Plon

  • Si tu meurs, je te tue

    Chloe Verlhac

    • Plon
    • 7 Janvier 2021

    « Ce soir-là, comme à son habitude, il fabrique ses couleurs devant le JT. Et puis, saisi d'une impulsion, il se lève sans un bruit. Je le regarde du coin de l'oeil. Il disparaît comme un chat. Il réapparait quelques longues minutes plus tard. Il me tend un galet, en me souriant doucement. On adore les galets. On en fait collection... Il me demande de le retourner. Il l'a signé au feutre.
    Il me dit : "Tu as vu ? Je les ai tous signés. On ne sait jamais, ça pourra valoir très cher dans quelque temps." C'était quelques jours avant l'attentat. » Ainsi commence le récit de Chloé. Épouse Verlhac. Maman à la tête d'une petite tribu recomposée et pas mal de chats. Par fragments, sensations, éclats de souvenir, Chloé Verlhac reconstitue le puzzle d'une vie fracassée, d'une vie qui n'est plus pareille, mais d'une vie qui continue malgré tout, âpre, belle, mordante. Une sacrée vie, Tignous.

    Elle raconte les coulisses, largement inconnues du grand public, de l'attentat et de l'après, et la lente reconstruction des proches.

  • Pour avoir enlevé son voile en public et incité d'autres femmes à l'imiter, l'Iranienne Shaparak Shajarizadeh a été condamnée en 2018 à deux ans de prison et à 18 ans de probation. Mère « ordinaire » au courage extraordinaire, cette femme de 43 ans est devenue une figure de proue du mouvement des Filles de la rue de la Révolution en Iran qui protestent contre le port obligatoire du hijab. Après être descendue dans la rue cheveux au vent, son foulard blanc hissé comme un drapeau au bout d'un bâton en mai 2017, la militante est menacée, arrêtée, emprisonnée et torturée. La bravoure de cet acte magnifiquement symbolique, elle le paiera dès lors au prix fort. Sans se plaindre. Et sans jamais baisser la tête.
    De son enfance en Iran jusqu'à son douloureux exil au Canada en passant par les horreurs de ses séjours en prison, Vivre libre raconte le destin hors du commun d'une superbe battante, Shaparak Shajarizadeh, distinguée en 2018 par la BBC comme l'une des 100 femmes les plus inspirantes au monde.

  • « Tout le monde m'appelle Jo. Mon frère, ma soeur, mon oncle, ma tante.
    Je déteste.
    Jo, c'est un raccourci pour ne pas flâner en chemin, c'est le dernier des frères Dalton, un boxeur, une peluche, un chien, mais ce n'est pas Georgia.
    Pour aller vite, ma mère aussi m'appelle Jo. Georgia c'est trop long a` dire, et il y aurait tant a` dire.
    " Jo, mets ta chemise ! Tu es très jolie avec." Ça aussi je déteste.
    Si j'avais pu ne pas être jolie, rien, peut-être, ne serait arrivé.» Georgia aurait dû rester, pleurer. Pleurer sa mère. Cette mère dont elle a attendu, espéré, pendant plus de trente ans, un geste, un mot. Cette mère pour qui aujourd'hui, elle revient à l'Hôtel du Bord des vagues où justement tout est arrivé. Elle rejoint sa famille qui ne sait rien. Mais voudra-t-elle vraiment savoir ?

  • Nuit d'épine

    Christiane Taubira

    • Plon
    • 26 Septembre 2019

    Moment de toutes les pensées, de toutes les lectures, musiques et poèmes, de tous les rêves et possibles, de quelques cauchemars aussi, la nuit chacun la voit, la sent, la vit à sa manière. De celle de la Guyane, trouée d'un faible lampadaire sous la lueur duquel, à la faveur de la moiteur et du silence, elle allait lire en cachette, enfant, comme de celle qui lui permettait de régler ses comptes avec les péchés capitaux que les religieuses lui faisaient réciter dans la journée, la nuit a souvent été, pour Christiane Taubira, une complice, une alliée, une sorte de soeur intime, un moment particulier.
    C'est la nuit des chansons qu'on adore et dévore, la nuit du sommeil qui refuse qu'on annonce la mort d'une mère, la nuit des études passionnées et des yeux en feu à force de scruter les auteurs sacrés, la nuit qui ouvre sur les petits matins des métros bougons et racistes. C'est aussi la nuit des militantismes, de la Guyane qui se révolte, des combats furieux à l'Assemblée autour du mariage pour tous - un cathéter au bras et le courage de l'égalité en bandoulière. C'est enfin la nuit d'un tragique vendredi 13 novembre 2015, bientôt suivie de celle où l'on décide d'un adieu.
    Ces nuits des espoirs, des questions, des doutes, des peurs parfois, sont un roman du vrai. Un récit aussi réel qu'onirique, magique qu'éclairant, passionné qu'« emportant ». Dans ce texte autobiographique éminemment littéraire, l'auteur - experte dans l'art de manier les mots avec justesse, de ciseler les phrases selon une musique qui convie aux voyages en soi - montre que la vie est souvent plus forte, raide, dure, inventive, poétique, envoûtante, que les fictions les plus échevelées. Un livre rare par un écrivain qui l'est plus encore.

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