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  • Pourquoi et comment devient-on ethnologue ? Comment les aventures de l'explorateur et les recherches du savant s'intègrent-elles et forment-elles l'expérience propre à l'ethnologue ? C'est à ces questions que l'auteur, philosophe et moraliste autant qu'ethnographe, s'est efforcé de répondre en confrontant ses souvenirs parfois anciens, et se rapportant aussi bien à l'Asie qu'à l'Amérique.

    Plus encore qu'un livre de voyage, il s'agit cette fois d'un livre sur le voyage. Sans renoncer aux détails pittoresques offerts par les sociétés indigènes du Brésil central, dont il a partagé l'existence et qui comptent parmi les plus primitives du globe, l'auteur entreprend, au cours d'une autobiographie intellectuelle, de situer celle-ci dans une perspective plus vaste : rapports entre l'Ancien et le Nouveau Monde ; place de l'homme dans la nature ; sens de la civilisation et du progrès.

    Claude Lévi-Strauss souhaite ainsi renouer avec la tradition du "voyage philosophique" illustrée par la littérature depuis le XVIe siècle jusqu'au milieu du XIXe siècle, c'est-à-dire avant qu'une austérité scientifique mal comprise d'une part, le goût impudique du sensationnel de l'autre n'aient fart oublier qu'on court le monde, d'abord, à la recherche de soi.

  • L'ethnographie vient-elle, aujourd'hui, remplacer le conte philosophique d'hier ? Celui-ci se bornait à proposer des idées, et celle-là désormais impose des faits. Mais l'objet de l'une et de l'autre entreprise n'a guère changé : l'homme ne veut rien d'autre que forcer son propre mystère, se connaître enfin à travers la multiplicité de ses visages.

    Saisissant, à cet égard, est le livre de Margaret Mead, oeuvre méthodique et souveraine d'un des plus grands anthropologues américains du XXe siècle. Quatre sociétés océaniennes sont présentées, mais dont chacune fonde l'ensemble de ses structures sur une valeur unique et qui exclut tout autre : celle-là, globalement, est toute douceur, celle-ci violence, cette autre proscrit les passions et, chez la dernière, hommes et femmes ont échangé leurs traits caractériels.

    Tendres Arapesh, féroces Mundugumor, calmes Samoans et Chambuli ambigus : quatre ordres, quatre paix, certes, et presque parfaits. Que l'une des cultures, toutefois, consente à éprouver un sentiment propre aux autres, et rien ne demeure plus de l'ordre et de la paix. Avec la connaissance apparaissent le déchirement, le tumulte. Mais aussi des forces jusqu'alors contenues et avec elles le mouvement, qui est celui de l'histoire. Il dépendra aussi de ces forces que les contradictions se résolvent et que soit récusé tout immobilisme, toute culture ne surmontant pas la richesse, le conflit des valeurs qui la pénètrent.

  • Au nord des grands déserts australiens, des anciens confient à l'anthropologue Barbara Glowczewski leur attachement spirituel à la terre, les souffrances de leurs peuples et leurs stratégies de survie.
    Avec eux, nous sommes portés par la colère et le message des esprits qui relient leurs rêves et leurs rites à tous les éléments de l'univers. Nous découvrons les dessins si caractéristiques, inscrits sur les corps, la roche et les oeuvres d'art, qui traduisent la matrice vivante des alliances que les humains établissent entre eux et le cosmos. Mais la terre est désormais menacée de mort par une humanité ignorante des grandes lois de l'équilibre.
    L'auteur, depuis près de quarante ans, dédie sa vie aux Aborigènes d'Australie. Elle dialogue avec des Warlpiri, Yawuru, Ngarinyin, et Yolngu, dont les pratiques, les savoirs, et la pensée répondent aux grands chantiers d'étude de l'esprit humain et de son rapport à la matière.

    Édition revue et corrigée par l'auteur.
    Inclus deux cahiers photos.

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