Perrin

  • Peut-on laisser tout dire, tout écrire au prétexte que la "grande" histoire serait parfois trop complexe, ou pas assez "folklorique" ? En quelques chapitres courts, incisifs, Colette Beaune bat en brèche tous les lieux communs qui circulent encore aujourd'hui sur la plus célèbre de nos grandes figures françaises.

  • Projet démesuré que de couvrir près de vingt siècles d'histoire du monde antique gréco-romain, de parcourir un espace qui va des rivages de la méditerranée à ceux des mers du nord, des colonnes d'héraklès aux rives de l'indus, de se plonger dans des documents aussi divers que les tombes d'une nécropole, la stèle inscrite plaquée aux murs du sanctuaire, le rouleau de papyrus, la scène peinte sur la panse d'un vase...
    Et une littérature grecque et latine qui, si elle n'a pas donné la parole aux femmes, a beaucoup parlé d'elles.
    On l'aura deviné, ce livre n'a pas pour fonction de remplacer l'énorme production qui existe en ce domaine. il aborde un petit nombre seulement des questions qui nous ont paru importantes pour aider à comprendre la place des femmes dans le monde antique et, plus encore peut-être, dans la perspective d'un ensemble de volumes traitant de l'histoire des femmes, comprendre les fondements d'habitudes mentales, de mesures juridiques, d'institutions sociales qui ont duré des siècles en occident.

  • Ces femmes du moyen age, à qui maîtres, époux et censeurs dénient la parole avec tant de constance, ont finalement laissé plus de textes et d'échos de leur dire que de traces proprement matérielles.
    Le millénaire que couvre ce volume laisse, vers son début et vers sa fin, passer, un peu plus assurée, la parole même des femmes, bien qu'il faille tendre l'oreille pour la saisir, assourdie, dans le brouhaha immense du choeur des hommes. leur discours, leurs témoignages ou leur cri nous permettent simplement de percevoir comment ont mûri en elles les modèles que directeurs de conscience ou maîtres du savoir leur imposaient les images que les hommes leur renvoyaient d'elles-mêmes, parfois leur refus de cette vision déformée, et toujours la manière dont ces " images " se sont inscrites dans leur vie et leur chair.
    L'histoire tout court a tout à gagner à prendre en compte sa part féminine.

  • Les travaux et les jours.
    Intermède. d'elle, il est tant parlé. dissidences : la parole, la voix, l'écrit. dissidences : chemins de traverse et rébellions. paroles de femmes.

  • A étudier aujourd'hui, privilège de l'histoire contemporaine, des vies de femmes qui ont traversé le siècle, on est frappé par le tragique et le grandiose de leurs existences.
    Happées par la guerre, la révolution ou la dictature, mais aussi spectatrices et actrices d'un formidable bouleversement entre les sexes. incontestablement la vie des femmes a changé, et l'égalité sexuelle progressé au xxe siècle, sous la pression bien sûr des féministes, grâce aussi aux progrès techniques, à la maîtrise féminine de la fécondité et à une plus grande participation des femmes à la vie sociale - mais non sans résistance et déplacement des discriminations.
    Ici l'histoire tend la main aux autres sciences humaines, sans épuiser le champ du possible ni parler de façon univoque. du moins espère-t-on montrer la valeur scientifique d'une approche sexuée de l'histoire et inviter à la réflexion sur les enjeux de notre temps.

  • L'image d'un XIXe siècle sombre et triste, austère et contraignant pour les femmes, est une représentation spontanée. On aurait tort de croire cependant que cette époque est seulement le temps d'une longue domination, d'une absolue soumission des femmes à une codification collective précise, socialement élaborée. Car ce siècle signe la naissance du féminisme, mot emblématique qui désigne tout aussi bien des changements structurels importants (travail salarié, autonomie de l'individu civil, droit à l'instruction) que l'apparition collective des femmes sur la scène politique. Ainsi faudrait-il dire plutôt que ce siècle est précisément le moment historique où la vie des femmes change, plus exactement le moment historique où la perspective de leur vie change ; temps de la modernité où est rendue possible une position de sujet, individu à part entière et actrice politique, future citoyenne.

  • L'homme de Néandertalien est un mal-aimé. Les savants du 19e siècle, qui découvrirent ses restes, doutaient qu'il pût être notre ancêtre. Ceux du 20e siècle s'interrogent encore sur les causes de sa mystérieuse disparition ou sur l'absence d'oeuvres d'art qui en ferait des hominidés de second rang... Leur mode de vie, en relation étroite avec la nature, était pourtant élaboré : grands chasseurs, ils fabriquaient les outils à la perfection, maîtrisaient le feu, enterraient leurs morts. Autant de gestes qui attestent d'une humanité qui ne fait aucun doute pour les scientifiques aujourd'hui. C'est cette aventure que relate avec talent Marylène Patou-Mathis.

  • L'histoire de la viande est aussi longue que celle de l'homme. A travers elle, c'est bien évidemment la question de la place des animaux dans nos sociétés dont il s'agit, des relations complexes qui se sont tissées au fil du temps entre eux et nous.
    Poursuivant ici son exploration des premières sociétés humaines, Marylène Patou-Mathis montre les effets engendrés par la consommation de viande, singulièrement l'apparition de la chasse avec ses conséquences socioculturelles. S'appuyant sur les dernières découvertes archéologiques ainsi qu'une large documentation ethnographique et historique, elle expose les grandes phases de l'évolution des comportements humains vis-à-vis des animaux. Aujourd'hui, comme hier, l'animal est indispensable à l'Homme : il tient une place centrale dans son imaginaire et lui tend un miroir... De quoi alimenter les débats actuels autour de sa consommation.

  • La reine Victoria

    Jacques De Langlade

    • Perrin
    • 27 Août 2009

    Le règne de Victoria, l'un des plus longs de l'histoire (1837-1901), marqua l'apogée de l'Empire britannique et de la domination du Royaume-Uni, première puissance mondiale.

    A 18 ans, lorsqu'elle devient reine, Victoria s'impose rapidement, malgré sa jeunesse et son manque d'expérience. Elle se montre tout de suite indépendante de sa mère et de l'amant de celle-ci. Elle règne seule, aimant les hommages, les fêtes et les bals. Contre l'avis de sa mère, elle épouse par amour un prince allemand (dont elle aura neuf enfants) qui impose cette rigueur dite " victorienne ", laquelle, derrière la façade, est soumise à bien des entorses. Victoria elle-même n'est pas à l'abri des allusions à des amitiés amoureuses qui défraient la chronique, tandis que la haute société qu'elle méprise s'encanaille sous ses yeux. Energique et autoritaire, respectant le régime parlementaire tout en ne manquant pas de manifester ses opinions et ses préférences, adorée de son peuple - du moins après la mort de son époux en 1861 -, dissimulant sous un masque austère des caprices, des élans, des passions, la reine Victoria a fortement contribué à l'aura de la monarchie.

  • Dans notre mémoire collective, Catherine de Médicis a très mauvaise réputation. La ruse et le machiavélisme auraient inspiré sa politique. Le poison et l'assassinat auraient été ses moyens de gouvernement. Femme et étrangère, elle était toute désignée à la vindicte. La veuve vêtue de noir, dominant et manipulant ses fils, responsable de la Saint-Barthélemy, aurait été la plus maléfique des reines de France. Le livre de Jean-François Solnon balaie la légende et brosse le portrait d'une femme courageuse. Sa grande passion fut le pouvoir : elle l'exerça trente années durant, au milieu des guerres civiles, toujours soucieuse de préserver l'unité du royaume et de rétablir l'harmonie entre les Français malgré les rivalités religieuses. " Le seul homme de la famille ", a-t-on dit d'elle. On ajoutera : " Une femme qui fut un roi. "

  • La première biographie de Margaret Thatcher en français. Un portrait magistral et tout en nuance de la « Dame de fer » au destin hors du commun.
    Janvier 1979. L'Angleterre travailliste est paralysée par des grèves massives. L'électricité est souvent coupée et le chaos s'installe. Le 3 mai, Margaret Thatcher est élue avec un vigoureux programme conservateur et libéral. Onze ans plus tard, en novembre 1990, elle est renversée par son propre parti.
    Son gouvernement, qui aura été le plus long du XXe siècle, bouleverse le Royaume-Uni : syndicats marginalisés, contrôle des changes aboli, économie privatisée, vieilles industries dévastées, croissance des services.
    À l'étranger, que ce soit aux Malouines par la guerre, en Europe par le refus d'intégrer l'Union, ou dans le monde, l'Union Jack a retrouvé ses couleurs. Partout la « Dame de fer » impose sa volonté. À partir d'une documentation nourrie, Jean-Louis Thiériot réalise une biographie exemplaire, passant avec subtilité du portrait au contexte politique, économique et social de l'Angleterre de la dernière guerre à nos jours.

  • A l'occasion du 150e anniversaire des apparitions de Lourdes, cette biographie, qui fait référence, est enfin disponible en Tempus. C'est l'histoire d'une adolescente pauvre, analphabète, souffreteuse, qu'on déclare folle ou complice d'une escroquerie quand, en 1858, elle raconte avoir vu la Vierge dans la grotte de Massabielle, à Lourdes. Mais ses propos, suivis par les premières guérisons miraculeuses, suscitent une ferveur populaire telle qu'elle choisit de fuir son involontaire célébrité dans un couvent à Nevers, jusqu'à sa mort précoce, à 35 ans.

  • Fille unique du célèbre Necker, Germaine de Staël, née en 1766, est élevée dans le respect des principes de l'Emile de Jean-Jacques Rousseau dont elle défendra fidèlement la mémoire. Elle côtoie très jeune, dans le salon de sa mère, les hommes les plus illustres de son temps auprès desquels elle développera une intelligence exceptionnelle : Marmontel, d'Alembert, Diderot, Grimm, Buffon. En 1786, elle épouse le baron de Staël-Holstein, ambassadeur de Suède à Paris et protestant comme elle. Elle en aura trois enfants mais s'en séparera en 1796. Lorsque éclate la Révolution, et alors que son père se réfugie dans son château de Coppet en Suisse, Mme de Staël défend dans son salon parisien les idées libérales, prenant le parti des monarchiens ou constitutionnels. Lors de la chute de la royauté, elle s'installe à Coppet. De 1794 à 1808, sa liaison orageuse avec Benjamin Constant, chef de file des libéraux, la fait entrer dans l'histoire, tout commesa farouche opposition à Napoléon dont elle a tenté d'être un moment l'égérie. Mais l'Empereur ne pouvait avoir que de la répugnance pour une femme s'occupant de politique, qui plus est s'étant rangée dans le camp des idéologues. Sommée par lui dès le début de l'Empire de « résider au moins à quarante lieues de Paris », elle se fixe à Coppet tout en entreprenant de nombreux voyages en Italie, qui lui inspirera Corinne, ou en Allemagne, d'où elle rapportera De l'Allemagne. Les allusions dont fourmille le livre déplaisent à Napoléon qui fait piloner l'ouvrage et lui intime l'ordre de ne plus quitter la Suisse. Passant outre, elle parcourt l'Europe en tout sens et, partout, travaille à la coalition contre l'Empire. Son livre le plus célèbre, Considérations sur les principaux événements de la Révolution française, sera publié à titre posthume. Avec la sûreté de jugement et l'érudition qu'on lui connaît, l'auteur trace le portrait exhaustif d'une femme à la sensibilité rare, passionnée, ombrageuse, exigeante et tourmentée, disant d'elle-même : « Je suis une personne avec laquelleet sans laquelle on ne peut vivre. » Mme de Staël incarne avec Chateaubriand l'un des deux tempéraments d'écrivains les plus personnels du siècle. Digne héritière du siècle des Lumières, elle fut la première à donner au mot romantisme sa signification nouvelle. Par la hardiesse de sa pensée, par son esprit d'indépendance, Mme de Staël, à deux siècles de distance, semble étonnamment moderne, et son génie singulier plus brillant encore qu'il ne paraissait à ses contemporains.

  • 10 novembre 1945 : Paris est plongé dans l'obscurité. Cinémas, théâtres et restaurants sont fermés. Paris est vide : seuls trois longs cortèges funéraires de quinze cercueils filent vers les Invalides. Sur l'un d'entre eux, une plaque : « Berty Albrecht, résistante du mouvement Combat, 15 février 1893-31 mai 1943, Compagnon de la Libération, Médaille militaire, Croix de guerre avec palmes, médaille de la Résistance avec rosette ». Le lendemain, elle sera inhumée au Mont-Valérien. Dominique Missika est partie sur les traces de cette héroïne au destin tragique. Son enquête révèle une femme étonnante et complexe : issue de la bonne société protestante de Marseille, cette mère de famille deviendra surintendante d'usine et militante féministe avant de vivre une grande passion avec Henri Frenay, un saint-cyrien catholique de douze ans son cadet, qu'elle entraîne dans sa lutte contre le nazisme. Figure emblématique de la Résistance, elle meurt entre les mains des Allemands. En consultant documents de justice, archives privées et témoignages inédits, l'auteur retrace avec talent les raisons de son engagement, les circonstances de son arrestation par les Allemands et redonne toute sa place à cette femme exceptionnelle.

  • Les femmes, paraît-il, seraient partout et toujours porteuses d'un pacifisme marqué par une sainte horreur de la violence, tandis que la guerre serait une activité exclusivement masculine. Ce stéréotype a masqué, dans l'histoire du Moyen Âge, la présence de combattantes conscientes et actives. L'enquête débute avec l'apparition des premières cavalières de l'âge féodal et leur participation aux croisades, et se clôt avec la figure de Jeanne d'Arc, à la fois réelle et idéale. Des femmes, aristocrates pour l'essentiel, partagèrent l'idéal chevaleresque de l'époque, organisèrent des tournois, furent intégrées dans les ordres militaires de chevalerie. Dans la littérature, les chevaleresses prennent la forme de « belles guerrières », les Neuf Preuses de la légende. Ces guerrières de fantaisie trouvent un écho dans les authentiques exploits de certaines dames à qui les hommes n'ont guère à remontrer. Ainsi le Moyen Âge n'a pas été aussi « mâle » qu'on l'a pensé.

  • Le deuxième volume de cette grande enquête au coeur de l'exception française commence avec l'arrivée au pouvoir d'Henri IV, premier roi à parvenir sur le trône au nom de la " loi salique ". Il se termine deux siècles plus tard, à la veille de la Révolution française. Croisant les différents domaines où se jouent les rapports de force entre hommes et femmes (politique, économie, droit, culture, religion...), Eliane Viennot met en lumière le double mouvement, très conflictuel, qui caractérise toute cette période : d'une part le début de la " longue marche " vers l'égalité ; d'autre part la nouvelle offensive qui se met en place pour bloquer cette perspective, au nom du respect prétendu de la " différence naturelle des sexes ". Que la querelle sur les femmes soit ancienne, nous le savions déjà. Qu'elle ait rebondi avec cette vigueur d'une génération à l'autre, de l'égalité des droits à la masculinisation de la langue française, en passant par l'accès au savoir et la capacité des femmes à gouverner, voilà qui n'avait encore jamais été montré.

  • Les femmes ont-elles eu une influence essentielle sur les moeurs et la politique de la Rome antique ?
    Oui, quand on découvre Messaline et Agrippine jouer à la fois du poignard, du poison et de l'exil pour asseoir leur puissance.
    Oui, quand on voit la seconde pratiquer l'inceste avec son fils Néron afin d'assurer son emprise sur lui, et la première collectionner les amants pour détruire la réputation de son époux, l'empereur Claude.
    Oui, quand tant de femmes, dans la Rome royale ou républicaine, par une volonté de fer, parviennent àélever leurs enfants au sommet de l'Etat.
    D'autres, certes, montreront aux hommes l'exemple de la vertu, comme l'impératrice Hélène, mère de Constantin. Mais plus généralement, les femmes, lorsqu'elles s'emparent du pouvoir à Rome, transforment les palais impériaux en antichambres de meurtres innombrables, en lupanars où coule le sang, règnent le stupre et une débauche sans frein. Une forme de féminisme, tantôt exemplaire ? incarnée par Cornélie ou Octavie ?, tantôt intransigeante, à l'image de Livie, est née à Rome : beaucoup s'en inspireront par la suite.

  • Née à Paris en 1893, petite fille du général Morris, le conquérant de l'Algérie, et d'une Juive de Constantine par son père, d'une grande famille levantine, par sa mère, Violette Morris s'est d'abord illustrée sur le Front comme estafette puis comme une sportive de haut niveau : boxe, lancer du poids, javelot, natation, football féminin, vélo, moto et course automobile. Mais ses " excentricités " ne plaisent pas à tout le monde. Non seulement elle aime les femmes, mais s'habille en homme et se fait couper les seins. En 1930, elle perd son procès contre la Fédération Féminine Sportive de France qui lui a retiré sa licence sous prétexte qu'elle donne un mauvais exemple aux jeunes filles.
    Puis les événements violents s'accélèrent. En 1937, elle tue un homme sur sa péniche avec une arme à feu. Acquittée pour légitime défense, elle n'en devient pas moins une femme dangereuse... image qu'elle authentifie en fréquentant les milieux collaborationnistes et Allemands sous l'Occupation. Elle dirige un garage réquisitionné par la Luftwaffe, devient le chauffeur du secrétaire général du gouvernement puis fait du marché noir en Normandie et sera accusée d'être agent de la Gestapo... avant d'être exécutée par la Résistance en 1944. Une enquête minutieuse dans les archives des services secrets de la France libre, de la police, des procès en cour de justice de la Libération, et auprès des témoins en Normandie invite à rouvrir le dossier noir de celle qui était surnommée "la hyène de la Gestapo".

  • Grâce à ses milliers de citations, tirées de la correspondance ou d'oeuvres autobiographiques de George Sand, cet ouvrage permet de saisir au plus près la personnalité et la pensée de cette femme hors norme que fut la « Dame de Nohant ».
    L'avant-propos résume son destin de jeune fille rangée, issue par son père de la haute aristocratie et par sa mère du peuple, qui conquiert progressivement sa liberté en rompant les liens du mariage, et s'affranchit définitivement grâce à la littérature qui lui permet de devenir financièrement autonome. Ainsi Aurore Dupin devient-elle George Sand, pionnière féministe provoquant le scandale par ses amours multiples et ses choix politiques en faveur de la République et de la Révolution.
    La partie dédiée aux noms communs est l'occasion de comprendre l'évolution de la réflexion de Sand sur l'amour, la famille, le sort des femmes, la littérature, le socialisme et le communisme, la politique et le gouvernement des hommes, la pauvreté, la vie parisienne, la vie à la campagne, etc.
    La partie consacrée aux noms propres fait notamment ressortir des dizaines de portraits de grandes figures historiques, littéraires (Balzac, Sainte-Beuve, Victor Hugo, Flaubert) et familiales.

  • Marie-Thérèse-Charlotte de France (1778-1851), la fille de Louis XVI et de Marie-Antoinette, demeure un personnage mal connu. Souvent citée sous le surnom de Madame Royale, voire de « Mousseline », le petit nom donné par sa mère Marie Antoinette, elle était plutôt, pour ses contemporains, « l´Orpheline du Temple », le lieu d´emprisonnement de la famille royale après la chute de la monarchie en 1792. Marie-Thérèse est la seule de la famille à en sortir vivante, en 1795. Elle sort de cette épreuve meurtrie à jamais, mais auréolée d´une légitimité dynastique et politique hors norme pour une princesse française, exclue du trône par la loi salique. Elle devient, parce qu´elle a partagé les souffrances de ses parents considérés comme des martyrs par les royalistes, une héroïne romanesque et un objet de culte pour l´ensemble des partisans de la royauté. De la même façon, son oncle Louis XVIII, qu´elle rejoint en exil et qui remonte sur le trône de France en 1814, fait d´elle le coeur de l´idéologie royale de la Restauration. Fille de France, Dauphine de France par son mariage avec son cousin germain le duc d´Angoulême, elle défend tout au long de sa vie, avec intransigeance, ses conceptions d´une monarchie traditionnelle ancrée dans la religion. Aux yeux des royalistes, elle en est arrivée à incarner, jusqu´à sa mort en Autriche en 1851, la royauté française à son crépuscule. Napoléon saluera en elle "le seul homme de la famille".

  • Pierre Nora

    François Dosse

    • Perrin
    • 24 Février 2011

    Portrait totalement inédit du grand manitou de l'histoire et des sciences humaines en France depuis un demi-siècle.

    De l'enfant juif traqué par la Gestapo jusqu'à l'académicien français, Pierre Nora a connu une extraordinaire trajectoire qui l'a propulsé sur le devant de la scène française et internationale. Universitaire, éditeur, écrivain, il a profondément marqué le paysage intellectuel, et même moral, des dernières décennies. Pilier de la maison Gallimard, il a inventé, avec des collections comme « Archives », « Témoins », la « Bibliothèque des sciences humaines » et la « Bibliothèque des histoires », une autre façon de concevoir et d'écrire l'histoire, l'anthropologie, la sociologie.
    « Les Lieux de mémoire », gigantesque chantier de sept volumes, sont passés dans le langage courant, et la revue Le Débat, qu'il a fondée et continue d'animer, est le creuset des idées nouvelles. On voit dans ce livre passer tous les personnages qui ont compté dans l'intelligentsia, maison découvre aussi l'homme, son exceptionnelle famille, les drames de sa jeunesse, ses amitiés fortes et diverses, ses engagements courageux sous une apparence parfois mondaine, et cette figure de l'intellectuel passionnément attaché à la France et à la République. Pierre Nora est aujourd'hui une personnalité centrale du monde des idées.

  • Vénus & Hottentote

    Sandrel/Bredin

    • Perrin
    • 18 Mars 2010

    A l'aube des années 80, on pouvait encore "admirer" au Musée de l'homme à Paris en France le moulage et le squelette de la "Vénus hottentote" dont l'étonnant physique fit déplacer les foules au début du XIXe siècle. Retour sur une histoire dramatique.
    Qu'avait-elle de si particulier, Sarah Bartman, femme khoi d'Afrique du Sud, pour qu'au début du XIXe siècle, on l'exhibe comme un animal dressé, dans les foires et au Muséum, devant les badauds d'Angleterre et de France ?
    Il ne s'agissait pas seulement de l'attraction de ses fesses aux dimensions exceptionnellement généreuses, prodige de la nature aux yeux des savants et bateleurs, mais de particularités intimes qu'elle se refusa à dévoiler jusqu'à sa mort. Alors seulement l'éminent Georges Cuvier, père de la paléontologie, put les examiner, après prélèvements, et sans états d'âmes, comme en témoigne son rapport d'autopsie qui, pendant longtemps, ne choqua personne. Sarah Bartman était esclave, son fessier extraordinaire devait inspirer ce commentaire à un contemporain : "Elle était stéatopyge jusqu'à la faute...".
    C'est le destin terrible de cette femme, surnommée la "Vénus Hottentote" et dont les "restes", presque deux cents ans plus tard, sont revenus en majesté dans son pays natal, l'Afrique du Sud, que Carole Sandrel restitue ici dans un récit bouleversant.

  • " Elevez-nous des croyantes et non des raisonneuses.
    La faiblesse du cerveau des femmes, la mobilité de leurs idées, leur destinée dans l'ordre social [...], tout cela ne peut s'obtenir que par la Religion ", disait Napoléon Ier. Fondée par l'Empereur pour veiller à l'éducation des orphelines de guerre, former des épouses modèles et modestes qui garantiraient la stabilité de l'Etat en transmettant ses valeurs aux générations montantes, la Légion d'honneur connaît très vite un immense succès.
    Mais Saint-Denis, Ecouen, Les Loges, réunis sous un même vocable, deviendront sous l'impulsion de leurs directrices, trois maisons fort différentes. A l'aide de dossiers d'élèves retrouvés dans les archives, Rebecca Rogers raconte le fonctionnement de ces établissements. De quelle manière cherchait-on à façonner les petites filles modèles ? Quels étaient leur héritage social et leur itinéraire scolaire ? Le journal intime d'une jeune pensionnaire au XIXe siècle apporte un témoignage vivant sur la place de l'individu dans cette communauté fermée au monde extérieur.

  • Mme de Maintenon, c'est d'abord une destinée exceptionnelle : cette petite-fille du poète Agrippa d'Aubigné naît dans la cour d'une prison, épouse à 17 ans le poète Scarron et devient l'hôtesse du plus brillant salon littéraire de Paris.
    Cela lui ouvre - une fois devenue veuve en 1660 - les portes de Versailles, où elle sera chargée de l'éducation des princes bâtards ; puis l'attention du roi, et enfin son coeur puisqu'elle l'épouse secrètement en 1683. Mme de Maintenon, c'est aussi un caractère complexe et contradictoire où se mêlent l'ambition, l'autorité, la dévotion, le goût du pouvoir et de l'éducation, la " tendresse et la sécheresse " qu'analyse en elle Fénelon.
    Mme de Maintenon, c'est encore une femme engagée dans le mouvement des Précieuses. Le combat qu'elle mène notamment dans l'oeuvre de Saint-Cyr offre aux jeunes filles de cette institution un accès à l'empire de la raison si longtemps refusé par les hommes. Femme sans appui, elle sait que le prix à payer est celui d'une réputation intacte et pratiquement d'un renoncement à l'amour. Or, Mme de Maintenon " ne met point de bornes à ses désirs ".
    Elle veut tout à la fois : la gloire, le salut chrétien et l'amour. D'où des échecs cinglants qu'elle masque en reconstruisant son personnage pour les générations futures. " Je suis née franche, il m'a fallu dissimuler... " Pour la postérité, " elle s'est peinte de dos ". Ce livre est écrit " en face d'elle ".

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