Littérature traduite

  • Les fenêtres Nouv.

    L'action du livre se situe en 1984, immédiatement après la levée de l'état de siège en Pologne. Celina, l'héroïne du roman, est une femme dans la quarantaine, dont la vie se trouve bousculée par les événements politiques tragiques des années « Solidarité ».
    En tant que reporter photographe, elle assiste au procès des assassins de l'étudiant Grzegorz Przemyk (un meurtre commis par la milice qui a bouleversé la Pologne), et cache chez elle des militants clandestins. Elle devient ainsi le témoin direct des événements dont parlent les médias du monde entier.
    Mais le passé se profile aussi en toile de fond. Pendant la guerre, la mère de Celina a caché chez elle une jeune femme juive et sa fille, Paula. Devenue adulte, cette dernière décide de partir en Afrique du Sud. Celina épousera alors l'ancien fiancé de son amie Paula.
    C'est dans cette Pologne des années quatre-vingt que l'auteure dresse un beau portrait de femme, solidement ancré dans la réalité.

  • Les carnets du crocodile Nouv.

    Taipei, fin des années 1980. Lazi, jeune étudiante en art quelque peu perdue, passe une grande partie de son temps seule à écrire et décoder ses obsessions jusqu'au bout de la nuit. Dépitée par son attraction vis-à-vis d'une camarade qui s'acharne à lui souffler le chaud et le froid, épuisée de danser sans relâche sur la frontière du désir et de la haine, Lazi va chercher du réconfort auprès de sa bande d'amis, tous vifs d'esprit, artistes plus ou moins moroses, amants autodestructeurs, rebelles et surtout queers, en quête acharnée de vie et d'émotions, qui découvrent l'amour, l'amitié et l'art.
    Dans son journal, Lazi écrit l'urgence de vivre, le désir, les sentiments brûlants... elle parle aussi de crocodiles qui portent des manteaux d'humains ! Les médias les traquent, craignent une épidémie : peuvent-ils se reproduire ? Quand, de leur côté, les crocodiles échangent sur leurs goûts littéraires et musicaux, adorent la glace à la crème, font des courses, prennent des bains...
    Un guide de survie pour les inadaptés de tous bords, pour tous ceux qui s'identifient parfois à un monstre caché dans un manteau humain.

  • Lauréate du prix Nobel de littérature en 2018, Olga Tokarczuk nous offre un recueil de nouvelles qui vient confirmer l'étendue de son talent : qu'elle se penche sur les époques passées ou qu'elle s'amuse à imaginer celles du futur, elle a toujours le souci d'éclairer le temps présent et ne se défile devant aucune des questions qui se posent aujourd'hui à nous.
    L'esprit d'enfance, le désir d'immortalité, le délire religieux mais aussi le transhumanisme, le rapport à la nature, la fragilité de la civilisation : sans surenchère dans la dystopie, sans jamais de complaisance dans la noirceur, Olga Tokarczuk nous fait mesurer les espaces infinis de ce qui échappe à notre connaissance.
    Mais pour cette écrivaine qui excelle à découvrir des connexions et des correspondances, le salut réside assurément dans les puissances de l'imaginaire et dans l'acceptation par chacun de sa propre étrangeté.

  • Silhouette imposante, port de tête altier, elle fait résonner la voix d'une femme noire, fière et volontaire, qui va devoir survivre dans un monde d'une extrême dureté, dominé par les Blancs. Une voix riche et drôle, passionnée et douce qui, malgré les discriminations, porte l'espoir et la joie, l'accomplissement et la reconnaissance, et défend farouchement son droit à la liberté.

    Après l'inoubliablement beau Je sais pourquoi chante l'oiseau en cage, Maya Angelou poursuit ici son cycle autobiographique. Maya Angelou fut poétesse, écrivaine, actrice, militante, enseignante et réalisatrice. Elle a mené de nombreux combats avant de devenir une icône contemporaine qui a inspiré la vie de millions de personnes. Elle a côtoyé Nelson Mandela, Martin Luther King, Malcolm X et James Baldwin. À sa mort, Michelle Obama, Rihanna, Oprah Winfrey, Emma Watson, J. K. Rowling et beaucoup d'autres encore lui ont rendu hommage.

  • Hérétique, schismatique, Juif converti à l'islam puis au christianisme, libertin, hors-la-loi, tour à tour misérable et richissime, vertueux et abomi- nable, Jakób Frank a traversé l'Europe des Lumières comme la mèche allumée d'un baril de poudre. De là à se prendre pour le Messie, il n'y avait qu'un pas - et il le franchit allègrement. Le dessein de cet homme était pourtant des plus simples : il voulait que ceux de son peuple puissent, eux aussi, connaître la sécurité et le respect d'autrui. Il voulait l'égalité.
    La vie de ce personnage historique, qui fut considéré comme le Luther du monde juif, est tellement stu- péfiante qu'elle semble imaginaire. Un critique polo- nais, saluant la réussite absolue de ce roman de mille pages, dit qu'il a fallu à Olga Tokarczuk une « folie méthodique » pour l'écrire.
    On y retrouve les tragédies du temps, les guerres, les pogroms et la ségrégation, mais on y goûte aussi les merveilles de la vie quotidienne : les marchés, les cui- sines, les petits métiers, les routes incertaines et les champs où l'on peine, l'étude des mystères et des textes sacrés, les histoires qu'on raconte aux petits enfants, les mariages où l'on danse, les rires et les premiers baisers.
    Ainsi que le dit le père Chmielowski, l'autre grand personnage de ce roman, auteur naïf et admirable de la première encyclopédie polonaise, la littérature est une forme de savoir, elle est « la perfection des formes imprécises ».

  • Très tôt confrontée à la pauvreté, Maya Angelou ne laissa jamais le sort prendre le dessus, et chaque désillusion fut propice à se réinventer. Sa grand-mère paternelle, une battante au caractère bien trempé chez laquelle elle fut envoyée avec son frère, dans un Arkansas encore très raciste, marqua durablement sa vie. Sa mémoire rappelle à elle ses amis perdus comme Coretta Scott King, ses pairs comme James Baldwin ou Aimé Césaire. Sans relâche, elle louera l'honnêteté, et décriera la vulgarité. Féministe avant l'heure, Maya Angelou écrit avec le coeur de millions de femmes qu'elle considère comme ses soeurs de combat. La littérature la sauvera et l'amènera à être la première étudiante noire d'une école privée. Puis, elle fréquentera le milieu intellectuel noir américain, et deviendra une grande militante de la condition des femmes noires. C'est grâce à l'écrivain James Baldwin qu'elle va se mettre à écrire après la mort de Martin Luther King et devenir l'auteure que l'on connait aujourd'hui.
    Composé de 28 courts chapitres, dont quelques poèmes, ce livre est un condensé de ses meilleurs écrits.

  • Ce roman à cinq voix se passe dans la Russie totalitaire des années 1960, dans la ville de Leningrad encore marquée par le terrible siège de 900 jours qu'elle a subi pendant la guerre. Les voix appartiennent toutes à des femmes. Sofia, une petite fille muette de 7 ans, dessine à longueur de journée le monde qui l'entoure. Sa mère Antonina est ouvrière dans une usine. Trois vieilles femmes, Evdokia, Glikeria et Ariadna, accueillent Sofia et Antonina dans leur appartement communautaire. Elles jouent le rôle de grands-mères pour Sofia, à laquelle elles transmettent les valeurs de la Russie. Le roman raconte la vie ordinaire de ces femmes dans la ville de Leningrad ' les files d'attente pour la nourriture, la cuisson des pommes de terre, les lessives interminables, tout en convoquant également la poésie populaire et le merveilleux (les trois bonnes fées, la princesse endormie...). Dans Le Temps des femmes, les hommes sont quasiment absents ; dans ce récit à cinq voix, Elena Tchijova rend hommage à la femme russe, celle qui, à travers les vicissitudes de l'Histoire, travaille, lutte pour nourrir sa famille, et transmet les valeurs et l'héritage du passé aux générations suivantes, dans une résistance silencieuse à l'oppression.

  • Les péregrins

    Olga Tokarczuk

    Les Pérégrins, sans doute le meilleur livre d'Olga Tokarczuk, n'est pas un « livre de voyage », mais un livre sur le phénomène du voyage. Pour les Bieguny (ou Stranniki, c'est-à-dire marcheurs ou pérégrins), une secte religieuse de l'ancienne Russie, le fait de rester au même endroit rendait l'homme plus vulnérable aux attaques du Mal, tandis qu'un déplacement incessant le mettait sur la voie du Salut. S'ils sont des hommes et des femmes de notre temps, les personnages du livre d'Olga Tokarczuk ont peut-être une motivation similaire pour voyager sans cesse. Mais davantage que le Salut, ils semblent poursuivre l'idée qu'ils se font de leur propre liberté. Pour les ressortissants de pays dont les frontières ont été verrouillées un demi-siècle durant, la liberté de voyager brille d'un éclat tout particulier. En une myriade de textes courts, l'auteur compose ici un panorama coloré du nomadisme moderne, moins soucieux de la destination que du simple fait d'être en mouvement. À travers les livres et à travers le monde d'aujourd'hui, dans les lieux et les non-lieux de ses voyages, Olga Tokarczuk a ressemblé des histoires, des images et des situations qui nous éclairent sur un monde à la fois connu, cartographié, répertorié, et absolument mystérieux, mouvant réseau de flux et de correspondances... Une multiplicité de réflexions (l'image du labyrinthe, l'analogie des circulations anatomiques, géographiques et cosmiques), de micro-récits et de choses vues, sur les zones de transit, les avions, les hôtels, le hasard des rencontres, le tourisme exotique et la baraques à souvenirs. Avec sa foi dans l'intelligence du lecteur, Olga Tokarczuk ouvre pour nous mille et une pistes de questionnement, d'étonnement et de rencontres.

  • Récits ultimes

    Olga Tokarczuk

    Une subtile variation sur le thème des trois Parques. Trois femmes, de trois générations d'une même famille, sont amenées, chacune à leur tour, à regarder la mort en face. Une saga moderne d'une grande finesse psychologique qui aborde un sujet grave avec la hardiesse des oeuvres novatrices. Par la force évocatrice de ses images crues, aux subtiles correspondances, le livre nous plonge au coeur d'un univers à la fois dépaysant et familier, singulier et multiple, l'univers de la solitude au féminin.

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