Autrement

  • Après avoir constitué un élément important dans l'attribution des JO à la Chine en 2001, le respect des droits humains bénéficie depuis d'un traitement irrégulier de la part des autorités chinoises et de la communauté internationale. Aux engagements manifestes en leur faveur succèdent des fins de non recevoir ou des silences complices. Amnesty International suit de près la situation et l'action du gouvernement chinois dans les domaines spécifiquement liés à la préparation des JO, aux principes de base de la Charte olympique et aux promesses d'amélioration faites par des représentants des autorités chinoises.
    Deux domaines justifient une attention spécifique parce que les réformes y sont attendues et cruciales : la peine de mort et la liberté des médias. Parce que les JO semblent favoriser un recours accru à la détention administrative, du moins à Pékin, et la poursuite de la répression - dont avocats et journalistes de premier plan-, un point devrait aussi être fait sur la "rééducation par le travail" et la détention administrative, ainsi que sur la situation globale des défenseurs des droits humains en Chine.
    Parce que les JO ne durent qu'un temps, et que la question des droits humains en Chine dépasse le cadre de l'événement, la deuxième partie du livre présente les perspectives d'améliorations qui doivent se manifester dans la pérennité. Pour aider à en saisir les enjeux, Amnesty met à contribution des spécialistes dont les analyses mettent en perspective l'attentif bilan livré par Amnesty.
    Enfin, un certain nombre de témoignages/ exemples/ cas précis étayent et illustrent les pages du livre. Ce sont ces cas de personnes en faveur desquelles Amnesty travaille : qu'ils soient " résolus " ou encore pris en charge (si cela ne les met pas en danger) , leur traitement permet de donner corps aux analyses.

  • 1954. Le conflit qui débute place les femmes musulmanes au coeur de problématiques et d'enjeux inédits : elles sont rapidement considérées comme un élément important susceptible de faire basculer le devenir de l'Algérie. L'opinion des femmes - quatre millions d'avis et de soutiens potentiels - devient un véritable enjeu entre le FLN et l'armée française au travers de politiques d'action psychologique très actives. Des femmes rejoignent le mouvement nationaliste. Une nouvelle figure de la femme naît, bousculant les imaginaires et les consciences. Il s'agit alors pour les instances militaires françaises de rallier l'opinion féminine à la "pacification". Pour cela, un ensemble d'actions est adopté : déploiement de l'action médico-sociale, projet de code avant-gardiste concernant le statut personnel de la femme... Si l'historiographie a déjà examiné l'implication des moudjahidate dans la guerre d'Algérie, les analyses des liens entre le FLN et la population civile féminine sous-estiment le rôle du FLN quant à l'évolution du statut des femmes tandis que la politique menée par les gouvernements français successifs envers les musulmanes pendant la guerre demeure inconnue. Nourri par les archives françaises civiles et militaires, cet ouvrage sur les actions politiques et militaires du gouvernement français nous révèle l'une des faces cachée de la guerre d'Algérie et met en lumière l'enjeu primordial des femmes dans la résolution d'un conflit dont l'issue ne pouvait être que politique.

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