Maurice Nadeau

  • Je n'ai pas vraiment répondu à ta question, je ne pouvais pas te dire que j'avais écrit toutes ces chansons parce que je t'aimais.
    Je n'avais pas le droit de te montrer ainsi mon amour. Parce que toi tu ne m'aimais pas. Je devais sans doute t'inspirer aussi un peu de dégoût. Alors je me suis excusée de t'avoir importuné. Et je suis partie. Je t'ai dit au revoir en prenant garde de ne pas me faire de croche-pieds ou de te tomber dessus. Et j'ai pensé de nouveau à ta question. Pour qui j'écris, si ce n'est pour l'amour que je te porte et dont tu ne veux pas ? Pour qui alors ? Pour mon chien.
    J'écris pour mon chien.

  • Sentinelle

    Anne Thébaud

    Dans le huis-clos de la conscience, passé et instant présent, rencontres et paysages défilent, parfois se télescopent. La narratrice se souvient et interroge. Elle fait le guet telle une sentinelle, en quête de signes et de sens. Bribes d'émotions, tableaux citadins, évocations rurales se mêlent aux menus faits de la vie quotidienne pour composer un monologue intérieur. Sentinelle fait entendre une voix qui, partagée entre ennui et euphorie, questionne le temps, le désir et le deuil. L'identité s'élabore par fragments, dans la quête d'une réponse toujours en devenir.

  • Une fillette en colère assiste au remue ménage incompréhensible des adultes. Elle attendra le temps qu'il faut pour fuir. Tout est bon à vivre même la peur pour se tirer d'affaire. Dans sa course elle croisera les autres. Les dérisoires, les remarquables. Un homme posera sa grande main sur elle pour l'arrêter. Cet homme c'est Nathan : un scintillement bref, un éclat d'amour... Courir dans les bois ou ailleurs pour tomber finalement sur soi et s'en réjouir, comprendre que rien ne dure, ni la lumière, ni la nuit noire.

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