Nil

  • 1900, Massachusetts. Le gardien du cimetière de la petite ville de Salford découvre une femme inconsciente près d'une tombe. Elle n'a dans son sac qu'une boule de bowling, une quille et sept kilos d'or. Très vite secourue par le gardien et un médecin noir de passage, la mystérieuse Bertha Truitt décide de rester à Salford. À la surprise de tous, elle épouse son médecin et ouvre un bowling qui devient rapidement le principal point de rencontre de Salford, y compris pour les femmes.
    Mais quand Bertha meurt dans un terrible accident, son passé refait soudain surface. Un jeune inconnu affirme en effet être son fils et revendique l'héritage du bowling...
    Avec Le Bowling du Point du Jour, Elizabeth McCracken nous offre un grand roman américain, porté par une écriture malicieuse et peuplé d'excentriques aux destinées surprenantes.

  • « Julia nourrissait une passion pour les fruits tropicaux, car ils éveillaient en elle la volupté que l'Europe avait anesthésiée, et c'était le moins qu'on puisse dire : en Italie, dès qu'elle ouvrait les yeux et ce jusqu'au moment de les fermer, elle ne voyait que des images religieuses lui rappelant sa condition de mortelle et de pécheresse ; les fruits exotiques invitaient au contraire à être contemplés, reniflés, sucés, léchés et dévorés à pleines dents ».

    Lorsque la belle Julia frappe à la porte de doña Yolanda à la recherche d'un travail, nul ne se doute qu'elle porte en elle le fruit d'un péché. Le jour de l'accouchement, Yolanda prédit que cet enfant, Alfonso dit « le poète », sera à l'origine du destin tragique de la famille. 70 ans plus tard, Primitiva Serapio, l'arrière-petite-fille de Yolanda est en train de sombrer dans la folie comme toutes ses parentes avant elle. Comment un même homme a-t-il pu faire perdre la raison à quatre générations de femmes cultivées et intelligentes ? C'est cette histoire que Primitiva raconte.

    D'une plume vive et sensuelle, María Eugenia Mayobre nous offre un premier roman original et impertinent en jouant avec les codes de la littérature latino-américaine et le réalisme magique.

  • Comment raconter le désir - désir sexuel, appétit pour la vie, l'art... - d'une femme mariée, apprentie écrivaine au début du siècle dernier ? C'est à ce projet qu'Anaïs Nin semble s'atteler dans ces seize nouvelles inédites, écrites pour la plupart entre 1929 et 1931. On y croise une jeune femme qui, parée comme pour un grand voyage, largue les amarres d'un bateau attaché à un arbre au fond d'un jardin, une petite fille abandonnant ses poupées pour se consacrer à l'étude du goût de ses larmes, et bien d'autres personnages hantés par la dualité entre l'être et le paraître.
    Ce recueil de nouvelles dévoile, grâce à la très belle traduction d'Agnès Desarthe, la genèse de l'oeuvre d'une des auteures les plus modernes et admirées du XXe siècle.

  • Yvetot, un dimanche d'août 1950. Annie a dix ans, elle joue dehors, au soleil, sur le chemin caillouteux de la rue de l'École. Sa mère sort de l'épicerie pour discuter avec une cliente, à quelques mètres d'elle. La conversation des deux femmes est parfaitement audible et les bribes d'une confidence inouïe se gravent à jamais dans la mémoire d'Annie. Avant sa naissance, ses parents avaient eu une autre fille. Elle est morte à l'âge de six ans de la diphtérie. Plus jamais Annie n'entendra un mot de la bouche de ses parents sur cette soeur inconnue. Elle ne leur posera jamais non plus une seule question.
    Mais même le silence contribue à forger un récit qui donne des contours à cette petite fille morte. Car forcément, elle joue un rôle dans l'identité de l'auteur. Les quelques mots, terribles, prononcés par la mère ; des photographies, une tombe, des objets, des murmures, un livret de famille : ainsi se construit, dans le réel et dans l'imaginaire, la fiction de cette " aînée " pour celle à qui l'on ne dit rien. Reste à savoir si la seconde fille, Annie, est autorisée à devenir ce qu'elle devient par la mort de la première. Le premier trio familial n'a disparu que pour se reformer à l'identique, l'histoire et les enfances se répètent de manière saisissante, mais une distance infranchissable sépare ces deux filles. C'est en évaluant très exactement cette distance que l'auteur trouve le sens du mystère qui lui a été confié un dimanche de ses dix ans.

  • Un exquis d'écrivains résolument tourné vers l'exotisme de l'Extrême-Orient.
    Dominique Sylvain a su judicieusement lier, par le jeu des couleurs et des associations thématiques, des allers-retours entre les trésors lointains (des sushis-sashimis aux pâtisseries de haricots rouges, en passant par les soupes miraculeuses ou les sakés revigorants) et les souvenirs gourmands de son enfance lorraine (lapin, myrtilles, orgeat). En dialoguiste hors pair, elle nous convie à sa table avec beaucoup d'humour et de vivacité, épinglant les situations de convivialité cocasses, mettant en scène furtivement les personnages de policiers qui ont fait son succès, rêvant sur les mots et appellations de produits et de cuisine, nous faisant entendre les curiosités musicales d'un repas...
    Connaissant bien le Japon où elle vit depuis de nombreuses années, Dominique Sylvain sait nous raconter, d'une façon très singulière, loin des clichés sur la gastronomie nipponne, quelques curieux festins de l'empire du Soleil-Levant, des plus simples aux plus élaborés. Elle nous entraîne aussi en Afrique noire et vers des ailleurs méconnus, tels Singapour ou les petites îles de la Sonde, en Indonésie.

empty