• La petite anthologie des poétesses françaises Nouv.

    « Je t'aime et je te hais. Ces tristes mots renferment ;
    La sombre passion qui ne peut s'assouvir ;
    Les nombreuses saisons mettront-elles un terme ;
    À l'inimitié du désir ? » Anna de Noailles, Je t'aime et je te hais...

    De Marie de France à Andrée Chedid, en passant par Louise Labé, Madeleine de Scudéry, Fanny de Beauharnais, Marceline Desbordes-Valmore... découvrez les chefs-d'oeuvre des grandes oubliées de la poésie française ! Enfin rassemblés dans une anthologie, les vers de ces poétesses vous transporteront dans leur quotidien, leur vie sentimentale, leurs croyances et leurs luttes...

  • Je serai le feu Nouv.

    Je serai le feu

    Diglee

    Dans son livre consacré à Emily Dickinson, Les villes de papier, l'autrice québécoise Dominique Fortier compare la découverte de la poésie à une balade dans une « forêt mystérieuse » que l'on apprend à habiter au fil des pages et des mots, dont on apprend à connaître « les oiseaux, les créatures, les étangs noirs et les grands arbres ». La plupart d'entre nous n'osent pas entrer dans cette forêt pour de multiples raisons : le poids des souvenirs d'école, l'élitisme, l'impression qu'il faudrait parler la langue de ces arbres pour comprendre leur beauté.

    Cette forêt semble intimidante, mais elle l'est beaucoup moins si Diglee nous accompagne. Tout au long de ma lecture de Je serai le feu, j'ai eu l'impression qu'elle me guidait, qu'elle m'invitait à me laisser surprendre et surtout à me faire ma propre opinion sur les poèmes qu'elle me présentait. Un sublime dessin à l'encre et une phrase saillante qui plonge dans l'ambiance, une biographie passionnée et quelques poèmes : cette anthologie férocement subjective est une superbe porte d'entrée dans l'univers de l'illustratrice et de toutes ces femmes qui forment sa constellation artistique personnelle et intime. C'est bien de feu qu'il s'agit ici : la passion de Diglee se propage aussi vite qu'un incendie dans toute cette forêt poétique.

    Cette anthologie composée uniquement de travaux de poétesses est aussi une promenade émouvante dans l'oeuvre de femmes invisibilisées, oubliées par notre histoire littéraire. Leurs vies passionnantes et leurs mots entêtants laissent un goût doux-amer dans la bouche : comment a-t-on pu les effacer ?

    Je serai le feu répare : quand vous le fermerez, vous aurez retenu des noms, des mots et des sensations. Vous aurez, vous aussi, ravivé la flamme.

    Pauline Le Gall

  • Où sont-ils maintenant : anthologie personnelle Nouv.

    Laura Kasischke commence à écrire de la poésie bien avant d'entamer son oeuvre de fiction. Lorsqu'elle publie son premier roman, À Suspicious River, elle a déjà fait paraître deux recueils de poèmes aux États-Unis. Depuis, elle mène ces deux activités en parallèle. Où sont-ils maintenant, son anthologie personnelle, offre un parcours rétrospectif dans ses neuf recueils déjà publiés, révélant la force du souffle poétique traversant cette oeuvre.
    Laura Kasischke parvient, par son écriture déployant des images inattendues où s'entrechoquent le cosmique et le quotidien, l'univers familier et sa face cachée, à mettre la conscience à nu en montrant des éclats de vie traversés par le désir, l'angoisse, la maladie, la mort, les regrets. Dans ces pages se côtoient des mères berçant leurs bébés ou s'affolant de voir leur bambin disparaître dans un supermarché, des jeunes filles en quête d'avenir, des souvenirs de parents disparus et une multitude de visages sortis de l'oubli, tous à la recherche d'un lien proprement humain que le poème même de Kasischke vient recréer, de son premier à son dernier vers.
    Cette poésie, infl uencée par les surréalistes français et par l'oeuvre de Sylvia Plath, que la forme ne vient jamais emprisonner, mais dont les variations de rythme épousent savamment les mouvements de la vie, la sienne comme celle de tant de destins entraperçus, est aussi bouillonnante de vitalité et d'humour.

  • Les mots rares Nouv.

    Les mots rares

    Juliette Brevilliero

    • Galilee
    • 30 Septembre 2021

    L'inracontable tente-t-il de se raconter ?
    Quand les mots rares sont trop mots et trop rares pour écrire l'ineffable, comment traduire l'intraduisible et nommer l'innommable ?
    Juliette Brevilliero se saisit ici d'une palette iridescente de mots aux insaisissables couleurs afin d'esquisser l'inouï des instants, des êtres et des histoires au sens inénarrable.

  • Fragments

    Fatou S.

    Dans cet ouvrage hybride regroupant poésie, prose, ballade, théâtre et réflexions, Fatou S. explore les questions de l'intime, de la violence et de ses ripostes nécessaires. Écrivant depuis presque toujours elle inscrit cette pratique dans le quotidien... D'abord pour soi, parfois pour d'autres, mais surtout pour que le récit individuel se partage dans un récit collectif. Fatou S. propose dans ses Fragments un aller-retour permanent entre l'intime et le politique. L'écriture devient alors un espace pour affronter un monde toujours plus féroce, permettant de construire un refuge où les mots et la parole ont le pouvoir. Ce livre s'inscrit dans le cycle écriture collective et contemporaine #1 proposé par les Éditions terrasses.

  • Conjurations

    Coline Fournout

    La distorsion du réel est telle que l'étrange habite tout entier ce recueil incantatoire. La poésie contée de Conjurations explore la fragmentation de l'identité comme celle de la langue : sa lecture est une traversée des espaces et des temporalités de plusieurs personnages travaillant leurs propres limites spatiales, temporelles, affectives.

    Ici, plus jamais une femme qui se tient debout n'est décrite comme hystérique : c'est une sorcière assumée qui oeuvre parmi le chaos du monde et de l'intime pour récupérer sa voix et son histoire contre ceux qui veillent à l'en dépouiller. Et c'est bien là le point de départ d'un imaginaire hybride où chaque mot est une invocation frappante au brouillage des frontières, à la désinvolture et à la résistance.

  • À partir du mythe grec d'Ariane qui aide Thésée à s'échapper du Labyrinthe, Mélanie Leblanc tisse habilement le fil d'un texte-labyrinthe. Un texte fluide qui utilise d'abord des phrases brèves, incisives, avant de se déployer à travers les tirets, les slash, les silences, les jeux typographiques. Exaltation et sobriété !

    C'est l'histoire d'une Ariane moderne qui choisit d'entrer dans le labyrinthe.
    Son amour pour Thésée guide d'abord ses pas, mais très vite elle poursuit son chemin et mène une véritable quête intiniatique.
    Son fil, ce sont les mots qu'elle écrit sur les murs de ce dernier, ce qui nous est donné à lire, à la première personne.

    Mélanie Leblanc est l'une des voix majeures de la nouvelle génération de poétesses contemporaines.

  • Les gens, au lieu de me dire « l'amour te retourne comme un gant » déclarent à présent « l'amour te va comme un gant blanc, fait sur mesure ». Et moi je leur réponds : « L'amour est une balle unidirectionnelle et notre poitrine un point fixe : ce qui détermine le choc, le tremblement, l'effondrement de fondations ou la récupération du jardin, c'est le creux qui accompagne ta main lors de l'impact. » En comptant les jours qui s'écoulent après une rupture, la jeune auteure espagnole Elvira Sastre nous invite à un voyage intime à travers l'amour, la perte et la guérison.

  • 21 grands noms de la scène poétique francophone se racontent. Ces lettres racontent leur parcours, leur intimité, leur place dans la société des lettres. Dans ces billets, mots d'humeur, mots d'ordre pour un nouvel ordre du monde, elles prennent le contre-pied d'un lyrisme classique. La femme n'est pas (seulement) Muse, mais Poète, Musicienne, Inspiratrice, Agente de son propre désir. Poésie verticale et adressée, ces lettres racontent les combats, les dialogues et les rencontres qui font de l'écriture une matière politique. Une chair à vif, une matière spirituelle inflammable, une sensualité sans contraintes. Dotées d'une virulence poétique radicale et troublante, ces lettres racontent une soif de partage, un désir de transmission, un rêve de l'autre, l'histoire d'une reconquête de soi.s.

  • Disséquer le verbe formé dans le cerveau et que la bouche peine à expulser pour devenir parole. Voilà le projet de Babouillec dans ce court texte incisif et poétique. En surveillant les échanges chimiques au niveau de ses synapses, en scrutant son reflet dans le miroir, en analysant les mots qui se forment sur son lobe frontal, l'artiste s'interroge sur ce qui crée la différence et observe, perplexe, la course des messages nerveux sous sa peau qui l'isole. Par un dépeçage de son propre corps, par la violence des émotions qu'elle provoque, c'est notre peur collective de la solitude qu'elle éveille, et c'est le droit de chacun à être écouté et compris que Babouillec revendique.

  • Le 20 janvier 2021, Amanda Gorman s'est adressée à des millions de personnes pour livrer un message de vérité et d'espoir. A vingt-deux ans, Amanda Gorman a déclamé l'un de ses poèmes, "La colline que nous gravissons" , lors de la cérémonie d'investiture du président des Etats-Unis, Joe Biden. Son invitation vibrante à se tourner vers l'avenir avec courage et à oser agir a marqué l'Amérique et le monde.
    Son poème est publié dans une édition bilingue, avec la traduction de l'artiste, autrice-compositrice et interprète Lous and the Yakuza, et précédé d'un avant-propos d'Oprah Winfrey. Edition bilingue.

  • Dans « sa carapace de confiserie à deux étages », petit nom qu'elle donne à son appartement au coeur de l'île Saint-Louis, à Paris, Brigitte Fontaine livre un texte aussi puissant que poétique sur la vieillesse et la sensation d'être confinée dans son propre corps. Lire La Vieille prodige, c'est plonger dans l'univers fantasque et dans l'intimité de cette artiste performeuse aux multiples facettes.

  • Fond d'oeil

    Caroline Cranskens

    Ce qui sonne à l'oreille C'est l'effroyable inscription De ton corps Dans la mâchoire-machine D'un monde inexistant Caroline Cranskens creuse le socle déjà fendu du langage du pouvoir, souvent prompt à nous retirer les mots de la bouche. A nous déposséder, en somme, de nos armes, de nos mots, de notre manière de dire le monde. Ecrire est alors une confrontation vitale à la langue, à ses lois et à ses gêoliers.
    Ecrire est une course d'obstacles. D'abord "arracher les barreaux d'un langage formaté" . Dévisser les mots morts. Ensuite se réapproprier les sons et les lettres. Laisser vivre enfin, une langue viscérale, une langue rasoir, une langue barbare. Dans les failles, l'autrice injecte les mots-fureur d'une poésie rageuse et libre où "tout est plus au bord" .

  • L'aube americaine

    Joy Harjo

    Avant le départ certains sont forcés d'assister à l'intrusion dans leurs maisons de colons armés de Bibles et de fusils. Parmi eux, l'ancêtre de Joy Harjo, Grand-père Monahwee, offre son portrait à l'un de ces gentlemen en le priant de le montrer à ses enfants et de leur raconter son histoire. Quant à moi, dit-il, je ne désire plus voir un seul visage blanc quand j'aurai franchi le Grand Fleuve et serai arrivé en Oklahoma.
    Il vivra presque centenaire et tiendra parole. Deux siècles plus tard, Joy Harjo décide de revenir sur ces terres par de vieilles pistes. Pour dire l'espérance sans taire la colère. Pour rendre justice à la souffrance sans négliger l'amour intact de la Nature et de tous ses habitants. Pour maintenir la mémoire vive sans entraver le repos des morts. Pour accomplir les rituels, pour réparer ce qui peut l'être, pour épargner aux enfants et petits-enfants les noeuds inextricables des regrets.
    Pour célébrer, en poète, les noces du deuil et de la paix de l'âme, de l'horreur et de l'aurore américaines.

  • La nuit je regarde ton cou et je veux le serrer comme tu voulais m'étrangler par terre dans la cuisine Tel un journal de la condition féminine contemporaine, les textes de Sofi Oksanen donnent à voir les violences conjugales dans tout ce qu'elles ont de plus cru, pour mieux les dénoncer. Adoptant un ton volontairement féroce et teinté d'humour noir, l'auteure fait la lumière sur les injustices quotidiennes que subissent les femmes. Elle renverse l'image récurrente de la femme victime, laissant place à l'idée de vengeance, le bras armé d'un couteau de cuisine.

    C'est un cri saisissant, habituellement étouffé, qui résonne ici haut et fort.

  • Dans son célèbre texte « Une charogne », Charles Baudelaire raconte avec une délectation morbide comment la vue d'un cadavre en putréfaction a pu l'émerveiller alors qu'il se promenait aux bras de sa muse, Jeanne Duval. Clémentine Beauvais, en un tour de force époustouflant, nous plonge au coeur de l'histoire de cette femme, Grâce, avant qu'elle ne devienne cette charogne. Elle l'imagine tour à tour prostituée, couturière, chirurgienne, avorteuse et tueuse en série.
    Ce court roman en vers libres, d'une grande modernité, transforme notre regard et nos a priori sur la déchéance féminine. Clémentine Beauvais s'inscrit dans le sillage des autrices qui redonnent leur voix à toutes ces femmes que l'Histoire a piétinées.

  • Été 2017. Pauline Delabroy-Allard passe trois semaines seule dans une « maisontanière » pour se retirer du monde.
    Chaque jour elle écrit en écoutant un vinyle qu'elle prend ensuite en photo. La musique, les paroles, les voix, la ramènent à ses souvenirs proches ou lointains, ses joies et ses peines.
    Été 2019. Deux ans ont passé. L'autrice se réfugie dans une autre maison, celle dans laquelle elle a écrit Ça raconte Sarah, son premier roman qui a changé sa vie. C'est en position couchée qu'elle se laisse traverser par ses sentiments, qu'elle écoute son corps, comme les histoires inscrites sur les murs et les plafonds de cette maison.
    Sublimé par une écriture à l'os, vibrante, ce texte nous invite à l'intériorité et au recueillement : cette maison-tanière devient aussi la nôtre.

  • Depuis la parution de son premier recueil en 1968, Louise Glück n'a eu de cesse de réinventer son art, tout en créant une voix immédiatement reconnaissable, par son mélange de retenue et d'affirmation, son lyrisme visant l'universalité. Dans Nuit de foi et de vertu, paru aux États-Unis en 2014 et récompensé par le National Book Award for Poetry, Louise Glück utilise, en apparence du moins, les ressources de la narration, subtilement détournées au profit de sa poésie, pour explorer le mystère du commencement et de la fin d'une histoire, qui peuvent être aussi ceux d'une vie.
    Ce sont des fragments de récit, mêlant impressions fugaces et détails, qui se répètent et se font écho. Le je qui raconte un souvenir surgi de son passé peut être celui d'une femme dans un poème, puis d'un homme dans le suivant. D'ailleurs s'agit-il d'un moment vécu ou d'un rêve ? Car la forme d'épopée intime propre au rêve, dont les libres associations viennent sans cesse dévier la trajectoire, semble se confondre avec celle du poème. Dans une écriture d'une grande musicalité, dont la beauté vient en partie de l'extrême simplicité, d'amples visions poétiques se déploient, portées par des voix toujours au bord de la confession. Dans cette partition magistrale, Louise Glück parvient une fois de plus à restituer à l'expérience humaine toute son énigme.

  • Florence Trocmé reprend ici à son compte un récit méconnu de Jules Verne, P'tit Bonhomme, qui relate le périple d'un orphelin au temps de la domination anglaise et des famines en Irlande, au XIXe siècle. Elle en réécrit l'histoire en vers justifiés et fait entendre en contrepoint toutes sortes de voix, personnelles et documentaires.

  • « Descendre dans le paysage sous la mer. Au fil de la descente, le bleu s'efface, le noir gagne, la parole bavarde pèse sur les poumons, peu à peu il s'agit de se taire, les mots se comptent avec l'air et l'économie des gestes. Au début la profondeur enivre. Celui qui est descendu vers ce non-lieu vagabonde à demi-vivant parmi les voix ? minérale, végétale, animale ? voix multiples du corail, sa respiration devient courte, il est aspiré par l'ivresse de la plongée. D'emblée le monde sous-marin propose un brouhaha aux sons étouffés, une parole grisante, peu audible, puis imperceptiblement l'eau s'impose comme le maître. »

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    Rupi Kaur

    • Nil
    • 4 Mars 2021

    Après s'être sentis déconnectés pendant si longtemps mon esprit et mon corps finissent par se retrouver - home body

  • Elles sont quinze femmes nées dans cette petite Géorgie si mal connue, pourtant terre de très ancienne civilisation. Toutes, sauf une, vivent encore sur le sol natal. Elles sont journalistes, écrivains, enseignantes, et représentent plusieurs générations (la doyenne est née en 1939, la plus jeune en 1986). Leurs poèmes célèbrent leur vie, leur pays, sa mer et ses montagnes, les mythes universels qui lui sont parfois indissociablement liés : n'est-ce pas en Géorgie que l'on situe la Toison d'or ? Elles évoquent la guerre, les blessures, les larmes mais aussi la consolation, les « fous » et les « normaux », l'amour ou son absence. Elles chantent aussi Cézanne, « diplômé de l'Académie des arts raffinés », dit l'une d'elles. Le titre du recueil est celui d'un des poèmes : Je suis nombreuses.

  • Les ronces

    Cécile Coulon

    Le recueil Les Ronces de Cécile Coulon est désormais accessible en poche.
    Sa poésie est une poésie de l'enfance, du quotidien, de celles qui rappellent les failles et les lumières de chacun.

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