Des Femmes

  • « Chaque poème achevé devrait apparaître comme un caillou dans la forêt insondable de la vie ; comme un anneau dans la chaîne qui nous relie à tous les vivants.
    Le Je de la poésie est à tous Le Moi de la poésie est plusieurs Le Tu de la poésie est au pluriel. » A.C.

    Ces pages, lues à deux voix, sont issues de deux recueils, "Textes pour un poème" (1949-1970) et "Poèmes pour un texte" (1970-1991), creuset de quarante années de la poésie d'Andrée Chedid. Accompagnées des notes légères de fifre, tambour, mandoline et flûte de Pan, les voix entrelacées du comédien et de la poétesse donnent souffle, corps et rythme à ces poèmes lumineux et remplis d'espérance.
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    1 autre édition :

  • Fin 1902, un jeune homme de 20 ans et aspirant poète envoie ses vers à son aîné Rainer Maria Rilke et sollicite son jugement : ses poèmes sont-ils assez bons pour prétendre être poète ? Le monstre sacré n'a que 27 ans et a la rare humilité de prendre de son temps pour lui répondre. Avec déjà la plume d'un vieux sage, il lui dispense ses conseils, qui dépassent les considérations de forme et lui proposent d'examiner en lui sa vocation. Au lieu de professeur en prosodie, il se fait guide spirituel.

    « Vous me demandez si vos vers sont bons... Votre regard est tourné vers le dehors ; c'est cela qu'il ne faut plus faire. Personne ne peut vous apporter conseil ou aide, personne. Il n'est qu'un seul chemin. Entrez en vous-même, cherchez le besoin qui vous fait écrire : examinez s'il pousse ses racines au plus profond de votre coeur. Confessez-vous à vous-même : mourriez-vous s'il vous était défendu d'écrire ? » R. M. R.

    1 autre édition :

  • « masse de pères la même tête d'homme vivait ça, l'enfant le vivait comme pas du rien envidée dans la voix ça compte jusqu'à vouloir plus rien mais pas morte la petite s'appuie sur du sourire de sa maman sa bouche pas peinte aux sons talismaniques que va-t-elle sortir de sa bouche en posant ses doigts sur la vaisselle sale ?
    ?laver les plis, les graisses, on invente beaucoup en attendant un nuage blanc, on cherche son nom » J.M.

    Dans ce livre d'artiste, long poème ponctué de plusieurs tableaux, Jacqueline Merville explore avec une densité et une profondeur accrues les thèmes qui structurent son oeuvre : de l'évocation d'une enfance empêchée, engluée dans la maison, et la langue, du père faisant écho à la violence du monde, jusqu'à la découverte d'un ailleurs, qui est aussi recherche, vital, d'une langue à soi.

  • « C'était en Afrique de l'ouest.
    La plaie dans ta bouche, au milieu du palais, cuisait, brûlait.
    Une plaie faite par le tortionnaire près de la lagune de Glidji.
    T'empêcher de parler. T'empêcher entièrement.
    Te tuer disait-il.
    Tu n'étais pas morte. Tu écrivais sur la feuille de papier quadrillé. Les traces sur ce cahier, du troué, sans forme, irrémédiablement enfoncé à coté de.
    Tu n'étais pas folle avec ton visage de folie dans cette chambre de Lomé. Tu écrivais de ton supplice en traversant les pages sans les recouvrir comme un insecte mourant, se débattant contre le mur. Moellons, parpaings de mots.
    Qu'est-ce qui s'écrivait aussi sur ce carnet te demandes-tu ? » J.M.

  • Recueil de poèmes présentés par Milagros Palma et traduits de l'espagnol (Panamá) par Alain Degert.

  • « ... Je me rappelle Elizabeth Bishop qui avala, enfant, une pièce de 5 cents (cadeau inopiné) pour la garder il faudrait avaler sans les digérer les moments de temps qui frisent l'éternité et dans le jour blafard du lendemain se dire que le temps du tableau est toujours mêlé... » C. W.

  • "On dirait une ville", premier ensemble du recueil, est consacré à Paris, ses habitants, sa diversité, son cosmopolitisme. Dans les deux premières séquences, composées de courts poèmes, la ville est perçue par un « je » féminin, qui erre dans la capitale, puis est centrée sur un personnage original : une agente immobilière. La troisième séquence, composée de textes en prose s'attache à la vie parisienne, lieux fameux, scènes quotidiennes... Avec un regard tantôt amusé, tantôt plus grave, qui se pose tour à tour sur « La volière du jardin des plantes », « Beaubourg », le « Parler parisien », « Le voile », ou « La mort de la voisine »...

    "Chronique d'un été", seconde partie du recueil, est un long poème fragmenté en poèmes courts, évocation délicate et sensible des sensations et objets propres à l'été. Certains vers reviennent comme des refrains d'un poème à l'autre, suggérant la langueur estivale, ou le caractère immuable de ce qui peuple la saison chaude.

  • Cette édition rassemble trois recueils, Mes poèmes ne changeront pas le monde (Le mie posie non cambrieranno il mondo, 1974, dédié à Elsa Morante), Le Ciel (Il Cielo, 1981) et Le moi singulier qui n'est qu'à moi (L'io singolare proprio mio, 2006). Des recueils composés de très courts poèmes : des saynètes où la simplicité de l'écriture, où la futilité des thèmes ne sont qu'apparentes. Où l'expression subtile de sentiments, de sensations opposent une réalité toujours trop étroite à l'aspiration au grandiose. Dans cette écriture intime, autobiographique, le lyrisme côtoie l'humour et la dérision. Dans une condensation qui rappelle l'art de l'aphorisme, les poèmes de Patrizia Cavalli « font mouche » : quelques mots, quelques lignes suffisent à faire surgir une vision du monde très singulière.

  • Lorsqu'elle met fin à ses jours le 11 février 1963 à Londres, Sylvia Plath laisse derrière elle le manuscrit de son second recueil de poèmes, Ariel. Considéré comme son chef-d'oeuvre, il sera publié en 1965. Inspiré par l'obsession récurrente de la mort, l'impossible deuil du père et la trahison de l'homme aimé, Ariel livre une parole charnelle, haletante et sombre.

    « Je suis habitée par un cri.
    Chaque nuit il sort à tire d'aile Cherchant, de ses crochets, Quelque chose à aimer ». S.P.

  • « Regarde cette fente profonde qui s'ouvre la plaie saigne le volcan crache de la lave une lave enragée mêlée de sang notre histoire est devenue lave peuple incandescent qui se fond à la terre guérilleros invisibles qui dévalent tels des cascades transparentes les soldats ne les ont pas vus... »

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