• A seize ans, harcelée sur les réseaux sociaux parce qu'elle est libre de ses idées, de ses choix, de sa façon d'être, une jeune fille riposte en critiquant l'islam et en se moquant du prophète.
    Ce jour-là, Mila plonge dans un cauchemar : en quelques heures, des milliers de menaces de mort, de torture, de viol, déferlent du monde entier, mais aussi de son propre lycée.
    Elle est condamnée à vivre cachée, sous protection policière, prisonnière au pays des lumières et de la laïcité.
    Finis, l'école, les amis, l'insouciance, les rires.
    Aujourd'hui, elle raconte son parcours. Décrit la violence d'une époque intoxiquée aux réseaux sociaux. Dénonce les bourreaux protégés par leur anonymat. Et appelle le pays à ne pas être lâche et fragile : à ne jamais renoncer.
    Si vous croyez au combat sans cesse renouvelé pour nos vies libres, lisez ce livre.

  • Assise sur les sables du Sahara pendant 3 ans et 9 mois. De Noël 2016 à la fin 2020. Une toile de tente pour tout refuge par 50 degrés. Une nature rase et hostile. Des gardiens intraitables, d'autres bienveillants. À 71 ans, Sophie Pétronin devient prisonnière dans le désert, privée de tout après une vie de dévouement auprès des orphelins et des plus pauvres.
    Éperdu d'angoisse, son fils la cherche partout : au Mali, au Niger, en Mauritanie. Sébastien Pétronin est prêt à tout pour sauver sa mère mais se trouve bientôt ballotté entre services secrets et intermédiaires douteux.
    En toile de fond : la France engluée dans la guerre au Sahel, réduite à financer les recherches du fils de l'otage. Des militaires et des agents du renseignement en concurrence. Pendant près de 4 ans, des informations cruciales ont été délibérément cachées. Elles sont dévoilées dans ce récit inédit.
    Une histoire folle vécue de l'intérieur par Anthony Fouchard, journaliste, alors correspondant au Mali de France 24 et RFI.

  • Elle fut la première femme noire et la première femme d'origine indienne à concourir pour le poste de vice-présidente. Et à peine élue aux côtés de Joe Biden en novembre dernier, Kamala Harris est déjà pressentie pour prendre la tête des Etats-Unis en 2024. Face au machisme et à l'entre-soi des campagnes présidentielles menées par des hommes blancs de la génération du baby-boom, Kamala HarrisÂÂ («ÂÂ fleur de lotusÂÂ » en indien) incarne une nouvelle génération de femmes politiques. Son charisme, son naturel, sa franchise et sa volonté implacable sont les qualités qui l'ont faite élire.
    Fille d'un économiste jamaïcain et d'une chercheuse en oncologie indienne activistes au sein du mouvement pour les droits civiques durant leurs études à Berkeley, Kamala Harris a de qui tenir sa forte inclination pour la justice sociale. Elle a toujours voulu changer la société, défendre la vérité et l'égalité. A 13 ans, elle manifestait déjà contre l'interdiction de jouer sur la pelouse de son immeuble... Cette passion pour la justice, elle la développe durant ses études en science politique et en droit. Entre 2011 et 2017, elle est une procureure générale de Californie intraitable, qui apprend à se faire respecter. En 2017, elle prête serment en tant que sénatrice des Etats-Unis, et apparaît comme l'une des opposantes démocrates les plus déterminées contre Trump et son administration.
    Dans ce livre, Nos Vérités, à paraître dans plus de 25 pays, Kamala Harris raconte sa famille, son éducation, son parcours, ses engagements, son mariage, et son besoin de vérités. Elle parle ouvertement de tous ces thèmes qui divisent son paysÂÂ : le racisme, l'antisémitisme, le sexisme et l'homophobie toujours présentsÂÂ ; les inégalités économiques qui ôtent dignité et décence à des millions de travailleursÂÂ ; elle s'insurge contre le coût de la santé, contre les brutalités policières et judiciaires... Et clame son désir, puissant, de refaire de son pays une grande nation, unie, une famille.

  • Il pleut sur Montfavet ce jour-là. Il pleut sur la voiture dans laquelle Lili, révoltée, malheureuse, se sent étouffer. Devant elle, les grilles d'un hôpital psychiatrique. Son mari, Hector, prétend que c'est pour elle la seule solution. Hector que tout le monde admire, adule, Hector qui sait quoi penser et infliger aux autres. Pour Lili, la vie bascule. Derrière les murs, cependant, il y a des êtres merveilleux, étonnants, attachants. Antonin, notamment ; ou encore le Mage. Derrière les murs, surtout, il y a les pages nécessaires d'un journal intime, qui ramènent Lili à ses secrets, à ses douleurs et à son village natal de Corse, où tout se sait et tout se tait.Portrait d'une femme magnifique en lutte avec une existence qui la brise, ce premier roman de Philippa Motte s'impose avant tout comme un hymne à la transmission.

  • Le jour où je me suis rasé la tête Le jour où Aurélie Marchi rase ses cheveux longs, le regard des autres sur elle change aussitôt. Alors qu'elle n'est ni malade ni en dépression, comment a-t-elle pu se raser la tête juste parce qu'elle en avait envie ? Face aux réactions suscitées par son geste, Aurélie Marchi a choisi de parler et de ne plus jamais se taire.

    Dans ce plaidoyer pour la liberté à disposer de son corps, elle raconte son passage à l'acte, ce grisant éveil à la liberté de ne plus porter le poids de ses cheveux et dénonce les revers de la médaille. Le regard des autres, le rapport à la beauté, à la sexualité, à la confiance en soi et tout ce qu'un simple cheveu, par son absence, a engendré. De situations rocambolesques en harcèlement de rue, l'auteure analyse notre rapport stéréotypé aux cheveux et au corps des femmes.

    De clichés en préjugés, Aurélie Marchi raconte son expérience d'un geste beaucoup plus politique qu'il n'y paraît. Lucile Bellan Un témoignage touchant, vibrant et drôle. Un pur régal ! Caroline Frisou

  • La grenade

    Hutin Emmanuelle

    • Stock
    • 5 Mai 2021

    Une femme avance dans la vie avec le souhait de cocher toutes les cases. Magazines féminins et leur lot d'injonctions sous le bras, elle se construit autour d'un idéal inatteignable. Carrière, mariage, famille, elle se doit d'être tout pour elle et pour ceux qu'elle aime. Pourtant, dès la naissance de son premier enfant, son fils chéri, elle sent que quelque chose ne tourne pas rond. Anxieuse, elle guette le drame à venir au fur et à mesure que son idéal de jeune mère active, son couple et son moral se dégradent. Un deuxième enfant serait la solution ? À nouveau la maternité, l'amour plus fort que tout mais toujours, ce sentiment que quelque chose cloche : pourquoi ne trouve-t-elle pas son bonheur dans cette vie ?Et puis c'est la première crise, stupeur de voir son fils tressauter, désarticulé devant elle. Une deuxième puis une troisième confirmeront le diagnostic : l'épilepsie est entrée dans la vie de cette mère parfaite. Petit à petit, les crises se multiplient et s'intensifient. Jusqu'à emporter toute l'énergie de Solal, et avec elle le fragile équilibre familial. Cette mère en quête de perfection, va devoir faire face pour ses enfants, et continuer à avancer, même quand tout s'effondre sous ses pas. Un récit personnel, un parcours de femme, d'émancipation, une quête de soi, de l'explosion de son couple à la maladie de son fils. La Grenade, c'est la féminité, la gourmandise, mais aussi le cerveau qui se détraque et la bombe à retardement qui finit par exploser.

  • La mort n'a jamais tenu une grande place dans ma vie consciente. Je n'y pense guère et m'en préoccupe encore moins. Mourir au dernier moment, comme disait Céline, avec le courage et la dignité que j'ai vus aux bêtes, avec leur simplicité, voilà ce que je souhaite.
    À l'adolescence, alors que je ne m'en souciais pas davantage, il m'arrivait toutefois de me réveiller en sursaut la nuit avec la pensée qu'il allait falloir mourir un jour. Puis ces réveils disparurent.
    Plus tard, je m'intéressai aux philosophies antiques qui tiennent la mort pour rien, auxquelles faisait écho ce vers de Mallarmé : « Un peu profond ruisseau calomnié la mort. » J'ai récemment failli mourir du coronavirus.
    C. M.

  • Le destin d'une femme n'est pas de devenir mère. Pas le sien, en tout cas.
    Chloé Chaudet a 35 ans. Elle n'aura pas d'enfant. C'est décidé. Ce choix suscite l'incompréhension, voire l'agressivité. « Tu. ne vas pas regretter ? » « Tu n'as pas peur de finir seule ? » Toujours ces mêmes questions, quels que soient l'âge et le milieu. En France, la maternité semble une évidence ; pourtant, près de 5 % des femmes la refusent. C'est un sujet tabou que même la révolution féministe tient encore à l'écart. « Comme des centaines de milliers de femmes indociles, j'ai pris une décision qui demeure inacceptable : vivre comme bon me semble. » Chloé Chaudet confie les raisons de son choix, décrit sa fragilité face aux réactions qu'il suscite et tente de comprendre ces diktats inconscients qui nous habitent. Un livre éclairant, qui bouscule les préjugés.

  • Au décès de sa mère, les yeux de Georgia restent secs. Soudain, tout lui revient. Ce qu'elle avait enfoui pour tenter d'oublier et avancer, se construire. L'été de ses huit ans, chez oncle Franck et tante Solenne. Là où tout a commencé. Où tout a basculé. Georgia doit y retourner pour enterrer sa mère. Comme depuis toujours, on l'appellera Jo, on lui dira qu'elle est jolie. Mais Georgia déteste qu'on l'appelle Jo, et ne veut pas être jolie...

  • Pendant une grande partie de sa vie ma mère a vécu dans la pauvreté et la nécessité, à l'écart de tout, écrasée et parfois même humiliée par la violence masculine. Son existence semblait délimitée pour toujours par cette double domination, la domination de classe et celle liée à sa condition de femme. Pourtant, un jour, à quarante-cinq ans, elle s'est révoltée contre cette vie, elle a fui et petit à petit elle a constitué sa liberté. Ce livre est l'histoire de cette métamorphose.

    É. L.

  • « Vingt regards sont braqués sur moi. Vingt personnes, des dossiers de vingt pages photocopiés trois fois, une heure de temps de vie multipliée par vingt individus multipliée par les heures de préparation desdits dossiers, les échanges par mail, par courrier et par téléphone. Tout ça pour régler au millimètre les conditions d'entrée de ma fille à l'école de la République.
    Ma petite Louise, trois ans, deux bras, deux jambes et toujours ce foutu chromosome en plus. ».
    Après La vie réserve des surprises, Caroline Boudet prend de nouveau la plume et revient sur les mois qui ont précédé l'entrée en maternelle de sa fille Louise, porteuse de trisomie 21. Un véritable parcours du combattant pour elle et ses proches. Dans ce récit émouvant et drôle, l'auteure dit ce qui est souvent tu, par pudeur ou par gêne, concernant le handicap et le quotidien qui en découle.

  • Lorsqu'on diagnostique à sa fille de 16 ans une tumeur, Marie-Noëlle Dubost sait qu'elle va devoir affronter le pire. Le combat pour sa fille, elle ne le mène pas seule : il y a sa famille, ses amis, et Jean-Louis Fournier, dont les livres comptent tant pour elle. Elle ne l'a jamais rencontré, ils se sont écrit quelques lettres.
    S'établit un pacte qu'ils vont tenir tout le long de la terrible épreuve : elle lui écrit chaque jour, lui raconte les opérations, le quotidien bouleversé, les angoisses, les doutes.
    Ces questions essentielles aussi : comment survivre ? Que croire ? Comment se reconstruire ? Où mettre son espérance ? Elle s'adresse à l'écrivain et à nous tous, pour chacune de nos batailles.
    Un hymne à la vie, au pouvoir des mots, une leçon d'humanité et de courage.

  • « Je vais me permettre de te tutoyer, tu ne m'en veux pas? On ne se connaît pas, c'est vrai. Mais vu ce qu'il vient de t'arriver, je crois qu'on a quelques points communs. (...) Alors on va faire un truc, si tu veux bien: je t'écris maintenant, et toi, tu me lis quand tu veux. D'accord? Moi, j'ai des choses à te dire. Toi, sens-toi libre d'en faire ce que tu veux. D'ailleurs, c'est peut-être par là que je devrais commencer: sens-toi libre de tout, tout le temps, et surtout de refuser. Ton «non» est un droit élémentaire. Au-delà de respectable, il est inaliénable. Même si on vient de te le piétiner. Alors, par exemple, tu peux dire: «Non, Giulia, je ne te lirai pas, pas tout de suite, et peut-être même jamais.» Mais je vais juste poser ça là. »

  • Rana, dix ans, fonce sur son vélo flambant neuf, un vent de liberté lui caresse le visage.
    Quinze jours plus tard, c'est terminé. Son vélo est donné à l'un de ses oncles. Encore quelques mois et elle devra porter l'abaya noire sur son corps, le tarha sur sa tête et ses épaules, le niqab sur son visage. Ensuite, ses parents lui trouveront un mari et elle sera condamnée à ne plus rien faire que la cuisine, le ménage et ses cinq prières par jour. C'est la loi.
    Il ne reste à Rana que ses yeux pour pleurer et contempler son monde : l'Arabie saoudite des années 2000. Mais Rana n'a jamais oublié le vent de liberté de ses dix ans et est prête à tout pour le retrouver et en jouir, et, cette fois, en adulte.

  • « Tant de fois je me suis tenue avec des mourants et avec leurs familles. Tant de fois j'ai pris la parole à des enterrements, puis entendu les hommages de fils et de filles endeuillés, de parents dévastés, de conjoints détruits, d'amis anéantis... ».
    Etre rabbin, c'est vivre avec la mort : celle des autres, celle des vôtres. Mais c'est surtout transmuer cette mort en leçon de vie pour ceux qui restent : « Savoir raconter ce qui fut mille fois dit, mais donner à celui qui entend l'histoire pour la première fois des clefs inédites pour appréhender la sienne. Telle est ma fonction. Je me tiens aux côtés d'hommes et de femmes qui, aux moments charnières de leurs vies, ont besoin de récits. ».
    A travers onze chapitres, Delphine Horvilleur superpose trois dimensions, comme trois fils étroitement tressés : le récit, la réflexion et la confession. Le récit d' une vie interrompue (célèbre ou anonyme), la manière de donner sens à cette mort à travers telle ou telle exégèse des textes sacrés, et l'évocation d'une blessure intime ou la remémoration d'un épisode autobiographique dont elle a réveillé le souvenir enseveli.
    Nous vivons tous avec des fantômes : « Ceux de nos histoires personnelles, familiales ou collectives, ceux des nations qui nous ont vu naître, des cultures qui nous abritent, des histoires qu'on nous a racontées ou tues, et parfois des langues que nous parlons. » Les récits sacrés ouvrent un passage entre les vivants et les morts. « Le rôle d'un conteur est de se tenir à la porte pour s'assurer qu'elle reste ouverte » et de permettre à chacun de faire la paix avec ses fantômes...

  • Avocate, Yael Mellul s'est imposée au fil des années comme LA spécialiste de la lutte contre les violences conjugales et plus largement des violences faites aux femmes. Elle est à l'origine de la reconnaissance du délit de « violence conjugale à caractère psychologique », qu'elle a théorisé et fait inscrire à la loi du 9 juillet 2010. Elle revient dans cet ouvrage sur le combat acharné qu'elle a mené durant dix ans pour faire reconnaître le suicide forcé, adopté le 30 juillet 2020. Un combat acharné dont il a fallu surmonter les écueils, les fausses promesses, les coups bas, les moments de découragement... grâce à cette incroyable force qui l'anime. L'avocate engagée qui ne recule jamais est allée chercher au plus profond d'elle, s'est nourrie de la violence qu'elle-même a subie au sein de son propre foyer pour faire entendre, défendre, haut et fort, la voix et les droits de toutes les femmes ainsi que des enfants victimes de cette violence qui ne devrait plus exister.

  • « Je marche dans la rue en levant les yeux au ciel. Il paraît que c'est ultra-efficace pour éviter de pleurer. J'inspire à fond. J'écoute battre mon coeur. Je viens d'entrer dans un tunnel immense... C'est le début du grand huit. Il va falloir que je m'accroche.

    Longtemps, je n'ai pas voulu voir, pas voulu savoir. J'étais dans le déni et la mauvaise foi. J'ai joué à merveille mon rôle d'actrice lumineuse, pétillante et légère. J'avais une double vie : celle à laquelle je voulais croire, et l'autre, celle que je vivais vraiment... Il m'aura fallu dix ans pour accepter la différence de ma fille. Dix ans de fuite, dix ans de combat. Je ne m'attendais pas à un tel voyage.
    Je voudrais aujourd'hui partager ce chemin de rires et de larmes, de colères, de doutes, de joies et d'amour. Parce que, si longue que puisse être la route, si gigantesques que soient les montagnes à franchir, nous avons tous le choix d'être heureux. »

  • Faux Poivre relate l'histoire de la famille de Monika Sznajderman. Une histoire qu'elle a longtemps ignorée et qu'elle découvre grâce à des photos envoyées d'Australie par des parents dont elle ne connaissait même pas l'existence.
    Pour la sociologue polonaise Barbara Engelking, spécialiste de l'Holocauste, c'est « un livre extraordinaire qui montre l'enchevêtrement des histoires ayant fait la Pologne.
    L'auteure reconstitue le destin de ses aïeux juifs, trouvant des traces de leur existence dans les journaux, les archives d'infimes indices éparpillés entre le ghetto de Varsovie, Radom et jusqu'à l'Amérique et l'Australie. Elle présente avec le même soin les parents et ancêtres de sa mère, issus d'une pittoresque famille de la noblesse polono-saxonne. Leur histoire se déroule à Varsovie, à Moscou, en Volhynie, sur les domaines et les grandes villes que bouleversaient les Années folles.
    Monika Sznajderman évoque ces deux mondes avec une égale dévotion, nous faisant prendre conscience à la fois de la fugacité de l'existence et de la complexité des identités polonaises, ainsi que de la valeur et du sens de la mémoire. »

  • Dix-neuf femmes, dix-neuf vies - et une seule cause : la liberté. À chacune de raconter « sa » révolution et « sa » guerre. D'école en hôpital, de manifestation en reportage, c'est le moment pour ces femmes de prendre la parole. Mais qui pour les entendre ? Elles sont prises dans un étau qui, de massacres en tortures, se referme sur elles. La révolte elle-même se dérobe sous leurs pieds. Bientôt, l'horreur... Bientôt, l'exil... Dix-neuf voix pour raconter leurs histoires, leur Histoire. Dix-neuf voix pour mémoire.

  • Héritage

    Dani Shapiro

    • Arenes
    • 21 Janvier 2021

    « J'ai toujours su que ma famille avait un secret. Ce secret, c'était moi. » Dani Shapiro naît dans une famille juive new-yorkaise, au début des années 1960. Son père, Paul, est un pilier de la communauté orthodoxe, et l'idole de sa fille. Pourtant, depuis toujours, celle-ci se regarde souvent dans le miroir, sans parvenir à chasser un sentiment d'étrangeté. Qui est cette petite fille très blonde aux yeux bleus, si éloignée physiquement de ses parents ? Autrice de mémoires devenus best-seller, elle raconte le destin de ses ancêtres, son couple, la mort brutale de son père dans un accident de voiture. Jusqu'au jour où, à 50 ans passés, elle se prête au jeu d'un test ADN en kit.

  • Pendant trois ans, Gulbahar Haitiwaji a enduré des centaines d'heures d'interrogatoire, la torture, la faim, la violence policière, le bourrage de crâne, la stérilisation forcée, le froid, les nuits sous le néon d'une cellule, les mécanismes de la destruction humaine.

    Née dans le Xinjiang, la province des Ouïghours en Chine, Gulbahar vivait en France depuis de longues années quand, un matin de novembre 2016, sa vie a basculé au cours d'un voyage dans sa terre d'origine.

    Ce qu'elle a vu, entendu, vécu dans les entrailles du système concentrationnaire chinois est terrifiant.

    Aujourd'hui, plus d'un million de Ouïghours a été déporté dans des camps de « rééducation » par le Parti communiste chinois, qui prétend lutter contre « le terrorisme, l'infiltration et le séparatisme ». Les Xinjiang Papers, révélés par le New York Times en novembre 2019, dénoncent une répression s'appuyant sur une détention de masse, la plus foudroyante depuis l'ère Mao. Ces camps sont à la Chine ce que le Goulag était à l'URSS. Les Ouïghours subissent un génocide : nous ne pourrons pas dire, cette fois, que nous nous ne savions pas.

    Sauvée grâce aux tractations acharnées de sa fille et du quai d'Orsay, Gulbahar est la première rescapée des camps chinois à témoigner. Sa voix est essentielle. En publiant ce livre, elle prend des risques terribles pour elle et sa famille restée au Xinjiang.
    Un récit de vie brûlant, historique, auquel l'Occident ne peut rester insensible.

  • Si tu meurs, je te tue

    Chloe Verlhac

    • Plon
    • 7 Janvier 2021

    « Ce soir-là, comme à son habitude, il fabrique ses couleurs devant le JT. Et puis, saisi d'une impulsion, il se lève sans un bruit. Je le regarde du coin de l'oeil. Il disparaît comme un chat. Il réapparait quelques longues minutes plus tard. Il me tend un galet, en me souriant doucement. On adore les galets. On en fait collection... Il me demande de le retourner. Il l'a signé au feutre.
    Il me dit : "Tu as vu ? Je les ai tous signés. On ne sait jamais, ça pourra valoir très cher dans quelque temps." C'était quelques jours avant l'attentat. » Ainsi commence le récit de Chloé. Épouse Verlhac. Maman à la tête d'une petite tribu recomposée et pas mal de chats. Par fragments, sensations, éclats de souvenir, Chloé Verlhac reconstitue le puzzle d'une vie fracassée, d'une vie qui n'est plus pareille, mais d'une vie qui continue malgré tout, âpre, belle, mordante. Une sacrée vie, Tignous.

    Elle raconte les coulisses, largement inconnues du grand public, de l'attentat et de l'après, et la lente reconstruction des proches.

  • Elles sont neuf. Neuf femmes avocates que les projecteurs ignorent, préférant leurs confrères, les fameux « ténors du barreau ».

    Chacune de ces avocates a, dans le coeur, un procès particulier, un de ceux dont on ne se remet jamais vraiment. Elles ont défendu Guy Georges, la famille d'Ilan Halimi, Bertrand Cantat, Charles Pasqua, un Premier ministre des Balkans, ou des anonymes accusés de matricide, d'agression sexuelle, de tentative de meurtre. Ces procès, ce qu'ils disent d'elles, elles le racontent pour la première fois.

    Une passionnante plongée dans la psyché des grandes pénalistes qui confirme que la hauteur et la complexité d'un métier sont aussi une affaire de femmes.

  • Maid

    Stéphanie Land

    Il est arrivé qu'un écrivain devienne femme de ménage. Pour vivre de l'intérieur une condition sociale qui n'était pas la sienne, et pouvoir témoigner, dénoncer les conditions de travail indignes, les horaires inhumains, mettre sa plume au service de celles que personne n'écoute. Ce fut le cas de Florence Aubenas, et de Barbara Ehrenreich qui signe la préface de ce livre. Mais il arrive - plus rarement - que ce soit l'inverse. Qu'une femme de ménage devienne écrivain. Au début de ce récit, Stéphanie Land est seule et mère d'une petite fille de 2 ans et, pour (sur) vivre et leur procurer un toit, elle nettoie les maisons auxquelles elle s'amuse à donner des noms romanesques : la Maison du Clown, la Maison Porno, la Maison Triste, la Maison de la Femme qui Entasse... Elle explore ainsi le ventre de l'Amérique depuis sa classe moyenne supérieure à la réalité de ceux qui la servent. À la fin de son récit, sa fille a 7 ans et s'apprête à lui sauter au cou pour la féliciter : Stéphanie va recevoir son diplôme de création littéraire de l'Université de Missoula. Montana. Suivi en cours du soir à distance. Entre les deux, Stéphanie a briqué, balayé, frotté, rangé, et vu l'envers du décor de l'Amérique triomphante. Elle a aspiré la poussière chez les autres, et aspiré à devenir quelqu'un d'autre. Elle raconte.

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