Riveneuve

  • La Reine du Mardi-gras était à la fois une mégère douteuse et une fée de soie. [...] C'était une souillon miraculeuse qui faisait éclore dans ses doigts bagués d'éblouissantes écharpes d'Isis et de merveilleuses chemises de Venus... » Comment ne pas voir dans ce conte philosophique plus qu'une histoire pour enfants peu sages ?

    Brigitte Fontaine nous livre une nouvelle quasi autobiographique où l'icône punk et poète se dévoile autant qu'elle se cache. Avec toujours la même fougue de vivre et la même créativité fantasque qu'on lui connaît sur scène comme à la ville.

  • Le café de l'imam

    Fadela M'Rabet

    Le café est un lieu magique : ignorant les limites du temps et de l'espace, il permet une libre circulation de l'imaginaire entre le présent et le passé, réveille des émotions qu'on croyait oubliées, ressuscite des pans entiers de notre existence. « C'est le patio à portes ouvertes, sans la contrainte sociale (...), un territoire libre (.), où je deviens un lieu de résonance de voix nouvelles et de voix retrouvées,.un lieu de passage de fantômes et de revenants », écrit Fadéla M'Rabet dans son nouveau livre, à l'écriture tantôt poétique et nostalgique, tantôt cinglante, mais toujours fluide et limpide, et d'une très haute tenue.

    Ainsi, de Constantine à Samarcande, de Vienne ou de Venise à Istamboul, de Boukhara à Paris ou Alger, Fadéla M'Rabet évoque une existence toujours ouverte sur les autres : au-delà d'elle-même, c'est aussi dans la vie des êtres qu'elle croise et des sociétés qu'elle parcourt qu'elle nous introduit. Telles cette rencontre avec l' imam de Sarajevo, ou ces retrouvailles imaginaires avec Arthur Schnitzler, Mahler ou Kokochka au célèbre café Griensteidl à Vienne. Presque à chaque page surgit un souvenir qui en appelle un autre, toujours avec émotion, parfois avec colère, quand surgit l'évocation des tartuffes et des imposteurs.

    Mais c'est une autre image, plus réjouissante, que l'auteur nous donne en terminant son récit : feuilletant, à l'aéroport d'Alger, la presse nationale, Fadéla M'Rabet découvre dans El Moudjahid un article élogieux sur le Sila 2010, qu'illustre en grand sa photo. Il y a 45 ans, le même quotidien orchestrait son linchage médiatique.

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