Christian Bourgois

  • Le bal des folles

    Copi

    C'est l'histoire d'un écrivain argentin qui aime à écrire dans des chambres d'hôtel sordides à Paris. D'un beau Romain qui souhaite devenir une belle Parisienne, d'un sosie de Marilyn Monroe tyran - nique et envahissant, d'un éditeur qui aimerait que son auteur cesse de le prendre pour un micheton. D'une boulangère qui pratique la voyance, d'un hippie neurasthénique qui élève ses triplés à Ibiza de façon peu orthodoxe, d'une véritable amie - qui à défaut d'avoir l'heure a toujours une bonne bouteille et une astuce pour échapper à la police.
    D'un Paris interlope à une Rome fervente, en passant par le New York branché et l'Ibiza baba-cool, Copi nous immerge dans les années 1970 et leurs folles libertés. Amours pures, sexe débridé, crimes odieux : en fantasmant sa vie, Copi nous donne à lire un roman aussi drôle qu'épouvantable.

  • On le surnomme « Laitier » parce que sa mère a continué de lui donner le sein en cachette jusqu'à ses trois ou quatre ans. Son vrai nom, c'est Macon Mort, le même que son père. Il vit dans le Nord, dans la région des Grands Lacs. Mû par la recherche d'un trésor enfoui, dit-on, dans une grotte, Laitier entreprend un voyage vers le Sud, d'où est originaire sa famille. C'est là qu'il découvrira son histoire familiale, que seule une comptine chantée par les enfants d'un village a conservée. Une comptine racontant la légende de Salomon qui s'envola pour retourner en Afrique, et qui laissa tomber le bébé qu'il portait dans ses bras.
    Publié en 1977 aux États-Unis et en 1996 en France, Le Chant de Salomon est le troisième roman de Toni Morrison, et celui qui l'a solidement installée sur la scène littéraire américaine. Excellente introduction à son oeuvre selon l'Académie suédoise, qui décerna à son autrice le prix Nobel en 1993, il est réédité augmenté d'une préface de Christiane Taubira.

  • Quel rapport y a-t-il entre Bruno Schulz et Joë Bousquet, Ida Lupino et un voyage chez les fous en compagnie de Wang Bing, la sirène Ondine et les premiers films de Sharunas Bartas, les duos de soeurs et un roman sur la guerre du Vietnam, les lettres de Rainer Maria Rilke sur la nécessité de se mettre sans cesse en danger quand on prétend créer et la fameuse « Lettre à un ami lointain » de Cioran, la philosophe Maria Zambrano qui se définissait comme une éternelle étrangère et les « veilleurs de nuit, de jour et de rêve » chez Stanislas Rodanski ? Aucun rapport, sans doute, sinon que ce sont, à travers l'évocation de ces figures ou de ces singularités, autant de tentatives d'élucider le mystère des passants qui choisissent l'ombre, se dissimulent dans l'ombre, ont été rejetés dans l'ombre, autant de tentatives aussi de faire parler la bouche d'ombre, de permettre à la part obscure d'entonner l'éloge de ce qui chante dans les ténèbres. Il y a une griserie à se projeter en pleine lumière, mais il y a peut-être une ivresse plus grande pour les artistes présents dans ces pages à se tenir en retrait et à être les habitants de cette « Nuit obscure » tant vantée par saint Jean de la Croix : ceux-là savent que c'est dans les zones d'ombre, si riches de contradictions, de paradoxes, de questionnements, que naissent les intuitions les plus fécondes.

  • « On me pose très souvent la même question depuis que j'ai été nommée première danseuse étoile noire américaine à l'American Ballet Theatre. Et maintenant ? [...] Le plus souvent, lorsqu'on m'interroge sur mes projets pour l'avenir, je hausse les épaules, souris, et réponds : "répéter".
    Les annonces de nomination se font de manière inattendue et elles ne se basent sur aucun modèle défini, cependant il était normal que j'apprenne la mienne dans le studio où j'ai passé tant de temps ces dernières années depuis que j'ai intégré la compagnie de l'American Ballet Theatre en 2000. [...] La nouvelle fut une surprise totale. [...] j'ai fondu en larmes. Comment aurais-je pu réagir autrement quand mon plus grand rêve venait juste de se réaliser? » Misty Copeland

  • « Un jour me vint l'idée : pourquoi ne pas faire avec Hélène un entretien qui porterait sur l'Allemagne, la langue allemande, sur leur place ? [...] L'Allemagne, la langue, le passé, la mémoire et ses corollaires d'oubli, et tous ces verbes, appartenir, demeurer, revenir, partir, et ces noms, exil, nom, archive. [...] Le livre parle de tout cela, je crois. » C. W.

    « J'ai toujours aimé l'Allemagne Et pourtant - Je l'ai tenue en respect, en estime, au-dessus, au-delà du nazisme Et pourtant - J'aime que Eve ma mère qui en naquit et s'en évada ne m'ait jamais interdit un amour éclairé qu'elle ne pouvait plus franchement partager.
    Je voulais aller à Osnabrück comme à ma mère et avec elle.
    Mais Eve ma mère ne parvint jamais à partager ce vouloir.
    Alors que je ne croyais pas pouvoir jamais surmonter un mystérieux exil originaire, comme je voyais s'éloigner de mes voeux la Ville si chère de mes mères, j'ai été ramenée encore vivante à Osnabrück ville allemande, cependant que ma mère s'en allait en emportant l'allemand avec elle.
    Cécile est venue me chercher. Elle s'en explique. Mais ce geste me reste inexplicable, comme l'est l'amitié même.
    [...] Le parti de ce texte est un rêve de paix. » H. C.

  • À Paris, dans le café où elle a l'habitude d'aller, la narratrice entend une chanson qui la plonge dans le souvenir d'une histoire, le souvenir de sentiments auxquels elle croyait avoir renoncé. Photographe, elle est aussi dans un moment de perte d'inspiration. Une rencontre imprévue la replonge dans les affres de l'amour, en même temps qu'elle lui ouvre de nouvelles pistes de réflexions artistiques. La création et la vie se mêlent, l'une servant l'autre. Mais l'équilibre ne risque-t-il pas de s'inverser en cours de route ?

  • Sentinelles

    Cécile Wajsbrot

    Conversations un soir de vernissage à Beaubourg ; l'exposition est consacrée à un vidéaste. Les invités se croisent, s'évaluent, superficiels, ironiques. Il y a aussi l'artiste, une amie, un admirateur, et d'autres ? figures d'un théâtre d'ombres. Devant les écrans de contrôle, quelqu'un veille. Mais il suffit d'un incident technique pour faire déraper la soirée. Le monde réel vacille, s'efface, une autre réalité apparaît.

  • L'histoire se déroule dans l'Amérique des années 1950, encore frappée par la ségrégation. Dans une Amérique où le « White only » ne s'applique pas qu'aux restaurants ou aux toilettes, mais à la musique, au cinéma, à la culture populaire. L'Amérique de Home est au bord de l'implosion et bouillonne, mais c'est ici la violence contre les Noirs américains, contre les femmes qui s'exprime. Les grands changements amorcés par le rejet du Maccarthisme, par la Fureur de vivre ou le déhanché d'Elvis n'ont pas encore commencés. En effet, les Noirs Américains sont brimés et subissent chaque jour le racisme et la violence institutionnalisés par les lois Jim Crow, qui distinguent les citoyens selon leur appartenance « raciale ». Pour eux, le moindre déplacement, même le plus simple, d'un état à l'autre, devient une véritable mission impossible. En réponse à cette oppression, l'entraide et le partage ? facilités par l'utilisation du Negro Motorist Green Book de Victor H. Green qui répertorie les restaurants et hôtels accueillant les noirs dans différents états ? sont au coeur des relations de cette communauté noire dans une Amérique à la veille de la lutte pour les droits civiques.
    La guerre de Corée vient à peine de se terminer, et le jeune soldat Frank Money rentre aux Etats-Unis, traumatisé, en proie à une rage terrible qui s'exprime aussi bien physiquement que par des crises d'angoisse. Il est incapable de maintenir une quelconque relation avec sa fiancée rencontrée à son retour du front et un appel au secours de sa jeune soeur va le lancer sur les routes américaines pour une traversée transatlantique de Seattle à Atlanta, dans sa Géorgie natale. Il doit absolument rejoindre Atlanta et retrouver sa soeur, très gravement malade. Il va tout mettre en oeuvre pour la ramener dans la petite ville de Lotus, où ils ont passé leur enfance. Lieu tout autant fantasmé que détesté, Lotus cristallise les démons de Frank, de sa famille. Un rapport de haine et d'amour, de rancoeur pour cette ville qu'il a toujours voulu quitter et où il doit revenir. Ce voyage à travers les États-Unis pousse Frank Money à se replonger dans les souvenirs de son enfance et dans le traumatisme de la guerre ; plus il se rapproche de son but, plus il (re)découvre qui il est, mieux il apprend à laisser derrière lui les horreurs de la guerre afin de se reconstruire et d'aider sa soeur à faire de même.


    Home est le dixième roman de Toni Morrison. À travers l'histoire dure et torturée de ce jeune soldat, c'est un roman de la rédemption que nous offre ici l'auteur. Ce retour à l'Amérique du XX e siècle, avec une focalisation sur les années 1950, est un développement nouveau dans l'oeuvre de Toni Morrison, mais on retrouve pourtant les thèmes qui caractérisent son oeuvre. Elle laisse le lecteur découvrir ces années 1950 qui ne sont finalement que suggérées qu'à travers de petits indices. Elle laisse le souvenir de cette époque se reconstruire à travers les images distillées dans notre inconscient collectif. C'est encore et toujours dans la suggestion que l'art de Toni Morrison se révèle. Elle réussit à faire d'un roman finalement assez court une véritable oeuvre tout en subtilité, en vérités voilées qui se glissent progressivement jusqu'au lecteur avant d'exploser au grand jour.

  • 1772 : au pied d'un Vésuve toujours menaçant, Naples rayonne sur l'Europe. Le Cavaliere, ambassadeur britannique auprès du royaume des Deux-Siciles, s'y installe avec sa femme et s'adonne avec passion à son activité de collectionneur d'art. A la mort de son épouse, il fait la connaissance d'une jeune femme incroyablement belle et intelligente, bien que n'ayant reçu aucune instruction. Il devient son mentor, décidé à en faire une citoyenne du monde, et, au scandale de la bonne société napolitaine, la demande en mariage.
    Mais l'arrivée d'un jeune amiral britannique va bouleverser les sentiments de la nouvelle femme du Cavaliere. Inspiré des vies de Sir William Hamilton, de sa femme Emma et de Lord Nelson, L'Amant du volcan déploie une grande ingéniosité formelle et bouscule les conventions du roman historique en évoquant aussi bien la Révolution que l'Opéra, la condition des femmes et l'amour.

  • Dalton Harron, surnommé " Diddy ", 33 ans, divorcé, se rend à un rendez-vous d'affaires. Sur le trajet, son train tombe en panne dans un tunnel. Lorsque Diddy descend pour voir ce qu'il se passe, il a une altercation avec un cheminot et, sans trop savoir ce qu'il fait, l'assomme. Après être remonté dans le train qui s'est remis en marche, un besoin de confession le pousse à faire le récit de son acte à une jeune fille aveugle, Hester. Cette dernière lui rétorque alors qu'il n'a jamais quitté le compartiment. A-t-il rêvé ou réellement accompli ce forfait ?
    Ces deux êtres, chacun dans sa nuit, vont tenter de vivre ensemble. Mais à New York où ils mènent une existence de reclus, Diddy ne cessera d'errer dans un dédale d'ambiguïtés où se refusera à le suivre Hester trop menacée elle-même pour jouer un rôle de planche de salut. Et Diddy reviendra sur le lieu (supposé ?) de son crime où il aura une vision de mort universelle et rencontrera la sienne propre.
    Un à un, Diddy a saisi les instruments de cette panoplie de la mort que tout homme porte en soi ; et, un à un, se sont épuisés les derniers recours que lui offrait la vie, c'est-à-dire le monde des autres.


    Susan Sontag est sans doute l'écrivain américain le plus " européen ". Née en 1933 à New York, elle est décédée le 28 décembre 2004. A l'âge de trente ans, elle publie son premier roman, Le Bienfaiteur (Le Seuil, 1965), une étude sur la formation de la personnalité. Dans les années 60, elle écrit pour différents magazines et revues. Très engagée à gauche, figure de la scène new-yorkaise, elle est proche d'intellectuels français comme Roland Barthes, auquel elle a consacré un livre (L'écriture même : à propos de Roland Barthes Christian Bourgois). Elle publie en 1977 un essai, Sur la photographie où elle s'interroge sur la différence entre réalité et expérience. Elle défend le concept de " transparence ", autrement dit de l'évidence de l'oeuvre, avant toute interprétation. Elle publie également de nombreux romans, dont L'Amant du volcan (1992) et En Amérique (1999) pour lequel elle a reçu le National Book Award. Par ailleurs, le Prix Jérusalem lui a été attribué en 2001 et le Prix de la Paix des libraires à Francfort en 2003 pour l'ensemble de son oeuvre.

    La publication de ce titre au format de poche s'inscrit dans un programme de publication de titres inédits et épuisés de Susan Sontag initié aux éditions Bourgois depuis 2008.

    Dans ce roman où s'estompent les limites qui séparent le rêve de la réalité, Susan Sontag décrit en philosophe et romancière, les étapes de cette abolition.

  • En 1873, un groupe de Polonais, emmené par Maryna Zatezowska, la plus grande actrice de Pologne, émigre aux États-Unis et voyage jusqu'en Californie pour y fonder une communauté fouriériste. Maryna a renoncé à sa carrière pour cette aventure, car, malgré le succès qu'elle connaît, elle rêve d'un pays où tout pourrait recommencer. Dans cette aventure, elle est accompagnée de son fils, de son mari et d'un jeune écrivain amoureux d'elle. Rapidement néanmoins, la désillusion les gagne. La plupart des Polonais qui avaient joint cette équipée choisissent de retourner en Pologne. Mais Maryna décide de se battre. Elle apprend l'anglais et, ayant changé de nom, s'engage dans une brillante carrière aux Etats-Unis. Elle formera sa propre compagnie, sillonnera le pays et jouera avec Edwin Booth, le plus grand acteur américain de l'époque.
    Ce roman dans lequel se croisent personnages de fiction et personnages historiques, est la reconstitution brillante d'une époque, d'un pays et de l'univers du théâtre. C'est aussi une réflexion grave sur la force du destin, sur la création, sur l'art dramatique et Shakespeare, et sur la mort.


    Susan Sontag est sans doute l'écrivain américain le plus " européen ". Née en 1933 à New York, elle est décédée le 28 décembre 2004. A l'âge de trente ans, elle publie son premier roman, Le Bienfaiteur, une étude sur la formation de la personnalité. Dans les années 60, elle écrit pour différents magazines et revues. Très engagée à gauche, figure de la scène new-yorkaise, elle est proche d'intellectuels français comme Roland Barthes, auquel elle a consacré un livre (L'écriture même : à propos de Roland Barthes Christian Bourgois). Elle publie en 1977 un essai, Sur la photographie où elle s'interroge sur la différence entre réalité et expérience. Elle défend le concept de " transparence ", autrement dit de l'évidence de l'oeuvre, avant toute interprétation. Elle publie également de nombreux romans, dont L'Amant du volcan (1992) et En Amérique (1999) pour lequel elle a reçu le National Book Award. Par ailleurs, le Prix Jérusalem lui a été attribué en 2001 et le Prix de la Paix des libraires à Francfort en 2003 pour l'ensemble de son oeuvre.


    La publication de ce titre au format de poche s'inscrit dans un programme de publication de titres inédits et épuisés de Susan Sontag initié aux éditions Bourgois depuis 2008.
    " Jamais roman aussi profond n'éclaira la condition humaine sous l'angle de la femme. Susan Sontag n'a pas écrit un roman féministe, non, mais le grand roman de l'exode. Splendide. " (François Busnel, Dernières Nouvelles d'Alsace) " Avec la même finesse dans l'analyse et de corrosité dans l'attaque [que les romans d'Edith Wharton, En Amérique] célèbre le corps de l'Amérique, dit la fluidité et le refus du passé, la vulgarité du paraître.
    Quelle meilleure métaphore pour dire l'Amérique que celle du théâtre et du comédien ? [...] Une série de portraits se superposent, portraits qu'il faut lire comme autant de masques des acteurs en représentation sur la scène du monde occidental. [...] En Amérique offre aussi une réflexion féministe à travers ses personnages de femmes mal aimées, mal mariées, ambitieuses et triomphantes, ou éternelles victimes de part et d'autres de l'Atlantique. [...] Ce texte est revigorant, il invite à l'action et à l'invention, car pour nous lecteurs du XXIe siècle, l'Amérique c'est notre avenir (comme au XVIe siècle. " (Danièle Pitavy-Souques, La Quinzaine littéraire)

  • L'intrigue se situe dans la campagne anglaise, autour de la magnifique demeure de la famille d'Eugenia Malmains, où gravite une poignée de jeune gens de la bonne société, en quête du grand amour... ou du grand mariage.
    Les deux protagonistes principaux sont deux jeunes représentants de cette classe privilégiée : Noel Foster vient de toucher un petit héritage et abandonne son travail dans la City ; Jasper Aspect, un ami désargenté, a une morale plutôt élastique et exerce sur lui une influence douteuse. À l'instigation de ce dernier, ils décident de se mettre en quête d'une riche héritière que l'un d'eux (mais lequel ?) pourrait épouser, et jettent leur dévolu sur le village éloigné de Chalford, où réside la très jeune Eugenia Malmains, héritière de la plus grosse fortune d'Angleterre. À peine arrivés, ils tombent sur elle tandis que, debout sur une baignoire retournée, elle harangue quelques villageois ébahis. Eugenia est en effet tout acquise à la cause des Union Jackshirts, mouvement ouvertement fasciste. Sitôt rentrés à leur hôtel, Jasper et Noel rencontrent deux jeunes femmes arrivées incognito sous les noms de miss Smith et miss Jones. Miss Smith - en réalité Mme Poppy St. Julien - accompagne son amie lady Marjorie Fitzpuglington, qui s'est enfuie après avoir rompu ses fiançailles. Les choses vont encore se compliquer le lendemain, lorsqu'entre en scène la beauté locale, Anne-Marie Lace, mariée à un hobereau du cru profondément ennuyeux. Deux idylles se nouent aussitôt : entre Jasper et Poppy d'une part et entre Noel et Anne-Marie d'autre part.
    Ainsi détournés de la poursuite d'Eugenia, les deux compères se trouvent entraînés dans de nouvelles péripéties : une garden-party donnée par la grand-mère d'Eugenia dans le parc de Chalford ; un spectacle où défileront des personnages historiques interprétés par tous les proches d'Eugenia. N'écoutant que sa passion politique, celle-ci veut transformer la réunion en un vaste rallye de soutien à ses partisans. C'est compter sans un groupe d'artistes d'avant-garde proche d'Anne-Marie, farouchement opposés aux fascistes... La fête se termine par un vaste pugilat, connu depuis lors comme la Bataille de Chalford Park.
    Derrière l'humour se cache ici une peinture de l'attraction pour le fascisme et le nazisme qui caractérisa une minorité de l'aristocratie anglaise de cette époque. Sous forme d'une satire échevelée, à travers les aventures rocambolesques d'une galerie de personnages appartenant en majorité à l'" Upper class " britannique, c'est un tableau presque documentaire que brosse ici Nancy Mitford.

    Il s'agit d'un des premiers romans de Nancy Mitford, publié en 1935 et jamais réimprimé depuis 1951, sur demande de l'auteur qui craignait de se fâcher avec ses proches. En effet, elle s'inspire largement du parcours de ses soeurs Unity et Diana pour les personnages qu'elle met en scène dans Wigs on the green. Car sous les traits d'Eugenia se dessine la silhouette de sa petite soeur Unity, qui a voué un culte à Hitler au point d'effectuer de nombreux voyages en Allemagne pour assister aux congrès des nazis dont elle partageait les pires convictions. Au-delà de Unity, cette caricature touchait une autre de ses soeurs, Diana : cette dernière avait épousé le riche Bryan Guiness à l'âge de 19 ans avant de le quitter en 1933 pour épouser Oswald Mosley, le leader du BUF, parti fasciste anglais. C'est de ce dernier que Nancy Mitford s'est ouvertement inspirée pour créer le personnage de Captain Jack, qu'elle moque volontiers dans Wigs on the green. Nancy Mitford avait bien anticipé les réticences de ses soeurs à l'égard de ce texte. Pour éviter de vexer Diana, et de crainte qu'Oswald Mosley n'en fasse interdire la publication, elle avait d'ailleurs demandé à Diana de relire le manuscrit et de lui donner son accord. Laquelle avait alors exigé que trois chapitres consacrés à Mosley soient supprimés et resta brouillée avec Nancy pendant de nombreuses années.
    Ces tensions familiales, ajoutées à l'évolution du contexte international dans lequel les nazis avaient pris une importance plus que démesurée et néfaste, ont conduit Nancy Mitford à s'opposer à la republication de Wigs on the green malgré les demandes insistantes de son éditeur. Voici ce qu'elle écrivait à son amie Evelyn Waugh en 1951 : " Trop de choses se sont produites depuis pour que les plaisanteries au sujet des nazis soient drôles ou relèvent d'autre chose que du pire mauvais goût. Donc c'est hors de question. " Née le 28 novembre 1904 à Londres, Nancy Mitford est la fille de David Freeman-Mitford, deuxième Lord Redesdale. Aînée d'une fratrie de sept filles, elle fut élevée avec ses soeurs de façon plutôt atypique dans le manoir d'Asthall dans l'Oxfordshire. Sa famille n'avait en effet pas seulement la réputation de tolérer l'originalité, mais aussi de la cultiver. Célèbre pour le rôle prépondérant qu'elle a joué dans la vie mondaine entre les deux guerres, aussi bien en Grande-Bretagne qu'en France, Nancy Mitford a écrit de nombreux ouvrages : des biographies, parmi lesquelles celles de Voltaire et de Frédéric le Grand ; un essai intitulé Noblesse oblige dans lequel elle a élaboré la classification U and non-U, quintessence du snobisme britannique, qui répertorie les usages U (c'est-à-dire upper class, aristocratiques) et non-U (propres à la petite bourgeoisie, et donc à proscrire) ; et des romans. Elle connut notamment un grand succès avec À la poursuite de l'amour. Elle fut l'amie de Gaston Palewski, un des lieutenants du général de Gaulle, pour qui elle quitta l'Angleterre et vint s'installer à Paris. Mais il lui brisa le coeur en se remariant avec une autre de ses maîtresses. Elle mourut à Versailles le 30 juin 1973 des suites d'un cancer.

  • Cronos

    Linda Lê

    À Zaroffcity, le pouvoir est détenu par deux absolutistes : le Grand Guide, intronisé après un coup d'Etat, et son ministre de l'Intérieur, Karaci, surnommé la Hyène par des habitants qui vivent sous le régime de la terreur.
    Alors que les exactions se multiplient, alors que les opportunistes se rangent sous la bannière des nouveaux dirigeants, s'élève une voix, celle d'Una, fille d'un ancien astronome devenu sénile, qui a dû le sauver en acceptant d'épouser Karaci. Soeur d'un comédien exilé, elle lui écrit en secret des lettres sur sa solitude de captive, exprimant son amertume, ses indignations, ses rancoeurs, mais aussi son amour pour son vieux père, pour un gamin des rues venu, malgré les dangers, lui apporter une consolation, pour un insurgé, auteur de pamphlets subversifs. Peu à peu, une métamorphose s'opère en elle : d'abord résignée, elle rejoint les opposants et se mue en conspiratrice au moment où elle apprend qu'elle va être mère. Fable politique, tragédie mettant en scène les excès d'une dictature, les compromissions des arrivistes, la corruption par l'argent et le musellement des rébellions, Cronos est aussi le chant d'amour d'une Antigone, résolue au sacrifice.

  • Comment l'amour traverse-t-il une vie marquée par une naissance, une séparation et une mort ? a son retour de la seconde guerre mondiale, toby maytree rencontre lou, une jeune diplômée, qui se laisse séduire par ce charpentier-poète trentenaire.
    Ils se marient et s'installent au sein de la communauté d'écrivains et d'artistes non-conformistes qui ont élu domicile à la pointe de cap cod. ils y élèvent leur fils, un temps aidés par demy, leur amie bohème...dans une langue économe et élégante, annie dillard raconte les décennies d'amour, de rêves et les désillusions de la famille maytree. elle fait ainsi de l'histoire de ce mariage à la fois exceptionnelle et universelle, minuscule et monumentale, un roman unique.

  • Cahiers d'enfance est le sixième ouvrage publié par Norah Lange. en 1937. Il marque le passage définitif de la poésie à la prose de celle qui fut une amie de Borges et la muse des poètes ultraïstes. L'auteur y relate des fragments de son enfance. depuis le voyage à Mendoza avec ses parents et ses soeurs jusqu'au retour de la famille à Buenos Aires, après la mort du père : événements marquants, personnes côtoyées, mais aussi obsessions et rituels mis en place pour les éloigner... Construit en courts épisodes, ces Cahiers évoquent un album de photos, tant le regard y joue un rôle primordial - un regard curieux de tout. lucide, sans concession. Aussi bien par la qualité de son écriture - à la fois dense et légère, toujours percutante et résolument moderne - que par l'ambition expérimentale soutenue de ses recherches esthétiques. Norah Lange est incontestablement l'un des grands écrivains de la littérature argentine. Cahiers d'enfance est " l'un des plus beaux et des plus lumineux livres de souvenirs d'enfance de la littérature latino-américaine. " (César Aira).

  • Carmen Mondragon est plus connue sous son nom d'artiste Nahui Olin. Dans les années 1920-1930, celles de la Révolution d'Emiliano Zapata et de Pancho Villa, elle est " la plus belle femme de Mexico ". Fille préférée du général Mondragon, Carmen épouse Manuel Rodriguez Lozano pour échapper à l'emprise familiale. Après un long séjour en Europe et la mort du général, Carmen quitte son mari. Elle fréquente alors le monde artistique et intellectuel de Mexico, peint, écrit des poèmes, pose pour Diego Rivera et le photographe Edward Weston. Elle entretient une relation passionnelle avec Gerardo Murillo (" Docteur Atl "), artiste violent et caractériel qui contribuera à sa légende. Par l'entremise du poète Homero Aridjis qui la rencontre, vieillissante, vendant des cartes postales d'elle jeune, Pino Cacucci tire de l'oubli cet extraordinaire personnage féminin dont le destin s'inscrit dans la lignée de ceux de Frida Kahlo et Tina Mondotti. Il donne forme à une grande histoire d'âmes en révolte contre le monde, tourmentées et guidées par un rêve de liberté si élevé qu'elles ne peuvent l'atteindre.

  • Après son entrée en littérature très remarquée avec le roman Le Nageur paru en France en 2004 (« la plus belle découverte qu'on vienne de faire », Les Inrockuptibles, « une révélation littéraire », Le Journal du dimanche », « un récit subtil de la mélancolie et de la perte »), Zsuzsa Bánk, jeune auteur allemande d'origine hongroise, nous revient avec un recueil de nouvelles fascinantes consacrées à la séparation, au départ et aux adieux. De New York au Canada en passant par l'Australie et l'Europe, à travers douze récits, Zsuzsa Bánk brosse une galerie de personnages attachants et fragiles : une conférencière qui retrouve, dans une ville de l'est, une famille perdue de vue depuis longtemps, un gigantesque poète new-yorkais à la recherche de son petit amant à la peau blême, deux amies d'enfance isolées du monde par le froid et la neige du grand nord, un couple à la recherche du lieu idéal dans la fournaise australienne, l'étrange ballet amical de deux femmes après la mort d'un garagiste écrasé par un moteur de voiture... Faisant preuve d'une remarquable maîtrise de la langue, maniant l'ellipse, l'intuition, l'empathie, Zsuzsa Bánk déploie une fois de plus dans ce recueil tout son art littéraire pour donner le jour à des nouvelles attachantes, poignantes, parfois brutales à force de pureté et de force du récit et du langage.

  • In memoriam

    Linda Lê

    Une femme s'est donné la mort un matin de printemps. Elle laisse derrière elle quatre livres qui sont autant d'énigmes pour les deux hommes qui l'ont aimée, deux frères ennemis devenus des inconsolés. Le narrateur, lui-même écrivain, est celui qui l'a approchée le premier ; il trace le portrait d'une séditieuse, créant, envers et contre tout, une oeuvre où la concession n'a pas cours. Tombeau d'une irréductible, éloge d'une maquisarde, ce récit de deuil est aussi une confession où l'amour, la rivalité, la recherche obstinée de la vérité offrent des visages multiples. La quête de l'autre, le sacrifice consenti à la littérature, la ronde des fantômes qui demandent à renaître : en s'interrogeant sur le départ, sans un adieu, sans une lettre, de cette amante qui l'a révélé à lui-même, le narrateur fait retour sur soi, et c'est avec une lucidité teintée d'humour qu'il se dépeint à travers ses tâtonnements littéraires et ses algarades avec son frère, destiné à être son rival. Et peut-être, au bout du compte, le pari qu'il relève est-il de dire la passion pour un être qui a conservé jusqu'au bout son mystère, et de vaincre la mort par les mots.

  • Linda Lê est née en 1963. Elle habite Paris. Depuis Dalat, sa ville natale du Viêt-nam, jusqu'à Paris, il y a eu de nombreuses étapes : Saïgon d'abord et ses études au lycée français, puis après la chute de Saïgon, son rapatriement en France avec sa mère française et sa soeur. Après trois livres parus lorsqu'elle était très jeune, elle a publié Les Evangiles du crime dont une presse unanime a salué l'originalité exceptionnelle. En 1993, Christian Bourgois a édité son cinquième livre, le roman Calomnies (traduit et publié aux Etats-Unis, aux Pays-Bas et au Portugal) puis en 1995, Les dits d'un idiot. Les Trois Parques et Voix ont paru chez Christian Bourgois Editeur en 1998, Lettre morte en
    1999, Personne en 2003 et Kriss/L'homme de Porlock en 2004.

    Reeves C. est retrouvé mort dans un hôtel. Il voulait être écrivain. Il ne fut que le mari d'une romancière célèbre. Il lui disait : « Il ne faut pas aimer son double, car c'est un amour qui naît d'un oubli momentané de la haine qu'on a pour soi. » Le Professeur T. s'est pendu dans la cave de son immeuble. Son seul ami, c'était « Plus-dure-sera-lachute ». Avant de mourir, le Professeur T. avait écrit dans son journal : « Chacun porte en soi un frère assassiné, il faut vivre en le ménageant. » Dans la nuit du 14 août 1990, une femme, gantée de blanc, se jette du hait d'un immeuble de La Défense. Elle s'appelait Klara W. Dans son agenda, elle avait noté ce bref dialogue extrait d'un film : « -ne vous en faites pas, je m'en vais. - Où ? - En moi-même. » Vinh L. se prépare à rentrer dans son pays. Auparavant, il écrit dix lettres, dans lesquelles il raconte son histoire : pour survivre, il a mangé de la chair humaine. Longtemps, il s'est tu. Maintenant, il parle. « Le crime, dit-il, ressemble à l'amour : tant que les sentiments sont sincères, ils s'entourent de silence. On se met à jacasser quand l'émotion est morte. »

  • « La douce colombe est morte a une dame seule pour héroïne, pas encre une vieille fille, mais déjà consciente de jouer ses dernière cartes. Léonora, plus vautour que colombe, relève fièrement le défi. Sa beauté, sa fortune, lui ont valu des hommages qui se raréfient à présent. Or des hommages, cette chaste Phèdre ne demande rien d'autre, à condition qu'ils soient assidus et fervents. Mais le joli garçon sur lequel elle a jeté son dévolu dérive vers d'autres amours. A sa propre stupéfaction, Léonora fond en larmes. Une amie, bernée elle aussi par son protégé, lui prêche la sagesse. Erreur. Les choses se laissent acheter, entretenir, posséder, et méritent donc la passion qu'on leur voue. Puisse Léonora accéder à leur immobile perfection et devenir à son tour une pièce de musée ! L'art subtilement cruel de miss Pym la rattache aux grands explorateurs de l'enfer féminin : Henry James, Colette, Tenessee Williams... » (Gabrielle Rolin, Le Monde)

    Barbara Pym est née dans le Shropshire en 1913. Après des études d'anglais au St Hilda's college d'Oxford, elle a pris part à la seconde guerre mondiale en s'engageant dans le Women's Royal Naval Service. Elle a connu un succès littéraire rapide. Mais, entre 1963 et 1977, elle fut éclipsée, faute de trouver un éditeur pour ses nouvelles. C'est à un fameux article du Times Literary Supplement qu'elle a dû sa réapparition. Lord David Cecil et Philip Larkin l'y désignèrent comme l'écrivain le plus sous-estimé du siècle. Et elle obtint le Booker Prize en 1977 pour sa nouvelle Quatuor d'automne. Parallèlement, Barbara Pym a travaillé à l'African Institute de Londres, notamment dans la
    publication de son journal Africa, ce qui a affûté son regard d'ethnologue. Elle meurt d'un cancer en 1980.

  • La redécouverte en Angleterre et la traduction en France de Barbara Pym devraient être un événement équivalent au succès inattendu de Jean Rhys. Depuis Virginia Woolf et Ivy Compton-Burnett, les écrivains totalement anglais se faisaient rares : Jean Rhys avait conservé de ses West Indies un parfum exotique et démoniaque. Avec la discrète Barbara Pym, nous voici au coeur de l'Angleterre : villages écologiques, églises anglicanes hantées par de ténébreux pasteurs à marier et par de malicieuses bigotes, ventes de charité où l'on papote et l'on médit et l'on s'épie, salons de thé, bibliothèques, associations universitaires. Et sur tout le monde, la romancière jette un regard ironique et faussement naïf qui ébranle soigneusement les valeurs les plus solides d'une société sclérosée, un regard impitoyable : celui d'une ethnologue. (René de Ceccatty, Le Monde, 1986)

    Barbara Pym est née dans le Shropshire en 1913. Après des études d'anglais au St Hilda's college d'Oxford, elle a pris part à la seconde guerre mondiale en s'engageant dans le Women's Royal Naval Service. Elle a connu un succès littéraire rapide. Mais, entre 1963 et 1977, elle fut éclipsée, faute de trouver un éditeur pour ses nouvelles. C'est à un fameux article du Times Literary Supplement qu'elle a dû sa réapparition. Lord David Cecil et Philip Larkin l'y désignèrent comme l'écrivain le plus sous-estimé du siècle. Et elle obtint le Booker Prize en 1977 pour son roman Quatuor d'automne. Parallèlement, Barbara Pym a travaillé à l'African Institute de Londres, notamment à la publication de son journal Africa, ce qui a affûté son regard d'ethnologue. Elle meurt d'un cancer en 1980.

  • Proche de la trentaine, Ianthe n'a pas trouvé de mari malgré son élégance, son intelligence, ses goûts et son allure. Elle travaille dans une bibliothèque en compagnie de Mervyn qui vit avec sa maman. Le rythme routinier sera rompu par un beau jeune homme qui semble s'intéresser beaucoup à Ianthe, qui se voit subitement l'objet de nombreuses demandes en mariage. Alors que Penelope, jeune beatnik au visage préraphaélite, attend désespérément l'âme soeur. L'auteur prend un malin plaisir à brosser les portraits de ces deux femmes, la première étant fille de chanoine, la seconde belle-soeur de pasteur... C'est à St Basil, dans la banlieue nord de Londres que Barbara Pym situe sa cohorte d'ecclésiastiques et leurs disciples. Ventes de charité, sermons, amours embrouillés par l'éducation et la pudeur, sans oublier les menus et humeurs de Faustina, la chatte du pasteur Mark Ainger et de sa femme Sophia : ces ingrédients traditionnels sont relevés par un voyage à Rome qu'effectue une bonne partie des personnages, voyage qui a un effet révélateur sur l'Angleterre, St Basil et l'authenticité des sentiments amoureux. S'il y a des mariages à la clef, Barbara Pym maintient toujours une distance ironique face aux liens qui s'établissent : l'amour et le mariage sont dépeints comme des associations paisibles et solides comme les institutions britanniques.

    Barbara Pym est née dans le Shropshire en 1913. Après des études d'anglais au St Hilda's college d'Oxford, elle a pris part à la seconde guerre mondiale en s'engageant dans le Women's Royal Naval Service. Elle a connu un succès littéraire rapide. Mais, entre 1963 et 1977, elle fut éclipsée, faute de trouver un éditeur pour ses nouvelles. C'est à un fameux article du Times Literary Supplement qu'elle a dû sa réapparition. Lord David Cecil et Philip Larkin l'y désignèrent comme l'écrivain le plus sous-estimé du siècle. Et elle obtint le Booker Prize en 1977 pour son roman Quatuor d'automne. Parallèlement, Barbara Pym a travaillé à l'African Institute de Londres, notamment à la publication de son journal Africa, ce qui a affûté son regard d'ethnologue. Elle meurt d'un cancer en 1980.

  • Ce court roman se présente sous une forme épistolaire ce qui lui vaut toute son originalité. L'histoire se construit à travers les différentes correspondances échangées entre plusieurs protagonistes, rehaussant ainsi les opinions et personnalités de chacun. Lady Susan, ravissante veuve d'environ trente-cinq ans, est au centre de ces correspondances. Par ses interventions mais surtout par les réactions que ses comportements provoquent autour d'elle. Ses agissements volages engendrent bien des critiques. Cette veuve spirituelle et jolie mais sans le sou trouve en effet refuge chez son beau-frère, un riche banquier. Est-elle dénuée de scrupules, prête à tout pour faire un beau mariage, ou simplement une coquette qui veut s'amuser ? Le jeune Reginald risque de payer cher la réponse à cette question... Grande dame du roman anglais, Jane Austen trace le portrait très spirituel d'une aventurière, dans la lignée des personnages d'Orgueil et préjugé et de Raison et sentiments.

    Jane Austen est née en 1775 à Steventon, fille d'un pasteur anglican et benjamine d'une famille de huit enfants. Elle a vécu une vie toute unie et toute familiale jusqu'à 41 ans, âge de sa mort « au moment où elle commençait à croire qu'elle réussirait ». Jane Austen commence à écrire très tôt, encouragée par l'exemple familial. Elle s'oriente vers le récit, s'inspirant des romans sentimentaux qui constituent le fonds des bibliothèques. Les oeuvres de jeunesse qui ont été conservées, copiées à la main en trois cahiers intitulés Volume I,II et III, ont été écrites sans doute entre la douzième et la dix-septième année de l'auteur. En 1795, Jane Austen commence un roman intitulé Elinor et Marianne, première version de ce qui allait être Raison et Sentiments. Dans la foulée, elle écrit First Impressions, qui deviendra Orgueil et préjugés. Enfin en 1798, elle écrit Northanger Abbey, sous le premier titre de Susan. Ces trois romans majeurs sont écrits entre vingt et vingt-cinq ans. Son père tente de faire publier First Impressions, sans succès dans un premier temps. En 1800, elle s'installe avec toute sa famille à Bath, ville qu'elle apprécie peu mais qui a inspiré de nombreux passages de ses romans.
    Son père meurt en 1805, laissant Jane, sa mère et sa soeur Cassandra dépendantes des revenus fraternels. Elles quittent Bath en 1808 pour s'installer dans le village de Chawton. C'est là qu'elle passa les dernières années de sa vie, écrivit l'essentiel des oeuvres, qui lui firent connaître le succès de son vivant : Orgueil et préjugés, Mansfield Park et Emma.

  • Elles avaient 17 ans et des corps bronzés et parfaits. Elles avaient prévu une joyeuse escapade par une chaude journée d'été. Elles prévoyaient d'aller se baigner dans un beau lac isolé et de rentrer au camp avant que l'on ait remarqué leur départ. Ce qu'elles n'avaient pas prévu, c'est qu'elles
    seraient suivies par deux garçons errant dans une gare abandonnée.
    Combien d'histoires terrifiantes n'ont pas été racontées autour d'un feu de camp entre deux chamallows grillés ? Voici celle de trois adolescentes à la fin des années soixante-dix, trois pompom girls qui décident de filer en douce de leur camp d'été à bord de la Mustang décapotable de l'une d'elles dans l'espoir de se baigner dans le mystérieux Lac des Amants. Dans leur insouciance, elles sourient à deux garçons croisés en chemin. Cette journée de rêve prend soudain des allures terribles, tout cela parce que Kristy a souri au mauvais moment, au mauvais endroit, aux mauvais garçons.

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