Actes Sud

  • désirer d'amour, défricher le corps des saisons manuelles.
    labourer le temps de ce monde dans l'année d'un grand rituel. ne plus te vouloir, écouter. ne plus te connaître, te voir. t'éveiller, dormir, oublier et toujours, soleil, te revoir et travailler ton existence dans l'atelier spirituel.

  • Les Trois soeurs

    Anton Tchekhov

    Recluses dans leur maison familiale, Olga, Macha et Irina n'ont qu'un rêve : retourner à Moscou. La présence d'une batterie et de ses officiers dans leur petite ville de province change, pour un temps, le cours de leur vie : Macha, victime d'un mariage précoce, s'amourache du commandant, Olga trouve un regain d'énergie et Irina se fiance à un lieutenant. Mais bientôt, avec le départ des troupes et la mort en duel du fiancé d'Irina, la solitude revient, d'autant plus pesante qu'elle est dépouillée d'illusions. Et, de surcroît, la maison a été hypothéquée, à l'insu des trois soeurs.
    Le drame de Tchekhov apparaît comme l'emblème d'une Russie au bord du gouffre dans une fin de siècle en proie à une immense détresse.

  • Cassandre, Oenonè, Okyrrhoè, Jocaste, Ismène.
    Ces cinq femmes de l'Antiquité grecque ont en commun d'énoncer des vérités enfouies que les hommes ne veulent pas ou n'ont pas voulu entendre. Entre poème narratif, chant mythologique et monologue théâtral, par cinq soliloques elles opposent à la version officielle de leur ignorance l'intuition d'un savoir visionnaire, la discrète et lucide perception d'une destinée collective soi-disant gouvernée par la seule action des dieux et des hommes.
    Une perception qu'elles paieront au prix fort du silence et, comme la moitié du genre humain, par leur éviction - combien durable du champ politique....

  • Pour une édition russe, parue aux Etats-Unis en 1984, Nina Berberova avait sélectionné une centaine de poèmes parmi ceux qu'elle avait écrits entre 1921 et 1983.
    Après quoi, à l'en croire, elle avait sans remords détruit tous les autres, ce que le dépouillement de ses archives paraît confirmer. C'est la même et sévère sélection qu'avant sa mort elle retint pour la composition de la présente " anthologie personnelle " dont le projet lui était soumis. Et en guise de préface, elle suggéra de rassembler des extraits de son autobiographie, C'est moi qui souligne, extraits qu'elle désigna comme " souvenirs en poésie ".
    Ces fragments, on les retrouvera donc ici rassemblés, qui font voir une jeune fille véritablement propulsée dans la vie par la poésie, et par elle animée d'une force qui la rendait capable d'affronter son terrible destin. Mais on ne manquera pas d'observer que ces souvenirs s'interrompent en 1922 - l'année où Nina Berberova rencontre Vladislav Khodassevitch et avec lui quitte la Russie -, alors même que les poèmes survivants, à l'exception des cinq premiers, sont tous postérieurs à cette date.
    Comme s'il était un temps pour parler de la poésie, et un autre pour s'y enfermer, s'y réfugier ou lui confier la parole qui n'a pas d'asile ailleurs.

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