Plon

  • Nés de la nuit

    Caroline Audibert

    • Plon
    • 5 Novembre 2020

    « La naissance est aussi déchirante que la mort. Une fine peau me retient. L'incise légère des crocs sépare mon être de son ultime enveloppe. Je suis passé de l'autre côté de la chair.
    Mère lèche mon corps réfugié derrière les paupières closes. Sa langue est râpeuse, ce n'est pas la chair du dedans. Mes membres engourdis s'écartent, s'affolent. L'air me cerne, il rôde, se fraie un chemin à travers ma truffe, court dans ma gueule, fouille à l'intérieur, rentre plus encore, gonfle mon poitrail, ça brûle. » À travers le regard d'un jeune loup du Mercantour se révèle un rapport intime entre la faune, la flore et l'homme. Un roman naturaliste et poétique qui résonne comme une ode à la vie sauvage qui nous fait voir la nature autrement.

  • Gran Balan

    Christiane Taubira

    • Plon
    • 10 Septembre 2020

    « Le monsieur à toge et épitoge a déjà tourné les talons. Il semble à sec sur le contenu, alors il pallie par le ton. Il interroge à la mitraillette. Il veut du oui ou du non, pas un roman.
    Lui, Kerma, a envie d'expliquer, non, on ne vit pas tout un mois avec mille cent trente-six euros. Dès le dix-huit du mois, oui, on a besoin, et presque chaque jour, de ces quinze euros. L'essence, l'assurance, la nourriture, rester correctement vêtu et chaussé, après avoir payé le loyer l'eau l'électricité la taxe d'habitation la redevance télé les abonnements de sport de portable de streaming, ok ce n'est pas indispensable, mais à vingt-et-un ans... Maintenant il a vingt-cinq ans, et il est vrai qu'il s'en passe, par la force des choses... Mais personne ne semble disposer à entendre, moins encore à écouter. Alors, il répond, non je n'en ai pas besoin. C'est un mensonge de bonne foi. Ceux que l'on fait pour quelqu'un d'important. Et comme on est de bonne foi, on finit par y croire, on le répète à l'envi... Les mensonges sont faits pour vous sauver. Ceux-là, ceux de bonne foi, ce sont les pires. A tous les coups ils vous coulent. » Kerma est au tribunal. Il a servi de taxi à deux jeunes ayant commis un méfait. Quinze euros de gagnés qui risquent de lui valoir des années de prison. Ici, en Guyane, le regard des juges est sans doute pire comme sanction. Mais qu'a-t-il fait ? Quelle est sa vie ? Et qui sont les différents personnages du premier roman de Christiane Taubira ? Des jeunes, des femmes, des mères courages, des éducateurs engagés, des élus, des gens de peu et de beaucoup, des villages perdus, des éloignés du Surinam, des palabreurs, des conteurs, des arbres éxitiques, des animaux qui le sont autant... Avec une verve éblouissante, l'ancienne Garde des Sceaux brosse un tableau magnifique et terrifiant, vrai et fictionnel des coutumes, des mots, des traditions, des moeurs, des violences, des errances comme des miracles de cette terre qu'elle connait bien et aime tant. Un livre qui parle au coeur, aux tripes, qui donne à rêver, sourire, s'émouvoir, pleurer, autant que réfléchir.

  • La chasse aux âmes

    Sophie Blandinières

    • Plon
    • 27 Août 2020

    L'Histoire bouscule les âmes, la perversité de l'occupant nazi qui veut corrompre, voir ses victimes s'autodétruire et met en place un jeu ignoble dont l'objectif est de survivre, à n'importe quel prix : vendre son âme en dénonçant les siens ou ses voisins, abandonner ses enfants affamés, ou sauver son enfant, lui apprendre à ne plus être juif, céder son âme au catholicisme pour un temps ou pour toujours en échange de sa vie.

    Pour survivre, il faut sortir du ghetto. Par tous les moyens.
    Trois femmes, une Polonaise, Janina, et deux juives, Bela et Chana, vont les leur donner. Elles ont organisé un réseau clandestin qui fait passer le mur aux enfants et leur donne, pour se cacher en zone aryenne, une nouvelle identité, un nouveau foyer, une nouvelle foi, polonais et catholiques.

  • La discrétion

    Faïza Guène

    • Plon
    • 27 Août 2020

    Yamina est née dans un cri. À Msirda, en Algérie colonisée. À peine adolescente, elle a brandi le drapeau de la Liberté. Quarante ans plus tard, à Aubervilliers, elle vit dans la discrétion.
    Pour cette mère, n'est-ce pas une autre façon de résister ?
    Mais la colère, même réprimée, se transmet l'air de rien.

  • Au cours de son enfance faite de hauts et de bas au sein de la classe ouvrière du nord de l'Angleterre, Lucy a toujours pu compter sur sa mère ? mystérieuse et réconfortante, férocement aimante, inlassablement dévouée. Une mère dont les choix, souvent difficiles, ont façonné le désir de sa fille et son rapport à la séduction, son sens du devoir, son inextinguible soif d'insouciance.
    Lorsqu'elle arrive à Londres à l'aube des années 2000 pour y poursuivre ses études, la jeune femme y voit une promesse, un endroit où elle pourra devenir une version plus scintillante d'elle-même. Mais cette ville est celle de tous les désenchantements, et Lucy s'y perd, s'éloignant de plus en plus de celle qui était jusque-là sa boussole. Il faudra une énième disparition de son père et la mort de son grand-père pour qu'elle comprenne enfin qu'il est temps de grandir, et se réfugie dans le cottage irlandais où ce dernier a vécu, pour renouer avec ses racines. Et, qui sait, avec elle-même...

  • Les quatre coins du coeur

    Françoise Sagan

    • Plon
    • 19 Septembre 2019

    Comme bien des femmes de sa génération, Fanny voyait des protecteurs dans ses amants, idée disparue depuis belle lurette. Châteaux, cours, collines, ciel bleu pâle, fin d'été, la Touraine déroulait ses charmes. « Que la France est belle, pensait Fanny, et que mon amour est beau... » Ludovic était derrière elle, l'avion sentait la bruyère, et le seringa, survolé d'assez près pour qu'on le respire. À un moment, Fanny fut envahie d'un désir si vif, dû à un souvenir si précis de Ludovic, qu'elle se tourna vers lui, et se détourna aussitôt, sans l'avoir même touché du bout des doigts. Cet empêchement, cette impossibilité, serait un des souvenirs les plus sensuels de sa vie amoureuse.
    Les Quatre Coins du coeur est le dernier roman de Françoise Sagan. Subtil, résolument libre, empreint de son immense maîtrise, irrigué par sa passion des sentiments et de leur altérité. L'intelligence, le cocasse, cette élégance qui lui permet de passer sur les drames de manière si vive et si concise, tout se rencontre et nous permet de revisiter une vie de Sagan à laquelle rien ne manque dans ce roman inachevé, brut et bouleversant.

  • 4 décembre

    Nathalie Rykiel

    • Plon
    • 1 Octobre 2015

    « Etre bien à soixante ans, ce n'est sûrement pas ressembler à une jeune fille. C'est plutôt qu'une jeune fille ait envie de vous ressembler, quand elle aura soixante ans. » Dans ce récit littéraire et singulier, où tout est peut-être faux et rien n'est sans doute tout à fait vrai, elle se raconte en morceaux choisis : la mode, l'amour des hommes et de la littérature, la relation mère-fille qui s'inverse parfois, la dépression, l'âge et la maladie, la maternité et la féminité, et toujours, au centre, la quête de l'amour et du bonheur. Pour être femme, être soi, à soixante ans.

  • L'amour reste le plus sûr moyen de guérir quelqu'un de ses démons ou, inversement, de le détruire. Quand l'immense écrivain Colette, si moderne et si classique à la fois, s'éprend du fils de son second mari, tout s'écroule. Elle a 47 ans et lui 17. Vivre cet amour ou le fuir ? Elle cherche la réponse dans son passé... A 20 ans, elle avait épousé Willy, un séducteur compulsif qui signait de son nom les livres qu'elle écrivait. Pour pouvoir le quitter, elle devra gagner sa vie en prenant des risques : danser nue, porter le costume et montrer un sein, se muer en chroniqueuse judiciaire ou en critique de théâtre...
    Delphine de Malherbe fait entrer comme personne le lecteur dans le coeur et la tête de cette femme fascinante, à l'instant où sa vie bascule.

  • Harmonie

    Blanche de Richemont

    • Plon
    • 24 Mars 2011

    L'Inde est une terre mystérieuse, où la magie la plus pure côtoie les plus sombres sortilèges. Lylia Voltès est une jeune parisienne dont le père, Albin, est parti depuis dix ans accomplir un lointain et mystérieux voyage. Tous les soirs, Lylia rêve d'un homme qui lui murmure le simple mot Harmonie. Un jour, Albin revient brusquement pour mourir parmi les siens. Il a voyagé en Inde et demande à sa fille d'écouter son rêve, d'aller à la recherche de l'Harmonie. Malgré son appréhension, Lylia décide de partir pour l'Inde. Mais là-bas, de nombreux dangers l'attendent. Le sorcier Atal, n'a qu'un souhait : se venger de Lylia dont le père a jadis été choisi pour être le disciple du Victorieux, un vénérable sage. Atal est convaincu qu'elle détient le mantra magique qui lui rendra sa puissance perdue. Un mantra que seuls le Victorieux et Albin détenaient. Jaloux, avide de puissance, symbole d'une sagesse dévoyée, il pense que Lylia sera une proie facile et fera tout pour l'empêcher de mener son rêve à bien. Plongée dans le monde les sages, Lylia va s'engager dans une quête mystique entre l'Inde et Jérusalem. Pour échapper à Atal, elle devra dépasser ses peurs et ses propres démons, changer définitivement de vie pour répondre à l'appel de son rêve et trouver l'Harmonie.

  • Blues pour Elise

    Léonora Miano

    • Plon
    • 7 Octobre 2010

    Qu'est-ce qui fait courir les personnages de Blues pour Elise ? C'est l'amour ! Celui qu'on désespère de trouver, comme Akasha qui ne se remet pas d'une peine de coeur. Celui qu'on croit avoir perdu, comme Amahoro, dont le compagnon a pris ses distances. Celui qu'on n'attendait pas, comme Shale, follement éprise d'un homme peu avenant. Celui dont on doute soudain, comme Malaïka, paniquée à la veille de son mariage. A travers le parcours de ces quatre femmes et de leurs proches, Blues pour Elise dresse le portrait coloré, urbain et charnel de la France noire. Celle qui, loin des clichés misérabilistes, adopte le mode de vie bobo, se nourrit de graines germées, se déplace en Vélib', recourt au speed dating pour rompre la solitude. Roman de société, Blues pour Elise parle avant tout d'amour. Celui de soi, celui de l'autre.

  • Tels des astres éteints

    Léonora Miano

    • Plon
    • 3 Janvier 2008

    Dans l'intra muros d'une grande ville d'europe, vivent amok, shrapnel et amandla.
    Alors qu'amok et shrapnel sont nés en afrique, amandla a grandi dans un territoire d'outre-mer. trois parcours différents, une même couleur de peau, parfois embarrassante, lorsque l'afrique, la terre mère, a des allures de continent déchu. une couleur qui emprisonne et influence leur rapport au monde. tandis qu'amandla, l'icône rasta, s'enflamme pour une histoire glorieuse où le peuple noir descend des pharaons d'egypte, amok, l'écorché vif, étouffe sous cette couleur si lourde de sens.
    Quant à shrapnel, le prince des villes qui rêve d'un peuple noir uni de l'afrique aux amériques, il a du mal à savoir où il en est depuis qu'il est tombé amoureux d'une blonde aux yeux bleus...
    Entre révolte, fierté et mal de vivre, est-il possible de surmonter une identité si envahissante pour se révéler à soi-même ?

  • Les filles de riyad

    Rajaa Alsanea

    • Plon
    • 25 Octobre 2007

    Le livre choc qui a secoué le monde arabe enfin en France.
    Publié au Liban en 2005, ce livre a d'abord circulé sous le manteau en Arabie Saoudite. Pour la première fois, une romancière aborde le sujet tabou des relations des filles avec leur fiancé, leur mari, la façon dont elles peuvent vivre leur(s) amour(s) sans transgresser la loi.
    Témoignage d'une culture d'extrêmes contradictions, Les filles de Riyad permet au lecteur de pénétrer le plus secret des univers. En brisant le silence, Sadim, Michelle, Gamra et Lamis nous éclairent sur un mode de vie stupéfiant et parfois choquant.

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