Christian Bourgois

  • La faussaire de Buenos Aires Nouv.

    La faussaire de Buenos Aires

    María Gainza

    • Christian bourgois
    • 2 Juin 2022

    À Buenos Aires, une mystérieuse faussaire a atteint le statut de légende. Imitatrice de génie et peintre de talent, la Negra s'est entourée d'artistes et comparses pour inonder le marché de l'art d'« authentiques faux » - se spécialisant elle-même dans les portraits de la célèbre Mariette Lydis. Nuit après nuit, tous se rassemblent dans un étrange établissement appelé Hôtel mélancolique.
    Enriqueta Macedo était l'une d'entre eux ; amie et mentor de la narratrice, elle lui a raconté cette fascinante histoire. Des années plus tard, cette dernière revient sur cette rencontre qui a façonné sa vie, son initiation au monde de l'art, et l'histoire de la Negra. Passionnée par cette figure mystérieuse disparue sans laisser (trop) de traces, elle se penche d'abord sur la figure centrale de Mariette Lydis, plonge dans les archives de la bande de l'Hôtel mélancolique et en interroge les anciens camarades pour tenter de tracer en creux le portait de l'insaisissable Negra.
    Mêlant personnages réels et imaginaires, María Gainza enveloppe et envoûte son lecteur par touches, oscillant entre humour, délicatesse et triviale réalité. Porté par l'obsession et plein de subtiles surprises, Portrait d'une inconnue est une méditation passionnante sur ce que nous entendons par « authenticité » - dans l'art et ailleurs -, et une exploration de l'écart entre ce qui est vécu et ce qui est dit.

  • D'allumettes et d'écailles

    Berta Marsé

    • Christian bourgois
    • 12 Mai 2022

    À la sortie d'un concert où elle s'était rendue avec une voisine de son âge, Yésica, quinze ans est enlevée. La disparition de l'adolescente secoue Sant Antoni, le quartier populaire de Barcelone dans lequel les deux jeunes filles ont grandi. Pendant des années, on ne trouve aucune trace d'elle, laissant Désirée traumatisée par les circonstances de la perte de sa camarade.
    Jusqu'au jour où cette dernière réapparaît vivante. Brisée, elle refuse catégoriquement de raconter l'enfer qu'elle a vécu.
    Seule Désirée, qui ne l'aimait pourtant pas beaucoup, semble la comprendre.
    Des années plus tard, Désirée participe à un atelier d'écriture au centre pénitencier de Wad-Ras. Peu à peu elle révèle aux autres prisonnières captivées ce qui s'est véritablement passé.
    D'allumettes et d'écailles se lit avec le suspense addictif d'un roman policier et la tension glaçante d'une histoire d'horreur, en renouvelant les codes de ces genres littéraires. Toute l'attention est concentrée sur les victimes, sur la vie quotidienne de deux adolescentes ordinaires secouées par la terreur.

  • Le fils de la veuve

    Gil Adamson

    • Christian bourgois
    • 5 Mai 2022

    1917. William Moreland, ancien détrousseur de grands chemins, n'est plus que l'ombre de lui-même. Brisé par la mort de son grand amour, Mary Boulton - celle qu'on appelait autrefois « la Veuve » - et harassé par des années de cavale, il ressurgit à la frontière du Montana, prêt à tout sacrifier pour assurer l'avenir de son fils, Jack. Le jeune orphelin vit comme un animal en cage dans une lugubre demeure, sous la férule à la fois bienveillante et inflexible de Soeur Beatrice. Du haut de ses 12 ans, Jack n'a qu'un seul désir : tel son père, fuir à son tour, et trouver refuge dans la vieille cabane familiale tapie dans les bois. Au risque de déclencher une traque folle pour le retrouver.
    Avec cette étonnante saga familiale, qui tient à la fois de la tragédie faulknérienne et de La Nuit du chasseur, Gil Adamson nous entraîne dans les paysages rudes et majestueux des Rocheuses, au coeur d'un grand Ouest américain bouleversé de fond en comble à l'aube du XXe siècle. Ce vaste roman aux accents westerns, porté par une prose flamboyante et par le souffle de l'aventure, met en scène des personnages inoubliables, animés par l'énergie du désespoir et de l'amour filial.

  • Love

    Angela Carter

    • Christian bourgois
    • 21 Avril 2022

    Peut-être la plus originale et la plus novatrice des romancières anglaises contemporaines, Angela Carter bénéficie aujourd'hui d'une importante reconnaissance. Dans les trois jours qui suivirent sa disparition, ses ouvrages furent épuisés et elle devint, sur les campus anglais, l'auteur contemporain le plus lu et étudié, devenant plus populaire que Virginia Woolf. La veine inventive d'Angela Carter, sa fascination pour les travers de l'être humain, sa possible perversité et son analyse de la figure féminine se retrouvent dans Love.
    Publié pour la première fois en 1997 et inspiré du roman sentimental Adolphe de Benjamin Constant, Love raconte une oppressante histoire d'amour à trois entre Annabel, étudiante aux Beaux-arts issue de la bourgeoisie, Lee Collins, d'origine plus modeste et orphelin d'une mère folle et Buzz, son demi-frère déséquilibré, vivant ensemble dans la province anglaise au milieu du désordre et de la saleté d'un petit appartement. Dans cette relation, les émotions les plus subtiles côtoient les pulsions sexuelles les plus primaires et les névroses sentimentales les plus cruelles.
    Illuminé par la présence d'une héroïne aussi fragile que radieuse, ce livre vibrant représente la quintessence du talent d'Angela Carter, qui s'affirme d'emblée par une écriture énergique à la fois rude et cultivée. Mêlant violence et délicatesse, l'auteur britannique chamboule le familier pour créer un monde nouveau et étrange.

  • Pèlerinage à Tinker Creek

    Annie Dillard

    • Christian bourgois
    • 14 Avril 2022

    Dans ce « journal météorologique de l'esprit », Annie Dillard se fait la chroniqueuse d'une « vallée des merveilles » de l'État américain de Virginie où coule la rivière Tinker et se livre à une exploration quotidienne et solitaire de son environnement.
    Elle décrit ainsi certains traits de la vie des mantes religieuses ou de celle des papillons Monarque, mais aussi celle des requins, des serpents venimeux, des parasites, leurs prouesses, beautés et déchéances, la violence et la cruauté mortelle de cet univers de prédateurs qui s'entre-dévorent.
    Recluse volontaire parmi ces créatures, Annie Dillard est surtout une extraordinaire écrivaine qui lit la nature et tente de déchiffrer ses signes. Dans cette quête, elle cite Van Gogh, le Coran et Thoreau bien sûr, mais aussi entomologistes, astronomes, écrivains et chercheurs, trahissant ainsi avec beaucoup d'humilité une culture et une curiosité immenses qui font de cette double exploration de la vallée Tinker et de l'esprit humain un livre unique.
    Récit d'un écrivain solitaire, ce texte est une splendeur d'écriture poétique, d'observation de la nature, et de réflexion quasi pascalienne sur la place de l'être humain entre l'infiniment grand et l'infiniment petit.

  • Dernier recours

    Susan Sontag

    • Christian bourgois
    • 14 Avril 2022

    Ce conte onirique, parfois absurde, est peut-être l'histoire d'un cadre d'entreprise irascible - Dalton Harron, surnommé « Diddy », 33 ans, divorcé - qui perd son sang-froid un soir dans un train de banlieue en retard, parvient à se faufiler hors du train arrêté, tue dans un accès de rage l'employé malicieux qui essaie de dégager les voies, et remonte furtivement à bord sans que personne ne le remarque, passant le reste de l'histoire dans un nuage existentiel de culpabilité et de pensées profondes ; ou peut-être que rien de tout cela n'est réellement arrivé et que ce que nous observons vraiment, c'est notre narrateur qui fait l'expérience d'une rupture totale avec la réalité. À bord du train, Diddy se confesse à une jeune femme aveugle, Hester. Ces deux êtres, chacun dans sa nuit, vont tenter de vivre ensemble. Mais à New York où ils mènent une existence de reclus, Diddy ne cessera d'errer dans un dédale d'ambiguïtés où se refusera à le suivre Hester.
    Susan Sontag livre un roman fascinant sur la définition glissante de la « vérité », mais aussi sur l'absurdité de l'existence et sur la folie.

  • Le bienfaiteur

    Susan Sontag

    • Christian bourgois
    • 24 Mars 2022

    Paris, début du XXe siècle. Hippolyte, un jeune homme issu d'un milieu aisé, abandonne ses études et commence à fréquenter le salon d'un couple d'étrangers, où il rencontre Frau Anders qui devient bientôt son amante. C'est à cette époque que Hippolyte fait le premier d'une série de rêves inquiétants. Il prend alors sa grande décision : au lieu d'utiliser ses rêves pour interpréter sa vie, il utilisera désormais sa vie pour interpréter ses rêves. Ceux-ci le conduiront à se lier d'amitié avec un voleur notoire, à entreprendre un périple rocambolesque dans un pays lointain et à se confronter au mythe grec auquel son prénom fait écho.
    Sous la forme des mémoires d'un Candide des temps modernes, ce premier roman de Susan Sontag, propose un portrait fascinant, intelligent et acerbe d'un milieu bohème en vogue au début du siècle dernier, et révèle au monde une écrivaine unique.

  • Croc fendu

    Tanya Tagaq

    • Christian bourgois
    • 17 Mars 2022

    Dans le Nunavut des années 1970, une adolescente inuite grandit et fait l'expérience de l'amitié, l'amour parental, l'art du camouflage et de la survie. Elle connaît l'ennui et l'intimidation. Les ravages de l'alcool, la violence sourde, la menace des hommes, le courage d'aimer les petites peurs. Elle connaît le pouvoir des esprits. Elle scande en silence la puissance brute, amorale, de la glace et du ciel. C'est l'histoire d'une fille qui devient femme, en s'appropriant son corps, sa culture, sa voix.

    Croc fendu chronique les jours terribles d'un village écrasé sous le soleil de minuit. Mêlant descriptions hallucinées et plongées intimistes, ce portrait d'une héroïne inoubliable nous pousse à reconsidérer la différence entre le bon et le mauvais, l'animal et l'humain, le réel et l'imaginaire.

  • Sans chichi

    Elsa Escaffre

    • Christian bourgois
    • 6 Janvier 2022

    « Sans Chichi », titrait Libération à la mort de Jacques Chirac.
    À l'agitation publique que suscite cette annonce répond une disparition plus modeste, celle du grand-père de la narratrice. Cette gamine des années 1990 revisite alors l'âge abracadabrantesque où des mains noueuses mais consolatrices conjuguent l'apprentissage du vélo aux compresses de Synthol.
    À l'Usine, résidence d'artiste où elle séjourne, elle entremêle les mots de la presse, de la radio et les fragments de mémoire qu'elle plie comme des serviettes de table en forme de bateau. Ces motifs viennent dessiner le spectre d'une époque révolue et entrelacent histoire personnelle et collective.
    Fantaisie et humour s'infiltrent avec une nostalgie réjouissante dans ce premier roman espiègle, tendre et lumineux. Où la mémoire des grands-pères éternels nous invite à rejouer le récit des enfants que nous ne sommes (presque) plus.

  • En Amérique

    Susan Sontag

    • Christian bourgois
    • 21 Octobre 2021

    En 1873, un groupe de Polonais, emmené par Maryna Zalezowska, la plus grande actrice de Pologne, émigre aux États-Unis et voyage jusqu'en Californie pour y fonder une communauté utopiste. Maryna, qui a renoncé à sa carrière pour cette aventure, est accompagnée de son fils, de son mari et d'un jeune écrivain amoureux d'elle. Rêvant d'un pays où tout pourrait recommencer, ils sont néanmoins rapidement gagnés par la désillusion. La plupart prennent le chemin du retour, mais Maryna décide de se battre. Elle apprend l'anglais, change de nom et commence une brillante carrière qui la conduit à sillonner les États-Unis avec la compagnie qu'elle a créée.
    Ce grand roman, récompensé par le National Book Award, dans lequel se croisent personnages de fiction et personnages historiques, est la reconstitution brillante d'une époque, d'un pays et de l'univers du théâtre. Le grand rêve américain d'une femme au destin inoubliable, à l'aube de la modernité.

  • Dans la maison rêvee

    Carmen Maria Machado

    • Christian bourgois
    • 19 Août 2021

    En surface, Dans la maison rêvée pourrait être considéré comme un témoignage : Carmen Maria Machado a vécu avec une femme une intense histoire d'amour qui s'est peu à peu muée en une relation faite d'emprise et de brutalité. Mais comment analyser et comprendre son expérience sans récits antérieurs auxquels se raccrocher ? Il n'existe en effet que peu d'archives queer, et presque pas de témoignages sur le tabou de la violence conjugale au sein de couples homosexuels.
    Pour raconter ce qu'elle a vécu, Carmen Maria Machado a donc inventé une forme pyrotechnique qui n'appartient qu'à elle et qui étonnera plus d'un lecteur. En déroulant de courts chapitres dont chacun joue sur les codes d'un genre littéraire particulier (du roman fantastique à l'histoire horrifique en passant par... le livre dont vous êtes le héros), Dans la maison rêvée ne se contente pas de relater les faits d'une histoire singulière : il interroge aussi la force des clichés et des représentations, dissèque les mythologies qui fondent notre rapport aux autres, que celles-ci proviennent des contes de fées ou de la pop culture. Un récit nécessaire, furieusement innovant, et qui fait l'effet d'une détonation.

  • Quai numéro 7

    Louise Doughty

    • Christian bourgois
    • 3 Juin 2021

    Il est quatre heures du matin dans la gare de Peterborough, en Angleterre. Un renard solitaire trotte sur les voies tandis que le silence est parfois rompu par le lent crissement d'un train de marchandises. Un homme se croyant seul se dirige vers une partie isolée de la gare, au bord du quai numéro 7, et se jette sur les rails. Ce qu'il ne sait pas, c'est qu'il est observé par Lisa Evans, ou plutôt par son fantôme : elle aussi est décédée au même endroit, dix-huit mois plus tôt.
    Deux décès en dix-huit mois : pourraient-ils être liés ? Personne n'est plus désespéré de comprendre ce qui les relie que Lisa Evans elle-même. Après tout, elle a été la première des deux à mourir. Et elle est bien décidée à comprendre ce qui a poussé cet inconnu à commettre l'irréparable.
    Quai numéro 7 décrit la mécanique implacable qui peut faire basculer les vies dans la tragédie, et transformer l'amour en une relation d'emprise et de manipulation. Louise Doughty explore les zones d'ombre présentes au coeur de nos vies.

  • Sous le signe des poissons

    Melissa Broder

    • Christian bourgois
    • 6 Mai 2021

    Rien ne va plus pour Lucy : alors que sa thèse sur Sappho est au point mort, elle vit une grande rupture amoureuse et touche le fond de la dépression. Pour l'aider à remonter la pente, sa soeur lui propose de garder sa maison de Los Angeles le temps d'un été, à deux conditions : s'occuper de Dominic (son chien diabétique) et prendre soin d'elle.
    Voici Lucy enrôlée dans un groupe de parole de femmes au bord de la crise de nerfs aussi drolatique que cruel, mais qui est loin de résoudre ses problèmes. Tout change un soir où Lucy rencontre en bord de mer un homme merveilleux - à bien des égards.
    Tour à tour hilarant, cru et émouvant, Sous le signe des Poissons fait voler en éclats les injonctions au bonheur et à la résilience. Avec une franchise qui n'aurait pas déplu au Philip Roth de Portnoy et son complexe, Melissa Broder nous offre un roman d'amour inoubliable, celui d'une femme combattant l'appel du vide.

  • Des dieux sans majuscule

    Tupelo Hassman

    • Christian bourgois
    • 4 Mars 2021

    Rosary, Californie. Ici, pas de palmiers et de plage dorée mais une raffinerie de pétrole, une décharge de pneus et de fervents chrétiens évangéliques. C'est ici que Helen tente de vivre une adolescence normale, malgré le décès de sa mère et un père à côté de la plaque. Heureusement, elle peut compter sur le soutien de sa bande d'amis plus ou moins marginaux, les « Têtes-de-bite », et sur celui de sa tante, une voyante mal tolérée par la communauté.
    Alors que les adolescents se cherchent à coups d'Action ou Vérité et d'antiques romans porno, la tension monte à Rosary : le cabinet de voyance de la tante de Helen est de plus en plus menacé, et quelques-uns de ses amis commettent des actes qui pourraient leur coûter cher.
    Des dieux sans majuscule déborde de personnages aussi tordus que touchants. À les voir se lancer dans l'exploration hasardeuse de leurs coeurs respectifs, on glane de quoi réviser sa copie sur l'art et la manière de bâtir une famille face à un avenir dont on ignore tout.

  • Le bal des folles

    Copi

    • Christian bourgois
    • 21 Janvier 2021

    C'est l'histoire d'un écrivain argentin qui aime à écrire dans des chambres d'hôtel sordides à Paris. D'un beau Romain qui souhaite devenir une belle Parisienne, d'un sosie de Marilyn Monroe tyran - nique et envahissant, d'un éditeur qui aimerait que son auteur cesse de le prendre pour un micheton. D'une boulangère qui pratique la voyance, d'un hippie neurasthénique qui élève ses triplés à Ibiza de façon peu orthodoxe, d'une véritable amie - qui à défaut d'avoir l'heure a toujours une bonne bouteille et une astuce pour échapper à la police.
    D'un Paris interlope à une Rome fervente, en passant par le New York branché et l'Ibiza baba-cool, Copi nous immerge dans les années 1970 et leurs folles libertés. Amours pures, sexe débridé, crimes odieux : en fantasmant sa vie, Copi nous donne à lire un roman aussi drôle qu'épouvantable.

  • L'usine

    Hiroko Oyamada

    • Christian bourgois
    • 14 Janvier 2021

    Ils sont trois, une femme et deux hommes. Alors qu'il est toujours plus difficile d'accéder à l'emploi au sortir de ses études, ces trois personnages banals et sans liens apparents se voient proposer un travail à l'Usine.
    L'Usine, un gigantesque complexe industriel de la taille d'une ville et qui s'étend à perte de vue, jusqu'aux montagnes environnantes. C'est là qu'ils vont désormais travailler, à des postes pour le moins curieux : l'un d'entre eux est chargée d'étudier des mousses pour végétaliser les toits, un autre relit des écrits de toutes sortes et les corrige. La dernière, elle, est préposée à la déchiqueteuse, et passe ses journées à détruire des documents. Très vite, la monotonie et l'absence de sens les saisit, mais quand on n'a pas le choix car il faut bien gagner sa vie, on est prêts à accepter beaucoup de choses... Même si cela implique de voir ce lieu de travail pénétrer chaque strate de leur existence ?
    Dans une ambiance kafkaïenne où la réalité perd peu à peu de ses contours, et alors que d'étranges animaux commencent à rôder dans les rues, les trois narrateurs se confrontent de plus en plus à l'emprise de l'Usine.
    Hiroko Oyamada livre un roman sur l'aliénation au travail où les apparences sont souvent trompeuses.

  • Le chant de Salomon

    Toni Morrison

    • Christian bourgois
    • 5 Novembre 2020

    On le surnomme « Laitier » parce que sa mère a continué de lui donner le sein en cachette jusqu'à ses trois ou quatre ans. Son vrai nom, c'est Macon Mort, le même que son père. Il vit dans le Nord, dans la région des Grands Lacs. Mû par la recherche d'un trésor enfoui, dit-on, dans une grotte, Laitier entreprend un voyage vers le Sud, d'où est originaire sa famille. C'est là qu'il découvrira son histoire familiale, que seule une comptine chantée par les enfants d'un village a conservée. Une comptine racontant la légende de Salomon qui s'envola pour retourner en Afrique, et qui laissa tomber le bébé qu'il portait dans ses bras.
    Publié en 1977 aux États-Unis et en 1996 en France, Le Chant de Salomon est le troisième roman de Toni Morrison, et celui qui l'a solidement installée sur la scène littéraire américaine. Excellente introduction à son oeuvre selon l'Académie suédoise, qui décerna à son autrice le prix Nobel en 1993, il est réédité augmenté d'une préface de Christiane Taubira.

  • Chercheurs d'ombres

    Linda Lê

    • Christian bourgois
    • 5 Octobre 2017

    Quel rapport y a-t-il entre Bruno Schulz et Joë Bousquet, Ida Lupino et un voyage chez les fous en compagnie de Wang Bing, la sirène Ondine et les premiers films de Sharunas Bartas, les duos de soeurs et un roman sur la guerre du Vietnam, les lettres de Rainer Maria Rilke sur la nécessité de se mettre sans cesse en danger quand on prétend créer et la fameuse « Lettre à un ami lointain » de Cioran, la philosophe Maria Zambrano qui se définissait comme une éternelle étrangère et les « veilleurs de nuit, de jour et de rêve » chez Stanislas Rodanski ? Aucun rapport, sans doute, sinon que ce sont, à travers l'évocation de ces figures ou de ces singularités, autant de tentatives d'élucider le mystère des passants qui choisissent l'ombre, se dissimulent dans l'ombre, ont été rejetés dans l'ombre, autant de tentatives aussi de faire parler la bouche d'ombre, de permettre à la part obscure d'entonner l'éloge de ce qui chante dans les ténèbres. Il y a une griserie à se projeter en pleine lumière, mais il y a peut-être une ivresse plus grande pour les artistes présents dans ces pages à se tenir en retrait et à être les habitants de cette « Nuit obscure » tant vantée par saint Jean de la Croix : ceux-là savent que c'est dans les zones d'ombre, si riches de contradictions, de paradoxes, de questionnements, que naissent les intuitions les plus fécondes.

  • Une vie en mouvement

    Misty Copeland

    • Christian bourgois
    • 12 Mai 2016

    « On me pose très souvent la même question depuis que j'ai été nommée première danseuse étoile noire américaine à l'American Ballet Theatre. Et maintenant ? [...] Le plus souvent, lorsqu'on m'interroge sur mes projets pour l'avenir, je hausse les épaules, souris, et réponds : "répéter".
    Les annonces de nomination se font de manière inattendue et elles ne se basent sur aucun modèle défini, cependant il était normal que j'apprenne la mienne dans le studio où j'ai passé tant de temps ces dernières années depuis que j'ai intégré la compagnie de l'American Ballet Theatre en 2000. [...] La nouvelle fut une surprise totale. [...] j'ai fondu en larmes. Comment aurais-je pu réagir autrement quand mon plus grand rêve venait juste de se réaliser? » Misty Copeland

  • Une autobiographie allemande

    ,

    • Christian bourgois
    • 3 Mars 2016

    « Un jour me vint l'idée : pourquoi ne pas faire avec Hélène un entretien qui porterait sur l'Allemagne, la langue allemande, sur leur place ? [...] L'Allemagne, la langue, le passé, la mémoire et ses corollaires d'oubli, et tous ces verbes, appartenir, demeurer, revenir, partir, et ces noms, exil, nom, archive. [...] Le livre parle de tout cela, je crois. » C. W.

    « J'ai toujours aimé l'Allemagne Et pourtant - Je l'ai tenue en respect, en estime, au-dessus, au-delà du nazisme Et pourtant - J'aime que Eve ma mère qui en naquit et s'en évada ne m'ait jamais interdit un amour éclairé qu'elle ne pouvait plus franchement partager.
    Je voulais aller à Osnabrück comme à ma mère et avec elle.
    Mais Eve ma mère ne parvint jamais à partager ce vouloir.
    Alors que je ne croyais pas pouvoir jamais surmonter un mystérieux exil originaire, comme je voyais s'éloigner de mes voeux la Ville si chère de mes mères, j'ai été ramenée encore vivante à Osnabrück ville allemande, cependant que ma mère s'en allait en emportant l'allemand avec elle.
    Cécile est venue me chercher. Elle s'en explique. Mais ce geste me reste inexplicable, comme l'est l'amitié même.
    [...] Le parti de ce texte est un rêve de paix. » H. C.

  • Totale éclipse

    Cécile Wajsbrot

    • Christian bourgois
    • 4 Septembre 2014

    À Paris, dans le café où elle a l'habitude d'aller, la narratrice entend une chanson qui la plonge dans le souvenir d'une histoire, le souvenir de sentiments auxquels elle croyait avoir renoncé. Photographe, elle est aussi dans un moment de perte d'inspiration. Une rencontre imprévue la replonge dans les affres de l'amour, en même temps qu'elle lui ouvre de nouvelles pistes de réflexions artistiques. La création et la vie se mêlent, l'une servant l'autre. Mais l'équilibre ne risque-t-il pas de s'inverser en cours de route ?

  • Sentinelles

    Cécile Wajsbrot

    • Christian bourgois
    • 7 Février 2013

    Conversations un soir de vernissage à Beaubourg ; l'exposition est consacrée à un vidéaste. Les invités se croisent, s'évaluent, superficiels, ironiques. Il y a aussi l'artiste, une amie, un admirateur, et d'autres ? figures d'un théâtre d'ombres. Devant les écrans de contrôle, quelqu'un veille. Mais il suffit d'un incident technique pour faire déraper la soirée. Le monde réel vacille, s'efface, une autre réalité apparaît.

  • Home

    Toni Morrison

    • Christian bourgois
    • 23 Août 2012

    L'histoire se déroule dans l'Amérique des années 1950, encore frappée par la ségrégation. Dans une Amérique où le « White only » ne s'applique pas qu'aux restaurants ou aux toilettes, mais à la musique, au cinéma, à la culture populaire. L'Amérique de Home est au bord de l'implosion et bouillonne, mais c'est ici la violence contre les Noirs américains, contre les femmes qui s'exprime. Les grands changements amorcés par le rejet du Maccarthisme, par la Fureur de vivre ou le déhanché d'Elvis n'ont pas encore commencés. En effet, les Noirs Américains sont brimés et subissent chaque jour le racisme et la violence institutionnalisés par les lois Jim Crow, qui distinguent les citoyens selon leur appartenance « raciale ». Pour eux, le moindre déplacement, même le plus simple, d'un état à l'autre, devient une véritable mission impossible. En réponse à cette oppression, l'entraide et le partage ? facilités par l'utilisation du Negro Motorist Green Book de Victor H. Green qui répertorie les restaurants et hôtels accueillant les noirs dans différents états ? sont au coeur des relations de cette communauté noire dans une Amérique à la veille de la lutte pour les droits civiques.
    La guerre de Corée vient à peine de se terminer, et le jeune soldat Frank Money rentre aux Etats-Unis, traumatisé, en proie à une rage terrible qui s'exprime aussi bien physiquement que par des crises d'angoisse. Il est incapable de maintenir une quelconque relation avec sa fiancée rencontrée à son retour du front et un appel au secours de sa jeune soeur va le lancer sur les routes américaines pour une traversée transatlantique de Seattle à Atlanta, dans sa Géorgie natale. Il doit absolument rejoindre Atlanta et retrouver sa soeur, très gravement malade. Il va tout mettre en oeuvre pour la ramener dans la petite ville de Lotus, où ils ont passé leur enfance. Lieu tout autant fantasmé que détesté, Lotus cristallise les démons de Frank, de sa famille. Un rapport de haine et d'amour, de rancoeur pour cette ville qu'il a toujours voulu quitter et où il doit revenir. Ce voyage à travers les États-Unis pousse Frank Money à se replonger dans les souvenirs de son enfance et dans le traumatisme de la guerre ; plus il se rapproche de son but, plus il (re)découvre qui il est, mieux il apprend à laisser derrière lui les horreurs de la guerre afin de se reconstruire et d'aider sa soeur à faire de même.


    Home est le dixième roman de Toni Morrison. À travers l'histoire dure et torturée de ce jeune soldat, c'est un roman de la rédemption que nous offre ici l'auteur. Ce retour à l'Amérique du XX e siècle, avec une focalisation sur les années 1950, est un développement nouveau dans l'oeuvre de Toni Morrison, mais on retrouve pourtant les thèmes qui caractérisent son oeuvre. Elle laisse le lecteur découvrir ces années 1950 qui ne sont finalement que suggérées qu'à travers de petits indices. Elle laisse le souvenir de cette époque se reconstruire à travers les images distillées dans notre inconscient collectif. C'est encore et toujours dans la suggestion que l'art de Toni Morrison se révèle. Elle réussit à faire d'un roman finalement assez court une véritable oeuvre tout en subtilité, en vérités voilées qui se glissent progressivement jusqu'au lecteur avant d'exploser au grand jour.

  • L'amant du volcan

    Susan Sontag

    • Christian bourgois
    • 6 Octobre 2011

    1772 : au pied d'un Vésuve toujours menaçant, Naples rayonne sur l'Europe. Le Cavaliere, ambassadeur britannique auprès du royaume des Deux-Siciles, s'y installe avec sa femme et s'adonne avec passion à son activité de collectionneur d'art. A la mort de son épouse, il fait la connaissance d'une jeune femme incroyablement belle et intelligente, bien que n'ayant reçu aucune instruction. Il devient son mentor, décidé à en faire une citoyenne du monde, et, au scandale de la bonne société napolitaine, la demande en mariage.
    Mais l'arrivée d'un jeune amiral britannique va bouleverser les sentiments de la nouvelle femme du Cavaliere. Inspiré des vies de Sir William Hamilton, de sa femme Emma et de Lord Nelson, L'Amant du volcan déploie une grande ingéniosité formelle et bouscule les conventions du roman historique en évoquant aussi bien la Révolution que l'Opéra, la condition des femmes et l'amour.

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