Buchet Chastel

  • Le fils, c'est André. Le père, c'est l'Absent. La mère, c'est Gabrielle. Mais André est élevé par Hélène, la soeur de Gabrielle, et son mari. Il grandit au milieu de ses cousines.
    Chaque été, il retrouve sa mère biologique qui vient passer ses vacances en famille.
    De Saint-Céré dans le Lot en passant par Chanterelle et Aurillac jusqu'à Paris, Marie-Hélène Lafon nous transporte à nouveau au coeur d'une famille. Elle décrypte aussi bien ses bonheurs ordinaires que le poids du manque le plus profond, celui qui creuse des galeries dans les vies, sous les silences.
    André n'a de cesse de mendier le père, de cerner les contours de son absence, d'attendre, de guetter, de laisser le temps s'étirer, de se cogner à l'urgence, de composer un portrait en indices et de comprendre en creux qui il a été : un avare du coeur, plein de lui-même, pétri de morgue, étroit, mesquin, beau et aimé par les femmes.
    Avec ce nouveau texte, l'auteure confirme la place si particulière qu'elle occupe aujourd'hui dans le paysage de la littérature française. Toujours aussi puissante, son écriture reste limpide et fluide.

  • Par une nuit de tempête à La Nouvelle-Bohême, une ville du sud des États-Unis, un Afro-Américain et son fils sont témoins d'un terrible crime. Sur les lieux gisent un corps et une mallette remplie de billets. Quelques mètres plus loin, à l'abri, un nourrisson. Abasourdis, craignant la police, ils décident de fuir avec l'argent et le bébé. Mais que s'est-il passé avant leur intervention ? Que faisait là cette toute petite fille ? Qui est-elle ?   C'est ce que Jeanette Winterson s'attache à démêler dans cette libre adaptation du Conte d'hiver de Shakespeare. Sous sa plume unique, chacun des personnages de la tragédie prend vie à travers son double contemporain : financier londonien avide, créateur de jeux vidéo, chanteuse à succès, tenancier de club de jazz...   Superbe réflexion sur le pouvoir destructeur de la jalousie et de l'avidité, La Faille du temps rappelle l'intemporalité du génie shakespearien et donne à voir l'immense talent et le prodigieux savoir-faire de la romancière.

  • « J'ai l'oeil, je n'oublie à peu près rien, ce que j'ai oublié, je l'invente. J'ai toujours fait ça, comme ça, c'était mon rôle dans la famille, jusqu'à la mort de la grand-mère Lucie, la vraie mort, la seconde. Elle ne voulait personne d'autre pour lui raconter, elle disait qu'avec moi elle voyait mieux qu'avant son attaque. » Le Franprix de la rue du Rendez-vous, à Paris. Ils sont trois : une femme, qui regarde ; Gordana, une caissière ; et l'homme encore jeune qui s'obstine à passer en caisse 4, celle de Gordana, chaque vendredi matin. Cette femme qui regarde, Jeanne Santoire, est celle qui dit « je ». C'est par elle que tout existe. Elle imagine, suppose, une vie, des vies, au présent, au futur et au passé, pour Gordana et pour l'homme.
    Elle creuse aussi des galeries dans sa propre vie qu'elle revisite et recompose. On apprendra qu'elle est fille de commerçants de province, a eu une grandmère aveugle, a exercé le métier de comptable, a aimé un homme et que cet homme est parti.
    Nos vies, nouvel opus de Marie-Hélène Lafon, raconte les solitudes urbaines. Ce texte a comme point de départ une nouvelle, Gordana, publiée au Chemin de fer (2012). Depuis Le Soir du chien, son premier roman (2001), Marie-Hélène Lafon construit une oeuvre exigeante qui, livre après livre, séduit un large public.

  • Le présent volume rassemble la totalité des nouvelles de l'auteur publiées chez Buchet/Chastel (deux recueils : Liturgie 2002, et Organes 2006). Opus suivi de : Bon en émotion, et La Maison Santoire (nouvelles publiées par ailleurs et épuisées).
    Un livre à offrir pour découvrir, ou redécouvrir, un autre aspect de l'oeuvre de Marie-Hélène Lafon. (Les deux recueils publiés chez Buchet n'existent pas au format poche.)

  • Maya Angelou a raconté son extraordinaire vie dans de nombreuses autobiographies, qui ont remporté un vif succès. Dans cet ouvrage, la célèbre auteure partage l'aspect le plus intime de sa vie : sa relation avec sa mère. Pour la première fois, Maya Angelou révèle les joies et les difficultés d'être la fille de Vivian Baxter, une femme d'une détermination à toute épreuve. Quand son mariage commença à battre de l'aile, Vivian, qui habitait en Californie, envoya Maya, qui avait alors trois ans, et son frère plus âgé vivre chez leur grand-mère à Stamps, en Arkansas. Pendant de longues années, Maya vécu avec le sentiment d'avoir été abandonnée, mais ses retrouvailles avec sa mère, dix plus ans plus tard, marquèrent le début d'une histoire qui n'avait pas encore été racontée. Dans Lady B, Angelou relate avec beaucoup d'émotion le long cheminement menant à la réconciliation avec sa mère, qu'elle préférait appeler simplement « Lady », révélant ainsi les moments profondément intimes qui firent évoluer les sentiments d'amour et de respect entre elles.

  • "Au commencement fut l'assassinat de ma mère et de ma soeur." La première phrase des Ensorcelés a engendré ce livre, un cri de douleur prolongé.
    Elle annonce son lyrisme d'écorché que corrige, par moments, une violence froide. Il s'agit ici de "déraciner des plaintes" et, au-delà d'un fait divers sanglant, de flétrir plusieurs injustices. La narratrice, au moment des faits, a sept ans. Elle grandit en banlieue dans une famille venue de Kabylie. Son enfance est heureuse, libre. Elle vit entourée de garçons, d'une grande soeur, avec des parents qui l'aiment... Tout s'effondre le 21 novembre 1972. Un voisin, un Algérien, se glisse dans leur appartement à l'heure du déjeuner. Il est armé. Il tue la mère, blesse mortellement la soeur. Le père, qui dormait dans une pièce à côté, veut s'interposer. Le meurtrier essaie de le poignarder.
    Il blesse le frère au thorax et remonte chez lui pour attendre la police. On l'interroge. Il prétend que ses voisins l'ont ensorcelé avec un drapeau israélien et un papier portant un texte en caractères hébraïques. La police, puis la justice, après une enquête bâclée, entrent dans son jeu sans rien trouver. L'homme, certainement dérangé, est relâché. Le père de la narratrice n'aura jamais une vraie réponse de l'Etat français. Accablé par ce silence, ce déni, il sombrera dans un désespoir sans fin tandis que sa fille, en s'éloignant, emportera la certitude que sa parole, ce livre, sera écoutée. Il s'agit d'un livre engagé, dont l'âpreté parfois baroque n'est pas éloignée de celle de l'oeuvre d'un auteur dont Fadéla Hebbadj pourrait se sentir proche, Kateb Yacine. L'auteur Fadéla Hebbadj enseigne la philosophie. Elle a publié chez Buchet/Chastel un premier roman, L'arbre d'ébène.

  • Le livre Douze nouvelles sur les mystères, les complexités, les absurdités et les éclats de l'amour. De San Francisco à Savannah, du Texas au Montana jusqu'en Arabie Saoudite, des hommes, des femmes cherchent fiévreusement les lieux du bonheur.
    Dans ces nouvelles souvent conjuguées au féminin où les héroïnes ont des carrières, des familles, des agendas chargés et des incertitudes, Amanda Ward part en quête de ces détails qui comptent mais restent souvent invisibles ; cette bague de fiançailles laissée au fond d'une poche, ces poils sur l'avant-bras d'un mari qui prennent la teinte de l'or et ce qui reste après que l'amour s'en est allé... Premier recueil de nouvelles par Amanda Ward après ses trois premiers romans, Les amours de Lola sont douze lucarnes dans les univers de jeunes femmes et de couples américains dans leur rapport à l'amour.

  • Douce lumière

    Audoux M

    Commencé le jour de ses soixante-dix ans, Douce Lumière est achevé en 1937 la veille de la mort de Marguerite Audoux. On y retrouve la trame de son premier roman Marie-Claire, immense succès littéraire et prix Femina 1910 : l'histoire d'amour d'une orpheline contrariée par une famille malveillante. Douce est le surnom donné à Eglantine Lumière. Comme en opposition, son destin se révèle terrible : morts tragiques, calomnies, séparations. La guerre emporte les derniers espoirs. Douce Lumière est un livre bouleversant, envahi d'images d'enfance et de désillusions. Le texte n'a pas été réédité depuis 1937 (édition posthume).
    La préface est rédigée par Bernard-Marie Garreau, biographe et spécialiste de Marguerite Audoux. Benoîte Groult, jurée au prix Femina et au prix Marguerite Audoux, raconte les liens étroits qui l'unissent à l'auteur. Une chronologie précise et une bibliographie mentionnant aussi les textes encore disponibles sont placées à la fin de l'ouvrage La même trame que le grand roman à succès de Marguerite Audoux, Marie-Claire, prix Femina 1910. C'est l'immense succès de Marie-Claire qui donnera l'idée à Jean Prouvost en 1937 d'en donner le nom au magazine féminin, Marie-Claire, qu'il crée en 1937.
    Douce Lumière reste le livre le plus profondément ancré dans la vie de Marguerite Audoux. Il est son testament littéraire.

  • 1940-1945 : un homme, sous plusieurs identités, parcourt l'europe.
    En toute impunité, il collabore avec l'ennemi et tue. des années plus tard, un commissaire, hanté par les années noires de l'occupation, et un officier, condamné à nuremberg, essaient de retrouver sa trace. de trouver un coupable. juste pour le plaisir est un roman qui a le rythme du thriller. mercedes deambrosis brosse une galerie de portraits impressionnante : petites gens, salauds, trouillards, naïfs, crapules, femmes violentes, femmes écrasées.
    Tous sont pris dans la tourmente de l'histoire. tous se croisent et se perdent. tous nous posent la question à laquelle nous ne connaissons pas de réponse : à leur place, qu'aurais-tu fait ?.
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  • De 1914, qui marque la fin de la Belle Epoque, à 1950, au sortir d'une guerre après laquelle rien ne sera plus pareil, Les Petits Sacrifices évoque le destin d'une famille de riches bourgeois, les Dutilleul, fiers de leur condition et de leur rang. Enfant en 1914, Charlotte Dutilleul grandit dans le souvenir de ce qui s'est passé lors d'une réception donnée par ses parents le jour même de l'assassinat de Jaurès. Un double drame, ce soir-là, va ternir à jamais le nom des Dutilleul. Devenue adulte, Charlotte est « sacrifiée » au nom de l'intérêt de la famille. On la donne en mariage à un fils de commerçant enrichi, Alain Bouillard. Grâce à cette mésalliance, les Dutilleul gardent leurs biens, menacés de saisie. Des années plus tard, Charlotte, désemparée, en viendra à prendre une décision terrible pour éviter la déréliction de tout ce en quoi elle croit. Les Petits Sacrifices, roman à suspense, est construit autour d'un secret de famille. Plus l'Histoire connaît de soubresauts, plus les personnages ont du mal à maintenir l'illusion qui leur permet de survivre. Caroline Sers confirme ici son goût pour les familles et les drames. 1917-1950. Splendeur et misères d'une famille française au-dessus de tout soupçon. Ou comment, de mère en fille, se règlent les comptes. Méchanceté garantie !

  • En 1861, sur la côte ouest de l'Afrique, une jeune fille est arrachée à son foyer pour être emportée par un monde inconnu... En 1882, dans un village de l'Espagne profonde, un terrible sortilège poursuit Juanca et toutes les femmes de sa famille... En 1919., un couple de jeunes mariés, chassé de Canton par les Japonais et la guerre, vit une série d'événements surprenants... Les destins de leurs descendants se noueront à Cuba... En 1998, à Miami, pour fuir une vie de solitude et d'ennui, Cecilia, jeune journaliste cubaine exilée, se réfugie, nuit après nuit, dans un bar musical où attend Amalia, une vieille et mystérieuse femme, exilée elle aussi : " J'aimerais savoir qui vous attendez, chaque soir. Vous m'avez parlé d'une Espagnole qui voit des lutins, d'une famille chinoise réchappée d'un massacre, d'une fille d'esclave finissant dans une maison close... Je crois que dans tout ça, vous avez négligé votre propre histoire. " " - Loin de là, affirma doucement Amalia, loin de là. Le lien, il vient maintenant... "

  • Le Ciel tout autour est l'histoire de Karen, Celia et Franny, une histoire exceptionnelle de 3 femmes, de 3 destins croisés ; on pense naturellement à The Hours de Michael Cunningham, mais dans ce 1er roman de Amanda Eyre Ward, il y a une meurtrière.
    A 29 ans, Karen attend son exécution dans le couloir de la mort de la prison de Gatestown au Texas, pour les meurtres de plusieurs hommes qui l'avaient tabassée ; Karen prenait des risques en se prostituant pour subvenir aux besoins de son amante héroïnomane. Une nuit, elle finit sans raison, par abattre Henry qui, tout simplement envoyé par son épouse acheter de la bière, s'était malencontreusement trouvé sur son chemin.
    Celia, une bibliothécaire sensuelle veuve de son mari Henry depuis cette lourde nuit d'été, ne se remet toujours pas, malgré les cinq années qui ont passé, malgré des désirs qu'elle ne retient plus, de sa mort.
    Franny, une médecin âgée elle aussi de 29 ans, censée se marier malgré une envie effrénée de fuir, se trouvera irrésistiblement portée vers la prison de Gatestown, vers le dépérissement progressif de Karen atteinte d'un SIDA et vers l'urgence d'un engagement qui dépassera toute possibilité de dérive moralisatrice.
    Karen, Celia et Franny sont les personnages d'un roman troublant et captivant qui a pour toile de fond tout à la fois Manhattan et Gatestown, une ville du Texas où se côtoient le martèlement des bottes de cow-boy, les odeurs graisseuses des restaurants Tex-Mex, la blancheur glacée des salles
    d'exécution où des bourreaux injectent les doses de substances mortelles dans les veines des condamnés.
    Et pourtant, tout autour de ces trois destins qui s'entrecroisent et au bout de la route que finissent par prendre ensemble ces trois femmes, émerge, comme le bleu implacable du ciel vers lequel tend Karen, une immense nécessité d'aimer, une immense promesse de générosité.

  • Milagrosa

    Mercedes Deambrosis

    « - Un champignon ! Grand-mère baissa la tête sur son ouvrage de couture et remua nerveusement les jambes. Papa se retourna vers le buffet, faisant mine de chercher quelque chose. Un silence pesant enveloppa le cri de ma mère. Elle me poussa devant elle avec vigueur, sans me lâcher la main. J'étais toujours habillée de ma toque en fourrure blanche à pompons et de mon nouveau manteau rouge qui me rasait les fesses, laissant à découvert mes jambes trop maigres. J'avais quatre ans. Ma mère inspira. Le silence persistait.
    - Il a osé traiter ma fille de champignon ! »
    Quand Franco exerçait sa dictature sur l'Espagne, certaines familles reproduisaient ce modèle à domicile. Milagrosa, premier roman de l'auteur, se situe dans cette ambiance calfeutrée et soupçonneuse dominée par une mère la fiévreuse Carmencita qui terrorise sa fille bien-aimée la terne et timide Milagrosa.
    Une écriture affûtée, un sens extrême de la mise en scène tiennent le lecteur jusqu'à la fin, théâtrale, de ce roman qui est une parfaite parabole de l'emprise du pouvoir franquiste sur les êtres et les choses.

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