P.o.l

  • Gratitude

    Charles Juliet

    Ce nouveau « Journal » de Charles Juliet couvre les années 2004 à 2008.
    Il est dans la veine des précédents, plein de sagesse, d'expériences, d'ouverture au monde et, surtout, aux autres. Des rencontres, beaucoup de rencontres qui sont autant d'occasions de récits de vie brefs, souvent bouleversants car la personnalité de Charles Juliet est telle que l'on se confie volontiers à lui qui est toujours à l'écoute, aux aguets de l'humain.
    Beaucoup de lectures et de relectures (notamment Camus, ici), des voyages (surtout en France, à l'occasion de manifestations autour de l'auteur), de peinture, et de cinéma.
    Et toujours cette écriture précise et sensible, prête à tout accueillir de l'expérience inté- rieure comme des choses de la vie.
    Le précédent volume de son journal : Apaisement est paru en 2013.

  • Le magnifique dictionnaire historique d'Alain Rey, paru en 1998, est la base sur laquelle l'ensemble du travail présenté dans Les Temps traversés, a pu être réalisé. Il se trouve que ce que les oulipiens nomment les bimots (substantif + adjectif) sont très présents, dans ce dictionnaire, datés, et en quantité suffisante pour qu'il soit possible d'en tirer des poèmes en forme de « Morale élémentaire », forme inventée par Raymond Queneau dans les dernières années de sa vie, et forme spécifiquement visuelle. Forme conçue pour la lecture silencieuse (les yeux seuls, avec le secours éventuel de l'oreille interne), lecture plus recueillie que l'autre. Les morales élémentaires ici présentées sont millésimées, comme les vins, c'e! st-à-dire que, pour chacune tous les mots qui y sont utilisés (à l'exception des mots outils, articles, prépositions, conjonctions, verbes auxiliaires, etc.) proviennent d'une même et unique année ; parfois, mais exceptionnellement, quelques années (une dizaine au maximum, le plus souvent deux ou trois) sont réunies pour former un seul poème.
    La langue y apparaît pour ce qu'elle est en permanence, un cru délicieux. Cette oeuvre séculaire qu'est la langue française, presque entièrement anonyme, et d'ailleurs collective, possède indiscutablement, comme toutes les autres langues du reste, un charme surpuissant.

  • Lambeaux

    Charles Juliet

    Lambeaux est un récit autobiographique.

    Dans la première partie, l'auteur évoque sa mère qu'il n'a pas connue et qui a eu un destin tragique. après avoir vécu un amour malheureux, s'être mariée, avoir sombré dans une dépression consécutive à quatre maternités rapprochées, elle fut admise dans un hôpital qu'elle n'a plus quitté et où elle est morte huit ans plus tard.
    Dans la seconde partie, l'auteur nous relate son parcours: la famille adoptive, l'enfance paysanne, l'école d'enfants de troupe, puis les premières tentatives d'écriture, lesquelles vont progressivement déboucher sur une toute autre aventure: celle de la quête de soi.
    Une descente aux enfers sera le prix à payer pour qu'un jour puisse éclore la joie grave et libératrice de la seconde naissance.

  • Fur

    Liliane Giraudon

    Attraits, obsessions, pratiques, fixations étranges ; marges de la sensualité, de l´esprit et des règnes ; zones floues, troubles, lieux de passages, aires indécises : dans ces treize nouvelles à l'érotisme violent, traversées par des êtres étranges, ces treize récits inéluctables, à la limite du fantastique, Liliane Giraudon ne s´autorise aucune concession à la poésie, au beau. Plutôt déranger, troubler, maltraiter.

  • C'est un histoire d'amour. Elle et lui sont dans un jardin. Ils s'exposent : elle à lui, et lui à elle. Il fait ce qu'on ne dit pas. Elle dit ce qu'on fait sans le dire. Les mots sont les lèvres des sons, les gestes des images, les sexes du plaisir. Mouvement toujours répété, toujours nouveau, mouvement immobile. Dire ce qu'on fait, faire ce qu'on dit, n'est-ce pas tenter de mettre l'amour au lit du livre?

empty