Seuil

  • Au risque de la vie

    Maryse Wolinski

    • Seuil
    • 3 Septembre 2020

    Le procès aux assises de l'attentat perpétré contre Charlie Hebdo s'ouvrira au printemps 2020. Quel est l'impact de la violence de cet attentat sur la vie de celles et ceux qui restent meurtris ? Maryse Wolinski raconte sans concessions sa traversée chaotique des cinq dernières années, la douleur de l'absence, l'impossibilité de la résilience et l'irruption de la maladie qui la condamne à un sursis perpétuel. Reste l'espoir de se frayer enfin un chemin vers la paix intérieure et la vraie vie.

  • Voici un livre de grâce, porté par la grâce.

    Comme un funambule qui avance, yeux grands ouverts, sur une corde au-dessus du vide, Bulle Ogier parcourt les étapes de sa vie d'enfant, de femme, d'actrice, de mère. Une vie jamais banale, pour le meilleur (l'art, la création, la fréquentation de grandes figures comme Duras, Rivette ou Chéreau), ou pour le pire (la mort de sa fille Pascale, évoquée avec délicatesse et intensité).

    On pourrait énumérer les péripéties, les événements, établir des listes, mais un seul mot dit à quelle expérience le lecteur est convié : enchantement. Sur un ton qui n'appartient qu'à elle, l'actrice de tant de films, de tant de mises en scène théâtrales, la protagoniste de tant d'aventures, exerce une sorte de magie, on est avec elle, on est parfois effaré, et toujours touché, ému, bouleversé. On rit aussi, ou on sourit. Bref, les mystères parfois contradictoires de la vie, mis en langue : ce qu'on appelle, simplement, la littérature.

  • « Chérie, je vais à Charlie » : tels sont les derniers mots de Georges Wolinski à sa femme, Maryse. Trois heures plus tard, un attentat fera dix morts. Parmi eux, Georges, frappé par quatre balles de Kalachnikov. Nuits sans sommeil, désert de journées sans fin parce que sans lui, sans son regard qui donne confiance, sans sa lumière. Après la sidération, le déni et l'enfermement, la colère : comment une scène de guerre a-t-elle pu avoir lieu dans les locaux d'un journal satirique, en France, aujourd'hui ?

    Puisant sa force dans le chagrin, Maryse Wolinski a choisi d'être "celle qui va".

  • « Nous savions. Le monde en avait entendu parler. Mais jusqu'à présent aucun d'entre nous n'avait vu. C'est comme si nous avions enfin pénétré à l'intérieur même des replis de ce coeur maléfique. » Buchenwald, Dachau, Bergen-Belsen. La découverte des camps de concentration nazis par les Alliés en avril et mai 1945 se fit au hasard de la progression des troupes. Libérer les déportés n'était pas un but de guerre et rien ou presque n'avait été prévu pour eux. Dans chaque camp où ils pénètrent, les soldats alliés découvrent les corps décharnés des survivants, les pyramides de cadavres laissés par les nazis.
    Correspondants de guerre, deux hommes sont parmi les premiers à entrer dans cet enfer. Le premier s'appelle Meyer Levin. Il est américain, écrivain et journaliste. Le second est un Français : Éric Schwab est photographe de l'AFP. Tous deux circulent à bord d'une jeep aux côtés de l'armée américaine. Tous deux sont juifs. Tous deux sont animés par une quête obsédante : le premier recherche ce qui reste du monde juif, le second recherche sa mère déportée.

  • à mon retour d'Iran

    Fariba Hachtroudi

    • Seuil
    • 10 Janvier 2008

    Après des années d'exil et de militantisme à Paris, Fariba Hachtroudi est déjà retournée, clandestinement, en Iran. Ce deuxième retour, pourtant légal, sera semé de traquenards et de mises en garde avant son départ. Elle accepte les risques physiques qu'elle encourt pendant son séjour où elle sera confrontée aux services secrets. À son retour en France, aux critiques sordides de ses anciens camarades politiques. C'est le prix à payer - le prix consenti - pour honorer la mémoire de ses parents, pour s'associer à l'hommage rendu à son père dont les fidèles ont fêté le centenaire. La mécanique de ce retour est tissée à l'histoire familiale, à la volonté de voir la vérité en face, de se confronter au pays, renouer avec les témoins de son enfance, éclaircir les tragiques circonstances de la mort de sa mère. Pour retrouver les lieux, les paysages, les odeurs de son adolescence et les confronter à l'Iran d'aujourd'hui, à la rude vie quotidienne de ses compatriotes pris entre l'obscurantisme et la modernité. Tragiques ou joyeux sont les fantômes qu'elle traque. Elle a retrouvé ses compatriotes, et avec eux toutes les modifications du monde. Et enfin une certitude : il lui fallait revenir à tout prix pour ne pas trahir. D'un voyage incontournable, Fariba Hachtroudi a tiré un reportage d'autant plus intéressant qu'il est très personnel.

empty