Gallimard

  • «Dans cette anthologie, Mai 68 apparaît sous une forme paradoxale : intense et insignifiant, vivant et disparu, haï et regretté, utopie réaliste qui demande l'impossible, phénomène contradictoire qui agrège tous les imaginaires du temps sans jamais s'y limiter. Mais sa force réside encore aujourd'hui dans cette force de subversion et cette capacité de saper tout ce qui croyait pouvoir durer et qui, depuis, se sait provisoire. Une brèche fut ouverte. Mai aura cette année cinquante ans. L'âge des pères qu'il giflait, l'âge largement dépassé de la génération à laquelle il a donné son nom. Le temps de métamorphoser à force de discours la plaie en cicatrice.» Sophie Doudet.

  • « Les Arabes ont razzié l'Afrique subsaharienne pendant treize siècles sans interruption. La plupart des millions d'hommes qu'ils ont déportés ont disparu du fait des traitements inhumains.
    Cette douloureuse page de l'histoire des peuples noirs n'est apparemment pas définitivement tournée. La traite négrière a commencé lorsque l'émir et général arabe Abdallah ben Saïd a imposé aux Soudanais un bakht (accord), conclu en 652, les obligeant à livrer annuellement des centaines d'esclaves. La majorité de ces hommes était prélevée sur les populations du Darfour. Et ce fut le point de départ d'une énorme ponction humaine qui devait s'arrêter officiellement au début du XXe siècle. »

  • Rigoberta menchú appartient à l'une de ces nombreuses communautés indigènes soumises et refoulées depuis la conquête espagnole.
    Mais, dans les années 80, l'émergence d'un réveil identitaire et revendicatif les conduira à se joindre aux mouvements de guérilla. la riposte de l'armée guatémaltèque est foudroyante; elle déclenche une véritable campagne d'extermination.
    Rigoberta menchú raconte ici à elisabeth burgos, ethnologue et elle-même latino-américaine, d'abord les moeurs et les croyances de la communauté dans laquelle elle est née, au sein d'une famille nombreuse, puis la prise de conscience et l'engagement révolutionnaire de ses parents, en particulier vicente menchú, héros historique de cette lutte, ensuite son départ en exil au mexique oú elle a lutté pendant de nombreuses années pour le respect des droits de l'homme au guatemala.

    Il ne s'agit pas ici d'un document comme tant d'autres sur les luttes révolutionnaires du tiers-monde. ce livre n'est pas un inventaire d'atrocités. pour la première fois depuis la conquête espagnole, on entend la voix de l'autre amérique latine, avec ses profondeurs lyriques et bibliques. et l'extraordinaire personnalité de rigoberta menchú, fécondée par sa rencontre avec elisabeth burgos, sa générosité, son sens de la justice et le don de soi qui confine à la sainteté, font de ce livre aux accents franciscains un grand livre d'amour.

    En 1992, rigoberta menchú a obtenu le prix nobel de la paix.

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