Littérature générale

  • «De l'ardeur» reconstitue le portrait de Razan Zaitouneh, figure de la dissidence syrienne enlevée en décembre 2013, avec trois de ses compagnons de lutte - et à travers elle, le puzzle éclaté de la révolution en Syrie, et du crime permanent qu'est devenu ce pays. C'est le récit d'une enquête et d'une obsession intime, le partage d'un vertige. Une porte d'entrée sur une réalité que l'immédiateté de la tragédie tient paradoxalement à distance. Un questionnement sur l'engagement et sur l'importance du langage. Un texte urgent, nécessaire, d'une justesse et d'une éthique proprement bouleversantes.  

  • JEANNE D'ARC. Au nombre et à la diversité de ses « racines », l'arbre Jeanne d'Arc est une vraie forêt : plus de 50 000 ouvrages lui ont été consacrés, des films, des pièces de théâtre, des colloques à foison, un nombre incroyable d'églises, des statues un peu partout et dans presque toutes les églises de France, 423 collèges et lycées français portant son nom. Nous ne sommes pas là devant une simple héroïne nationale, une icône du passé, mais devant un véritable mythe.
    Et un mythe bien vivant. Personne n'est aujourd'hui encore insensible à ce qu'elle représente pour la Nation française et l'État, pour la mémoire populaire, pour l'imaginaire et le rêve. Au point que, profondément française, elle semble surgir de partout et de nulle part à la fois.
    Car la vie de la Pucelle d'Orléans est un roman. Le roman français par excellence, et même le roman de la France chanté par Péguy. Cette vie semble si connue qu'il ne paraît presque plus nécessaire de la raconter. Et cependant le mystère de ce destin hors norme reste insondable :
    Mystère de sa jeunesse, de son identité, de sa vie de femme, de son procès, de sa mort. Cette vie, en apparence si familière, est en réalité un abîme de secrets dont certains s'éclairent lorsque d'autres s'obscurcissent.
    Victoria Man-Estier est allée , le coeur ouvert, sur les traces de Jeanne, sur les lieux de mémoire de cette étonnante destinée. Elle est allée aussi sur les chemins de sa postérité et de la construction de sa légende. Elle nous fait découvrir une Jeanne mystérieuse mais si vivante et si actuelle que l'on semble presque pouvoir s'adresser à elle et lui parler. Elle nous donne également la chance de pouvoir lire ou relire la Jeanne d'Arc de Michelet, ouvrage d'historien mais aussi oeuvre d'un formidable écrivain. Un pareil mythe méritait une place de choix dans notre collection.

  • Femme de pensée et d'action, co-fondatrice en 1968 d'un Mouvement de Libération des Femmes dont elle a été le coeur battant à travers les décennies, Antoinette Fouque est une figure majeure de notre temps : par sa pensée foncièrement novatrice sur la différence des sexes, par ses créations incessantes et originales - éditions des femmes, journaux, librairies, galeries, ONG, actions de solidarité -, par l'écoute et l'appui qu'elle n'a cessé d'offrir aux femmes et à leurs révolutions, en France et dans le monde.
    Elle nous a quittés le 20 février 2014. Depuis, des centaines de messages de remerciements lui ont été adressés : merci pour son courage, sa force, sa générosité, l'enthousiasme qu'elle a transmis aux femmes sans relâche, merci pour le sol symbolique et réel qu'elle leur a donné. De multiples lieux, politiques, intellectuels, culturels et militants, des femmes et des hommes qui l'ont connue se sont réunis, le 5 avril 2014, pour témoigner, avec une grande liberté et un ton personnel de leurs souvenirs intimes ou collectifs avec elle, de leur amitié, de l'empreinte qu'elle laisse sur eux et sur le monde. Un éclairage inédit et d'une grande humanité.

    Avec : Aung San Suu Kyi, Édith Cresson, Alain Touraine, Michèle André, Georges Kiejman, Nicole Ameline, Blandine Kriegel, Claude du Granrut, Francine Demichel, Christine Clerc, Delphine Batho, Irina Bokova, Sonia Rykiel, Armelle Le Goff, Hélène Cixous, Jacqueline Merville, Isabelle Huppert, Pierre Nora, Julie Debazac, Lio, Chantal Chawaf, Dominique Issermann, Julie Lopes-Curval, Jocelyne Sauvard, Mireille Calle-Gruber, Catherine Weinzaepflen, Michèle Ramond, Jeanne Hyvrard, Séverine Auffret, Laurence Zordan, Roger Dadoun, Odile Leclaire, Marcel Gauchet, Elisabeth Roudinesco, Jean-Joseph Goux, Patricia Rossi, Marie-Hélène Devoisin, François Guery, Anne-Marie Planeix, Lidia Falcón, Muriel Rouyer, Mengue M'eyya, Françoise Barret-Ducrocq, Marie-Claire Pasquier, Hélène de Gunzburg, Charlotte Dudkewicz-Sibony, Kate Millett, Rosiska Darcy de Oliveira, Taslima Nasreen, Khadija Cherif, Lena Vandrey, Colette Deblé, Catherine Lopes-Curval, Sophie Bassouls, Irmeli Jung, Yolande Robveille, Natalie Mei, et d'autres encore...

  • En 1801, une jeune Bretonne de 30 ans dont on ne sait, aujourd'hui, presque rien, s'adresse aux femmes de son temps pour les prendre à témoin des interdits, servitudes et violences qu'il leur faut encore affronter, passé le grand souffle de la Révolution.
    « Esclave dans la famille et nulle au sein de la Patrie », mais aussi, et c'est alors impensé, encline, par la force des préjugés sociaux, à intérioriser sa propre domination, la femme, dit Fanny Raoul, n'a pas même accès à l'expression légitime de ses opinions. Elle n'en proclame pas moins la sienne avec force, et après 200 ans d'oubli, il est temps de découvrir enfin de joyau de précocité et de radicalité qu'est Opinion d'une femme.
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  • « Les Arabes ont razzié l'Afrique subsaharienne pendant treize siècles sans interruption. La plupart des millions d'hommes qu'ils ont déportés ont disparu du fait des traitements inhumains.
    Cette douloureuse page de l'histoire des peuples noirs n'est apparemment pas définitivement tournée. La traite négrière a commencé lorsque l'émir et général arabe Abdallah ben Saïd a imposé aux Soudanais un bakht (accord), conclu en 652, les obligeant à livrer annuellement des centaines d'esclaves. La majorité de ces hommes était prélevée sur les populations du Darfour. Et ce fut le point de départ d'une énorme ponction humaine qui devait s'arrêter officiellement au début du XXe siècle. »

  • Cauchemar

    Snejana Dimitrova

    En 1998, Snejana Dimitrova, infirmière à Sofia, signe un contrat pour aller travailler dans un hôpital pédiatrique en Libye. Ce séjour libyen devrait lui permettre d'améliorer l'ordinaire de sa famille. Il la mènera aux confins de l'inhumanité. Dès son arrivée à l'hôpital de Benghazi, Snejana découvre des conditions d'hygiène épouvantables, un personnel sans compétences, de jeunes malades atteints du sida... C'est pourtant elle, avec quatre de ses consoeurs, qu'on accuse bientôt d'avoir contaminé volontairement plus de 400 enfants, et que l'on condamne à mort. Et là, l'enfer commence. De cellule en cellule, de prison en prison, les cinq infirmières subissent des tortures physiques et psychologiques inimaginables, alors qu'elles ne sont que de simples pions dans un enjeu international qui les dépasse. Pendant près de neuf ans, l'attente se prolonge, malgré une mobilisation virulente dans de nombreux pays. Elle prendra fin à l'arrivée de Cécilia Sarkozy. Revenue chez elle, Snejana a voulu témoigner. Pour qu'on sache que ces choses-là existent encore. Et " pour que ça n'arrive plus jamais ".

  • Octobre 2004, le corps de Ghofrane Haddaoui, vingt-trois ans, est découvert sur un terrain vague de Marseille, couvert de multiples blessures, le crâne défoncé. Profondément atteinte, sa mère entreprend alors avec une détermination et une force peu communes de découvrir la vérité, une façon de se battre pour sa fille et de permettre à sa famille de traverser l'épreuve debout. Parallèlement à l'enquête de police, elle crée un vaste mouvement de solidarité et commence ses propres recherches. Pour que justice soit faite.

    « Ma fille n'avait pas été giflée. Ma fille avait été LAPIDÉE. [...] Comment était-il possible qu'une fille soit lapidée à Marseille, en France, pays des droits de l'homme ? C'était tout simplement intolérable. Malgré le traumatisme, malgré la douleur, dès ma visite à la morgue, mon deuil s'est mué en combat. L'heure n'était pas aux pleurs, il fallait comprendre. Pour cela, il fallait chercher les informations dans la rue, au plus proche des tortionnaires de ma fille. » M.H.

  • ce livre est une lettre ouverte aux musulmans et non-musulmans du monde entier dans laquelle, avec vigueur et clairvoyance, l'auteur appelle chacun à s'interroger sur l'islam traditionnel.
    en termes crus, provocateurs et très personnels, elle déterre les inquiétants fondements des dérives de l'islam : clivages tribaux, antisémitisme et acceptation aveugle du coran. irshad manji explique comment, concrètement, l'islam pourrait être réformé pour revaloriser les femmes, garantir le respect des minorités religieuses et encourager le débat d'idées. musulmane mais libre se veut un cri de ralliement pour un avenir sans fatwas.


  • 1936.
    une année décisive dans l'histoire du xxe siècle. une année au cours de laquelle les femmes prennent une place essentielle dans la vie de la société. paru à l'occasion du soixante-dixième anniversaire du front populaire, ce livre, abondamment illustré, est le premier à retracer le rôle des femmes dans ce grand mouvement social qui annonce l'irréversible émancipation du monde féminin au cours du siècle.
    roger bordier, romancier et essayiste, patricia latour, journaliste et écrivaine, ont ensemble composé cet ouvrage qui allie l'information historique au plaisir de l'évocation sensible. ainsi trouvera-t-on dans ces pages des portraits de femmes ayant joué un rôle déterminant, des anecdotes, des témoignages significatifs, puis, un texte sur l'ensemble des événements politiques et culturels du front populaire.


  • Après avoir dû démissionner de l'université de téhéran sous la pression des autorités iraniennes, azar nafisi a réuni chez elle clandestinement pendant près de deux ans sept de ses étudiantes pour découvrir de grandes oeuvres de la littérature occidentale.
    Certaines de ces jeunes filles étaient issues de familles conservatrices et religieuses, d'autres venaient de milieux progressistes et laïcs ; plusieurs avaient même fait de la prison. cette expérience unique leur a permis à toutes, grâce à la lecture de lolita de nabokov ou de gatsby le magnifique de scott fitzgerald, de remettre en question la situation " révolutionnaire " de leur pays et de mesurer la primauté de l'imagination sur la privation de liberté.
    Ce livre magnifique, souvent poignant, est le portrait brut et déchirant de la révolution islamique en iran.

  • Au départ, un constat : des trois monothéismes en activité, l'Islam est le seul qui (culturellement, démographiquement...) fait, chaque jour, de nouveaux adeptes. D'où les questions : qu'y a-t-il derrière le « désir d'Islam » ? Quel type de sagesse, de confort, d'espérance, va-t-on y puiser ? Et qu'y a-t-il de commun entre les individus (intellectuels de haut niveau, ou jeunes habitants des cités en mal d'identité) qui épousent son crédo ? Ce livre - bref, brillant, enlevé - tente d'y répondre.
    Au fil d'une démonstration limpide, l'auteur observe alors que l'Islam, aujourd'hui, propose d'abord des certitudes là où les autres monothéismes ne sont paradoxalement que des pédagogies du doute. Il note également - à travers les itinéraires d'individus aussi différents que Lawrence d'Arabie, Louis Massignon, Roger Garaudy, Jean Genet ou Michel Foucault - que l'Islam est, aussi, une « matrice nourricière et maternelle » qui procure un sentiment d'imersion, d'appartenance, qui fait tragiquement défaut aux sociétés démocratiques et « désenchantées ». De façon plus polémique, plus allusive, Martine Gozlan s'interroge également sur les rapports entre l'Islam et l'homosexualité - perçue, ici, comme un lieu primordial avec le pouvoir des mères et l'effroi devant la sexualité féminine.

  • "Je suis une "travailleuse du sexe", comme diraient mes consoeurs américaines. Et cela, beaucoup de journalistes qui ont écrit des articles sur moi ou m'ont invitée sur des plateaux de télévision semblent l'avoir oublié.
    Les médias ont beaucoup parlé de mon "discours intellectuel", de ma démarche, parfois de mon féminisme, et trop souvent de mes études de philosophie. Comme s'ils s'étaient raccrochés à des choses rassurantes qui leur permettaient d'oublier ce qui les gênaient vraiment et ce qu'ils ne parvenaient pas à comprendre : "j'étais, je suis, une femme qui fait des films porno devant et derrière la caméra.". Ovidie, réalisatrice, actrice dans plus de soixante films X, et dans plusieurs films "traditionnels". Auteur, Ovidie a été dès le début de sa carrière remarquée et sollicitée par les médias, intéressés par ce qu'ils considèrent être une "ovni" ou encore une "intello" dans le milieu du porno.

  • Sur la revolution

    Rosa Luxemburg

    Ce choix de textes articule trois moments de la pensée de rosa luxemburg : l'analyse de la révolution russe, l'enrichissement de sa théorie de la révolution et l'élaboration d'une stratégie pour la révolution allemande et mondiale.
    Dès 1911, les dissensions entre rosa luxemburg et lénine avaient suscité de vigoureuses altercations. avec la guerre, ces divergences se révèlent fondamentales puisqu'elles opposent deux conceptions différentes de la révolution. " source de lumière morale à l'est " et démonstration de la possibilité d'une révolution prolétarienne, la révolution russe n'apparaît cependant pas à rosa luxemburg comme un modèle à imiter.
    Confrontation d'une théorie avec une expérience pratique, cette critique s'interroge au fond sur les perspectives d'une révolution mondiale. rosa luxemburg perçoit, dès 1918, les faiblesses du modèle de la russie révolutionnaire, menacée par son isolement et son sous-développement, et ne conçoit le triomphe de la révolution qu'avec le réveil de la conscience du prolétariat allemand et, plus largement, européen.

  • Le chômage, la pauvreté, la violence, mais aussi les dictatures ou les génocides, sont le lot de nombreux états postcoloniaux, qui cherchent à sortir de l'étau... Avec clarté et concision, Aminata Dramane Traoré, psychosociologue et femme d'entreprise, ex-ministre de la Culture et du Tourisme du Mali, révèle la situation critique de l'Afrique noire, soumise à des réformes économiques et structurelles draconiennes. Questionnant les enjeux de l'ouverture économique et politique de l'Afrique subsaharienne à un monde qui se veut sans frontières, elle dénonce ici une mondialisation synonyme de négation et d'oppression. Poids exorbitant de la dette, rôle ambigu du FMI, ingérence extérieure... autant de problèmes brûlants auxquels elle tente de répondre, pour redéfinir le pari démocratique dans ces pays.
    Chronique sociologique et essai politique écrit "à coups de douleurs, de larmes et de pourquoi", ce texte résonne comme un véritable cri d'alarme.

  • Rigoberta menchú appartient à l'une de ces nombreuses communautés indigènes soumises et refoulées depuis la conquête espagnole.
    Mais, dans les années 80, l'émergence d'un réveil identitaire et revendicatif les conduira à se joindre aux mouvements de guérilla. la riposte de l'armée guatémaltèque est foudroyante; elle déclenche une véritable campagne d'extermination.
    Rigoberta menchú raconte ici à elisabeth burgos, ethnologue et elle-même latino-américaine, d'abord les moeurs et les croyances de la communauté dans laquelle elle est née, au sein d'une famille nombreuse, puis la prise de conscience et l'engagement révolutionnaire de ses parents, en particulier vicente menchú, héros historique de cette lutte, ensuite son départ en exil au mexique oú elle a lutté pendant de nombreuses années pour le respect des droits de l'homme au guatemala.

    Il ne s'agit pas ici d'un document comme tant d'autres sur les luttes révolutionnaires du tiers-monde. ce livre n'est pas un inventaire d'atrocités. pour la première fois depuis la conquête espagnole, on entend la voix de l'autre amérique latine, avec ses profondeurs lyriques et bibliques. et l'extraordinaire personnalité de rigoberta menchú, fécondée par sa rencontre avec elisabeth burgos, sa générosité, son sens de la justice et le don de soi qui confine à la sainteté, font de ce livre aux accents franciscains un grand livre d'amour.

    En 1992, rigoberta menchú a obtenu le prix nobel de la paix.

  • écrits de prison

    Zana Leyla

    « Je voudrais, par ce recueil, transmettre aux femmes kurdes comme à toutes les autres, le même message de combat : Parlez ! Prenez la parole ! Exprimez-vous par tous les moyens ! Que nul ne puisse plus jamais nous dire : "Femme, tais-toi !" Refusons de nous taire ! Parler librement c'est déjà une avancée décisive sur le chemin de la liberté. » Leyla Zana, 25 mai 1995

  • Préfaces de François Mitterrand et Vaclav Havel Se libérer de la peur rassemble les textes et discours politiques d'Aung San Suu Kyi durant la période où elle a pris la tête du mouvement démocratique birman, entre août 1988 et juillet 1989. Quatre essais, plus anciens, les précèdent, dont une biographie de son père, Aung San, héros de l'Indépendance birmane, une présentation historique de son pays, et deux études sur l'histoire intellectuelle de la Birmanie. La dernière partie est consacrée à sa vie.

    « Ce n'est pas le pouvoir qui corrompt, mais la peur : la peur de perdre le pouvoir pour ceux qui l'exercent, et la peur des matraques pour ceux que le pouvoir opprime... Dans sa forme la plus insidieuse, la peur prend le masque du bon sens, voire de la sagesse, en condamnant comme insensés, imprudents, inefficaces ou inutiles les petits gestes quotidiens de courage qui aident à préserver respect de soi et dignité humaine. » A.S.S.K

  • Les sept nouvelles réunies ici sont l'oeuvre de sept femmes, Indiennes, qui se sont exprimées hors du cadre de la littérature anglophone, trop généralement considérée comme la seule écriture indienne moderne. Elles écrivent en sept langues différentes : bengali, tamoul, marathi, gujarati, hindi, urdu et anglais.
    Histoires, donc, de destins. Expériences, instants de vie de femmes : Muniyakka, l'étudiante occidentalisée côtoie ici Jashoda, la nourrice ancestrale, Shakun l'artiste, Matilda, femme de pêcheur... Diversité aussi dans les voies qu'emprunte la fiction, de l'introspection à la parabole, du lyrisme au fantastique, pour faire surgir sous nos yeux la mosaïque de la vie indienne d'aujourd'hui.
    Ces sept visages de l'Inde, citadine, rurale ou provinciale, tentent de transmettre le difficile pari du passage à la modernité dans un pays où règnent encore avec force les traditions des croyances religieuses.

  • Préface de Jeannine Auboyer « Ni roman ni fiction, ce livre est à la fois un document psychologique d'une rare qualité et une étude historique de première main. C'est l'histoire vraie d'une jeune Française née à Mulhouse en 1908, mariée en 1927 à un jeune aristocrate musulman de l'Inde méridionale. Autobiographie écrite par sa propre fille à l'aide de lettres et de récits, cette tranche de vie est la description fidèle d'une société qui a réellement existé dans l'état de Hyderabad, moins bien connu des historiens occidentaux que les remuantes principautés de l'Inde du nord. C'est le mérite de Bilkees Latif d'avoir su, avec une grande habileté, à la fois décrire la vie personnelle de sa mère et le cadre événementiel où son existence s'est déroulée. Elle l'a fait avec un sens anecdotique séduisant et une parfaite connaissance de sa mère et de son pays. » J. A.

    Jeannine Auboyer (1912-1990) a été conservatrice en chef honoraire du musée Guimet.

  • Des femmes russes

    Collectif

    Le deuxième tome de l'Almanach, Des femmes russes, rassemble des documents : sur la nouvelle chasse aux sorcières dont les rédactrices de l'Almanach sont victimes et sur la situation politique en URSS, où les femmes qui luttent doivent faire face aux dénonciations des voisins, aux menaces et aux interrogatoires du KGB, aux attaques misogynes d'une partie de la dissidence ; sur la vie quotidienne des femmes soviétiques aux prises avec le filet implacable de la bureaucratie, au travail, en famille, en prison, que ce soit en Russie ou au Kamtchatka. Ce livre contient aussi des essais sur la liberté sexuelle, la psychologie de l'« homme-enfant », des études sur l'histoire de l'instruction des femmes russes, sur la vie de la poétesse Marina Tsvetaeva. Témoignages, essais, études à lire comme la continuité du travail amorcé dans Femmes et Russie 1980, ces textes sont autant de cris de révolte, de volonté d'en finir avec l'oppression et la répression.

  • Femmes et Russie, 1980

    Collectif

    Septembre 1979 : naissance d'un mouvement de Libération des femmes en URSS. Des femmes russes décident d'unir leurs forces et de publier un Almanach, « le premier journal libre destiné aux femmes ». Ces textes sont le signe politique le plus important, le plus avancé qui soit parvenu d'URSS à ce moment de l'Histoire. Des femmes refusent de céder à la peur, au chantage, refusent d'être complices d'un discours d'État sur l'émancipation, et décrivent la réalité telle qu'elle est. Mais elles refusent tout autant de suivre les dissidents, absolument phallocrates disent-elles. Elles sont ainsi les dissidentes de la dissidence.

    Notre premier geste de solidarité immédiate, ici, a été de nous procurer cet Almanach, de le traduire et de le publier intégralement en quelques jours puis, très vite, nous sommes entrées en contact direct avec ses rédactrices.

    En juillet 1980, quatre d'entre elles, Ioulia Voznessenskaïa, Tatiana Mamonova, Tatiana Goritcheva et Natalia Malakhovskaïa sont expulsées d'URSS.

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