Cambourakis

  • Après le succès de la publication en grand format, édition de poche de ce premier roman percutant qui nous plonge au coeur de la Sacra Corona Unità, organisation mafieuse des Pouilles, dans les pas de son chef, Domenico Trevi (dit Mimi), fou de douleur après le suicide de son fils de 15 ans. Un texte puissant qui interroge le recours et le rapport à la violence ainsi que la part animale qui sommeille en chacun de nous.

  • Dans l'ombre portée par les noms, écrasants, d'Hugo Ball et Tristan Tzara, scintille celui d'Emmy Hennings (1885-1948), l'écrivaine, poétesse et actrice, qui donna l'impulsion décisive au mouvement dada en créant en 1916 son centre névralgique : le Cabaret Voltaire.
    Comète féminine et artistique à l'orée du XXe siècle, son existence sur scène, de Munich à Zurich en passant par Paris, se fait le catalyseur de l'univers bohème et intellectuel de l'époque. Maîtresse de sa misère comme de ses victoires, alternativement aidée et empêchée par des hommes, Emmy Hennings est une rêveuse insaisissable, une mélancolique qui aime dessiner des anges et observer les vagues, une adepte de la morphine qui la fait écrire. Bien plus que pour dada, c'est pour la liberté de créer en son nom et contre la facilité d'être une muse qu'elle bataille et vit sans relâche.

  • Ce nouveau roman de Wendy Delorme vient enrichir la liste de fiction de la collection Sorcières. Dans cette dystopie, se reflètent les crises que nous traversons aujourd'hui: une société totalitaire est mise en place après la disparition soudaine d'une partie de la jeune génération mobilisée pour le climat. Les livres sont interdits, les frontières fermées et les femmes appelées à procréer pour renouveler la population. Mais une communauté inspirée des «Guérillères» de Monique Wittig émerge pour résister à ce nouvel ordre imposé... Un roman choral incandescent, qui n'est pas sans rappeler «1984» de George Orwell ou «La Servante écarlate» de Margaret Atwood, où il est question d'émancipation des corps, d'esprit de révolte et de sororité.

  • Réédition en poche de l'ouvrage de Juliette Rousseau consacré aux luttes collectives: de la ZAD à la Palestine, de la marche pour le climat de New York aux camps de réfugié·es de La Chapelle, Juliette Rousseau part à la rencontre de collectifs féministes, antiracistes, LGBT, de justice climatique, etc., qui interrogent les différents rapports de domination liés à la classe, au genre, à la race ou encore à la condition physique et mentale, à l'oeuvre dans la société mais aussi dans les espaces militants. À partir de nombreux entretiens, ce livre invite à explorer les nouvelles formes d'organisation et de solidarité politique qui se nouent entre les personnes concernées par une même oppression et leurs allié·es ou complices.

  • Passage en poche du premier roman féministe suédois qui a fait scandale à sa parution en Suède au milieu du XIXe siècle. Un texte d'une étonnante modernité, écrit par l'un des grands auteurs suédois de l'époque, sur le combat d'une jeune femme pour préserver sa liberté d'agir, son indépendance et sa franchise verbale. Une idylle atypique pour l'époque qui apparaît par conséquent résolument moderne.

  • Dernier texte de Grazia Deledda, paru en 1937 de manière posthume, «Cosima» est inédit en français. D'inspiration largement autobiographique, il rend compte de manière romancée de la vie de son autrice, depuis l'enfance jusqu'aux premiers succès d'écriture et au départ de Nuoro, sa ville natale, pour de plus vastes horizons. Un roman de formation précieux dans lequel transparaît déjà le fascinant pouvoir d'attraction d'une terre âpre et sauvage et des légendes aussi magiques que cruelles, sources de riches épopées populaires et terreau idéal pour toute l'oeuvre de l'autrice.

  • Un ouvrage inédit de l'autrice du formidable recueil intitulé «Peau». Dans ce court texte éloquent et poignant, Dorothy Allison revient sur son enfance marquée par un climat de violence en Caroline du Sud, mais surtout sur les femmes qui l'ont entourée et guidée dans sa trajectoire, elle qui fut la première femme de sa famille à rejoindre l'université. Illustré de photos de la famille de Dorothy Allison, cet ouvrage rappelle la démarche d'Annie Ernaux dans «Retour à Yvetot» et souligne à quel point les petites histoires d'une génération contribuent à créer une légende pour les suivantes.

  • Réédition en poche du journal d'Adel Tincelin, écrit au fil des mois, dans lequel il livre un récit sensible et subjectif de son parcours de transition. Au-delà des transformations liées à son identité de genre, tous les domaines de son existence se trouvent pris dans un mouvement de mutation et d'expansion : rapport au monde et aux mots, sexualité, parentalité, rien n'échappe à ce chemin de déconditionnement et de désidentification aussi soudain qu'inattendu.

  • Hellsegga

    Emilie Hache

    La réécriture à trois mains (une philosophe, un artiste et une anthropologue) d'une nouvelle d'Edgar Poe revisitée de manière écoféministe. Ce court volume, le premier d'une série, est préfacé par Émilie Hache, qui avait déjà supervisé l'anthologie écoféministe «Reclaim» aux éditions Cambourakis.

  • Après le succès de « Comme un million de papillons noirs », le nouveau livre de Laura Nsafou et Barbara Brun. Reprenant les codes du conte africain, elles proposent une histoire de formation et de tolérance autour de deux soeurs jumelles à la teinte de peau de couleur pourtant différente. Au cours d'une partie de cache-cache prolongée jusqu'à la nuit tombée, celle à la peau plus foncée découvrira que sa beauté, sans être semblable à celle de sa soeur, est bien réelle. Une formidable histoire de réconciliation sur la sororité et l'acceptation de soi peu courante en littérature jeunesse.

  • Après le succès de «La Maison dans l'impasse», réédition d'un nouveau titre de Maria Messina. Ici on suit la trajectoire de Severa, née dans une petite ville de la province de Bologne, qui s'efforce de se tracer un destin digne d'être vécu là où tout l'en empêche a priori. Ambitionnant de devenir modiste, elle met ses sentiments de côté avant d'être rattrapée par un amour inattendu et malheureux qui l'affectera durablement Ce roman incisif, d'une grande finesse et d'une âpre intensité, rend compte de façon bouleversante de la psychologie de ces femmes simples, faisant de l'épreuve du quotidien une tragédie épique au féminin.

  • Nouvel ouvrage d'Aurélie William Levaux, dans la ligne directe de «Bataille (pas l'auteur)». Reprenant la forme d'un quasi-journal, elle nous livre sans filtre et toujours avec un humour grinçant son quotidien et ses préoccupations - accrues par temps de pandémie - existentielles, créatrices, mais aussi tout simplement citoyennes d'artiste.

  • La COP 21 a suscité un regain d'intérêt en France pour l'écoféminisme. Ce mouvement né dans les années 1980 dans les pays anglo-saxons et dans les Suds (Inde, Afrique, Amérique Latine...) a été initié par de nombreuses femmes qui ont fait le lien entre l'exploitation des ressources naturelles et l'exploitation qu'elles subissaient en tant que femmes. Cette prise de conscience a donné lieu à des actions et à des textes « écoféministes ».
    Cette anthologie proposée par la philosophe Emilie Hache, permet de découvrir des textes inédits des principales figures de ce mouvement : Vandana Shiva, Starhawk et bien d'autres...

  • Lucide et vivifiant, Rêver l'obscur - Femmes, magie et politique c ampe l es fondements de la pensée de l'activiste californienne Starhawk, figure majeure du mouvement écoféministe initié en France par Françoise d'Eaubonne dans les années 1970. Pionnière des mouvements anti-militariste et anti-nucléaire dans les années 70, elle a participé à de nombreux mouvements de lutte - blocus contre la centrale de Diablo Canyon, bataille de Seattle, etc.
    - animant notamment des formations à l'action directe et à la non-violence. Plus de trente ans après sa parution aux États- Unis, cet essai n'a rien perdu de sa force dans un monde où l'être humain demeure coupé de la nature, coupé de ses semblables et de son propre corps.

  • « En avril 2006, sur le site internet de l'Institut National de l'Audiovisuel (INA), je suis tombée sur un reportage tourné à Beyrouth en 1984.
    Les journalistes interrogeaient les habitants d'une rue située à proximité de la ligne de démarcation, qui coupait la ville en deux. Une femme, bloquée par les bombardements dans l'entrée de son appartement, a dit une phrase qui m'a bouleversée : 'Vous savez, je pense qu'on est quand même, peut-être, plus ou moins, en sécurité, ici'.
    Cette femme, c'était ma grand-mère ».

    Zeina Abirached revient sur l'histoire de son premier roman graphique, et du graffiti qui en a inspiré le titre, dans cette nouvelle édition augmentée d'un texte illustré.

  • Une traduction inédite en français de Stella Benson, admirée par Virginia Woolf et injustement méconnue en France. Dans la lignée d'oeuvres de romancières telles que Silvia Townsend Warner, son univers magique préfigure celui de Mary Poppins ou Harry Potter. Mêlant humour et sorcellerie dans le contexte social difficile de la première guerre mondiale, cette fiction inclassable propose un regard réinventé sur un Londres mi-réel, mi-fantastique, exaltant les vertus de l'indépendance et la fonction réparatrice de la magie.

  • Édition de poche du premier roman de Maria Stefanopoulou paru en 2019. Ce roman d'une grande puissance littéraire nous plonge dans l'histoire et la nature grecque par le biais d'une famille disloquée par les suites de l'occupation allemande. À Kalavryta en 1943, le forestier Athos est en effet emmené par la Wehrmacht, comme tous les hommes de son village, pour être fusillé. Y réchappant par miracle, il est incapable de reprendre sa vie de famille et se réfugie dans les bois. 45 ans plus tard, sa fille et sa petite-fille reviennent à Kalavryta. Sa petite-fille décide de briser le mystère et de se lancer à la recherche de son grand-père.

  • « Ne suis-je pas une femme ? », telle est la question que Sojourner Truth, ancienne esclave, abolitionniste noire des États-Unis, posa en 1851 lors d'un discours célèbre, interpellant féministes et abolitionnistes sur les diverses oppressions subies par les femmes noires : oppressions de classe, de race, de sexe. Héritière de ce geste, bell hooks décrit dans ce livre devenu un classique les processus de marginalisation des femmes noires et met en critique les féminismes blancs et leur difficulté à prendre en compte les oppressions croisées.

  • Être mère et continuer à être écrivain. Telle est la preuve qu'apporte Kjersti Skomsvold dans ce récit à la fois émouvant et caustique, où elle dresse, sous forme d'adresse à sa fille cadette, un magnifique portrait de l'artiste en mère et livre surtout l'immense déclaration d'amour d'une femme pour son mari (elle retrace l'histoire de leur rencontre, semée d'embûches et de tergiversations) et ses enfants. Un ouvrage bouleversant, qui n'ignore pas la fragilité des êtres et les tracas quotidiens, et porte un magnifique message d'espoir.

  • Devenir chienne

    Itziar Ziga

    Première traduction en français de cette journaliste espagnole, performeuse post-porn et activiste féministe. Préfacé par Virginie Despentes et Paul B. Preciado, «Devenir chienne »relève autant du portrait collectif que de l'essai autobiographique. Itiziar Ziga y décrit l'expérience d'une féminité subversive car hyperbolique et parodique. Prostitution, voile, sexualités, transidentité, précarité sociale, sont autant de thématiques qui traversent le texte, dans une démarche résolument intersectionnelle et anti-assimilationniste.

  • Essai concis et incisif sur les racines historiques de l'establishment médical, Sorcières, sages-femmes et infirmières s'inscrit au coeur de la seconde vague féministe.
    Publié aux États-Unis en 1973, il est le fruit d'une indignation face aux maltraitances infligées aux femmes par le corps médical - diagnostics infondés, traitements aussi intensifs qu'hasardeux...
    Barbara Ehrenreich et Deirdre English, engagées dans le Mouvement pour la santé des femmes, s'interrogent alors sur la diabolisation des guérisseuses populaires au XVIe et au X VIIe siècle en Europe, à la mise à l'écart des sages-femmes au XIXe et à la construction du personnage de l'infirmière façon Florence Nightingale. À qui ont profité ces chasses aux « sorcières » issues des milieux populaires ? Et si, derrière cette professionnalisation forcée, se cachait une véritable monopolisation politique et économique de la médecine par les hommes de la classe dominante, reléguant peu à peu les femmes à la fonction subalterne d'infirmière docile et maternelle ?

  • Les orageuses

    Marcia Burnier

    Après Bâtir aussi et On n'a que deux vies, un premier roman de la collection Sorcières entre fiction, récit et texte de réflexion politique, produit dans les marges féministes et queer de la société française contemporaine. «Les Orageuses» raconte l'histoire d'une impossible réparation : celle d'une bande de filles ordinaires qui décident un jour de reprendre le contrôle de leur vie, ensemble, et de partir en quête de leur propre justice après avoir été violées. Un texte profondément d'actualité dans un contexte de visibilisation des violences sexuelles, tout à la fois sensible et radical, qui évoque «Dirty Week-end» de Helen Zahavi... en moins sanglant.

  • Avant-dernier album de la nouvelle série des Moomins adaptée de textes inédits de Tove Jansson. Dans cette touchante histoire, Moomin découvre un petit dragon qu'il espère conserver pour lui afin d'en faire son meilleur ami. Mais lorsqu'il le présente à son copain Mumrik, le petit dragon se prend d'affection pour lui et ne veut plus le quitter. Moomin en est très affecté et en nourrit une pointe de jalousie... Heureusement Mumrik saura se séparer du petit dragon pour préserver l'amitié de Moomin! Une touchante histoire d'amitié qui aborde les questions de jalousie avec finesse au milieu de ces créatures tant aimées des enfants et de leurs parents.

  • À partir de son expérience dans le mouvement altermondialiste, Starhawk, féministe et sorcière, aborde dans cet ouvrage des questions cruciales qui sont toujours celles des mouvements sociaux aujourd'hui. Elle y examine tour à tour la relation à la nature et aux lieux, l'organisation d'une démocratie directe, les problèmes posés pour construire un mouvement plus diversifié, la question de l'appropriation culturelle, l'importance de repenser la non-violence, le lien entre la spiritualité et l'action... Il s'agit, comme le souligne la philosophe belge Isabelle Stengers, de « participer au travail de connexion, non seulement entre celles et ceux qui résistent et luttent aujourd'hui, mais aussi entre le passé et le présent. Car, s'il n'est pas nourri par l'expérience du passé, le présent s'étiole comme une plante que le sol ne nourrit pas. [...] Starhawk nous demande d'accepter de penser avec l'image du Titanic : nous y sommes, en route vers la collision, et s'il doit y avoir une chance d'avenir, c'est nous, maintenant, qui devons entre-accepter nos divergences et agir ensemble ».

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