Bernard Campiche

  • Heide, Allemande, mariée en Suisse dès 1935, sait peu de choses sur ce que son frère, membre de la SS, a fait durant la guerre, en Ukraine notamment. Prisonnier des Français à la capitulation, il se marie et participe au miracle économique allemand. Si sa soeur l'a toujours imaginé en brave, elle ne peut s'empêcher de s'interroger en constatant que sa descendance, comme celle de son frère, est frappée de maladies graves ou mortelles.
    D'étranges fantasmagories fleurissent sur le non-dit mais c'est Léa, sa belle-fille, durement touchée collatéralement, qui, à force d'obstination, obtiendra une forme de réponse aux questions que tous les protagonistes de cette tragédie se sont un jour posé.

  • Avec La Corde de mi, Anne-Lise Grobéty revient au roman : cette histoire de rencontres manquées et de paroles perdues a pour protagonistes un luthier et sa fille et pour cadre le haut pays neuchâtelois. C'est une belle histoire de rencontres manquées et de paroles perdues que raconte ici Anne-Lise Grobéty : entre une mère et son fils, entre deux frères séparés contre leur gré, mais surtout entre un père et sa fille, le luthier Marc Favrod et Luce, la narratrice trentenaire, qui ne se réconcilie qu'après sa mort avec cet homme au caractère difficile.
    «Bander étroitement/les deux parts de moi-même/serrer dur/le présent le passé » (selon José-Flore Tappy citée en épigraphe), c'est aussi pour Luce s'ouvrir à la possibilité d'un avenir partagé avec Nicola, le peintre italien dont le nom apparaît très tôt, quoique fugacement, dans ce quatrième roman ample et maîtrisé. Après plusieurs volumes de récits et de nouvelles, La Corde de mi marque ainsi le retour de l'écrivain à un genre qu'elle n'avait plus abordé depuis Infiniment plus (1989, réédité en camPoche en 2006).

  • Malgré toute sa fantaisie et son ironie, la vision du
    monde d'Anne-Lou Steininger apparaît plutôt sombre,
    marquée au coin de l'aphorisme selon lequel « Au commencement
    est la douleur ». Et à la fin un paradis
    moderne, « avec fitness, vitrines et pince-fesses », qui
    ne se distingue de la vie terrestre que par la couture de
    l'habit, aux points délicatement piqués dans la chair...
    Ces fables cruelles sont à déguster comme elles ont été
    écrites, par petites doses de poison insidieux délicatement
    pesées.

  • On ne reprochera certainement pas à Amalia de pécher par paresse : que d

empty