Langue française

  • Le labyrinthe des jours Nouv.

    À partir du mythe grec d'Ariane qui aide Thésée à s'échapper du Labyrinthe, Mélanie Leblanc tisse habilement le fil d'un texte-labyrinthe. Un texte fluide qui utilise d'abord des phrases brèves, incisives, avant de se déployer à travers les tirets, les slash, les silences, les jeux typographiques. Exaltation et sobriété !

    C'est l'histoire d'une Ariane moderne qui choisit d'entrer dans le labyrinthe.
    Son amour pour Thésée guide d'abord ses pas, mais très vite elle poursuit son chemin et mène une véritable quête intiniatique.
    Son fil, ce sont les mots qu'elle écrit sur les murs de ce dernier, ce qui nous est donné à lire, à la première personne.

    Mélanie Leblanc est l'une des voix majeures de la nouvelle génération de poétesses contemporaines.

  • 21 grands noms de la scène poétique francophone se racontent. Ces lettres racontent leur parcours, leur intimité, leur place dans la société des lettres. Dans ces billets, mots d'humeur, mots d'ordre pour un nouvel ordre du monde, elles prennent le contre-pied d'un lyrisme classique. La femme n'est pas (seulement) Muse, mais Poète, Musicienne, Inspiratrice, Agente de son propre désir. Poésie verticale et adressée, ces lettres racontent les combats, les dialogues et les rencontres qui font de l'écriture une matière politique. Une chair à vif, une matière spirituelle inflammable, une sensualité sans contraintes. Dotées d'une virulence poétique radicale et troublante, ces lettres racontent une soif de partage, un désir de transmission, un rêve de l'autre, l'histoire d'une reconquête de soi.s.

  • Disséquer le verbe formé dans le cerveau et que la bouche peine à expulser pour devenir parole. Voilà le projet de Babouillec dans ce court texte incisif et poétique. En surveillant les échanges chimiques au niveau de ses synapses, en scrutant son reflet dans le miroir, en analysant les mots qui se forment sur son lobe frontal, l'artiste s'interroge sur ce qui crée la différence et observe, perplexe, la course des messages nerveux sous sa peau qui l'isole. Par un dépeçage de son propre corps, par la violence des émotions qu'elle provoque, c'est notre peur collective de la solitude qu'elle éveille, et c'est le droit de chacun à être écouté et compris que Babouillec revendique.

  • Dans « sa carapace de confiserie à deux étages », petit nom qu'elle donne à son appartement au coeur de l'île Saint-Louis, à Paris, Brigitte Fontaine livre un texte aussi puissant que poétique sur la vieillesse et la sensation d'être confinée dans son propre corps. Lire La Vieille prodige, c'est plonger dans l'univers fantasque et dans l'intimité de cette artiste performeuse aux multiples facettes.

  • Fond d'oeil

    Caroline Cranskens

    Ce qui sonne à l'oreille C'est l'effroyable inscription De ton corps Dans la mâchoire-machine D'un monde inexistant Caroline Cranskens creuse le socle déjà fendu du langage du pouvoir, souvent prompt à nous retirer les mots de la bouche. A nous déposséder, en somme, de nos armes, de nos mots, de notre manière de dire le monde. Ecrire est alors une confrontation vitale à la langue, à ses lois et à ses gêoliers.
    Ecrire est une course d'obstacles. D'abord "arracher les barreaux d'un langage formaté" . Dévisser les mots morts. Ensuite se réapproprier les sons et les lettres. Laisser vivre enfin, une langue viscérale, une langue rasoir, une langue barbare. Dans les failles, l'autrice injecte les mots-fureur d'une poésie rageuse et libre où "tout est plus au bord" .

  • L'aube americaine

    Joy Harjo

    Avant le départ certains sont forcés d'assister à l'intrusion dans leurs maisons de colons armés de Bibles et de fusils. Parmi eux, l'ancêtre de Joy Harjo, Grand-père Monahwee, offre son portrait à l'un de ces gentlemen en le priant de le montrer à ses enfants et de leur raconter son histoire. Quant à moi, dit-il, je ne désire plus voir un seul visage blanc quand j'aurai franchi le Grand Fleuve et serai arrivé en Oklahoma.
    Il vivra presque centenaire et tiendra parole. Deux siècles plus tard, Joy Harjo décide de revenir sur ces terres par de vieilles pistes. Pour dire l'espérance sans taire la colère. Pour rendre justice à la souffrance sans négliger l'amour intact de la Nature et de tous ses habitants. Pour maintenir la mémoire vive sans entraver le repos des morts. Pour accomplir les rituels, pour réparer ce qui peut l'être, pour épargner aux enfants et petits-enfants les noeuds inextricables des regrets.
    Pour célébrer, en poète, les noces du deuil et de la paix de l'âme, de l'horreur et de l'aurore américaines.

  • Dans son célèbre texte « Une charogne », Charles Baudelaire raconte avec une délectation morbide comment la vue d'un cadavre en putréfaction a pu l'émerveiller alors qu'il se promenait aux bras de sa muse, Jeanne Duval. Clémentine Beauvais, en un tour de force époustouflant, nous plonge au coeur de l'histoire de cette femme, Grâce, avant qu'elle ne devienne cette charogne. Elle l'imagine tour à tour prostituée, couturière, chirurgienne, avorteuse et tueuse en série.
    Ce court roman en vers libres, d'une grande modernité, transforme notre regard et nos a priori sur la déchéance féminine. Clémentine Beauvais s'inscrit dans le sillage des autrices qui redonnent leur voix à toutes ces femmes que l'Histoire a piétinées.

  • Été 2017. Pauline Delabroy-Allard passe trois semaines seule dans une « maisontanière » pour se retirer du monde.
    Chaque jour elle écrit en écoutant un vinyle qu'elle prend ensuite en photo. La musique, les paroles, les voix, la ramènent à ses souvenirs proches ou lointains, ses joies et ses peines.
    Été 2019. Deux ans ont passé. L'autrice se réfugie dans une autre maison, celle dans laquelle elle a écrit Ça raconte Sarah, son premier roman qui a changé sa vie. C'est en position couchée qu'elle se laisse traverser par ses sentiments, qu'elle écoute son corps, comme les histoires inscrites sur les murs et les plafonds de cette maison.
    Sublimé par une écriture à l'os, vibrante, ce texte nous invite à l'intériorité et au recueillement : cette maison-tanière devient aussi la nôtre.

  • Florence Trocmé reprend ici à son compte un récit méconnu de Jules Verne, P'tit Bonhomme, qui relate le périple d'un orphelin au temps de la domination anglaise et des famines en Irlande, au XIXe siècle. Elle en réécrit l'histoire en vers justifiés et fait entendre en contrepoint toutes sortes de voix, personnelles et documentaires.

  • « Descendre dans le paysage sous la mer. Au fil de la descente, le bleu s'efface, le noir gagne, la parole bavarde pèse sur les poumons, peu à peu il s'agit de se taire, les mots se comptent avec l'air et l'économie des gestes. Au début la profondeur enivre. Celui qui est descendu vers ce non-lieu vagabonde à demi-vivant parmi les voix ? minérale, végétale, animale ? voix multiples du corail, sa respiration devient courte, il est aspiré par l'ivresse de la plongée. D'emblée le monde sous-marin propose un brouhaha aux sons étouffés, une parole grisante, peu audible, puis imperceptiblement l'eau s'impose comme le maître. »

  • Les ronces

    Cécile Coulon

    Le recueil Les Ronces de Cécile Coulon est désormais accessible en poche.
    Sa poésie est une poésie de l'enfance, du quotidien, de celles qui rappellent les failles et les lumières de chacun.

  • La poe´sie de Rim Battal s'inscrit dans une tradition poe´tique de l'intime, ou` l'intime est politique.

    Dans Les Quatrains de l'all inclusive, chaque poe`me se compose de 4 parties qui dressent une image, un souvenir, une intuition, un questionnement sur le corps, le corps contraint ou libre, la facilite´ et le confort que l'on paye de sa liberte´, les rapports de pouvoir dans l'amour filial, la maternite´ heureuse ou souffrante, e^tre fille d'une femme et me`re de filles, l'amour a` oscillations, la sexualite´ de la « milf », l'e´tat actuel du monde en feu, l'inde´cision, le re^ve. Comment gue´rit-on de l'enfance, de sa me´galomanie et ses de´pendances, de ses phobies.

  • Depuis ses Exercices d'incendie (1994), Sandra Moussempès poursuit son travail expérimental, ludique et grave à la fois. Elle a publié plusieurs titres aux éditions de l'Attente et quatre volumes dans la collection Poésie/Flammarion, de Vestiges de fillette (1997) à Sunny girls (2015). Je vois au loin un ciel rose et un ciel noir en moi Je remplace la poésie par des boissons protéinées Ou des cerises en gélatine pour combler un déficit Je deviens le poème que j'écris De la glotte aux muqueuses préraphaélites Poème cicatrice ou flacon d'eau de rose Dans une chambre obscure avec un dessin animé que personne ne regarde Le poème se tient là devant toi corridor sans porte A la verticale

  • « Écrire m'a appris à peindre ». Aurélie Foglia témoigne ici du dialogue qui s'est noué entre deux pratiques, écrire peindre, soit « peindre avec la langue ». Ces deux gestes se questionnent sans cesse, se croisent et se creusent, s'entretissent, se recouvrent, se révèlent et s'effacent réciproquement dans ces va-et-vient de verbes, « décrire peindre écrire dépeindre désécrire ».
    Seuls sujets, suffisants, inépuisables, les arbres reviennent s'y déployer sur la page en regard des toiles. Ce qui s'engage avant tout, c'est une réflexion et un travail sur la main et sa manière : main qui « caresse les arbres », qui éprouve directement, sans « gants », le contact de la matière, du temps et des couleurs.
    Un tel épanouissement, visible dans les trois premières « saisons » du livre, a connu son revers dans la vie. Il se trouve que la totalité des toiles a été détruite, par un homme alcoolique et violent, jaloux de cette part de création. C'est pourquoi Comment dépeindre, commencé comme une sorte de « journal d'ate/lier », et soudain forcé de prendre acte de cette catastrophe, devient, dans sa dernière saison, « un livre en deuil des images ».
    Les questions qui se posent, concrètes et sociétales aussi bien qu'esthétiques, reconduisent d'époque en époque toute leur actualité, tristement haletante : quel espace fragile, trop vulnérable, accordé à la création féminine ? Comment dépeindre est un livre qui dit, qui crie la stupeur, le traumatisme, littéralement la sidération.

  • On ne présente pas Charles Juliet dont les neuf tomes de son Journal traduits dans le monde entier font un des écrivains majeurs de notre temps. Or si cet opus exceptionnel de même que des récits comme L'année de l'éveil ou Lambeaux ont fait sa notoriété et sa popularité, il n'en reste pas moins que la poésie est l'alpha et l'oméga de son oeuvre littéraire. C'est là en effet que l'on trouve de la façon la plus condensée, la plus incisive et la plus frappante l'expression de la quête lente et difficile qui est l'objet de tous ses livres, ce chemin de l'obscur vers la clarté fait de dépouillements et de dépassements successifs, de doutes surmontés et d'une volonté hors du commun de construire en soi une humanité délivrée. Chacun de ses très nombreux poèmes écrits au fil des jours, en marchant le plus souvent, est justement comme un pas gagné dans ce chemin de vie. Par ailleurs, comme pour tout le reste de son oeuvre, l'écriture poétique que s'invente Charles Juliet ne doit rien à personne, on peut même dire qu'elle est à rebours de toutes les formes poétiques de son temps, misant sur une nudité et une simplicité radicales, récusant toute intellectualité et tout effet formel. Impossible donc d'ignorer dans notre inventaire des grandes voix poétiques contemporaines ce parcours hors du commun. Charles Juliet a souhaité que soit repris pour la préface, comme ce fut le cas à l'occasion de la parution de Moisson chez POL, le texte La conquête dans l'obscur que Jean-Pierre Siméon a écrit sur son travail poétique.
    La présente anthologie a été entièrement constituée par le poète lui- même.
    "un temps j'ai renoncé rebroussé chemin cédé aux forces de la nuit et maintenant alors qu'a sombré l'espoir de la faire sourdre je sais enfin en quoi consiste la lumière"

  • « Te faire douter. Te faire avoir peur. Te faire avoir honte De ta couleur. Qui oubliera ? Qu'à un noir, On disait tu... ».
    Antiracistes, féministes, politiques, les mots de Lisette Lombé font battre le pavé et le coeur. Le poing levé, à coups de mots et de collages, elle dénonce les injustices et poursuit le combat de ses aînées, d'Angela Davis à Toni Morrison.

  • « Je suis une distributrice, rien que ça, une distributrice d'amour gratis ».
    Le corps, le désir, l'amour : quand la liberté rime avec intranquillité. Les mots sans concession d'une jeune femme d'aujourd'hui pour dire nos peurs et notre besoin d'absolu.

  • « Chaque poème achevé devrait apparaître comme un caillou dans la forêt insondable de la vie ; comme un anneau dans la chaîne qui nous relie à tous les vivants.
    Le Je de la poésie est à tous Le Moi de la poésie est plusieurs Le Tu de la poésie est au pluriel. » A.C.

    Ces pages, lues à deux voix, sont issues de deux recueils, "Textes pour un poème" (1949-1970) et "Poèmes pour un texte" (1970-1991), creuset de quarante années de la poésie d'Andrée Chedid. Accompagnées des notes légères de fifre, tambour, mandoline et flûte de Pan, les voix entrelacées du comédien et de la poétesse donnent souffle, corps et rythme à ces poèmes lumineux et remplis d'espérance.
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  • Poésies completes

    Emily Dickinson

    Emily Dickinson (1830-1886) n'est pas seulement l'un des plus grands poètes américains : c'est aussi un personnage mythique. Toujours vêtue de blanc, cette femme mystérieuse, à l'âge de trente ans, se mura à jamais dans la demeure familiale d'Amherst, son village natal, en Nouvelle-Angleterre, et passa le reste de sa vie à contempler le monde depuis sa fenêtre. Lorsqu'un ami lui rendait visite, il lui arrivait même de refuser de sortir de sa chambre pour l'honorer de sa présence.
    Celle que ses proches surnommaient la "poétesse à demi fêlée" ou la "reine recluse" n'avait qu'une obsession : écrire - elle a laissé des milliers de lettres et de poèmes. Ironie de l'histoire : sur les deux mille poèmes ou presque que nous lui connaissons, six seulement furent publiés de son vivant. Les autres ne furent découverts qu'à sa mort. L'oeuvre poétique complète d'Emily Dickinson était jusqu'à présent inédite en France : cette traduction par Françoise Delphy, fondée sur l'édition définitive des poèmes de Dickinson publiée aux Etats-Unis en 1999, entend donner à découvrir au public français, en version intégrale et bilingue, la poésie de cet écrivain hors du commun.

  • Deux femmes pêchent sur une barque, les corps sont réunis dans un si petit espace que le contact est inévitable, justifiable... Les hommes sont là, non loin, présents et absents. Et les carpes observent.
    À la lecture, on pense à Julie de Rousseau. En quelques pages, l'auteure réussit à créer un univers prégnant, où la nature à une voix. Son texte est poétique, érotique, subtile.
    Auteure : Laetitia Monfort publie sa première oeuvre de littérature très poétique qu'elle a écrite à Paris après des années à vivre entre Berlin et Ramallah.
    Illustratrice : Lauriane Schulz travaille dans la culture, au Mozambique avant, à Paris maintenant. Elle s'est lancée dans l'aventure « illustratrice freelance » récemment et nous a confié ses beaux dessins au trait si fin.

  • Noir volcan

    Cécile Coulon

    En 2018 s'est produit un phénomène que personne n'avait vu venir et qui restera dans l'histoire de la poésie française : un recueil a rencontré à la fois un succès critique et public. Cécile Coulon avait alors 27 ans, elle était connue comme romancière depuis déjà plusieurs années, et son premier recueil, Les Ronces, suscita un intérêt et un engouement dépassant de loin le cercle « habituel » des lecteurs de poésie.

    Son second recueil, Noir volcan, est tout aussi éruptif, celui d'une poésie affranchie, libératrice, terrienne. Il fait partie d'un étonnant renouveau de la poésie constaté par les libraires dont Alexandre Bord : « Des poétesses comme Cécile Coulon et Rupi Kaur, dont les textes ont pu être lus au préalable sur les réseaux sociaux, attirent en librairie des lecteurs qui n'avaient jamais acheté un recueil de poésie. » Il est évident à la lire, que Cécile Coulon ne peut vivre sans poésie.

  • Deux textes forts et incandescents. Deux textes pour dire la femme, la fille, la mère... Dans le premier, qu'elle dédie à sa propre mère, Ananda Devi évoque l'exil auquel chaque être se trouve confronté : celui du ventre maternel. "Tout commence par la perte des eaux", écrit-elle, avant de nous livrer ce constat amer : "L'enfant s'en va et ne cessera plus de s'en aller." Dès lors, la vie s'apparente à une longue exploration de la perte.
    Dans le second, qu'elle intitule Six décennies, c'est à son propre corps qu'elle s'adresse, sans complaisance ni faux-semblants, débusquant ses changements, cartographiant sa géographie incertaine et mouvante. Avec le temps va... Non, pas seulement car le regard de l'autre réinscrit le ravissement dans le sillon des jours. "Le désir n'est jamais dompté."

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