Littérature traduite

  • Icône du cinéma, Jane Fonda a depuis toujours mis sa notoriété au service des grandes causes. En 2019, exaspérée par le déni du réchauffement climatique de la part du monde politique, elle s'installe à Washington et organise avec Greenpeace des manifestations pour le climat devant le Capitole. Cet appel à la désobéissance civile non violente, qui lui vaut d'être arrêtée de nombreuses fois, a mobilisé des milliers de personnes.
    Dans Que faire ? Jane Fonda entrelace son parcours de militante aux propos d'éminents climatologues et responsables d'ONG pour souligner ce qui est en jeu : les systèmes de survie de la Terre risquent de s'effondrer, mais aussi notre tissu social. Le désespoir n'est pas de mise, car il est encore temps d'agir. Dans ce livre engagé et riche en anecdotes, Jane Fonda nous donne les clés pour passer à l'action.

  • Voici, enfin disponible en édition de poche l'essai majeur d'Angela Davis, figure emblématique des luttes pour les droits civiques aux États-Unis depuis les années 1960.

    Dans "Femmes, race et classe", Angela Davis, historienne et militante, retrace avec brio les liens entre féminisme, antiracisme et lutte des classes, à travers l'histoire des femmes, des noir-e-s et de leurs luttes aux États-Unis du XIXe siècle aux années 1970. Elle analyse aussi bien les écueils provoqués par le racisme dans le mouvement féministe américain blanc que la misogynie au sein des mouvements révolutionnaires noirs et montre comment des premiers liens se sont établis entre le féminisme naissant et la lutte pour l'abolition de l'esclavage, avant de se distendre face à la pression d'adversaires politiques qui cherchent à diviser les luttes. Redonnant vie à des figures politiques majeures méconnues en France, comme Sojourner Truth et son célèbre « Ne suis-je pas une femme ? » qui interroge la place des femmes noires dans la société, "Femmes, race et classe" est un essai dense et fondateur. Soulevant la question des contradictions à dépasser entre les oppressions spécifiques, il trouve aujourd'hui une actualité centrale avec les débats contemporains sur le féminisme dit « intersectionnel ».

  • Ce livre rassemble les lettres que Zehra Dogan, durant ses 600 jours d'incarcération, a adressées à Naz Öke, journaliste turque vivant à Paris et animatrice, avec Daniel Fleury, du site d'information Kedistan pour la liberté d'expression.
    C'est dans le cadre de la grande campagne de solidarité que ces derniers ont mené avec le PEN Club international que Naz Öke a commencé à écrire à la jeune journaliste et artiste kurde, qu'elle n'avait jamais rencontrée auparavant. Au fil de ces lettres se noue une très belle amitié entre deux femmes : « Zehra m'a dit en sortant de prison que nos échanges épistolaires lui avaient procuré des forces, car ils ont tissé un lien avec "la vie qui coule comme une rivière au-delà des murs gris" [...] Pourtant, pour moi, c'est elle qui fut une véritable source d'espoir, un rayon de soleil à travers les nuages sombres qui planent au-dessus du monde, pour préserver la précieuse conviction qui nous anime : "Nous aurons aussi des beaux jours ". » Pendant ces mois de détention, la jeune femme n'a cessé de créer, animant des ateliers de peinture avec ses codétenues dont elle dresse de très beaux portraits. Démunie de tout matériel, elle fabrique des pinceaux avec les plumes d'oiseau ramassées dans la promenade puis avec les cheveux de ses camarades qui les coupent pour elle, et des pigments avec tout ce qui lui tombe sous la main : sauce tomate, marc de café, épluchures de salade et de fruits, bouts de drap, et même du sang menstruel et de la fiente d'oiseau.
    Ces lettres révèlent une femme d'une générosité et d'une énergie exceptionnelles, une artiste surdouée, une poétesse, une militante pour la liberté des femmes et les droits des kurdes, soucieuse des autres et du monde. On n'a pas fini de parler d'elle... De grands artistes l'ont d'ailleurs soutenue, comme le peintre dissident chinois Ai Weiwei qui lui a écrit une lettre, ou l'artiste américain Bansky qui a créé à Manhattan une fresque en son hommage. Elle vit désormais à Londres où elle va exposer, ainsi qu'en Italie et en France notamment à l'Espace des femmes-Antoinette Fouque, à Paris, au mois de novembre 2019.

  • « 19 femmes est le fruit d'une série d'entretiens que j'ai menés avec des Syriennes dans leurs pays d'asile, ainsi qu'à l'intérieur du territoire syrien. À chacune j'ai demandé de me raconter "leur" révolution et "leur" guerre. Toutes m'ont décrit le terrible calvaire qu'elles ont vécu.
    Je suis hantée par le devoir de constituer une mémoire des événements qui contrerait le récit qui s'emploie à justifier les crimes commis, une mémoire qui, s'appuyant sur des faits incontestables, apporterait la preuve de la justesse de notre cause. Ce livre est ma façon de résister. » SAMAR YAZBEK.

    Avec ce document unique, capital, sur le rôle des femmes dans la révolution, Samar Yazbek rend leur voix aux Syriennes, la voix de la résistance, la voix de l'espoir.

  • Qu'est-ce qui anime, obsède et déchire la société polonaise d'aujourd'hui ? Quelle est l'origine profonde des événements politiques qui secouent l'opinion publique polonaise et retentissent à travers l'Europe ? Comment expliquer les causes de la volte-face anti-européenne qu'a effectuée, il y a peu, « le meilleur élève de l'Union Européenne » ?
    Hourras et désarrois est un recueil d'essais sur la Pologne actuelle. Pour la comprendre, une seule clef : la culture, comprise avant tout comme un ensemble de manières de penser, de sentir et d'agir propres à une société donnée.
    La Pologne actuelle est racontée ici par le biais de la création artistique (littérature, arts visuels, théâtre), outil hyper-sensible pour capter et sonder les mécanismes culturels profonds, mais aussi à travers des phénomènes culturels populaires comme les mèmes, les manifestations de rue, les néologismes les plus en vogue, les stéréotypes, les styles de vie ou les objets de la vie quotidienne.

  • Qui est donc Milagro Sala, prisonnière politique la plus célèbre d'Argentine ?

    Pour le savoir, Alicia Dujovne Ortiz est allée enquêter sur place, dans la province de Jujuy, au printemps 2017. Elle a rencontré Milagro Sala dans sa prison ainsi que son mari, ses camarades de luttes, des membres de son association Tupac Amaru, ses voisins, ses ennemis aussi. Au fil des témoignages se révèle une femme hors du commun, une révolutionnaire d'une générosité exceptionnelle qui a su mettre la cause indienne sur le devant de la scène, et qui est aujourd'hui en danger de mort. Ce livre se joint à la mobilisation internationale lancée pour exiger sa libération.

  • Les récents événements en birmanie ont révélé au monde le nom d'aung san suu kyi, âme de la résistance du peuple birman à la dictature et prix nobel de la paix.
    D'où tire-t-elle la conviction et la force qui, depuis près de vingt ans, lui permettent de mener avec un héroïsme tranquille le plus inégal des combats contre la junte au pouvoir en birmanie ? elle refuse la provocation, elle refuse la peur, elle refuse la haine. elle s'obstine à réclamer le dialogue. comment a-t-elle réussi à garder cette extraordinaire mesure face aux injures, aux arrestations - elle est depuis douze ans prisonnière dans sa propre maison et est restée plus de deux ans sans nouvelles de son mari et de ses jeunes enfants - et face aux brimades quotidiennes ?.
    Avec une clarté et une simplicité admirables, elle l'explique longuement dans ce livre à la fois d'une actualité brûlante et d'une philosophie intemporelle

  • Héritière de l'une des familles les plus puissantes du pays, Benazir Bhutto a grandi auprès d'un père, Zulfiqar Ali Bhutto, devenu héros du peuple, démocratiquement élu au suffrage universel, premier chef du gouvernement progressiste à avoir tenu tête aux militaires. Lors de son départ en 1969 pour Harvard il lui avait dit : « Tu t'en vas loin d'ici, en Amérique. Mais souviens-toi, quoi qu'il arrive, que tu finiras par revenir ici. Ta place est ici. Tes racines. La poussière, la boue, la chaleur de Larkana sont dans tes os. Et c'est ici que tu auras ta sépulture. » A peine rentre-t-elle de ses études en Occident, que son père est déposé par le général Zia Ul-Haq. A 24 ans, elle est envoyée en prison avec sa mère. Elle reprend, après l'exécution de son père, le flambeau à la tête du Parti du Peuple Pakistanais qu'elle portera au pouvoir à deux reprises. Ayant dû quitter le Pakistan en 1999 pour échapper à la prison, Benazir y rentre en 2007 malgré les menaces de mort qui pèsent sur elle et constate l'évolution politique et sociale d'un pays où la liberté est une lutte permanente. Dans Fille de l'Orient, Benazir Bhutto délivre, en dépit de la violence dont elle aura été la victime, un message d'espoir autant qu'un plaidoyer pour l'action et la démocratie. Ses mémoires se dévorent comme une saga, tant son incroyable destin dépasse la fiction. Sa vie se sera terminée de manière tragique mais, hélas, prévisible. Après les Kennedy et les Gandhi, une nouvelle dynastie politique naît dans la douleur et le sang, les Bhutto.

  • Des femmes écrivent l'Afrique est un projet de reconstruction culturelle qui a pour objectif de donner à entendre, de par le monde, des voix jusque là méconnues de femmes d'Afrique qui se sont élevées au cours des siècles.
    Par la publication d'une série d'anthologies régionales, ce projet s'attache à rendre compte de diverses formes d'expression " littéraire " propres aux femmes d'Afrique. Chaque volume met en lumière une variété de textes représentatifs qui, oraux ou scripturaux à leur origine, présentent une valeur à la fois historique et littéraire. Ce premier volume de la série à paraître en français propose en lecture 132 textes issus de l'Afrique de l'Ouest et du Sahel - des récits, des contes, des chants, des panégyriques, des lettres, des extraits de mémoires, des documents d'archives, des interviews, des poèmes, des extraits de romans et de pièces de théâtre.
    L'anthologie comprend des textes de l'époque des grands empires africains du Soudan occidental, de la période coloniale, de l'ère des indépendances et enfin de l'époque contemporaine. Vingt langues africaines et douze pays sont représentés : le Bénin, le Burkina Faso, la Côte d'Ivoire, la Gambie, le Ghana, la Guinée-Conakry, le Liberia, le Mali, le Niger, le Nigeria, le Sénégal et la Sierra Leone. Chaque texte est précédé d'une note introductive, le replaçant dans son contexte socioculturel et historique.
    Quant à l'introduction au volume, elle tente de donner un aperçu général sur l'histoire culturelle et littéraire de l'Afrique de l'Ouest et du Sahel, en accordant une attention particulière aux riches traditions orales des femmes de la région. Dès sa publication, en anglais, par la Feminist Press at the University of New York (2005), le volume sur l'Afrique de l'Ouest et le Sahel a aussitôt été acclamé : " Un seul volume ne saurait combler le vide, mais c'est là un commencement.
    Les éditrices ont ouvert un espace d'expression aux voix des femmes africaines. Nous percevons l'urgence, la puissance et la modernité de certaines d'entre elles ; d'autres nous paraissent plus lointaines, comme affaiblies déjà, car emportées par le vent qui efface les langues et anéantit les cultures.

  • 23 février 2002, sud de la Colombie : Ingrid Betancourt, candidate à la présidence de la République, est enlevée en pleine campagne électorale par un mouvement guérillero. Depuis ce jour, détenue quelque part dans la jungle, elle partage le sort de trois mille autres « kidnappés ». Pions dans un vaste et tragique jeu de pouvoir, ils subissent une captivité qui peut les mener à la mort.
    Rien ne destinait Juan Carlos Lecompte, l'époux d'Ingrid, à ce combat quotidien pour faire libérer sa femme, « punie » pour avoir voulu faire entendre une autre voix, une voix citoyenne, une voix d'intégrité, là où on n'entend, le plus souvent, que le bruit des armes.
    C'est la chronique de ces années de lutte que nous livre Juan Carlos Lecompte. Son récit vibrant et passionné dessine en creux le portrait d'une femme d'exception et brosse le triste tableau d'un pays comme prédestiné à la tragédie. Mais ce cri lancé au nom d'Ingrid est aussi un cri d'espoir, pour elle comme pour tous les otages. Pour que cesse l'hypocrisie. Pour que s'ouvrent des négociations. Pour que ce cinquième anniversaire de son enlèvement soit aussi l'heure de sa libération.

  • Avocate et militante des droits de l'homme, Shirin Ebadi incarne aujourd'hui la résistance des femmes iraniennes au pouvoir autocratique du régime islamique de Téhéran. Elle a reçu à ce titre le prix Nobel de la paix en 2003, attribué pour la première fois à une femme musulmane. Ce livre raconte une vie tout entière consacrée à la justice. Au début des années 1970, elle est la première femme à être nommée présidente du tribunal de grande instance de Téhéran, à l'âge de vingt-trois ans. Quelques mois après la révolution islamique de 1979, elle est contrainte de renoncer à ses fonctions. Avocate, elle engage alors un combat quotidien contre le régime, ce qui lui vaut d'être plusieurs fois emprisonnée et même menacée de mort : " Toute personne oeuvrant pour les droits de l'homme en Iran doit vivre avec la peur de sa naissance à sa mort, mais j'ai appris à surmonter ma peur. " Aujourd'hui, Shirin Ebadi se consacre surtout à la défense des femmes et des enfants, qui subissent de plein fouet, et jusque dans leur chair, la violence de la culture patriarcale iranienne. Mère de deux filles, elle a fondé par ailleurs une Association de défense des enfants dont les droits sont inexistants dans son pays. Ce livre est le récit des combats d'une femme exceptionnelle contre l'obscurantisme religieux et l'oppression des femmes.

  • En arrivant au Kremlin en 2000, Vladimir Poutine avait promis d'instaurer en Russie la " dictature de la loi ", de mettre fin à la corruption, d'offrir à chaque citoyen un niveau de vie décent, de ramener l'ordre en Tchétchénie... Le bouleversant journal qu'a tenu, pendant près de deux ans, Anna Politkovskaïa, montre que la Russie est loin du compte. Un pouvoir impitoyable, néo-soviétique, s'est installé. La bureaucratie pille les citoyens ; les riches s'enrichissent et les pauvres s'appauvrissent ; les tribunaux rendent une justice au service des puissants... Dans ces conditions, les discours les plus radicaux reçoivent de plus en plus d'écho, et si une révolution éclate en Russie, elle ne sera ni orange, ni de velours, mais rouge comme le sang, prédit la journaliste.

  • Depuis août 1999, Anna Politkovskaïa s'est rendu plus d'une quarantaine de fois en Tchétchénie pour couvrir la guerre, la seconde qui frappe cette petite République. Pour elle, c'est l'avenir même de la Russie et ses chances d'accéder à une véritable démocratie qui sont en jeu.
    Décrivant le calvaire de la population tchétchène, Anna Politkovskaïa montre que la poursuite du conflit le rend de plus en plus incontrôlable. La violence absolue favorise la minorité tchétchène la plus extrême, au détriment de la majorité acquise aux idées occidentales, et déshumanise les combattants des deux camps. Les militaires russes pillent, violent et tuent en toute impunité, les combattants tchétchènes sombrent dans la délation et les règlements de comptes, dévorés par le désir de vengeance d'un côté, et les exigences cyniques de la survie de l'autre, basculant parfois dans la criminalité pure et simple.
    Pour elle, cette spirale infernale trouve son origine dans la tradition d'un pouvoir qui a besoin d'un ennemi - bouc émissaire - pour lui faire porter le poids des malheurs - réels - des Russes dans la difficile période du postcommunisme.

  • L'Âge de Kali est un recueil d'une vingtaine d'essais, fruit des dix années passées par l'auteur dans le subcontinent indien dans les diverses parties de l'Inde, mais aussi au Pakistan et au Sri Lanka. Grâce à un formidable don d'observation et de nombreuses rencontres, l'auteur dresse un tableau passionnant et parfois effrayant d'une région en proie à de formidables bouleversements ; il restitue aussi la complexité d'une société tiraillée entre changements et résistance aux changements.
    Au cours de ses déplacements dans le subcontinent, William Dalrymple a souvent entendu que l'Inde serait dans les affres de « l'âge de Kali ». Dans l'ancienne cosmologie hindoue, qui divise le temps en quatre grandes
    ères, l'âge de Kali, la quatrième période, est la pire : époque de conflits, de corruption, de désintégration, durant laquelle toutes les règles morales s'effondrent.
    Les témoignages qu'il rapporte de certaines régions semblent confirmer les prophéties les plus pessimistes : le Bihar, au nord, en pleine guerre des castes, est le théâtre de violences et de massacres, tandis que la
    déliquescence politique et la corruption en font presque une zone de non-droit. Au Pakistan, la région du nord de Lahore est infestée de bandits, et c'est à Peshawar qu'il rencontre un baron de la drogue. Et pourtant, à ce nord en plein chaos s'oppose un sud plus prospère et en voie de stabilisation.
    Mais à cette première ligne de partage s'en surimposent d'autres, et c'est la force du récit de Dalrymple de mettre en lumière toutes les tensions qui animent cette société, prise entre tradition et modernité : il montre,
    par exemple, l'importance persistante des castes, pourtant officiellement abolies, ou le poids des croyances religieuses (avec une poignante description de Vrindavan, « cité des veuves », ou le récit d'un exorcisme à Cochin.) Son entretien avec Baba Sehgal, première vraie rock star indienne, ou ses descriptions de Bollywood forment alors un contraste saisissant. Très instructives aussi sont ses interviews de Benazir Bhutto et d'Imran
    Khan, de même que sa rencontre avec des membres des Tigres Tamouls du Sri Lanka, en particulier d'un bataillon féminin de guérilleros.

  • Les trois longues années de pourparlers de paix sont une épreuve pour la délégation palestinienne, confrontée aux exigences des gouvernements israéliens, à leur refus de respecter le droit international et à la position d'emblée pro-israélienne des médiateurs américains. L'accord de paix finalement signé le 13 septembre 1993 à la Maison Blanche n'est pas l'aboutissement de ces négociations officielles mais de celles, secrètes, menées à Oslo depuis l'été 1992 par l'OLP et les émissaires d'Itzhak Rabin. Tout en restant loyale envers Yasser Arafat, et proche de lui, Hanane Ashraoui critique fortement cet accord d'Oslo qui lui paraît, comme à un nombre croissant de Palestiniens, hâtif et dangereux car il ne porte ni sur la fin des implantations de colonies, ni sur le statut de Jérusalem, ni sur le respect des droits de l'homme.

  • Taslima Nasreen a écrit, à ce jour, plus de trente livres de poésie, essais, romans, nouvelles et mémoires, et ses oeuvres sont traduites dans plus de vingt langues.

    « Je fais devant vous le serment de poursuivre mon combat pour la liberté des femmes, la libération des femmes, leurs avancées et leur essor. J'ignore si mes poèmes sont poétiques, si mes écrits sont littéraires et mes romans de bons romans. Ce que je sais, c'est que je n'ai pas écrit seulement avec ma plume mais avec mon coeur, en le coulant dans chacun de mes mots. J'ignore si ces mots iront droit au coeur des autres. Mais il y a une chose, une seule, dont je suis sûre, c'est que les femmes muettes de mon pays savent que j'ai écrit pour elles. » T.N. (Discours devant le Parlement international des écrivains à Lisbonne, septembre 1994)

  • Égypte, années 1980. Zeïneb, Fatma, Leïla, Suzanne, Dorria, et bien d'autres sont étudiantes, artistes, mères de famille, exercent un métier, sont en prison ou à l'asile psychiatrique. Leur point commun ? Un certain malaise, qui va de l'angoisse à la dépression grave... « Folie », disent les psychiatres, qui les traitent à coups d'électrochocs et de calmants.

    Naoual El Saadaoui, médecin elle aussi, a choisi de les écouter. Sous leurs symptômes et leurs souffrances, elle entend la voix du refus. Refus des mariages forcés, de l'excision et du harcèlement sexuel des oncles. Refus de la dure loi des pères, des frères et des maris. Refus de la résignation des mères et de l'hypocrisie petite-bourgeoise. Refus de l'islam lorsqu'il vire à l'intégrisme. Soigner ces femmes, pour elle, c'est d'abord les aider à transformer leur refus en combat, pour soulever le poids millénaire des traditions, pour affirmer leurs désirs de liberté et d'indépendance, leur droit à l'amour, à la culture, à la création.

  • Des indiennes

    Indira Mahindra

    Érudit et courageux, cet essai trace une vaste fresque de l'histoire des femmes en Inde, de l'époque Védique (-2000 à -600 avant J.-C.) jusqu'aux années 1980. Indira Mahindra recherche les raisons pour lesquelles les femmes jouissaient, à l'époque Védique, d'un statut non seulement égal mais encore supérieur à celui des hommes ; notamment dans le domaine de l'instruction. Égalité à laquelle les « Lois de Manou » mirent brutalement fin, entraînant une longue régression aux conséquences barbares, dont les exemples les plus cruels sont l'immolation des veuves et l'infanticide des filles. Il faudra attendre les premiers mouvements nationalistes, autour des années 1876, pour voir disparaître de telles pratiques mais « tant qu'il y aura une seule femme opprimée qui se jette dans le fleuve pour échapper aux persécutions, il n'y aura pas de liberté pour les femmes », écrit Indira Mahindra.

  • Les femmes ont été aux avant-postes de la lutte de libération nationale sandiniste : armée, politique, sociale. Elles ont participé activement à la reconstruction d'un pays dévasté par l'impérialisme américain et la dictature somoziste.

  • Sur une arrestation arbitraire de la police franquiste, Eva Forest a été emprisonnée à la prison de Yeserías (prison pour femmes de Madrid) de septembre 1974 à juin 1977. De sa prison elle témoigne de la torture.

    « Ces témoignages, on le verra, correspondent à une époque déterminée et à un lieu précis : la prison pour femmes de Yeserías, où ne sont incarcérées que les prisonnières de Madrid et de ses environs. Ce document est donc « limité » à un moment de l'histoire de notre peuple, marqué du sceau de la violence la plus féroce. À partir de là on pourra juger de l'étendue de la répression sur la plupart des régions d'Espagne vers cette même période [...]. Les témoignages que nous rapportons ici ont été publiés presque à l'état de brouillon car la tâche qui me semblait la plus urgente, durant ces heures d'angoisse, était de dénoncer ce qui était en train de se produire. » (Extrait de la préface d'Eva Forest à l'édition espagnole) « Au cours de la deuxième moitié de l'année 1975, j'ai recueilli la plupart des témoignages qui forment aujourd'hui la première partie de ce livre. J'ai non seulement écouté mes camarades raconter leurs tortures mais j'ai aussi pu constater l'importance des séquelles physiques et psychologiques que leur ont laissé les sévices subis. » E.F.

  • Femmes en guerre

    Dacia Maraini

    Écrit sous forme de journal, ce roman n'exprime pas seulement la brusque confrontation d'une femme avec une réalité multiforme dont la violence est sans commune mesure avec la grisaille de son quotidien. Dacia Maraini raconte la vie de l'Italie du Sud : condition des femmes, tensions sociales, dégradation de Naples et de la banlieue romaine, violence des institutions....

    « Contre mon gré, je lui ai donné satisfaction. Par gentillesse, par habitude, par amour, je ne sais pas. J'attendais la fin pour goûter la joie de son plaisir forcené. J'éprouvais une satisfaction trouble et docile à le sentir accroché à moi, rageur, sombre, courant vers un plaisir solitaire. La satisfaction s'est vite transformée en rancoeur. Et même en haine. Pour la passivité de mon corps, pour l'énergie sinistre et boueuse de cette étreinte, pour le devoir qui entravait ma révolte, pour la soumission perverse dont je faisais preuve. Quelque chose me brûlait la gorge, mais je n'arrivais pas à le recracher. » D.M.

  • En septembre 1974, Eva Forest, est arrêtée en même temps que d'autres camarades anti-franquistes. Elle est incarcérée à Yeserías, la prison pour femmes de Madrid, où elle passera dix-sept jours au secret.

    Yeserías, le 10 novembre, « Et tous nos amis sont là, nos camarades dispersés dans tous les coins du monde, dont le coeur bat au même rythme que le nôtre, dont les préoccupations sont les mêmes que les nôtres ! Et chaque matin je me lève pour un jour nouveau, je regarde l'avenir, je fais des projets de travail et je me dis que rien de ce que nous éprouvons n'est inutile, que tout s'inscrit en nous, s'accumule comme puissance créatrice pour se transformer un jour en une énergie nouvelle qui servira aux êtres de demain. » E.F.

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