DES FEMMES

  • Voici enfin en édition de poche le deuxième recueil d'essais de féminologie d'Antoinette Fouque, paru initialement en 2007, après "Il y a deux sexes. Féminologie I" (Gallimard, coll. « Le Débat », 1995 - 2004 ; Folio 2015) et avant "Génésique. Féminologie III" (éditions des femmes-Antoinette Fouque, 2012) qui sort en même temps au même format de poche.

    La pensée et l'action pionnières d'Antoinette Fouque ont imprégné le monde contemporain d'une conception positive de la différence des sexes et de l'existence des femmes, De tous ses livres, "Gravidanza" qui réunit plus d'une trentaine d'écrits, d'interventions, d'entretiens entre 1968 et 2007, est sans doute celui dans lequel la cofondatrice du Mouvement de libération des femmes développe le plus longuement ses propositions psychanalytiques. Elle y critique la théorie freudienne de « l'envie de pénis » chez les petites filles en affirmant l'existence d'une envie d'utérus chez les hommes qui se traduit notamment par la tentative de maîtriser et de contrôler ce qui leur échappe : la procréation. Elle y déconstruit l'affirmation d'une libido unique, mâle, qui donne lieu au célèbre postulat de Lacan « La femme n'existe pas », rappelle que les femmes, avec une sereine insistance, continuent le mouvement infini de l'humanité. Elle expose comment, au plan politique, une démocratie paritaire permettrait à l'humanité, enfin adulte et féconde, d'accéder à sa maturité.

    « Au début, cette voix, je ne l'avais pas bien perçue, tant elle était couverte par le bruit des campagnes et des polémiques. Mais depuis ma première lecture de Il y a deux sexes, je l'ai constamment entendue, plus nette, plus audible que les autres. C'est une voix à la fois insistante et retenue, chargée de passion, pleine d'une imagination créatrice, et révélatrice de secrets, une voix que je n'ai trouvée que dans Rimbaud... Ce que j'essaie ici de dire va beaucoup plus loin que reconnaître l'importance d'une des tendances du féminisme ; il s'agit de percevoir le passage, faut-il dire la mutation, d'une culture à une autre, dans laquelle ce nouveau féminisme a joué un rôle central. » Alain Touraine (Préface)

  • Voici enfin en édition de poche le troisième recueil d'essais de féminologie d'Antoinette Fouque, paru initialement en 2012, après "Il y a deux sexes. Féminologie I" (Gallimard, coll. « Le Débat », 1995 -2004 ; Folio 2015) et "Gravidanza. Féminologie II" (éditions des femmes-Antoinette Fouque, 2007) qui paraît en même temps au même format de poche.

    « La pensée qui m'a poussée à agir, en créant le Mouvement de libération des femmes en octobre 1968 avec Monique Wittig et Josiane Chanel, questionne [...] la compétence de procréation de toute femme comme productrice de richesse, comme moteur de l'évolution de l'Homo erectus à aujourd'hui », écrit Antoinette Fouque en introduction à "Génésique".

    Dans cet ouvrage, qui regroupe des textes écrits entre 1974 et 2012, elle poursuit son questionnement sur ce qu'est une femme, à travers une pensée originale de la gestation comme « paradigme de l'éthique » c'est-à-dire de l'accueil de l'autre, de l'hospitalité charnelle.

    De la gestation pour autrui comme levant « la forclusion sur le corps d'une femme comme producteur de vivant », à l'élaboration d'une écologie humaine qui n'oublie pas que le premier environnement de l'être humain est le corps d'une femme, et s'attache à souligner la transmission entre mère et fille, Antoinette Fouque pose les bases d'une alternative à l'économie phallique dominante et affirme : « Libérer la libido creandi de chaque femme, c'est donner sens, signification et orientation, à ce qui vient, à l'Avenir. Du creux du corps à la sculpture la plus accomplie, de l'oeuvre d'être à l'oeuvre d'art, la génésique, à la fois nature et culture, transcende la capacité spécifique des femmes en compétence symbolique, en mouvement de civilisation. »

    1 autre édition :

  • Voici, enfin disponible en édition de poche l'essai majeur d'Angela Davis, figure emblématique des luttes pour les droits civiques aux États-Unis depuis les années 1960.

    Dans "Femmes, race et classe", Angela Davis, historienne et militante, retrace avec brio les liens entre féminisme, antiracisme et lutte des classes, à travers l'histoire des femmes, des noir-e-s et de leurs luttes aux États-Unis du XIXe siècle aux années 1970. Elle analyse aussi bien les écueils provoqués par le racisme dans le mouvement féministe américain blanc que la misogynie au sein des mouvements révolutionnaires noirs et montre comment des premiers liens se sont établis entre le féminisme naissant et la lutte pour l'abolition de l'esclavage, avant de se distendre face à la pression d'adversaires politiques qui cherchent à diviser les luttes. Redonnant vie à des figures politiques majeures méconnues en France, comme Sojourner Truth et son célèbre « Ne suis-je pas une femme ? » qui interroge la place des femmes noires dans la société, "Femmes, race et classe" est un essai dense et fondateur. Soulevant la question des contradictions à dépasser entre les oppressions spécifiques, il trouve aujourd'hui une actualité centrale avec les débats contemporains sur le féminisme dit « intersectionnel ».

    1 autre édition :

  • Ce livre rassemble les lettres que Zehra Dogan, durant ses 600 jours d'incarcération, a adressées à Naz Öke, journaliste turque vivant à Paris et animatrice, avec Daniel Fleury, du site d'information Kedistan pour la liberté d'expression.
    C'est dans le cadre de la grande campagne de solidarité que ces derniers ont mené avec le PEN Club international que Naz Öke a commencé à écrire à la jeune journaliste et artiste kurde, qu'elle n'avait jamais rencontrée auparavant. Au fil de ces lettres se noue une très belle amitié entre deux femmes : « Zehra m'a dit en sortant de prison que nos échanges épistolaires lui avaient procuré des forces, car ils ont tissé un lien avec "la vie qui coule comme une rivière au-delà des murs gris" [...] Pourtant, pour moi, c'est elle qui fut une véritable source d'espoir, un rayon de soleil à travers les nuages sombres qui planent au-dessus du monde, pour préserver la précieuse conviction qui nous anime : "Nous aurons aussi des beaux jours ". » Pendant ces mois de détention, la jeune femme n'a cessé de créer, animant des ateliers de peinture avec ses codétenues dont elle dresse de très beaux portraits. Démunie de tout matériel, elle fabrique des pinceaux avec les plumes d'oiseau ramassées dans la promenade puis avec les cheveux de ses camarades qui les coupent pour elle, et des pigments avec tout ce qui lui tombe sous la main : sauce tomate, marc de café, épluchures de salade et de fruits, bouts de drap, et même du sang menstruel et de la fiente d'oiseau.
    Ces lettres révèlent une femme d'une générosité et d'une énergie exceptionnelles, une artiste surdouée, une poétesse, une militante pour la liberté des femmes et les droits des kurdes, soucieuse des autres et du monde. On n'a pas fini de parler d'elle... De grands artistes l'ont d'ailleurs soutenue, comme le peintre dissident chinois Ai Weiwei qui lui a écrit une lettre, ou l'artiste américain Bansky qui a créé à Manhattan une fresque en son hommage. Elle vit désormais à Londres où elle va exposer, ainsi qu'en Italie et en France notamment à l'Espace des femmes-Antoinette Fouque, à Paris, au mois de novembre 2019.

  • "Poète... vos papiers !" rassemble 27 textes d'auteur-e-s, poètes, journalistes français et étrangers, écrits en solidarité avec l'écrivaine et journaliste turque, Asli Erdogan, et en faveur de la liberté d'expression et de création. Tous les droits d'auteur et les bénéfices du livre lui seront reversés.

    Avec les contributions de Paola Authier, journaliste, conseillère littéraire, Ella Balaert, écrivaine et critique littéraire, Christiane Baroche, écrivaine, Violaine Bérot, écrivaine, Gaëlle Bidan, éditrice, Veronika Boutinova, écrivaine, dramaturge, Georges-Olivier Châteaureynaud, écrivain, Chantal Chawaf, écrivaine, Didier Cornaille, auteur, Pierrette Fleutiaux, écrivaine, Cathy Fourez, universitaire, Antonis Georgiou, écrivain chypriote, Sylvie Germain, écrivaine, Nedim Gürsel, écrivain turc, Jean Jauniaux, écrivain, Charles Juliet, poète, Vénus Khoury-Ghata, poète franco-libanaise, Jacqueline Merville, écrivaine, poète, artiste plasticienne, Daniel Mesguich, comédien, metteur en scène, écrivain, Timour Muhidine, maître de conférence à l'INALCO, directeur de la collection « Lettres turques » chez Actes Sud, Emmanuel Pierrat, avocat, écrivain, président du Pen Club français, Anne Provoost, romancière, Susana Romano Sued, écrivaine et poète argentine, Inna Shevchenko, leader du Mouvement international FEMEN, essayiste, Romy Strassenburg, journaliste allemande, Lucien Suel, poète, Catherine Weinzaepflen, écrivaine et poète.
    Préface de Guy Fontaine, créateur de la villa Marguerite Yourcenar et universitaire.
    Dessin original d'Ernest Pignon-Ernest, artiste plasticien.

  • Qui est donc Milagro Sala, prisonnière politique la plus célèbre d'Argentine ?

    Pour le savoir, Alicia Dujovne Ortiz est allée enquêter sur place, dans la province de Jujuy, au printemps 2017. Elle a rencontré Milagro Sala dans sa prison ainsi que son mari, ses camarades de luttes, des membres de son association Tupac Amaru, ses voisins, ses ennemis aussi. Au fil des témoignages se révèle une femme hors du commun, une révolutionnaire d'une générosité exceptionnelle qui a su mettre la cause indienne sur le devant de la scène, et qui est aujourd'hui en danger de mort. Ce livre se joint à la mobilisation internationale lancée pour exiger sa libération.

  • « Je dis depuis longtemps que la gestation est le paradigme de l'éthique parce qu'elle est accueil, dans le corps d'une femme, d'un corps étranger. C'est l'hospitalité charnelle. C'est dire oui à l'autre qui vient. » A.F.

    Les femmes ne seraient-elles pas toutes des exilées dans un monde où elles représentent la figure de l'Autre, rejetée, exclue, rendue invisible ? Et pourtant cette Autre est celle du premier accueil, de « l'hospitalité charnelle », selon un concept d'Antoinette Fouque. Ce livre est le fruit d'une table-ronde organisée par les éditions des femmes lors de l'édition 2016 des Rendez-vous de l'Histoire de Blois qui ont eu pour thème, « Partir ».

    Avec Taslima Nasreen, écrivaine ; Élise Boghossian, présidente d'Elisecare ; Inna Schevchenko, présidente du mouvement international Femen ; François Guery, philosophe ; Mireille Calle-Gruber, universitaire, écrivaine ; Collectif Psychanalyse et politique.
    Et des textes d'Antoinette Fouque sur L'hospitalité charnelle.

  • Ce texte sur la torture des femmes et leur tentative de survie dans les centres clandestins de détention de Córdoba est un acte testimonial unique, où la poésie se mêle à l'horreur pour narrer l'indicible. Une lutte contre l'oubli qui fait entendre, à travers la voix et la mémoire de l'auteure, celles de centaines de détenues réduites à jamais au silence par la dictature militaire argentine.

    « Ici grand rassemblement de femmes, chuchotements de femelles, psalmodies de terre sans racines, esprits happés par ordres de gendarmes, comme roches aiguisées adhèrent à côtes, oreilles, palais ; pénètrent carcans, bandages, tissus rêches, entraves, ramassis de guenilles comme perles de collier. (...) - Ici il n'y a pas d'innocentes, pas d'erreurs, vous êtes ici pour quelque chose. » S.R.S.

  • Femme de pensée et d'action, co-fondatrice en 1968 d'un Mouvement de Libération des Femmes dont elle a été le coeur battant à travers les décennies, Antoinette Fouque est une figure majeure de notre temps : par sa pensée foncièrement novatrice sur la différence des sexes, par ses créations incessantes et originales - éditions des femmes, journaux, librairies, galeries, ONG, actions de solidarité -, par l'écoute et l'appui qu'elle n'a cessé d'offrir aux femmes et à leurs révolutions, en France et dans le monde.
    Elle nous a quittés le 20 février 2014. Depuis, des centaines de messages de remerciements lui ont été adressés : merci pour son courage, sa force, sa générosité, l'enthousiasme qu'elle a transmis aux femmes sans relâche, merci pour le sol symbolique et réel qu'elle leur a donné. De multiples lieux, politiques, intellectuels, culturels et militants, des femmes et des hommes qui l'ont connue se sont réunis, le 5 avril 2014, pour témoigner, avec une grande liberté et un ton personnel de leurs souvenirs intimes ou collectifs avec elle, de leur amitié, de l'empreinte qu'elle laisse sur eux et sur le monde. Un éclairage inédit et d'une grande humanité.

    Avec : Aung San Suu Kyi, Édith Cresson, Alain Touraine, Michèle André, Georges Kiejman, Nicole Ameline, Blandine Kriegel, Claude du Granrut, Francine Demichel, Christine Clerc, Delphine Batho, Irina Bokova, Sonia Rykiel, Armelle Le Goff, Hélène Cixous, Jacqueline Merville, Isabelle Huppert, Pierre Nora, Julie Debazac, Lio, Chantal Chawaf, Dominique Issermann, Julie Lopes-Curval, Jocelyne Sauvard, Mireille Calle-Gruber, Catherine Weinzaepflen, Michèle Ramond, Jeanne Hyvrard, Séverine Auffret, Laurence Zordan, Roger Dadoun, Odile Leclaire, Marcel Gauchet, Elisabeth Roudinesco, Jean-Joseph Goux, Patricia Rossi, Marie-Hélène Devoisin, François Guery, Anne-Marie Planeix, Lidia Falcón, Muriel Rouyer, Mengue M'eyya, Françoise Barret-Ducrocq, Marie-Claire Pasquier, Hélène de Gunzburg, Charlotte Dudkewicz-Sibony, Kate Millett, Rosiska Darcy de Oliveira, Taslima Nasreen, Khadija Cherif, Lena Vandrey, Colette Deblé, Catherine Lopes-Curval, Sophie Bassouls, Irmeli Jung, Yolande Robveille, Natalie Mei, et d'autres encore...

  • Elles avaient seize, vingt ou trente-trois ans en 1968. Venues de tous milieux, de divers pays, elles ont créé ou rejoint le MLF. Ce mouvement a transformé leur vie et celle de millions de femmes et d'hommes et engendré une mutation de notre civilisation.

    Aujourd'hui, une cinquantaine d'entre elles se souviennent et, toujours en mouvement, imaginent les libérations à venir, affirment que les femmes sont la force émergente du XXIe siècle. Les témoignages sont accompagnés de documents d'époque et d'une chronologie inédite, de la naissance du MLF (octobre 1968) à nos jours.

    Génération MLF a été élaboré sur un temps long, au rythme des réunions, rencontres, universités d'été séminaires, proposés, animés, dirigés par Antoinette Fouque. En ont assumé la responsabilité avec elle : Sylvina Boissonnas, Catherine Guyot, Michèle Idels, Marie France Llauro, Elisabeth Nicoli, Jacqueline Sag, avec Françoise Borie, Joëlle Guimier, Marie-José Le Magourou, Janine Manuceau, et bien d'autres militantes.

  • Octobre 2004, le corps de Ghofrane Haddaoui, vingt-trois ans, est découvert sur un terrain vague de Marseille, couvert de multiples blessures, le crâne défoncé. Profondément atteinte, sa mère entreprend alors avec une détermination et une force peu communes de découvrir la vérité, une façon de se battre pour sa fille et de permettre à sa famille de traverser l'épreuve debout. Parallèlement à l'enquête de police, elle crée un vaste mouvement de solidarité et commence ses propres recherches. Pour que justice soit faite.

    « Ma fille n'avait pas été giflée. Ma fille avait été LAPIDÉE. [...] Comment était-il possible qu'une fille soit lapidée à Marseille, en France, pays des droits de l'homme ? C'était tout simplement intolérable. Malgré le traumatisme, malgré la douleur, dès ma visite à la morgue, mon deuil s'est mué en combat. L'heure n'était pas aux pleurs, il fallait comprendre. Pour cela, il fallait chercher les informations dans la rue, au plus proche des tortionnaires de ma fille. » M.H.

  • Être maghrébine, musulmane et séropositive : une gageure que Hacina relève depuis bientôt quinze ans. Contaminée par son mari alors qu'elle n'a que dix-neuf ans, elle se retrouve atteinte d'une maladie dont elle ne connaît pas le nom et dont elle ne perçoit, des années durant, aucun symptôme. Jamais une jeune femme issue de l'immigration maghrébine n'a osé faire le récit de sa vie avec le sida. Il faudra quatorze ans à Hacina pour se dresser contre ces préjugés, se révolter contre ces croyances mortifères, oser rencontrer sa maladie et accepter de la combattre. Ce témoignage est l'histoire de sa renaissance. Un récit pudique qui s'adresse à tous ceux qui risquent de mourir deux fois : à cause du virus et à cause du silence.

    « Plus je parle, plus je dérange. Plus j'ai l'impression de faire du mal autour de moi. Me taire c'est garder ma place dans la famille, ma place d'aînée, de soeur courage [...] C'est bien simple, pour eux je ne PEUX PAS être malade. » H.Z. et M.M.

  • Les trois longues années de pourparlers de paix sont une épreuve pour la délégation palestinienne, confrontée aux exigences des gouvernements israéliens, à leur refus de respecter le droit international et à la position d'emblée pro-israélienne des médiateurs américains. L'accord de paix finalement signé le 13 septembre 1993 à la Maison Blanche n'est pas l'aboutissement de ces négociations officielles mais de celles, secrètes, menées à Oslo depuis l'été 1992 par l'OLP et les émissaires d'Itzhak Rabin. Tout en restant loyale envers Yasser Arafat, et proche de lui, Hanane Ashraoui critique fortement cet accord d'Oslo qui lui paraît, comme à un nombre croissant de Palestiniens, hâtif et dangereux car il ne porte ni sur la fin des implantations de colonies, ni sur le statut de Jérusalem, ni sur le respect des droits de l'homme.

  • écrits de prison

    Zana Leyla

    « Je voudrais, par ce recueil, transmettre aux femmes kurdes comme à toutes les autres, le même message de combat : Parlez ! Prenez la parole ! Exprimez-vous par tous les moyens ! Que nul ne puisse plus jamais nous dire : "Femme, tais-toi !" Refusons de nous taire ! Parler librement c'est déjà une avancée décisive sur le chemin de la liberté. » Leyla Zana, 25 mai 1995

  • Taslima Nasreen a écrit, à ce jour, plus de trente livres de poésie, essais, romans, nouvelles et mémoires, et ses oeuvres sont traduites dans plus de vingt langues.

    « Je fais devant vous le serment de poursuivre mon combat pour la liberté des femmes, la libération des femmes, leurs avancées et leur essor. J'ignore si mes poèmes sont poétiques, si mes écrits sont littéraires et mes romans de bons romans. Ce que je sais, c'est que je n'ai pas écrit seulement avec ma plume mais avec mon coeur, en le coulant dans chacun de mes mots. J'ignore si ces mots iront droit au coeur des autres. Mais il y a une chose, une seule, dont je suis sûre, c'est que les femmes muettes de mon pays savent que j'ai écrit pour elles. » T.N. (Discours devant le Parlement international des écrivains à Lisbonne, septembre 1994)

  • Ce livre est né d'une collaboration et d'une amitié entre deux femmes. L'une est indienne, l'autre est française et parle elle aussi les trois langues indispensables à toute connaissance approfondie de l'Inde. Elles nous transmettent, au fil des interviews, classées selon un axe de lecture destiné à faire pénétrer le lecteur de plus en plus profondément dans l'univers indien, des lignes de force spécifiques de la psyché de la femme indienne. Toutes deux ont découvert avec émotion une soif de parole, d'expression, un désir d'en finir avec les clichés occidentaux ou les tabous indiens, dont la marque se retrouve au sein de ce livre brûlant et parfois violent, imprégné de chaleur, de passion, d'espoir. Car Sita n'est pas l'unique modèle féminin : Devi ou Parvati, la déesse guerrière, salvatrice du cosmos en ses temps mythiques, la femme emblématique aux multiples noms et aux visages divers, semble se réincarner en ces femmes d'aujourd'hui pour créer l'Inde de demain.

  • Préfaces de François Mitterrand et Vaclav Havel Se libérer de la peur rassemble les textes et discours politiques d'Aung San Suu Kyi durant la période où elle a pris la tête du mouvement démocratique birman, entre août 1988 et juillet 1989. Quatre essais, plus anciens, les précèdent, dont une biographie de son père, Aung San, héros de l'Indépendance birmane, une présentation historique de son pays, et deux études sur l'histoire intellectuelle de la Birmanie. La dernière partie est consacrée à sa vie.

    « Ce n'est pas le pouvoir qui corrompt, mais la peur : la peur de perdre le pouvoir pour ceux qui l'exercent, et la peur des matraques pour ceux que le pouvoir opprime... Dans sa forme la plus insidieuse, la peur prend le masque du bon sens, voire de la sagesse, en condamnant comme insensés, imprudents, inefficaces ou inutiles les petits gestes quotidiens de courage qui aident à préserver respect de soi et dignité humaine. » A.S.S.K

  • Égypte, années 1980. Zeïneb, Fatma, Leïla, Suzanne, Dorria, et bien d'autres sont étudiantes, artistes, mères de famille, exercent un métier, sont en prison ou à l'asile psychiatrique. Leur point commun ? Un certain malaise, qui va de l'angoisse à la dépression grave... « Folie », disent les psychiatres, qui les traitent à coups d'électrochocs et de calmants.

    Naoual El Saadaoui, médecin elle aussi, a choisi de les écouter. Sous leurs symptômes et leurs souffrances, elle entend la voix du refus. Refus des mariages forcés, de l'excision et du harcèlement sexuel des oncles. Refus de la dure loi des pères, des frères et des maris. Refus de la résignation des mères et de l'hypocrisie petite-bourgeoise. Refus de l'islam lorsqu'il vire à l'intégrisme. Soigner ces femmes, pour elle, c'est d'abord les aider à transformer leur refus en combat, pour soulever le poids millénaire des traditions, pour affirmer leurs désirs de liberté et d'indépendance, leur droit à l'amour, à la culture, à la création.

  • Les espoirs et les luttes des femmes durant la Révolution sont les prémisses d'un débat toujours très actuel sur la citoyenneté des femmes. La réédition de ce livre s'imposait donc, à l'heure du Bicentenaire de 1989. Différents textes sont venus l'enrichir :
    Une préface de Madeleine Rebérioux (1920-2005), qui fut professeure à l'Université de Paris VIII et membre de la Commission scientifique de la Mission du Bicentenaire, replace avec brio ces écrits dans leur contexte historique.
    Les déclarations et écrits de Théroigne de Méricourt, Etta Palm d'Aedlers et Claire Lacombe dont les positions témoignent d'une grande lucidité sur les enjeux révolutionnaires.
    Cette nouvelle édition propose une lecture plus complète du parcours politique des femmes entre 1789 et 1793, qu'appuient une chronologie détaillée et plusieurs notes biographiques.

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