La Decouverte

  • à travers la mort ; mémoires inédits, 1886-1890 Nouv.

    L'histoire de la publication des Mémoires de Louise Michel est étonnante : elle débute en 1886, chez l'éditeur Roy, sous le titre - maintes fois réédité - de Mémoires de Louise Michel écrits par elle-même. Tome I. Aucun autre tome n'a suivi. Et si, par la suite, sont venus s'accoler d'autres écrits de la célèbre anarchiste, les soixante-dix feuilletons qui constituent le véritable second tome, parus dans la presse de 1890, avaient « disparu », peut-être victimes collatérales d'une entreprise de récupération de l'autobiographie de Louise Michel juste après sa mort. Aussi l'édition de ce second tome, inédit en librairie, constitue-t-elle un événement.
    Couvrant les années 1886-1890 (période qui s'ouvre après la mort de Marianne Michel, la mère, et de Victor Hugo, l'idole, pour se refermer en août 1890, à son départ pour Londres), ce gisement incroyablement riche révèle une écrivaine viscéralement engagée dans l'écriture, vivant ensemble le rapport à l'histoire, à la mémoire, au présent de sa lutte et à l'écriture.
    L'édition critique de ces Mémoires, accompagnée d'un dossier documentaire, est établie par Claude Rétat, directrice de recherche au CNRS.

  • En découdre

    Fanny Gallot

    Alors que, depuis la fin des années 1990, le monde ouvrier revient sur le devant de la scène à travers des luttes de plus en plus dures (occupations, séquestrations, grèves de la faim, menaces de « faire sauter l'usine », etc.), on se rend compte que l'importance des femmes de cette génération dans l'histoire récente du mouvement ouvrier a été négligé. A la différence des hommes, ces ouvrières ont souvent effectué leur carrière entière dans la même usine et subissent de plein fouet l'épreuve des restructurations ou de la liquidation pure et simple.
    Qui sont ces femmes décidées à « en découdre » ? Ayant commencé à travailler après 1968, elles n'ont plus grand-chose de commun avec leurs mères : elles ne sont ni fatalistes ni soumises. Et, de fait, grâce à leurs combats, de nouvelles lois ont révolutionné le travail et, plus largement, la société. Elles ont obtenu d'être reconnues comme des salariés comme les autres, et non pas comme des subalternes devant se contenter d'un salaire d'appoint. Elles ont mis en cause le pouvoir des petits chefs disposant d'un quasi droit de cuissage. Elles ont donné sa noblesse au travail en usine, jusqu'alors considéré comme dégradant pour une femme. Elles ont aussi changé le fonctionnement syndical, en refusant de tout déléguer systématiquement aux hommes. Les syndicats majoritaires ont finalement été amenés à prendre en charge des questions comme la contraception, l'avortement ou même le partage des tâches familiales.
    Fanny Gallot a recueilli les témoignages précis des femmes engagées dans cette lente et profonde révolution. Elle raconte leurs histoires surprenantes et émouvantes, en particulier celles des ouvrières de Chantelle et Moulinex dont les luttes ont marqué l'actualité.

  • À l'été 1953, un jeune homme de 24 ans, fils de bonne famille calviniste, quitte Genève et son université, où il suit des cours de sanscrit et d'histoire médiévale puis de droit, à bord se sa Fiat Topolino. Nicolas Bouvier a déjà effectué de courts voyages ou des séjours plus long en Bourgogne, en Finlande, en Algérie, en Espagne, puis en Yougoslavie, via l'Italie et la Grèce. Cette fois, il vise plus loin : la Turquie, l'Iran, Kaboul puis la frontière avec l'Inde. Il est accompagné de son ami, Thierry Vernet, qui documentera l'expédition en dessins et croquis.
    Ces six mois de voyage à travers l'Anatolie, l'Iran puis l'Afghanistan donneront naissance à l'un des grands chefs-d'oeuvre de la littérature dite « de voyage », L'Usage du monde, republié ici.

  • Ondine spragg s'ouvre les portes de l'aristocratie new-yorkaise grâce à son mariage avec ralph marvell.
    Son ambition l'amène à divorcer et à se lancer à la conquête des hommes susceptibles de lui apporter tout ce qu'elle désire, c'est-à-dire l'amusement mais aussi la respectabilité. si elle échoue face au banquier peter van degen, elle va trouver une nouvelle victime en la personne du marquis de chelles, grâce à qui elle va - espère-t-elle - trouver une place de choix dans le monde du faubourg saint-germain.
    Mais c'est vers elmer moffatt, un ami d'enfance auquel elle avait été mariée secrètement, qu'elle finira par revenir et en compagnie duquel elle trouvera le bonheur. les qualités d'analyse de la grande edith wharton et son brio font merveille dans cette vaste fresque qui dépeint une classe qui meurt et le monde du xxe siècle en pleine formation et trace avec audace et talent le portrait d'une femme moderne.

    Auteur d'un grand nombre de romans et nouvelles dont la modernité continue de surprendre, edith wharton (1862-1937), amie et confidente de henry jarres, a passé une grande partie de sa vie en france, oú elle est enterrée à saint-brice-la-forêt.

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