Langue française

  • Pendant trois ans, Gulbahar Haitiwaji a enduré des centaines d'heures d'interrogatoire, la torture, la faim, la violence policière, le bourrage de crâne, la stérilisation forcée, le froid, les nuits sous le néon d'une cellule, les mécanismes de la destruction humaine.

    Née dans le Xinjiang, la province des Ouïghours en Chine, Gulbahar vivait en France depuis de longues années quand, un matin de novembre 2016, sa vie a basculé au cours d'un voyage dans sa terre d'origine.

    Ce qu'elle a vu, entendu, vécu dans les entrailles du système concentrationnaire chinois est terrifiant.

    Aujourd'hui, plus d'un million de Ouïghours a été déporté dans des camps de « rééducation » par le Parti communiste chinois, qui prétend lutter contre « le terrorisme, l'infiltration et le séparatisme ». Les Xinjiang Papers, révélés par le New York Times en novembre 2019, dénoncent une répression s'appuyant sur une détention de masse, la plus foudroyante depuis l'ère Mao. Ces camps sont à la Chine ce que le Goulag était à l'URSS. Les Ouïghours subissent un génocide : nous ne pourrons pas dire, cette fois, que nous nous ne savions pas.

    Sauvée grâce aux tractations acharnées de sa fille et du quai d'Orsay, Gulbahar est la première rescapée des camps chinois à témoigner. Sa voix est essentielle. En publiant ce livre, elle prend des risques terribles pour elle et sa famille restée au Xinjiang.
    Un récit de vie brûlant, historique, auquel l'Occident ne peut rester insensible.

  • Si tu meurs, je te tue

    Chloe Verlhac

    • Plon
    • 7 Janvier 2021

    « Ce soir-là, comme à son habitude, il fabrique ses couleurs devant le JT. Et puis, saisi d'une impulsion, il se lève sans un bruit. Je le regarde du coin de l'oeil. Il disparaît comme un chat. Il réapparait quelques longues minutes plus tard. Il me tend un galet, en me souriant doucement. On adore les galets. On en fait collection... Il me demande de le retourner. Il l'a signé au feutre.
    Il me dit : "Tu as vu ? Je les ai tous signés. On ne sait jamais, ça pourra valoir très cher dans quelque temps." C'était quelques jours avant l'attentat. » Ainsi commence le récit de Chloé. Épouse Verlhac. Maman à la tête d'une petite tribu recomposée et pas mal de chats. Par fragments, sensations, éclats de souvenir, Chloé Verlhac reconstitue le puzzle d'une vie fracassée, d'une vie qui n'est plus pareille, mais d'une vie qui continue malgré tout, âpre, belle, mordante. Une sacrée vie, Tignous.

    Elle raconte les coulisses, largement inconnues du grand public, de l'attentat et de l'après, et la lente reconstruction des proches.

  • Elles sont neuf. Neuf femmes avocates que les projecteurs ignorent, préférant leurs confrères, les fameux « ténors du barreau ».

    Chacune de ces avocates a, dans le coeur, un procès particulier, un de ceux dont on ne se remet jamais vraiment. Elles ont défendu Guy Georges, la famille d'Ilan Halimi, Bertrand Cantat, Charles Pasqua, un Premier ministre des Balkans, ou des anonymes accusés de matricide, d'agression sexuelle, de tentative de meurtre. Ces procès, ce qu'ils disent d'elles, elles le racontent pour la première fois.

    Une passionnante plongée dans la psyché des grandes pénalistes qui confirme que la hauteur et la complexité d'un métier sont aussi une affaire de femmes.

  • « Je marche longtemps, jusqu'à l'entrée d'un parking. Je soulève ma valise et descends les escaliers. La lumière m'agresse, la musique est assourdissante. Je m'assieds derrière un véhicule, mon sac à mains sur les genoux, la couverture sur les épaules. Personne ne m'a vue. J'appuie ma tête contre le mur derrière moi et ferme les yeux.
    J'éclate en sanglots. Comment en suis-je arrivée là ? » J'ai 29 ans, je suis iranienne. Mannequin et photographe dans mon pays, j'ai dû fuir Téhéran : la police religieuse punit l'atteinte à la pudeur d'au minimum 144 coups de fouet. Autant dire une condamnation à mort.
    Je conçois mon métier comme un art, alors j'ai fait de mon corps une oeuvre. J'ai révélé mes tatouages et ma nudité devant les objectifs et sur les réseaux sociaux ; dans le milieu underground iranien, je suis devenue une icône de la liberté. Traquée par la « Police de la vertu », menacée du fouet des mollahs, j'ai tout laissé derrière moi - ma famille, mes amis, ma jeunesse. À mon arrivée à Paris, j'ai caressé l'espoir d'exercer ma profession librement. Mais ici je ne suis qu'une réfugiée et, pendant des mois, j'ai mené un long combat pour obtenir l'asile politique.
    Des podiums à la rue, je n'ai cessé de me battre pour la liberté.

  • "Chaque larme, chaque cri est pour moi comme un cri de vie" .
    Le 3 avril 2018, sur le chemin de notre maison, un homme multirécidiviste a percuté si violemment ma voiture que mes filles, Lila, trois ans et demi, et Adélaïde, vingt-six mois, n'ont pas survécu. Quant à mon fils Isaac, âgé d'à peine un mois à l'époque, ainsi que moi-même, nous aurons des séquelles à vie. A travers ce livre, Nadia Kermel revient sur l'événement sans nom qui a coûté la vie à ses filles et qui aurait pu être évité.
    Elle veut rappeler que, utilisée n'importe comment, une voiture peut devenir une arme et mettre en danger quiconque croise sa route. "Chaque fois que nous prenons le volant, posons-nous ces questions : ne suis-je pas en train de me mettre en danger et de mettre en danger les autres ? Pourrai-je embrasser mes enfants ce soir ou permettre aux autres usagers de le faire en agissant de la sorte ? "

  • Au risque de la vie

    Maryse Wolinski

    • Seuil
    • 3 Septembre 2020

    Le procès aux assises de l'attentat perpétré contre Charlie Hebdo s'ouvrira au printemps 2020. Quel est l'impact de la violence de cet attentat sur la vie de celles et ceux qui restent meurtris ? Maryse Wolinski raconte sans concessions sa traversée chaotique des cinq dernières années, la douleur de l'absence, l'impossibilité de la résilience et l'irruption de la maladie qui la condamne à un sursis perpétuel. Reste l'espoir de se frayer enfin un chemin vers la paix intérieure et la vraie vie.

  • Patiente, moi ?? Jamais ?! Pas question de me couler dans la peau d'une malade à vie, handicapée condamnée à la chaise roulante. Patiente, je ne l'ai jamais été, je ne le serai jamais. Impatiente, oui ?! Quand je me réveille d'une semaine de coma après un grave accident de moto, le médecin m'annonce que je suis paraplégique et que je ne remarcherai plus. Je n'hésite pas un instant ?:
    Je ne croirai pas les médecins. Je marcherai et je retournerai là-haut, jusqu'au sommet du mont Blanc.
    J'ai voulu témoigner. Pour les proches qui m'ont aidée, qui ont cru en moi, pour les moins proches que ma volonté et mon optimisme ont impressionné. Impatiente est mon premier livre.

  • Camille rencontre Augustin, son tout premier amour, à 15 ans. Lorsqu'elle s'installe avec lui dans la ferme où il élève des porcs, elle découvre que la vie d'éleveur est tout sauf paisible. Pris entre le travail aux champs, les soins quotidiens à apporter aux bêtes, les imprévus sanitaires ou mécaniques et un contexte économique difficile, le couple est étranglé. Très vite, il croule sous les dettes.
    Epuisé par ce quotidien insupportable et l'absence d'aide, Augustin, âgé de 31 ans, se donne la mort. Avec sincérité et lucidité, Camille témoigne de cette misère qui s'est emparée des campagnes au point d'en tuer ses fils. Comment un agriculteur passionné et aimant a-t-il pu en arriver là? Y a-t-il des coupables qui l'ont poussé au suicide ?

  • Le récit incontournable d'une résistante, figure iconique de la lutte contre l'occupant nazi.

    Mai 1943 - février 1944 : neuf mois de la vie d'une résistante exemplaire, enceinte d'un second enfant, qui aide quatorze personnes à s'évader, passe les douanes en contrebande, ravitaille les clandestins en faux papiers et les collabos en confiture au cyanure. Voici le journal d'un combat pour la liberté, qui est aussi une affaire de vie ou de mort.

  • Imani

    Saly Diop

    Née en pleine brousse dans un minuscule village au Sénégal, Saly arrive en France avec sa famille à l'âge de quatre ans, dans la cité Beauval, à Meaux, réputée comme l'une des plus difficiles de France. Elle y vivra une enfance heureuse, insouciante, entre les copines, le rap et les autres familles de la cité qui forment une joyeuse communauté d'entraide et de solidarité.
    Nous sommes alors dans les années 90. Avec le film de Jean-François Richer, Ma 6-T va crack-er, tourné à Beauval, le pays découvre la banlieue et sa jeunesse, coincée entre une France qui ne s'est pas encore découverte black-blanc-beur et, pour certains foyers venus de l'immigration, le poids de traditions parfois atroces et barbares.
    C'est le cas de Saly, qui grandit au sein d'un foyer polygame où cohabitent les deux femmes de son père et leurs enfants respectifs et découvre un jour qu'elle a été excisée alors qu'elle n'était qu'un bébé au Sénégal. Le choc de cette découverte et le traumatisme lié à la mutilation ont des conséquences très douloureuses. Commence pour la jeune fille une période difficile, d'acceptation et de reconstruction.
    En tant qu'aînée de la famille, Saly doit assumer le poids des responsabilités et donner l'exemple. À 15 ans, la jeune fille, qui se rêve chanteuse de rap, se voit contrainte à un mariage forcé. Elle y échappera de peu, et réalisera que seules les études pourront lui assurer sa liberté.

  • Je vais me permettre de te tutoyer, tu ne m'en veux pas ? On ne se connaît pas, c'est vrai. Mais vu ce qu'il vient de t'arriver, je crois qu'on a quelques points communs. Alors on va faire un truc, si tu veux bien : je t'écris maintenant, et toi, tu me lis quand tu veux. D'accord ? Moi, j 'ai des choses à te dire. Toi, sens-toi libre d'en faire ce que tu veux. D'ailleurs, c'est peut-être par là que je devrais commencer : sens-toi libre de tout, tout le temps, et surtout de refuser. Ton « non » est un droit élémentaire. Au-delà de respectable, il est inaliénable. Même si on vient de te le piétiner. Alors, par exemple, tu peux dire : « Non, Giulia, je ne te lirai pas, pas tout de suite, et peut-être même jamais.» Mais je vais juste poser ça là

  • En quittant la radio après des années d'antenne, Pascale Clark est déstabilisée par cette extinction de voix. C'est à ce moment troublé de sa vie que sa mère tombe, devient dépendante et perd l'usage de la parole. Plongée dans un monde où deux silences se font face dans une époque bruyante, Pascale Clark remonte le fil des années et retrace l'histoire croisée de cette mère et de sa fille, fragiles en même temps, continuant d'échanger autrement. C'est ce récit en stéréo qu'elle nous livre avec Mute.

  • « Tout le monde m'appelle Jo. Mon frère, ma soeur, mon oncle, ma tante.
    Je déteste.
    Jo, c'est un raccourci pour ne pas flâner en chemin, c'est le dernier des frères Dalton, un boxeur, une peluche, un chien, mais ce n'est pas Georgia.
    Pour aller vite, ma mère aussi m'appelle Jo. Georgia c'est trop long a` dire, et il y aurait tant a` dire.
    " Jo, mets ta chemise ! Tu es très jolie avec." Ça aussi je déteste.
    Si j'avais pu ne pas être jolie, rien, peut-être, ne serait arrivé.» Georgia aurait dû rester, pleurer. Pleurer sa mère. Cette mère dont elle a attendu, espéré, pendant plus de trente ans, un geste, un mot. Cette mère pour qui aujourd'hui, elle revient à l'Hôtel du Bord des vagues où justement tout est arrivé. Elle rejoint sa famille qui ne sait rien. Mais voudra-t-elle vraiment savoir ?

  • Suis-je orpheline de toi ou de l'absence de toi ? Tu vis désormais en moi comme le soleil de inuit, lactescent, éperdu de blancheur. Tu habites l'univers et mon arrière-monde. Je ne te cherche pas, tu es partout et introuvable. Tu es tapi dans le mohair des jours heureux. Tu es un lierre au feuillage persistant. La mort n'est pas une fin. Mon refus de ta disparition est tempéré par mon acceptation du monde.

    Cherchant à définir le lien qui l'unit à son père, Georges Wolinski, tué lors de l'attentat contre Charlie Hebdo, l'auteur revit les jours sombres de janvier 2015 et interroge les confins rouillés de sa mémoire, à travers une écriture qui revient inlassablement sur le motif. Entre refus et acceptation, l'adieu au père devient un chant d'amour et de consolation.

  • Le lambeau

    Philippe Lançon

    Philippe Lançon était dans les locaux de Charlie Hebdo le 7 janvier 2015. Sa mâchoire est emportée par les balles des frères Kouachi. La veille au soir, il assiste à la représentation de La Nuit des Rois de Shakespeare. Il a pris ses billets pour les Etats-Unis où il donnera des cours de littérature à Princeton et rejoindra sa nouvelle compagne. Le matin du 7 janvier, Houellebecq est interviewé sur France Inter pour la parution de Soumission ; Lançon, qui a écrit un papier élogieux dans Libé, écoute en faisant sa gymnastique sur un tapis qu'il a rapporté d'Irak en 1991, deux jours avant les bombardements américains. À la conférence de Charlie Hebdo, tout le monde parle de Houellebecq, puis des banlieues, quand les tueurs arrivent. Philippe Lançon ne cherche pas à expliquer l'attentat. Il écrit sans pathos, sans complaisance pour lui-même, ce qui n'empêche pas l'émotion et la profondeur (sur la mémoire, la perception d'une vie). L'avant et le pendant sont d'une très grande intensité, la scène de l'attaque est extrêmement saisissante. Dans ce livre de survie, Philippe Lançon s'attache à décrire sa vie qui bascule, lui qui, défiguré, reçoit « une blessure de guerre » dans un pays « en paix ». Il raconte ce jour où le temps s'est arrêté, les longs mois de convalescence et les dix-sept opérations qui lui ont permis de retrouver le bas de son visage, la reconstruction d'une vie sociale, professionnelle, à lui qui n'est désormais plus le même homme.

  • Nuit d'épine

    Christiane Taubira

    • Plon
    • 26 Septembre 2019

    Moment de toutes les pensées, de toutes les lectures, musiques et poèmes, de tous les rêves et possibles, de quelques cauchemars aussi, la nuit chacun la voit, la sent, la vit à sa manière. De celle de la Guyane, trouée d'un faible lampadaire sous la lueur duquel, à la faveur de la moiteur et du silence, elle allait lire en cachette, enfant, comme de celle qui lui permettait de régler ses comptes avec les péchés capitaux que les religieuses lui faisaient réciter dans la journée, la nuit a souvent été, pour Christiane Taubira, une complice, une alliée, une sorte de soeur intime, un moment particulier.
    C'est la nuit des chansons qu'on adore et dévore, la nuit du sommeil qui refuse qu'on annonce la mort d'une mère, la nuit des études passionnées et des yeux en feu à force de scruter les auteurs sacrés, la nuit qui ouvre sur les petits matins des métros bougons et racistes. C'est aussi la nuit des militantismes, de la Guyane qui se révolte, des combats furieux à l'Assemblée autour du mariage pour tous - un cathéter au bras et le courage de l'égalité en bandoulière. C'est enfin la nuit d'un tragique vendredi 13 novembre 2015, bientôt suivie de celle où l'on décide d'un adieu.
    Ces nuits des espoirs, des questions, des doutes, des peurs parfois, sont un roman du vrai. Un récit aussi réel qu'onirique, magique qu'éclairant, passionné qu'« emportant ». Dans ce texte autobiographique éminemment littéraire, l'auteur - experte dans l'art de manier les mots avec justesse, de ciseler les phrases selon une musique qui convie aux voyages en soi - montre que la vie est souvent plus forte, raide, dure, inventive, poétique, envoûtante, que les fictions les plus échevelées. Un livre rare par un écrivain qui l'est plus encore.

  • Voici un livre de grâce, porté par la grâce.

    Comme un funambule qui avance, yeux grands ouverts, sur une corde au-dessus du vide, Bulle Ogier parcourt les étapes de sa vie d'enfant, de femme, d'actrice, de mère. Une vie jamais banale, pour le meilleur (l'art, la création, la fréquentation de grandes figures comme Duras, Rivette ou Chéreau), ou pour le pire (la mort de sa fille Pascale, évoquée avec délicatesse et intensité).

    On pourrait énumérer les péripéties, les événements, établir des listes, mais un seul mot dit à quelle expérience le lecteur est convié : enchantement. Sur un ton qui n'appartient qu'à elle, l'actrice de tant de films, de tant de mises en scène théâtrales, la protagoniste de tant d'aventures, exerce une sorte de magie, on est avec elle, on est parfois effaré, et toujours touché, ému, bouleversé. On rit aussi, ou on sourit. Bref, les mystères parfois contradictoires de la vie, mis en langue : ce qu'on appelle, simplement, la littérature.

  • Elles ont toutes une histoire propose des portraits qui nous permettent de faire la connaissance de femmes extraordinaires. Par leur parcours de vie terrible ou lumineux, par leur lucidité, par leur engagement, par leur courage, par leur humour, par leur gravité, toutes nous parlent du monde dans lequel nous vivons. Et nous proposent une conversation sur les droits des femmes nourrie par toutes ces voix singulières qui s'élèvent, porteuses de leur vérité unique, légitimes dans leur expérience individuelle.
    Les portraits de la série invitent à entendre d'abord, à réfléchir ensuite. Ce livre répond à cette invitation. Nous y proposons un état des lieux des conditions de vie et des droits des femmes autour de trois grands thèmes : Etudier ; Travailler ; Disposer librement de soi, en toute sécurité - avec l'éclairage vivant que fournissent les témoignages de la série et les interviews de leurs réalisateurs Nils Tavernier, Olivier Lemaire et Samuel Le Bihan, sans oublier une ouverture exclusive sur la quatrième saison réalisée par Marie Drucker.

  • Syrie, 2011. Prise en étau entre les exactions d'un dictateur et la barbarie de l'État islamique, Raqqa souffre en silence. Sur Facebook, pourtant, une jeune femme prend la plume. C'est une résistante, une intellectuelle, une amoureuse. Elle raconte l'enfer d'un peuple, son quotidien de combats, de terreurs - son espoir aussi. Le symbole d'une ville, d'un pays tout entier. Antigone moderne, elle en partagera le destin : dénoncée en 2015, elle mourra exécutée dans les geôles de Daech.
    Journal de bord et testament, Seule dans Raqqa est plus qu'un témoignage : un chant de liberté.

  • Se déplacer pour avancer / Rechercher constamment une larme de bonheur, une lueur de progrès / La vie offre ses clefs, / Derrière chaque porte, un conte de fées / On fait son chemin, pas à pas, sans se soucier / Hélas, un moment fatidique vint / Nul ne peut échapper à son destin / Les langues se délient, les sentiments s'entremêlent / Les situations deviennent claires et les secrets se révèlent...

  • En mars 2015, Françoise Hardy est hospitalisée à la suite d'une longue maladie. Prise dans une spirale infernale, elle se croit définitivement condamnée, mais un miracle se produit grâce à une thérapie de la dernière chance. Une renaissance. Avec subtilité et humour, Françoise Hardy retrace ce voyage au bout de la nuit et au bout de la vie, entre cauchemars et réalité. Elle exprime son admiration pour le personnel soignant et son attachement à des valeurs à ses yeux essentielles comme la discrétion, la modestie et le pragmatisme.
    L'écriture est déliée et élégante, les masques tombent.

  • Du drame de son enfance, Anny Duperey a donné un récit plein de détresse et d'honnêteté : Le Voile noir. Bouleversés et reconnaissants, de nombreux lecteurs lui ont envoyé des lettres empreintes d'émotion. La comédienne a souhaité rendre hommage à ces témoignages dans un livre-réponse : Je vous écris... Deux odes à la vie, une seule et même générosité, qui nous rappellent combien l'écriture est un acte de partage.

  • À écouter le récit bouleversant de sa vie et de ses combats, à force de courage et de ténacité, on sait que rien ne peut arrêter Élise Boghossian, petite-fille de réfugiés arméniens. Elle a 30 ans, trois enfants et un cabinet d'acupuncture à Paris quand, en 2011, elle décide de partir en Jordanie et au nord de l'Irak pour soigner, avec ses seules aiguilles, les populations civiles et les réfugiés victimes de la guerre.
    Elle dit : « Tout me comble à Paris. Ma famille, ma vie professionnelle, mes amis, et pourtant quelque chose manque pour donner du relief à tout ça. Un engagement, un travail à accomplir sur un terrain où il n'y aurait rien, où je serais forcément utile. J'ai envie d'être plus près des soubresauts du monde où s'écrit l'Histoire. Et sans prétention voir comment je peux à ma mesure diminuer la souffrance de ceux qui en sont les victimes. » Malgré les premières réticences qu'elle rencontre, elle réussit très vite à convaincre soignants et blessés des bienfaits de son savoir car les résultats sont là : l'acupuncture apaise les douleurs post opératoires, celles des amputés, des grands brûlés et des enfants.
    Élise transforme alors son combat solitaire en une mission humanitaire pérenne. Elle forme des équipes sur place et lève des fonds en France pour créer des dispensaires mobiles. Elle constate que la grande majorité des victimes de guerre réfugiées en Irak vivent hors des camps et n'ont pas accès aux soins. Des milliers de familles sont réduites à l'état de mendicité, les femmes et les filles sont vendues comme esclaves sexuelles, les enfants ont vécu dans la terreur de l'enlèvement. Grâce à des médecins, infirmiers, pharmaciens, chauffeurs qu'elle recrute parmi les réfugiés, son camion-dispensaire et son « bus des femmes » partent à la rencontre de ces populations en souffrance.

    Témoin de l'horreur, de l'injustice, du quotidien des réfugiés sur les zones de conflit, Élise Boghossian raconte surtout une aventure humaine, avec autant de force que d'espoir pour décrire l'innommable. Et la conviction intime que la vie l'emporte toujours.

    1 autre édition :

  • No women's land

    Camilia Panhard

    • Arenes
    • 13 Janvier 2016

    Il existe un monde sans repères où les femmes sont des proies, des corps. Un monde où la violence est sans début ni fin, absurde et quotidienne.


    Camilla Panhard a partagé la vie de ces femmes, migrantes centraméricaines.
    Elles fuient le Honduras, le Salvador ou le Guatemala. Elles veulent simplement « donner à leurs enfants des études en héritage, qu'ils aient au moins trois repas par jour, qu'ils ne souffrent pas autant... » Accrochée aux mots, aux pas de ces héroïnes anonymes, jusqu'aux écolières mexicaines tremblantes de peur sur le trajet de l'école, Camilla Panhard reconstitue les destins vertigineux de ces femmes, marchandises pour les passeurs, les gangs et les cartels.

    Avec une écriture sèche et sans concession, ce récit puissant leur redonne une voix, des gestes, un visage. C'est un livre qui résonne longtemps encore dans la mémoire après l'avoir refermé.

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