1819-1892). Plus connu comme l'auteur de Feuilles d'herbe (Leaves of Grass), l'oeuvrephare qu'il remania de 1855 à sa mort, Whitman publia en 1865 deux recueils de poèmes consacrés à la guerre de Sécession. C'est le second de ces deux recueils qui est traduit ici. Publié à quelques semaines d'intervalle du premier, il en intègre les pièces et trahit le souci qu'affiche le poète de réagir de façon adéquate à l'assassinat d'Abraham Lincoln, tout en exprimant un espoir de réconciliation entre les deux camps. Si la plupart devaient finir par rejoindre le corpus de Feuilles d'herbe, les poèmes du présent recueil sont présentés dans leur état initial, mêlés à des pièces de circonstance ou à des textes courts, plus contemplatifs et a priori sans rapport direct avec la guerre.
    Battements de tambour donne à voir un poète qui tente de trouver un sens au conflit fratricide national, sans jamais prendre parti. Si l'on retrouve de nombreux traits d'écriture typiquement whitmaniens, on cherchera en vain les audaces stylistiques d'un poème comme « Chant de moi-même » ou comme « Je chante le corps électrique ». Le défi, pour le traducteur, est de rendre une langue qui va des accents dionysiaques de l'enthousiasme belliqueux initial aux langueurs apolliniennes de l'élégie pour atteindre un état d'apaisement relatif (et peut-être un brin artificiel). La présente traduction s'est donc attachée à reproduire les différents registres employés dans le recueil, prenant soin de proposer des équivalents aux différents traits d'écriture employés par un poète soucieux de panser les plaies de son pays. Par exemple, dans l'ultra-célèbre « Ô capitaine ! mon capitaine ! », le traducteur a choisi de conserver les rimes de l'original (évacuées par les traducteurs précédents au profit du seul contenu thématique). L'appareil de notes a été réduit au strict minimum afin de troubler le moins possible la lecture des poèmes.
    E. A.

  • Un élève officier de l'armée austro-hongroise, aspirant écrivain, adresse ses tentatives poétiques à Rainer Maria Rilke et sollicite son avis. De 1903 à 1908, en quelque dix lettres, le jeune homme, alors à la croisée des chemins, hésitant entre la voie toute tracée de la carrière militaire et la solitude aventureuse de la vie d'écrivain, confie à son aîné admiré ses doutes, ses souffrances, ses émois sentimentaux, ses interrogations sur l'amour et la sexualité, sa difficulté de créer et d'exister. Le poète lui répond. Une correspondance s'engage. Refusant d'emblée le rôle de critique, Rilke ne dira rien sur ses vers, mais il exposera ce qu'implique pour lui le fait d'écrire, de vivre en poète et de vivre tout court.

    /> Publié pour la première fois dans son intégralité, cet échange intime ne permet pas seulement de découvrir enfin le contrechamp de lettres qui furent le bréviaire de générations entières, il donne au texte de Rilke une puissance et une portée nouvelles, et invite à repenser la radicalité de son engagement esthétique, mais aussi la modernité frappante de sa vision de la femme.

    2 Autres éditions :

  • Laisse-moi te dire... Le titre de cette anthologie personnelle de Margaret Atwood paraît d'abord se donner dans un murmure : celui que l'on adresse "à l'indicatif présent" au "compagnon de route" ;
    Celui de l'intimité amoureuse, du foyer, de la cabane ou de l'igloo, motifs récurrents d'une poésie qui croit au possible bonheur des petites communautés humaines.
    Mais ce murmure ne saurait faire oublier la mise en garde qui vient sourdre dans les recueils que la romancière livre, dix années durant, de The Circle Game (1964) à We Are Happy (1974). Catastrophes provoquées par l'homme, fonte des glaces, oppression des petits par les puissants, destruction des espaces naturels... Les poèmes d'Atwood ne sont pas seulement visionnaires.
    En chantant la beauté du monde, ils font acte de résistance.

  • «Ne vois-tu pas, dit Plutarque, quelle grâce possèdent les paroles de Sappho pour enchanter de leurs sortilèges ceux qui les écoutent ?» Sappho serait née aux environs de 650 avant J.-C., au plus tard en 630. Admirable poète, «la dixième Muse» met au jour l'intrication désespérée de la souffrance (morale) et de la douleur (physique). Elle la révèle en la faisant chanter. Elle a inventé le mal d'amour. Il faut penser que c'est une parole neuve, la parole neuve et libre de Sappho. Écoutons la parole et la voix de Sappho, pour autant que nous pouvons l'entendre, vivante malgré les mutilations du temps. Dans ces poèmes, merveilleux de simplicité apparente, il faut aller à petits pas, il faut peindre à petits traits, s'interroger sur les mots les plus simples, ne pas les transformer en métaphore. S'attacher au texte, dans un travail artisanal, pour qu'une clarté, de temps à autre, nous foudroie. Ce livre réunit l'ensemble de la collection des fragments de Sappho. Edition bilingue

  • « À terre. À terre tout de suite. J'ai dû aller trop vite. Non, tu n'allais pas trop vite. Je n'allais pas trop vite ? Tu n'as rien fait de mal. Alors pourquoi me contrôlez-vous ? Pourquoi suis-je contrôlé ? Fais voir tes mains. Les mains en l'air. Lève les mains ».

    L'attaque est préméditée, assumée, d'une violence intolérable. Ou bien c'est simplement la langue qui fourche sans qu'on s'en rende compte, et le racisme parle à travers notre bouche. Citizen est un livre sur les agressions racistes.

    Pour dire cette réalité, Claudia Rankine choisit une forme qui n'appartient qu'à elle : tour à tour poésie, récit ou pamphlet, Citizen décrit les expériences les plus intimes, les plus ténues pour y greffer ce que dépose en nous le flux de la vie quotidienne - propos saisis dans le métro, conversations, blagues, coupures de journaux, captures d'écran -, dans un vaste collage d'images et de voix. Une symphonie parfois dissonante où les mots les plus simples sont portés par une extraordinaire énergie poétique.

  • Après la publication de 4 titres de Maria Gabriela Llansol, Pagine d'Arte propose une brève anthologie destinée au nouveau lecteur qui découvre l'écriture de cette grande écrivaine, disparue il y a 10 ans.
    Le texte de Llansol, souvent considéré hermétique, invite le lecteur à lire au-delà du sens, condition pour accéder à l'essence du langage poétique et de sa musique : c'est-à-dire son rythme, sa mélodie, ses silences... la vibration des mots interpèle le lecteur tout en l'éloignant du sens strict d'un improbable récit. Créatrice d'atmosphères de grande beauté, Gabriela Llansol est considérée par beaucoup de critiques comme étant la plus remarquable héritière d'une lignée de poètes qui a eu son moment majeur avec Fernando Pessoa. Au sujet de ce poète, Llansol a beaucoup écrit. Mais les points forts de son projet poétique s'éloignent du Maître tant respecté pour concevoir l'humain comme une des multiples dimensions du vivant, à qui revient la responsabilité de rétablir le dialogue oublié. À quelques semaines de la publication de sa première trilogie aux Etats-Unis, The Times Literary Supplement considère Llansol parmi « les plus fascinants écrivants portugais du xxème siècle » et sa trilogie comme un livre « surprenant, d'un autre monde et profondément original ».
    Le présent choix de textes nous est suggéré par Joao Barrento, responsable, à Lisbonne, de l'Espaço Llansol, l'association qui s'occupe de l'étude et de la diffusion de l'oeuvre de Gabriela Llansol.

  • Cerise rouge sur un carrelage blanc... Le titre que Maram al-Masri a donné au livre qui l'a révélée au grand public ressemble à celui d'une nature-morte. Des lèvres peintes abandonnées à la froideur du quotidien.
    Une tache de sang que rien n'efface. Un fruit dans la neige. Une blessure. Les cent poèmes que rassemble ce recueil, publié pour la première fois en édition bilingue, ne disent pas autre chose. « Ma douleur sera /rouge /comme une cerise mûre écrasée /sur un carrelage /blanc ». Qu'elle rêve d'amours ardentes ou déplore sa solitude, une femme aspire à la liberté. Son cri étouffé porte une promesse. Et l'on comprend lisant ces vers d'une simplicité aussi désarmante que ceux d'Emily Dickinson, que l'érotisme est souvent le premier mode de libération des femmes. Un prélude à la poésie.

  • Quand le prix Nobel fut décerné en 1996, le nom de Wislawa Szymborska n'était pas, c'est le moins que l'on puisse dire, très familier aux lecteurs de poésie, excepté dans sa Pologne natale. Cette reconnaissance soudaine était à la fois surprenante et justifiée. Surprenante car Szymborska s'était toujours tenue résolument à l'écart de toute scène publique ou médiatique, mais justifiée tant son oeuvre apparaissait singulière, sans équivalent, réussissant le rare prodige d'user d'une écriture sans obscurités ni affèteries formelles alors qu'elle convoquait et développait les thèmes les plus vertigineusement philosophiques et métaphysiques. Autre remarquable caractéristique : aucune pesanteur, une ironie souvent désinvolte, un sens du tragique traduit en quasi plaisanterie, ce que révèle excellemment le titre de cette anthologie :
    /> De la mort sans exagérer . Il y a chez Wislawa Szymborska une sorte de désenchantement heureux ou de bonheur sans illusion qui, loin de bannir les grands questionnements, ne cesse de les jeter au vif de la vie quotidienne. En cela, elle s'impose comme la grande perturbatrice des réflexes de pensées, des normes et des habitudes. Avec un art constant du clin d'oeil qui, d'un même mouvement, rassure et trouble profondément :
    Il n'est point de vie qui, même un court instant, ne soit immortelle.

  • Nantes

    Jim Dine

    « Nantes » est un long poème que le peintre et poète Jim Dine a composé en hommage à Barbara.

    Saisir, tailler, teindre : l'engagement du corps est au coeur de la pratique d'écriture de Jim Dine qui compose certains de ses poèmes sur d'immenses panneaux de papier posés contre le mur, comme le sont ses toiles. « Nantes » est davantage un chant de l'expérience, le chant du corps qui a vieilli mais qui ne saurait se résoudre à rien, pas plus que la voix à rester lettre morte sur le seul papier. Les émotions s'affirment « sans âge », la voix aspire à porter et chanter : « Il y a tout / un ciel bleu / outremer comme / l'eau / tache le papier, / Venus dessine / et Apollon chante / comme Orphée. »

  • Un chien qui désire apprendre à lire ; un petit garçon nommé Charlie Tsar qui passe son temps à compter les « C » ;
    Pourquoi lire est préférable à mesurer, lire à dire, voir à vouloir ? Peut-on dire qu'on est et ne pas être ?... Voici quelques-unes des idées, des questions étranges posées par Gertrude Stein dans ce recueil. Ce qu'elle fait avec le mélange de sérieux et de légèreté qui est de mise lorsque c'est aux enfants que l'on s'adresse, ou que l'on fait semblant de s'adresser. Publié quelques mois après la mort de l'auteure, ce petit Livre de lecture encore inédit en français propose une vingtaine de leçons facétieuses, auxquelles s'ajoutent trois brèves pièces de théâtre, qui jouent avec la langue, la grammaire, les sonorités, et le sens. Sous leur allure désinvolte et ludique, parfois proches du conte, de la comptine, du virelangue, ces courts textes questionnent avec une remarquable acuité notre pratique de la lecture et représentent un concentré de l'écriture de Gertrude Stein, figure tutélaire de la modernité littéraire américaine. Le livre prend la forme d'un petit manuel élégant, à la manière des livres de lecture d'antan, ornementé d'une trentaine de dessins inédits d'Alice Lorenzi.

  • Clous

    Agota Kristof

    • Zoe
    • 20 Octobre 2016

    Les poèmes honfrois d'Agota Kristof racontent la perte, la séparation, l'exil, la mort brutale, mais aussi l'amour, la lumière, la nature...

  • Des poèmes qui mènent aux territoires de nos mémoires. Dans un chant de colère, la colère de la terre meurtrie, la colère du sens assassiné, et d'attente, l'attente tachée par la barbarie des hommes. La beauté de la langue, libre, en réponse au chaos qui secoue la terre syrienne.

  • La comédienne Rachida Brakni évoque avec admiration la relation particulière qui unit Sylvia Plath à l'héroïne de son unique roman.

    Sélectionnée pour un stage d'été dans un prestigieux magazine, Esther Greenwood s'étourdit dans le New York des années 50. Entre les cocktails, la rédaction d'articles et les robes à la mode, elle est censée s'amuser comme jamais. Pourtant, elle est assaillie par des pensées morbides.
    Inspiré de la vie de son auteur, La Cloche de détresse est un classique de la littérature américaine, dans lequel on retrouve la poésie obsédante de Sylvia Plath. Des images magnifiques, acides, teintées d'humour noir, qui vous submergent inévitablement.

    1 autre édition :

  • Voici une nouvelle traduction de Maria Gabriela Llansol, Où vas-tu Drame-Poésie?, le quatrième livre publié par nos éditions Pagine d'Arte. Ici l'auteur s'interroge, toujours dans son style poétique, sur l'avenir du roman, en particulier, et le rôle de la littérature, en général : "Nous ne pouvons pas souhaiter le nouveau et le vouloir sans surprise.", dit l'auteur. Et plus loin :
    "Cela me fait écrire avec une audade pressante sans craindre le cynisme philistin, ni l'aurea mediocritas dans laquelle l'écriture est venue à tremper.
    Affirmer, distinguer, élever / rompre les noeuds délier l'affect entravé / briser la peur s'enquérir / s'intéresser à l'humain ne rien proposer / qui n'ait éeté auparavant un risque assumé et vécu par le propre visage dans le texte.
    Créer des lieux vibrants que l'on puisse atteindre par le rythme créer (.) des refuges d'une imprenable beauté..."

  • Marina Tsvétaïéva (1892-1941) est aujourd'hui reconnue comme l'un des grands poètes du XXe siècle. Femme de tous les paradoxes, à la fois russe et universelle, prosaïque et sublime, elle commence très jeune à écrire et à publier. Prise dans la tourmente révolutionnaire après l'écrasement de l'Armée blanche dans laquelle son mari s'est engagé comme officier, elle vit un douloureux exil de dix-sept ans à Berlin, à Prague, puis à Paris. De retour dans son pays natal en 1939, elle se suicide deux ans plus tard.
    Il est des talents si impétueux que les événements les plus dévastateurs de l'histoire ne sauraient les étouffer. Réduite à néant par la terreur stalinienne, Marina Tsvétaïéva ne cesse aujourd'hui de revivre et de rayonner. Cette « danseuse de l'âme », ainsi qu'elle se nommait, traverse, subit et transcende les malédictions de l'Histoire comme une comète fracassée. Par sa poésie, fulgurante, rétive et exaltée, elle fraternise d'emblée avec toutes les victimes. La singularité tragique de son itinéraire, d'une indestructible intégrité, garde aujourd'hui toute sa charge libératrice.

  • Ariel

    Sylvia Plath

    Sylvia Plath (1932-1963) compte parmi les plus grands poètes anglo-saxons contemporains.

    1 autre édition :

  • Emily dickinson a vingt-huit ans lorsqu'elle décide de s'adonner entièrement - sinon publiquement - à sa vocation de poète apparue pendant son adolescence, si l'on en croit les lettres écrites huit ans plus tôt à ses amies.
    à l'une en particulier, elle parle de son attirance pour ce qu'elle ne nomme pas mais perçoit d'emblée comme une force rivale de la religion, la poésie : " j'ai osé accomplir des choses étranges - des choses hardies, sans demander l'avis de personne - j'ai écouté de beaux tentateurs... ". qui est cette jeune femme mystérieusement préparée à un rôle auquel elle sacrifie bientôt la normalité de l'existence, vivant de plus en plus retranchée de la société, consacrant tout le temps que lui laisse sa participation aux tâches familiales - celles d'une grande maisonnée bourgeoise - à délivrer le chant qui l'habite ? qui considérera de plus en plus la poésie comme le seul instrument de salut, la seule arme pour lutter contre les tourments et la finitude de la vie, le seul espoir sûr d'éternité face à celui, beaucoup plus hypothétique à ses yeux, de l'au-delà ? sont rassemblés ici des poèmes, de jeunesse comme de la maturité, qui complètent parfaitement l'autre ensemble poétique majeur : une âme en incandescence.
    Il y a toujours chez emily dickinson, à quelque période que ce soit, des fulgurances, des poèmes se détachant brusquement des autres, des pics vertigineux parmi des montagnes plus modestes ou même des collines. et elle est capable de passer d'un instant à l'autre de la dépression à l'exaltation et réciproquement.

  • Ce volume réunit plus de cent cinquante poèmes de L'une des plus grandes poétesses du XIXe siècle. Hantée par le néant, Emily Dickinson n'a eu de cesse de questionner La nature, la folie, la foi, l'amour et la mort. Sa poésie, habitée de fulgurances mystiques, joue autant de la gravité que de l'ironie, de l'émerveillement que de la dérision, mêlant sentiments intimes et thèmes universels avec une audace stylistique et rythmique d'une modernité saisissante.

  • Cette édition rassemble trois recueils, Mes poèmes ne changeront pas le monde (Le mie posie non cambrieranno il mondo, 1974, dédié à Elsa Morante), Le Ciel (Il Cielo, 1981) et Le moi singulier qui n'est qu'à moi (L'io singolare proprio mio, 2006). Des recueils composés de très courts poèmes : des saynètes où la simplicité de l'écriture, où la futilité des thèmes ne sont qu'apparentes. Où l'expression subtile de sentiments, de sensations opposent une réalité toujours trop étroite à l'aspiration au grandiose. Dans cette écriture intime, autobiographique, le lyrisme côtoie l'humour et la dérision. Dans une condensation qui rappelle l'art de l'aphorisme, les poèmes de Patrizia Cavalli « font mouche » : quelques mots, quelques lignes suffisent à faire surgir une vision du monde très singulière.

  • Ces complaintes gitanes composées entre 1924 et 1927, sont l'oeuvre la plus populaire de garcia lorca (1899-1936).
    Ce recueil de vieilles légendes, de récits fabuleux ou épiques, de chansons puisées dans la tradition orale, plonge au coeur de la tradition des coplas andalouses. chaque complainte figure un petit drame, tantôt gracieux, tantôt érotique, tantôt sanglant. mélange de veine populaire et d'écriture savante, ces brefs poèmes, véritables précipités de l'âme espagnole constituent un miracle d'équilibre et sont à juste titre tenus pour un des chefs-d'oeuvre de la poésie du vingtième siècle.

  • Les trois soeurs

    Anton Tchekhov

    Recluses dans leur maison familiale, Olga, Macha et Irina n'ont qu'un rêve : retourner à Moscou. La présence d'une batterie et de ses officiers dans leur petite ville de province change, pour un temps, le cours de leur vie : Macha, victime d'un mariage précoce, s'amourache du commandant, Olga trouve un regain d'énergie et Irina se fiance à un lieutenant. Mais bientôt, avec le départ des troupes et la mort en duel du fiancé d'Irina, la solitude revient, d'autant plus pesante qu'elle est dépouillée d'illusions. Et, de surcroît, la maison a été hypothéquée, à l'insu des trois soeurs.
    Le drame de Tchekhov apparaît comme l'emblème d'une Russie au bord du gouffre dans une fin de siècle en proie à une immense détresse.

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