Sciences humaines & sociales

  • L'inconnu de la poste Nouv.

    « La première fois que j'ai entendu parler de Thomassin, c'était par une directrice de casting avec qui il avait travaillé à ses débuts d'acteur. Elle m'avait montré quelques-unes des lettres qu'il lui avait envoyées de prison. Quand il a été libéré, je suis allée le voir. Routard immobile, Thomassin n'aime pas bouger hors de ses bases. Il faut se déplacer. Je lui ai précisé que je n'écrivais pas sa biographie, mais un livre sur l'assassinat d'une femme dans un village de montagne, affaire dans laquelle il était impliqué. Mon travail consistait à le rencontrer, lui comme tous ceux qui accepteraient de me voir. » F. A.

    Le village, c'est Montréal-la-Cluse. La victime, c'est Catherine Burgod, tuée de vingt-huit coups de couteau dans le bureau de poste où elle travaillait. Ce livre est donc l'histoire d'un crime. Il a fallu sept ans à Florence Aubenas pour en reconstituer tous les épisodes - tous, sauf un. Le résultat est saisissant. Au-delà du fait divers et de l'enquête policière, L'Inconnu de la poste est le portrait d'une France que l'on aurait tort de dire ordinaire. Car si le hasard semble gouverner la vie des protagonistes de ce récit, Florence Aubenas offre à chacun d'entre eux la dignité d'un destin.

  • Humeur noire Nouv.

    Humeur noire

    Anne-Marie Garat

    De passage à Bordeaux, la ville où elle est née et où grandir a voulu dire s'émanciper, la ville dont l'opulence bourgeoise et l'arrogante amnésie lui restent comme un caillou dans la chaussure, Anne-Marie Garat se rend avec un sien cousin bordelais au musée d'Aquitaine où, ensemble, ils découvrent l'exposition consacrée à la traite négrière. Et tombent en arrêt devant certain cartel, au langage pour le moins javellisé. «Humeur noire »revient sur la colère qui jaillit face à la malpropreté des mots. En décortiquant avec humour et lucidité sa propre obsession d'écrivaine, Anne-Marie Garat signe un livre étonnamment personnel (et étonnamment réjouissant), sur les traces d'une histoire collective et d'une mémoire intime (trop) longtemps laissée(s) tranquille(s). Intranquille, vivant, pétillant, virtuose, un emportement qui cristallise combien tout est lié, combien «tout» est important.

  • « C'est un carnet de voyage au pays que nous irons tous habiter un jour. C'est un récit composé de choses vues sur la place des villages, dans la rue ou dans les cafés. C'est une enquête tissée de rencontres avec des gens connus mais aussi des inconnus. C'est surtout une drôle d'expérience vécue pendant quatre ans de recherche et d'écriture, dans ce pays qu'on ne sait comment nommer : la vieillesse, l'âge ?
    Les mots se dérobent, la manière de le qualifier aussi. Aurait-on honte dans notre société de prendre de l'âge ? Il semble que oui. On nous appelait autrefois les vieux, maintenant les seniors. Seniors pas seigneurs. Et on nous craint - nous aurions paraît-il beaucoup de pouvoir d'achat - en même temps qu'on nous invisibilise. Alors que faire ? Nous mettre aux abris ? Sûrement pas ! Mais tenter de faire comprendre aux autres que vivre dans cet étrange pays peut être source de bonheur...
    Plus de cinquante après l'ouvrage magistral de Simone de Beauvoir sur la vieillesse, je tente de comprendre et de faire éprouver ce qu'est cette chose étrange, étrange pour soi-même et pour les autres, et qui est l'essence même de notre finitude.
    « Tu as quel âge ? » Seuls les enfants osent vous poser aujourd'hui ce genre de questions, tant le sujet est devenu obscène. A contrario, j'essaie de montrer que la sensation de l'âge, l'expérience de l'âge peuvent nous conduire à une certaine intensité d'existence. Attention, ce livre n'est en aucun cas un guide pour bien vieillir, mais la description subjective de ce que veut dire vieillir, ainsi qu'un cri de colère contre ce que la société fait subir aux vieux. La vieillesse demeure un impensé. Simone de Beauvoir avait raison : c'est une question de civilisation. Continuons le combat ! ».
    L.A.

  • En mars 2014, alors que le Front national fait une percée historique dès le premier tour des élections municipales, Saillans, un village de 1?300 habitants dans la Drôme, renverse la table. Des citoyens débutants en politique décident sans programme ni candidat de plancher sur les priorités de la commune. Le succès est immédiat et inattendu. Pour la première fois, des habitants prennent la parole, réfléchissent collectivement à une autre façon de faire vivre la politique locale. La liste citoyenne «?Autrement pour Saillans... tous ensemble?» se constitue. Le 23?mars 2014, elle remporte les élections dès le premier tour avec 56,8?% des voix.
    Depuis six ans, les habitants de Saillans expérimentent un modèle de démocratie citoyenne où les décisions sont prises en concertation. De nouvelles façons d'exercer le pouvoir mais aussi de vivre ensemble. La journaliste Maud Dugrand, originaire du lieu, était la mieux placée pour nous raconter cette histoire.
    À l'heure où se profilent de nouvelles élections, elle fait le bilan d'une expérience sans équivalent, qui répond à sa manière aux aspirations réitérées à une renaissance démocratique.

  • Près de 500?000 livres partis en fumée, 700?000 autres endommagés. Et un mystère. D'où est parti l'incendie qui a dévasté pendant plus de sept heures la Bibliothèque centrale de Los Angeles le 29 avril 1986?? Était-il accidentel ou s'agissait-il d'un acte criminel?? Les soupçons se portent sur Harry Peak. La journaliste Susan Orlean, auteure du très remarqué Le Voleur d'orchidées (adapté au cinéma), a trouvé dans ce fait-divers le point de départ de sa nouvelle enquête. Au travers d'un thriller haletant, véritable page turner, elle signe un hommage sincère aux livres et à ceux qui les préservent.

    À coup sûr, l'un des documents de ce début d'année qui ne sera pas sans rappeler l'incendie de Notre-Dame.

  • Pour la première fois réunie en un seul volume, la trilogie familiale de Lydia Flem se lit comme le roman de la transmission sur trois générations d'une histoire d'amour, de deuil et d'orages émotionnels. Au moment de clore Comment j'ai vidé la maison de mes parents (2004), Lydia Flem n'a pas mis de point final. Aussi a-t-elle enchaîné avec les Lettres d'amour en héritage (2006), où elle raconte la correspondance amoureuse entre Boris et Jacqueline, ses parents. Dans la foulée, comme c'est au même moment que les parents nous quittent et que les enfants nous larguent, est né le troisième volet, Comment je me suis séparée de ma fille et de mon quasi-fils (2009).

  • Bien des chemins mènent à la chambre : le sommeil, l'amour, la méditation, Dieu, le sexe, la lecture, la réclusion - voulue ou subie. De l'accouchement à l'agonie, elle est le théâtre de l'existence, là où le corps dévêtu, nu, las, désirant, s'abandonne. La chambre est une boîte, réelle et imaginaire. Quatre murs, plafond, plancher, porte, fenêtre structurent sa matérialité. De l'Antiquité à nos jours, Michelle Perrot esquisse une généalogie de la chambre, creuset de la culture occidentale, et explore quelques-unes de ses formes : la chambre de Louis XIV, la chambre d'hôtel, la chambre conjugale, celle de la jeune fille, du malade ou du mourant, celle de l'écrivain, la cellule du religieux ou celle de la prison.

  • M train

    Patti Smith

    Patti Smith a qualifié ce livre de «carte de mon existence». En dix-huit «stations», elle nous entraîne dans un voyage qui traverse le paysage de ses aspirations et de son inspiration, par le prisme des cafés et autres lieux qu'elle a visités de par le globe.
    M Train débute au 'Ino, le petit bar de Greenwich Village où elle va chaque matin boire son café noir, méditer sur le monde tel qu'il est ou tel qu'il fut, et écrire dans son carnet.
    En passant par la Casa Azul de Frida Kahlo dans la banlieue de Mexico, par les tombes de Genet, Rimbaud, Mishima, ou encore par un bungalow délabré en bord de mer, à New York, qu'elle a acheté juste avant le passage dévastateur de l'ouragan Sandy, Patti Smith nous propose un itinéraire flottant au coeur de ses références (on croise Murakami, Blake, Bolaño, Sebald, Burroughs... ) et des événements de sa vie.
    Écrit dans une prose fluide et subtile qui oscille entre rêve et réalité, passé et présent, évocations de son engagement artistique et de la perte tragique de son mari - le guitariste Fred «Sonic» Smith -, M Train est une réflexion sur le deuil et l'espoir, le passage du temps et le souvenir, la création, les séries policières, la littérature, le café...
    Après Glaneurs de rêves (Gallimard, 2014), Patti Smith nous propose un nouveau livre inclassable, profondément sensible et sincère, illustré par les photographies en noir et blanc qu'elle prend depuis toujours, et qui confirme qu'elle est l'une des artistes actuelles les plus singulières et indépendantes...

  • Au nord des grands déserts australiens, des anciens confient à l'anthropologue Barbara Glowczewski leur attachement spirituel à la terre, les souffrances de leurs peuples et leurs stratégies de survie.
    Avec eux, nous sommes portés par la colère et le message des esprits qui relient leurs rêves et leurs rites à tous les éléments de l'univers. Nous découvrons les dessins si caractéristiques, inscrits sur les corps, la roche et les oeuvres d'art, qui traduisent la matrice vivante des alliances que les humains établissent entre eux et le cosmos. Mais la terre est désormais menacée de mort par une humanité ignorante des grandes lois de l'équilibre.
    L'auteur, depuis près de quarante ans, dédie sa vie aux Aborigènes d'Australie. Elle dialogue avec des Warlpiri, Yawuru, Ngarinyin, et Yolngu, dont les pratiques, les savoirs, et la pensée répondent aux grands chantiers d'étude de l'esprit humain et de son rapport à la matière.

    Édition revue et corrigée par l'auteur.
    Inclus deux cahiers photos.

  • Sophie Marinopoulos, psychanalyste, spécialiste de l'enfance et de la famille, se met dans la peau d'un bébé depuis sa conception jusqu'à l'âge de un an. Un livre d'une grande tendresse, qui touche au plus près du développement de l'enfant et conduit à une meilleure compréhension de sa vie intérieure. Un livre précieux à mettre dans les mains de tous les parents !

  • Ce livre nous invite à remonter aux débuts de la psychanalyse et à retrouver la liberté avec laquelle on lisait dans les années 1960 les textes fondateurs de Freud. Avec la confusion introduite par Lacan entre l'enseignement universitaire et la cure analytique on a perdu, selon Danièle Brun, cette liberté d'interprétation. Il est pourtant de première importance de la retrouver.

  • "Penser avec Antoinette Fouque" : Cette nouvelle collection s'inscrit dans le mouvement de pensée qu'a initié Antoinette Fouque en donnant en 1968 au Mouvement de Libération des Femmes la pratique de recherche Psychanalyse et Politique. Chaque volume individuel ou collectif s'organisera autour de l'un des concepts originaux qu'elle a élaborés pour « lever le refoulement sur le savoir forclos des femmes ». « L'impérialisme du phallus » est le premier d'entre eux.

    « Je nommais alors libido 2 ces couches de la préhistoire et de l'après-histoire, ces territoires situés en-deçà et au-delà de l'Empire phallique, un Empire incontournable, fondateur de notre Histoire, mais désormais en décadence, irrésistiblement en marche vers sa chute, sa fin. » A.F.

    Ce livre est issu d'une table ronde qui s'est déroulée en octobre 2015 aux Rendez-vous de l'Histoire de Blois autour du thème : « Les Empires ». Lors de cette rencontre, Jean-Joseph Goux, philosophe, professeur émérite à l'université de Rice (États-Unis), Laurence Zordan, philosophe, écrivaine, Roger Dadoun, psychanalyste, philosophe, et le Collectif Psychanalyse et politique ont développé ce qu'évoque pour eux cet impérialisme particulier, le plus étendu et le plus durable qui ait jamais existé dans l'Histoire et sur lequel s'étayent tous les autres. Des textes d'Antoinette Fouque viennent compléter ces interventions.

  • « Il suffit de voir une petite fille habillée de rouge, panier sur le bras, pour sentir la présence de la galette et du loup. Il suffit aussi, désormais, d'ouvrir un congélateur pour craindre la découverte d'une nurserie macabre, de croiser une joggeuse pour voir un halo en sursis fluo. Le cours de la Vologne nous inquiète tout autant qu'une maison de pain d'épices. Il y a le petit Poucet et le petit Grégory, la pantoufle de vair et le pull-over rouge. Les faits divers sont là. Dans nos vies, dans nos représentations, nos blagues, nos mots, nos craintes nos réflexes, dans nos imaginaires.
    À première vue, tout semble avoir déjà été dit et redit sur eux. Bien des théories que l'on a proposées à son sujet (politiques, sociologiques, psychanalytiques, etc.), si brillantes soient-elles, parlent cependant de tout sauf d'une chose pourtant essentielle : la façon tout à fait originale dont les faits divers nous marquent, nous imprègnent une fois la sidération passée, la manière dont on les « vit » existentiellement, dont ils persistent. À force de regarder du côté des causes, des conséquences, de l'origine, de la structure, du rôle, de l'utilisation, on en vient à ne plus voir le fait divers tel qu'il fait effet. C'est pourquoi, il faut aussi décrire l'empreinte, l'écho, la fragrance que les faits divers laissent dans notre monde, en chacun de nous. C'est l'objet de ce livre qui à travers l'étude des objets, des héros, des lieux, du style des faits divers cherche à expliquer la place considérable qu'ils occupent dans notre existence. » Mara Goyet

  • En France

    Florence Aubenas

    Loin des beaux quartiers, Florence Aubenas arpente les plages du Sud-Est, les villes et les banlieues du Nord, à la rencontre de ces gens délaissés par le monde politique et médiatique. Petits commerçants, jeunes intérimaires, maires de villages oubliés, ouvriers menacés de chômage. Autant de vies que la journaliste décide de mettre en lumière et qui dessinent le visage de la France.Florence Aubenas est grand reporter pour Le Monde, après avoir travaillé pour Libération et Le Nouvel Observateur. Elle est l'auteur de nombreux essais et enquêtes, dont La Méprise et Le Quai de Ouistreham, disponibles en Points.

  • 1954. Le 15 mars, l'éditeur René Julliard publie Bonjour tristesse. C'est le premier roman d'une jeune fille de dix-huit ans comme les autres - ou presque. Alors, tout change : Françoise Quoirez, dite Sagan, devient riche et célèbre, noctambule et légendaire, culte et pourchassée. 2014. Romancière, Anne Berest se revêt « de la vie de Françoise pour oublier la sienne », et tisse sa jeune existence à celle de son aînée. Nous avons alors tout à la fois un roman, une biographie, une autofiction, où les vies de ces deux femmes n'en font plus qu'une. Et aussi, un émouvant hommage à Sagan, femme libre et éternelle jeune écrivain.

    Sagan 1954 est un tableau de la société française des années 1950, une longue échappée belle, un hymne à l'amitié, une offrande sans contrepartie. Marie-Laure Delorme, Le Journal du Dimanche.

    Adieu tristesse, bonjour renaissance, avec un livre merveilleux. Fabrice Gaignault, Marie Claire.

  • Mazarine Pingeot, de l'ombre à la lumière, du silence à l'écriture, et d'un président socialiste à l'autre...

  • Ce texte porte un éclairage différent de celui de la presse occidentale sur ce qui s'est passé en Égypte de janvier 2011 à juin 2013. Analyses et reportages que je considère comme biaisés, tronqués et ne reflétant ni la réalité des faits eux-mêmes, ni la profondeur politique qu'ils signifient.
    On lit, on entend, on donne à voir que la culture démocratique des Égyptiens balbutie alors même que la jeunesse du pays orchestre un spectacle grandiose de démocratie. Le peuple avait porté un Président au pouvoir. Le Président s'est montré incompétent et dangereux. Ce même peuple exprime sa volonté de destituer le Président et délègue aux militaires le pouvoir de négocier sa destitution. Tel est le résumé de mon histoire. Trente-trois millions d'actes de rébellion ont été signés pour réclamer le départ du Président, trente-trois millions de rebelles ont envahi les rues, les ponts du Caire et des autres villes du pays. Même si le mot rébellion, tamarrod, est rarement prononcé.
    L'histoire que je raconte n'échappera pas à la terreur et à la contre-révolution, mais de l'avoir vécue, il en restera une culture populaire de la liberté et de la justice qui ne s'effacera pas de la mémoire collective. Tamarrod a prêté son nom à un parti qui contribuera à la rédaction d'une nouvelle Constitution.

  • « Ne venez pas. Nous nous sommes trompés ». Manya Schwartzman, jeune révolutionnaire, quitte sa terre natale, la Bessarabie, pour construire le socialisme en Union soviétique et disparaît en 1937 dans les grandes purges staliniennes après ce dernier message aux siens. Pour traverser le fleuve, elle s'est émancipée des archaïsmes du monde juif, de son pays, de sa condition sociale. La Révolution n'était pas une pensée pour elle, mais une nécessité vitale.
    Parce que l'idée d'une tombe sans nom lui déplaît, Sandrine Treiner mène l'enquête pour arracher son héroïne à l'anonymat des fosses communes. Voyage dans des territoires et des idées perdues, au coeur des steppes ensoleillées baignées par la mer Noire, ce récit est d'abord une réparation. Et une rencontre avec Manya S., héroïne déterminée et trahie, rendue à la vie et, par ces lignes, à son engagement et à sa lucidité.

  • Comment une jeune femme (Jane Goodall) qui n'a d'autre instruction qu'une formation de secrétaire en vient à consacrer sa vie à l'étude des moeurs de chimpanzés en vivant avec eux et en bouleversant ainsi totalement son existence ? Comment une jeune fille déportée à Auschwitz avec sa famille (Simone Veil) devient ministre de la Santé et légalise l'avortement ? Comment une fillette de dix ans (Marjane Satrapi) grandissant en pleine révolution islamique et guerre Iran-Irak choisit de raconter son histoire à travers un roman graphique qui deviendra légende ? Pourquoi une jeune femme journaliste (Anna Politkowskaïa) militante pour les droits de l'homme en vient à être menacée puis assassinée ?

    À travers les siècles, l'idée que les femmes puissent revendiquer le droit de participer à des conversations intellectuelles ou simplement d'exprimer leurs opinions a fait trembler les hommes, aussi bien dans la politique que dans la science. Dans son nouveau livre, Stefan Bollman dresse vingt-cinq portraits de femmes, maîtresses à pensée, chercheuses, combattantes pour les droits des femmes, rebelles ou femmes politiques, qui critiquèrent les systèmes en place, se frayèrent un chemin dans des domaines de connaissances jusque-là masculins, ou remirent en question des modèles de pensée existants.


    Comme il en ressort de cet ouvrage, les femmes qui pensent et expriment courageusement leurs opinions ? par exemple la lauréate birmane du prix Nobel de la paix, Aung San Suu Kyi ?, sont aujourd'hui encore dangereuses mais aussi en danger. On constate par ailleurs qu'un grand nombre d'entre elles, particulièrement dans la politique, sont fortement sous-estimées, souvent autant par leurs amis que par leurs ennemis.

    Bertha von Suuttner, Simone Veil, Marie Curie, Marjane Strapi, Indira Gandhi, Margaret Thatcher... découvrez 25 portraits de femmes hors du commun.

  • Dans une maison, derrière une fenêtre, deux femmes parlent. Nous entendons. Elles parlent lentement, entre de longs silences, cherchent leurs mots, les trouvent ou ne les trouvent pas, se taisent encore, essayent d'autres mots, se contredisent, se coupent, oublient le magnétophone, essayent de se souvenir, essayent de parler, avancent, se perdent, se retrouvent, se perdent encore, mais avancent toujours, sans modèle, sans plan, sans prudence et, pour la première fois peut-être, sans la peur du CENSEUR. D'où vient que ces propos soient publiés dans leur état premier ? qu'on les livre sans correction aucune ? qu'on ose proposer à la lecture cette incohérence, ce désordre, cette confusion, cette opacité, ces redites, ce piétinement de la parole ? D'où vient que ce qui n'est pas du tout écrit, remanié, mis en forme, élucidé, fascine à ce point ? Quel est le mystère de cet écrit de la parole ? Est-ce parce qu'il est, enfin, celui de la femme ? celui à venir ?
    M. D.

    Ce livre d'entretiens est paru en 1974.

  • La Trilogie des jumeaux d'Agota Kristof raconte l'histoire des frères Claus et Lucas qui font l'apprentissage de la survie et de l'endurcissement dans un pays ravagé par la guerre.
    Depuis l'enfance jusqu'à l'âge adulte, ce parcours en trois volets (Le Grand Cahier, La Preuve, Le troisième mensonge) est marqué par la séparation, la division de l'Europe à l'époque du rideau de fer, l'identité incertaine, la mélancolie et la maladie de l'écriture. Le succès des trois romans de l'écrivaine d'origine hongroise exilée en Suisse est dû à cette écriture blanche si particulière, dépourvue de tout pathétique.
    Une oeuvre qui interroge fortement le pouvoir de la fiction et notre responsabilité face à la mémoire du passé.

  • Depuis qu'elle a quitté l'Iran, Fariba Hachtroudi n'a cessé d'interroger avec passion, à travers ses livres, la réalité contemporaine de son pays. Elle propose aujourd'hui un portrait du Guide suprême de la République islamique, Ali Khamenei. Personnage essentiel de la théocratie chiite, le grand ayatollah ne se livre pas aux outrances médiatiques qui ont rendu célèbre le président Mahmoud Ahmadinejad. Pour être moins bruyant, son pouvoir n'en est que plus grand. Commandant en chef des armées, il dirige et oriente la politique du pays, valide la nomination du président, arbitre les conflits éventuels entre le clergé, l'armée et la classe politique.Cloîtré dans sa demeure, le Beyt, où ne pénètre qu'une élite de collaborateurs triés sur le volet, le « Lieutenant du Messie » édicte ses lois au milieu d'une cour servile et fanatique.
    Fariba Hachtroudi a obtenu des témoignages de première main - notamment ceux du neveu d'Ali Khamenei et d'un haut gradé longtemps intime du sérail, aujourd'hui réfugié à l'étranger - qui tracent un portrait captivant de ce personnage énigmatique, pilier du pouvoir iranien. Érudit, fin lettré, amateur de poésie et de luxe, Ali Khamenei met chaque jour en pratique l'enseignement de son prédécesseur, l'ayatollah Khomeyni, qui avait fait du mensonge et de la violence les armes licites du prosélytisme islamiste. Ce livre, qui fourmille d'anecdotes et de faits réels, donne à voir les rouages complexes d'un régime dont dépend en partie l'avenir du monde. L'auteur y rend aussi hommage à son grand-père, l'ayatollah Esmaïl Hachtroudi, grande figure de la révolution constitutionnaliste, qui s'est battu, au début du XXe siècle, pour un islam démocratique et humaniste.

  • Ce livre n'est pas une oeuvre d'imagination. C'est l'histoire d'une femme qui recherchait le bien de ses semblables à une époque où guerres et épidémies répandaient leur cortège de malheurs, où le fantastique imprégnait les réalités quotidiennes, où les savoir-faire féminins tuaient souvent aussi. Claudette Clauchepied est morte brûlée sur un bûcher, à Bruyères dans les Vosges, le 4 avril 1601. Elle allait avoir 66 ans. Construit sur une base archivistique solide, ce récit ouvre au lecteur le monde des campagnes de la fin du moyen âge. Il dévoile des comportements et des façons de penser authentiques. Le parler est réellement celui des gens de l'époque et non un discours contemporain remanié en fonction de suppositions. Préservée des clichés et des déformations folkloriques, la vie de Claudette Clauchepied révèle les racines d'une violence qui a longtemps secoué les communautés rurales. Son procès le montre amplement. Il peut être consulté aux Archives départementales de Meurthe-et-Moselle, où il est conservé sous la cote B 3753.

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