Quidam

  • Trencadis

    Caroline Deyns

    "Je montrerai tout. Mon coeur, mes émotions. Vert - rouge - jaune - bleu - violet. Haine -amour - rire - peur - tendresse". Niki hait l'arête, la ligne droite, la symétrie. A l'inverse, l'ondulation, la courbe, le rond ont le pouvoir de déliter la moindre de ses tensions. Délayer les amertumes, délier les pliures : un langage architectural qui parlerait la langue des berceuses. Aussi vit-elle sa visite au parc Güell comme une véritable épiphanie.
    Tout ici la transporte, des vagues pierrées à leur miroitement singulier. Trencadis est le mot qu'elle retient : une mosaïque d'éclats de céramique et de verre. De la vieille vaisselle cassée recyclée pour faire simple. Si je comprends bien, se dit-elle, le trencadis est un cheminement bref de la dislocation vers la reconstruction. Concasser l'unique pour épanouir le composite. Broyer le figé pour enfanter le mouvement.
    Briser le quotidien pour inventer le féérique. Elle rit : ce devrait être presque un art de vie, non ? "J'aime l'imaginaire comme un moine peut aimer Dieu".

  • 1942 : la barbarie nazie est à l'oeuvre en europe.
    L'allemagne a quasiment défait tout le continent et menace la russie. dans paris occupé. karl bazinger, officier de la wehrmacht, réalise qu'il ne peut plus ignorer ce qu'est cette guerre. aventurier, voyageur, parfait gentleman, karl a jusqu'alors toujours privilégié la vie à la politique mais désormais il s'interroge sur le régime qu'il sert. en allemagne, son ami de la luftwaffe, hans bielenberg, a trouvé la réponse dont il sait avec certitude qu'elle le conduira à la mort.
    A kiev, la doctoresse et guérisseuse katia zvesdny prend soin de ce qui reste de sa famille, décimée à la fois par le goulag et le massacre de babi yar. dans un style lumineux et sur le ton de l'élégie, nella bielski entremêle, dans ce roman très russe, les destins de vies prises dans les soubresauts de l'histoire.

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