Fayard

  • Employée dans une banque d'affaires à Londres, Giulia se remémore l'histoire d'amour qui l'a liée dix ans plus tôt à un homme marié plus âgé qu'elle. Premier roman traduit en français d'une jeune auteure extraordinairement prometteuse, Loyauté livre un récit éminemment contemporain sur le pouvoir et le désir en explorant avec finesse la mécanique des sentiments dans une relation asymétrique et douloureuse, et l'âpreté d'un monde dirigé par l'argent.
    Le désir ne s'apprivoise pas. Le désir est imprévisible. Il surgit, explose, s'essouffle ou se renforce en suivant une progression chaotique - à l'image des cours des marchés financiers.
    Giulia, trente-deux ans, est employée à Londres dans une banque d'affaires où elle jouit d'une situation avantageuse, mais où le bonheur est une denrée rare : beaucoup d'argent, très peu de temps libre, des relations qui visent avant tout à se forger une réputation. Un écosystème que le reste de la société regarde avec défiance. Celui dans lequel naviguait Michele, un homme marié de vingt ans son aîné pour lequel elle a eu une passion qui a tourné à l'obsession alors qu'elle était étudiante à Milan, avant qu'il ne démissionne du jour au lendemain, sans explication. Alors que remontent les souvenirs d'une histoire qu'elle croyait enterrée, Giulia explore les fractures douloureuses de l'amour - cette fragilité qui réside en chacun de nous.
    Dans la lignée de Houellebecq et de Kundera, Letizia Pezzali livre un roman éminemment contemporain et plein d'esprit, d'une sensibilité et d'une maîtrise remarquables, sur le pouvoir et la nature du désir.

  • Ottessa Moshfegh s'est affirmée depuis quelques années comme l'une des voix les plus singulières et fracassantes de la littérature contemporaine. Dans son recueil de nouvelles, Nostalgie d'un autre monde, elle révèle un talent rare dans l'élaboration d'histoires complexes, dans le choix et la mise en scène de situations étranges, drôles et dérangeantes qui disent notre époque, dans la peinture lucide et implacable de marginaux empreints d'une profonde humanité.
    Les héros des nouvelles subversives et implacables rassemblées dans Nostalgie d'un autre monde ont tous un point commun : ils ont pris un mauvais virage. Certains sont séparés ou divorcés, d'autres sont au chômage, endettés, en conflit avec leur famille. Instables, pétris de défauts et d'incertitudes, ils expérimentent le désir, l'obsession, la solitude, l'amour et l'échec, tout en aspirant à se reconnecter au monde qui les entoure. Dans « Élévation », Ottessa Moshfegh brosse le portrait d'une jeune professeure aux habitudes révoltantes. « M. Wu » est un vieux voyeur esseulé qui prend son courage à deux mains pour aborder la femme nichée au creux de tous ses fantasmes. « Un monde meilleur » découvre une petite fille convaincue qu'elle vient d'un autre monde et doit tuer quelqu'un pour pouvoir y retourner - or se présente un jour la victime parfaite...

  • Sur une île au large de l'Australie dont le destin, entre crise écologique et crise migratoire, semble anticiper en accéléré celui de la planète toute entière, un garçon se trouve aux prises avec les émois et les découvertes de l'adolescence, cette période où là aussi tout s'accélère. Faut-il se protéger au risque de la solitude, ou faut-il s'exposer au risque de la catastrophe ? Telle est la question que pose L'île de Jacob.
    Christmas Island, territoire australien, au large de Java.
    Isolé depuis des centaines de millénaires, ce petit bout de jungle semble depuis peu subir en accéléré le destin de la planète toute entière, entre errances migratoires et crise écologique. Et c'est là qu'un garçon se trouve aux prises avec les vertiges et les éblouissements de l'adolescence, cette période où là aussi tout s'accélère.
    Que pèsent alors les angoisses collectives lorsqu'on explore l'amour, le désir, l'amitié, et que l'on rencontre l'homme solaire et blessé qui fera basculer votre vie ?
    Dans la chaleur tropicale suffocante, le jeune homme est initié à la puissance des sentiments.
    Mais depuis John Donne on sait que nul homme n'est une île.
    Si Christmas Island elle-même s'est fait rattraper par l'inexorable marche du monde, comment lui pourrait-il y échapper ?

  • Quadrille

    Inès Benaroya

    • Fayard
    • 3 Juin 2020

    « Je nous revois et une fois de plus, j'enrage de ne pouvoir me mettre au travers de notre route. Faire un arrêt sur image. Rentrez chez vous ! Fuyez tant qu'il est encore temps ! Mes cris se perdent dans les méandres du temps, impuissante à atteindre ce qui fut. De loin, très loin, j'assiste aux prémices du drame. ».
    Le tableau saisissant entre ombre et lumière d'une famille comme une autre en proie avec les démons du passé et du présent.
    « Pierre cherche la sonnette autour de la grille bleue. Il n'y en a pas. C'est un signe, Pierre. Pas de sonnette, pas de visiteurs. Prends ta famille sous le bras et rebrousse chemin. Il bougonne et continue de chercher. Les enfants sont silencieux, un peu intimidés. Je pourrais dire quelque chose, c'est le moment, proposer une alternative, sentir le vent tourner, renoncer. Je me tais. Pierre se décide à frapper contre la plaque métallique. Je ne retiens pas sa main. ».

    Ariane passe des vacances de rêve sur une île en Grèce avec son mari et leurs deux enfants, quand elle rencontre Viola et les siens. Les deux familles se lient d'amitié, mais bientôt l'été révèle ses démons, faiblesse des uns et fourberie des autres - à moins que ce soit l'inverse.

  • Sybille croit aux histoires qui finissent bien. Elle a beau savoir de quelle manière est morte Jeanne d'Arc, quand elle regarde un des films qui lui ont été consacrés, Sybille ne peut s'empêcher d'espérer qu'un pompier vienne la tirer d'affaire. Alors comment imaginer que la réalisation de son propre long-métrage va virer au film catastrophe ? Toute à sa passion, l'apprentie cinéaste refuse de se laisser abattre par les problèmes qui s'accumulent. Producteurs qui écrivent les scénarios, actrices qui entrent en résistance, agents hystériques, financiers qui ne financent pas : tout va s'arranger, elle n'en démord pas. Son enthousiasme aveugle lui donne des ailes. Celles du pigeon que l'on plume ou celles du dindon de la farce ? Comédienne et réalisatrice comme son héroïne, Sylvie Testud est aussi romancière. Avec l'humour et l'autodérision que ses lecteurs lui connaissent, voici les mésaventures drolatiques que lui valent quelquefois sa confiance dans sa bonne étoile et dans le genre humain. Et en bonus une visite inédite dans les couloirs de l'« usine à rêves » cinématographique où le public ne va jamais...

  • Muettes

    Ghata-Y

    • Fayard
    • 6 Janvier 2010

    « À six ans, jouer l'ignorance quand on a parfaitement compris. Mourir n'empêche pas un père de revenir à la maison. Mourir est un acte comme un autre. Quelle disparition l'empêcherait de dormir, de parler et de manger? Tout ça n'avait aucun sens dans mon esprit. J'ai imaginé que mourir signifiait au fond qu'il vivait encore, mais dans une autre famille, avec une autre femme et d'autres enfants.
    C'était facile de ne pas mourir; ouvrir les yeux, les maintenir écarquillés et marcher sans s'arrêter.»

  • Les silencieuses

    Nadine Trintignant

    • Fayard
    • 18 Février 2009

    pourquoi cet homme, à l'abri d'une porte cochère, guette-t-il une inconnue sous la pluie?
    pourquoi lily rose cède-t-elle depuis des années au chantage qu'exerce sur elle cette mégère qu'elle devrait fuir?
    d'où vient cette image qui obsède françois, d'une femme étendue dans une flaque de sang, sur le carrelage d'une cuisine?
    pourquoi milena refuse-t-elle de dire qui la harcèle, la poursuit, l'empêche de vivre?
    pourquoi l'identité d'un nouveau-né a-t-elle été changée?
    quel fil lie le destin de tous ces personnages hantés par la violence, la peur, la passion - les leurs et celles du monde qui les entoure?

  • Si ce roman se passe au début du XXème siècle, dans le sud des Etats-Unis, époque et territoire qui me sont étrangers, c'est parce que cette histoire de coureur de dot ne pouvait avoir lieu que là, sur ces terres puritaines hantées par l'idée du péché. Mon personnage est un aventurier de l'amour, et l'Amérique convient à son sens de l'aventure.
    Né d'une fille-mère, le jeune Marie est contraint de découvrir que l'amour peut nourrir son homme. L'amour et l'argent ont toujours été liés, et la littérature ne peut pas feindre d'ignorer les rapports complexes qu'ils entretiennent. Marie aime sincèrement celles qu'il dépouillera. Mais il a faim.
    Ce livre raconte son parcours, de l'enfance au crime.

  • « un ruisseau de lumière ! », s'émeut fanny, cinquante ans, face à marie-claire, dix-huit ans, qu'elle n'a pas revue depuis des années. la jeune fille vient de perdre ses parents et fanny, sa marraine, décide de la recueillir chez elle.
    Mais la bienveillante fanny ne mesure pas le danger ! car il y a des hommes à la maison : paul son fils, julien le fiancé de sa fille, et alain son mari. qui pourrait résister à une jeune fille aussi désirable lorsque, le coeur froid, elle joue à séduire et à susciter la jalousie, bien décidée à se venger sur ceux qui l'approchent de la tragédie qu'est pour elle la mort de son père ?
    Fanny, naïve et jusque-là heureuse en ménage, s'aperçoit un peu tard de ce drame familial qui couve.

    Un roman rose et noir sur les dangers de l'amour.

  • Une étrange peine

    Nadine Trintignant

    • Fayard
    • 31 Octobre 2007

    Sous le titre emprunté aux stances de Rodrigue dans Le Cid de Corneille (« Ô Dieu, l'étrange peine. »), voici rassemblées une quinzaine de nouvelles contant autant de drames intimes survenus dans toutes les couches de la société : séparations, ruptures, tromperies, désunions, mésalliances, dysharmonies, couples malades de trop ou de pas assez de passion, déchirés ou mal ressoudés, vies fourvoyées, rêves anéantis, illusions perdues, innocences bafouées, hommes cyniques ou humiliés, femmes lâchées, battues, bousillées - et revient, bien sûr, dans le dernier texte bouleversant qui donne son titre à l'ensemble, l'évocation du frêle fantôme de Marie, quatre années après sa disparition tragique à Vilnius, ce « morceau d'elle même », mort à présent, que sa mère Nadine garde vivant en elle.

  • Histoire ténue, roman profond. L'histoire : Alain se marie. Il emmène sa chatte dans l'appartement conjugal. Camille, son épouse, en éprouve une jalousie qui rapidement la submerge. Alain devra choisir. Le roman : Alain ne peut supporter la force, la vitalité que manifeste sa jeune épouse, ni le « monde moderne » qu'elle représente. Camille heurte la pudeur d'Alain, « une pudeur d'homme presque toujours plus délicate, plus sincère que la nôtre», dit ailleurs Colette - qui aurait pu intituler ce roman La Pure et l'Impure. « Il y avait dans ce sujet matière à deux cents lignes. Colette l'a développé en deux cents pages. Le miracle est qu'on ne songe pas à s'en plaindre. Son beau génie sensuel a transposé l'anecdote. Il en a fait le roman d'une cristallisation amoureuse qui échoue, d'une intimité conjugale qui rate » (André Billy).

  • Affaires de coeur

    Madeleine Chapsal

    • Fayard
    • 4 Octobre 2006

    L'amour se joue à plusieurs dans ce roman écrit dans les années cinquante et qui s'y passe. Mais à quels risques ! La narratrice tombe sous le charme d'un couple de son âge : ils n'ont pas trente ans, ils sont beaux, ils ont la vie facile et - comme le permet l'époque - le loisir de se livrer aux opérations lentes et hasardeuses de la séduction.
    D'abord amoureuse de Philippe, l'homme, la narratrice s'aperçoit vite qu'elle l'est aussi de sa jeune et belle épouse... Et si elle finit par céder à Philippe, c'est pour se rapprocher encore plus de celle-ci qui, elle le comprend plus tard - trop tard -, l'aime quant à elle passionnément...
    Comment sortir d'un tel imbroglio ? Un quatrième personnage, Ralph, cynique et silencieux, vient brouiller les cartes ou les redistribuer, ce qui va hâter un dénouement en quelque sorte inéluctable.
    D'ici là, que d'allées et venues entre Paris et ses provinces, que de plans fous, de serrements de coeur et de corps, de jeux dangereux ! En fait, que d'amour dispensé, dépensé, perdu, retrouvé, reperdu... On pourrait dire : quel gâchis ! Mais c'est ainsi que beaucoup de jeunes vivent l'amour : dans l'éblouissement de se découvrir mutuellement si désirables et si proches, quoique si différents les uns des autres.
    Longtemps ces enfants un peu perdus vont demeurer dans leur rêve, le rêve d'amour sans but et sans fin, propre à la jeunesse, qu'Affaires de coeur ressuscite avec talent et impertinence. Ne le rejetons pas, ce rêve : il a été le nôtre !
    Ce roman jamais publié, contemporain des premiers livres de Françoise Sagan, a gardé une époustouflante fraîcheur. On le dirait écrit d'hier avec la grâce des meilleures plumes de l'après-guerre : Sagan, Nimier, Vaillandoe On reste abasourdi que ce petit chef-d'oeuvre soit resté inconnu pendant un demi-siècle.
    C. D.

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